Lettres collective de désobéissance d'enseignants de la Loire Atlantique (44)

Cette liste de lettres n'est pas exhaustive. Nous les publions au fur et à mesure qu'elles nous parviennent. Au 26 janvier, 483 enseignants de la Loire Atlantique ont adressé une lettre de désobéissance à leur inspecteur.

Collectif des écoles de la Circonscription d'Ancenis                                       

Ancenis le 13 janvier 2009

                                                                                             
à    Mme VERAN

                                                                                                                                 Inspectrice de                                                                                                                                l'Education Nationale

                                                                                                                                 Circonscription d'Ancenis

                                                                                             

                                               Madame l'Inspectrice,

 

                        De nombreux enseignants de la circonscription, réunis en assemblée le 9 janvier 2009, ont décidé de suspendre le dispositif d'aide personnalisée aux élèves en difficulté.

 

Au-delà des risques de discrimination des élèves en difficulté, nous pensons que ce dispositif n'est pas de nature à répondre sur le fond à la difficulté scolaire.

Nous estimons que :

 

1.      La prise en charge des difficultés scolaires doit s'effectuer pendant le temps scolaire de tous les élèves. Les difficultés d'apprentissage d'un élève ne doivent pas être un problème posé au seul enseignant de la classe mais à l'équipe dans son ensemble. C'est en diversifiant les approches pédagogiques et les formes de travail, en ayant la possibilité de travailler avec un maître supplémentaire, des enseignants spécialisés, que le traitement de la difficulté scolaire doit être envisagé. C'est aussi en ayant une meilleure formation, tant initiale que continue, sur l'aide aux élèves.

 

2.      Il y a une volonté d'assimiler l'aide individualisée des enseignants de la classe aux aides mises en place par les enseignants spécialisés et nous refusons une telle confusion. Nous ne voulons pas servir de prétexte à la suppression de RASED. Nous avons besoin des aides spécialisées, les élèves en difficulté ont besoin d'eux, et en aucun cas nous ne pouvons les remplacer !

 

3.      On en arrive à cette aberration que nos élèves en difficulté sont plus fatigués qu'avant, et donc moins réceptifs, disponibles aux apprentissages ! Ainsi, nos constats, avec la mise en place de cette aide, rejoignent les recherches faites par des spécialistes des rythmes de l'enfant (cf. H Montagner et F Testu). Rallonger une journée de classe, qui est déjà la plus longue du monde, ne peut que nuire à tous les élèves, et encore plus aux plus fragiles !

 

4.      Nous n'avons plus le temps de nous réunir, nous courons littéralement après le temps. Avec notre participation au dispositif de soutien, nous ne sommes plus disponibles pour les rencontres informelles que nous avions avant, et il est difficile de maintenir les dispositifs de concertation existants. Le travail d'équipe et les projets d'école et de cycles s'en ressentent considérablement.

 

5.      Ce dispositif a été imposé, sans concertation avec les parents d'élèves, leurs représentants élus aux conseils d'école, sans concertation avec les municipalités (modalités de mise en place, transport en car…) Il s'inscrit dans la réforme de l'Etat (RGPP) et participe pleinement au démantèlement des missions du service public d'Education.

 

Nous allons donc transformer les 60h pour réellement « faire échec à l'échec » en les utilisant en temps de concertation entre collègues, avec les membres du RASED, de rencontre avec les parents, de construction de projets d'équipes, de formation personnelle…

Nous faisons le choix de consacrer ces 60h à construire, par notre présence et nos actions pédagogiques, une école du respect, de la coopération, de la solidarité, pour la réussite de tous nos élèves.

 

                        Veuillez croire, Madame l'Inspectrice, en notre dévouement à l'École Publique Laïque et Républicaine.

 

                                                                  ….............enseignants des écoles

                                                                       de la circonscription d'Ancenis

 


Collectif d'enseignants des écoles du Pays d'Ancenis – Loire Atlantique (44)

 

 Lundi 12 janvier 2009

  

A Monsieur Le Ministre de l'Education Nationale

Copie à Monsieur l'Inspecteur d'Académie

Copie à Monsieur l'Inspecteur ou Madame l'Inspectrice de

l'Education Nationale

  

 Monsieur Le Ministre,

 

 

Comme la très grande majorité de nos collègues, un sentiment de colère, d'impuissance, de dépit, de désenchantement et de révolte nous oblige à ne plus nous taire. Nous ne voulons plus subir les réformes qui ne sont en fait que des manœuvres pour démanteler l'école publique et laïque. Nous sommes convaincus que toutes ces mesures, déjà prises ou  à venir, n'agiront pas dans l'intérêt de la scolarité de tous les élèves.

 

Nous ne sommes pas d'accord avec la suppression de milliers de postes qui entraînera une augmentation des effectifs dans les classes.

 

Nous ne  sommes pas d'accord  avec les nouveaux programmes, alourdis, qui créeront des difficultés supplémentaires du fait de l'apprentissage prématuré de notions trop complexes. Nous déplorons l'apprentissage par l'entraînement systématique, mécanique, recommandé par ces nouveaux programmes ainsi que le cloisonnement des disciplines.

 

Nous ne sommes pas d'accord avec la diminution de 2h du temps d'enseignement hebdomadaire (l'équivalent de 3 semaines/an) qui est contradictoire avec l'alourdissement des programmes.

 

Nous ne  sommes pas d'accord avec la mise en place de l'aide personnalisée qui constitue un prétexte à destination des parents pour supprimer les RASED. En outre, cette mesure n'est pas une solution efficace au traitement des difficultés qui sont très diverses, certaines générées par le contenu même de ces programmes.

 

Nous refusons de participer aux stages de remise à niveau pendant les vacances scolaires qui ne permettront pas de rattraper les compétences non acquises sur le temps d'enseignement.

 

Nous ne sommes pas d'accord avec la déscolarisation des enfants de 2 ans qui annonce la disparition programmée de l'école maternelle, remplacée par des « jardins d'éveil », à la charge des communes et des familles. La maternelle est une véritable école qui apporte à tous les enfants les enseignements spécifiques primordiaux indispensables à la poursuite de leur scolarité.

 

Nous ne sommes pas d'accord avec l'étranglement financier des associations éducatives complémentaires de l'école, qui voit la réaffectation, dans les écoles des enseignants détachés, et par voie de conséquence, entraîne la disparition de leurs missions culturelles et sportives (Cinéma, théâtre, Usep, Coopératives scolaires, OCCE…).

 

Nous ne sommes pas d'accord avec le projet de mise en place d'une agence nationale du remplacement qui pourrait employer des maîtres non certifiés et précarisés parce qu'enseigner est un métier et pas seulement un emploi.

 

Nous ne supportons plus le discrédit jeté sur notre profession, le mépris à notre égard et les déclarations insultantes.

Nous dénonçons les tentatives d'intimidation et les menaces de sanctions à notre encontre.

 

La mise en place d'un service minimum d'accueil et le financement d'une « veille de l'opinion » sur internet sont une atteinte au droit de grève et à la liberté d'expression.

 

Nous nous inquiétons de la suppression des IUFM avec une offre de formation allégée pour les futurs enseignants.

Nous nous méfions de la création des EPEP où les enseignants et parents seront minoritaires au sein des conseils d'administration.

 

Dans ce contexte, nous ne pouvons plus assumer les missions qui jusque là étaient celles de l'école : éduquer et instruire en donnant toutes ses chances à chaque élève sans aucune distinction.

 

Nous sommes ainsi prêts à envisager toute forme d'action collective qui viserait à arrêter le démantèlement de l'école publique.

 Les enseignants et tous les professionnels concernés par l'enseignement doivent redevenir les acteurs incontournables de toute réflexion sur l'école.

 

En vous assurant de la haute estime en laquelle nous tenons notre mission, veuillez croire, Monsieur le Ministre, en notre dévouement à l'École Publique Laïque et Républicaine.

 

Les enseignants de la circonscription Nantes Orvault  réunis en AG le jeudi 8 janvier 2009.

A l'attention de Monsieur l'Inspecteur de l'Education Nationale

de la circonscription Nantes Orvault. 

Monsieur l'Inspecteur,

Le ministre de l'Education Nationale a décidé la suppression de 3000 postes de RASED à la rentrée 2009. Il justifie cette suppression en indiquant que désormais la prise en charge de la difficulté scolaire se fait sur le temps d'aide personnalisée. Chacun sait que ces deux dispositifs ne sont pas de même nature et ne s'adressent pas aux mêmes élèves.

Pour dénoncer ces suppressions de postes et la disparition programmée des RASED, et afin de ne pas cautionner les propos du ministre, nous, enseignants de la circonscription Nantes Orvault avons décidé de suspendre la prise en charge de groupes d'élèves pendant le temps réservé à l'aide personnalisée.

Nous refusons l'aide individualisée sous sa forme actuelle, hors temps scolaire car ce dispositif :

·         allonge la durée de la journée des élèves et leur fait vivre une semaine déséquilibrée,

·         ne traite pas la difficulté scolaire sur des temps communs à tous,

·         est inégalitaire dans son principe puisqu'il ne prend pas en compte la réalité de la difficulté scolaire propre à chaque école (zep / hors zep),

·         est associé à la perte de deux heures d'enseignement hebdomadaire communes à la classe avec un programme toujours aussi chargé,

Nous consacrerons ce temps à des concertations pédagogiques en équipe, avec les personnels des RASED, ainsi qu'à des rencontres avec les familles visant à aider au  mieux chacun des élèves qui nous sont confiés.


Lettre collective d'enseignants de la circonscriptin de St Philibert (Sud Loire)

Le 6 janvier 2009 

Monsieur l'Inspecteur d'Académie                                        S/c de Madame l'Inspectrice de                                                  l'Education Nationale de St   Philbert de Grandlieu

 

  

Monsieur l'inspecteur d'Académie,

 

 

Nous vous écrivons aujourd'hui car, en conscience, nous avons décidé d'arrêter le dispositif d'aide personnalisée tel que nous le dispensons actuellement parce qu'il ne répond pas à la difficulté scolaire.

 

1.      On en arrive à cette aberration que nos élèves en difficulté sont plus fatigués qu'avant, et donc moins réceptifs, disponibles  aux apprentissages ! Ainsi, nos constats, après deux mois de mise en place de cette aide, rejoignent les recherches faites par des spécialistes des rythmes de l'enfant (cf H Montagner et F Testu). On ne peut ignorer ces rythmes, dès lors qu'on se propose d'aménager, de modifier le temps scolaire.

 

2.      Nous constatons une confusion volontaire d'assimiler l'aide individualisée des enseignants de la classe aux aides mises en place par les enseignants spécialisés. Nous ne voulons pas servir de prétexte à la suppression de RASED. Nous avons besoin des aides spécialisées, nos élèves en difficulté ont besoin d'eux, et en aucun cas nous ne pouvons les remplacer !

 

3.      La prévention et la prise en charge des difficultés scolaires doivent s'effectuer pendant le temps scolaire de tous les élèves. Les difficultés d'apprentissage d'un élève ne doivent pas être un problème posé au seul enseignant de la classe mais à l'équipe dans son ensemble. C'est en diversifiant les approches pédagogiques et les formes de travail, en ayant la possibilité de travailler avec un maître supplémentaire, des enseignants spécialisés, que le traitement de la difficulté scolaire doit être envisagé. C'est aussi en ayant une meilleure formation, tant initiale que continue, sur l'aide aux élèves en difficulté.

 

 En arrêtant ce dispositif, nous aurons enfin du temps pour les concertations en équipe, qui nous permettront :

- de mettre en place un dispositif de soutien aux enfants en difficulté pendant le temps de classe.

- de construire d'autres projets d'équipe et d'école qui tiennent compte des élèves en difficulté.

En arrêtant ce dispositif, nous aurons enfin du temps pour rencontrer les parents d'élèves, en particulier ceux des élèves en difficulté.

En arrêtant ce dispositif, nous ne tolèrerons pas qu'on nous accuse de pénaliser les élèves en difficulté.

 

Vous savez, Monsieur l'Inspecteur, combien le soutien aux enfants en difficulté est notre préoccupation majeure.

 

Vous savez, Monsieur l'Inspecteur, que ce n'est pas en supprimant des milliers de postes d'enseignants, la toute petite section, le nombre d'heures d'enseignement pour les enfants (l'équivalent de six mois de scolarité primaire pour un enfant qui entre en petite section cette année), la formation des enseignants, que nous soutiendrons les enfants en difficulté.

 

Vous comprendrez donc notre décision.

 

Veuillez croire, Monsieur l'Inspecteur, en notre dévouement à l'École Publique, Laïque et Républicaine.

 

Collectif des Ecoles de la Circonscription Sainte-Luce Loire Divatte

                                                                                                 
 
Le 9 janvier 2009

 

 

Réunis en Assemblée Générale le vendredi 9 Janvier 2009 à 18 heures à St Julien de Concelles(44), 79 enseignants représentant toutes les écoles de la circonscription Ste Luce - Loire Divatte, ont décidé, tout comme leurs collègues de Vertou Val de Sèvre, la suspension de l'aide personnalisée pour les motifs suivants : 

 

 

1  La prise en charge des difficultés scolaires doit s'effectuer pendant le temps scolaire de tous les élèves.

 

2  Il y a une volonté d'assimiler l'aide individualisée des enseignants de la classe aux aides mises en place par les enseignants spécialisés et nous refusons une telle confusion.

 

3  On en arrive à cette aberration que nos élèves en difficulté sont plus fatigués qu'avant, et donc moins réceptifs, disponibles aux apprentissages !

 

4  Nous n'avons plus le temps de nous réunir, nous courons littéralement après le temps.

Le travail d'équipe et les projets d'école et de cycles s'en ressentent considérablement.

 

5 Ce dispositif a été imposé, sans concertation avec les parents d'élèves, leurs représentants élus aux conseils d'école, sans concertation avec les municipalités (modalités de mise en place, transport en car…) .

 

6  Nous ne pouvons enseigner l'ensemble du programme étant donné que nous avons deux heures de moins par semaine.

 

 

Nous suspendons l'aide personnalisée jusqu'à ce que nous ayons la certitude du maintien des postes au sein du RASED, et d'un bon équilibre entre le nombre d'heures hebdomadaires et le contenu des programmes.

 

Nous allons donc utiliser les 34 heures qu'il nous reste à effectuer  pour :

 

l        Approfondir l'axe 2 de notre projet d'école, notamment pour la mise en place d'activités spécifiques ciblant les difficultés recensées.

3 x 3h = 9h

l        Rencontrer chaque famille en entretien. Sur une base d'un minimum de 30 min par famille et une moyenne de 26 élèves par classe, nous demandons 7h à ajouter aux 6h prévues.

7h

l        Rencontrer les membres du RASED pour organiser et penser  les modalités d'intervention des enseignants spécialisés au sein de nos classe.

3h

l        Se réunir pour préparer les séances des enseignants de cycle 1 auprès des classes de cycle 2 et de cycle 3. 2h par période.

2 x 5 = 10h

l        Mettre en place, malgré la suppression des samedis matins, les matinées de pré-accueil des futurs élèves de pré-petite et petite sections, axe 1 de notre projet d'école.

3 x 3h = 9h

 

 

Veuillez croire, Madame l'Inspectrice, en notre dévouement à l'école Publique, Laïque et Républicaine.

 

 

Avec ma signature, je m'engage à suspendre le dispositif d'aide personnalisée à partir du 19 janvier 2009

 

Nom                                        Ecole                                      Ville                          

 

…………………………           ……………………….       ……………………….      

 



26/01/2009
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