Lettre d'une institutrice de Mialet (30) à son inspecteur

Christine Laurent                                                     Mialet , le  16 décembre 2008

Enseignante

École publique de Mialet

30140 MIALET                           

                                                       à   Monsieur l’Inspecteur d’académie du Gard
                               
s/c. de Madame l’Inspectrice de l'Éducation nationale d’Alès 1


Objet : En conscience, je refuse d'obéir !

 

                                   Monsieur l’Inspecteur,

Je vous écris cette lettre car aujourd’hui, en conscience, je ne puis plus me taire ! En conscience, je refuse d’obéir !

 

Le démantèlement des fondements de l’Education Nationale est un processus que je ne peux accepter sans réagir.

 

L’objet de ma lettre est de vous informer que je ne participerai pas à ce démantèlement. En conscience, je refuse de me prêter par ma collaboration active ou mon silence complice à la déconstruction du système éducatif de notre pays.

 

C’est pourquoi j’ai décidé, en toute responsabilité, de :

 

- Ne pas appliquer les programmes de 2008 réalisés sans aucune concertation et présentant des aspects terriblement rétrogrades, je continuerai à mettre en œuvre les programmes de 2002.

 

- Ne plus assurer « l’aide personnalisée » telle qu’elle est demandée aujourd’hui en dehors du temps scolaire commun à tous les élèves alors même qu'on supprime les postes du RASED. En revanche, je continuerai, comme l’ensemble de mes collègues et moi-même, l’avons toujours fait, matin et soir, avant et après l’école, à être disponible pour mes élèves, à leur demande, ou celle de leurs parents.

Je continuerai à mettre en place pendant la journée de classe des dispositifs personnalisés d’aide  aux enfants en difficulté, en collaboration et avec l’aide et l’intervention des membres du RASED.

 

- Reverser à une caisse de solidarité les primes que je serai susceptible de recevoir. Je suis opposée aux primes et heures supplémentaires qui divisent les enseignants au lieu de favoriser le travail en équipe (comme dans le cas des primes pour les évaluations nationales) ou rémunèrent des actions en dehors du temps scolaire alors même que les moyens manquent pour assurer l'essentiel sur le temps scolaire.

Je ne me porterai donc pas volontaire pour les stages de remise à niveau pendant les vacances et je ne participerai pas à la mise en place de ce dispositif. Je continuerai à travailler solidairement et en équipe avec mes collègues.

 

- Je ne me déclarerai pas gréviste 48h à l'avance auprès de ma hiérarchie et je ne favoriserai pas l'organisation du SMA car il s'agit là d'une atteinte à mon droit de grève mais je continuerai à informer à l'avance les parents de mes élèves.

 

Je prends la liberté de faire connaître cette lettre et de l'associer à d'autres courriers similaires car elle s'inscrit dans une prise de conscience et une action collective de défense du service public d'éducation et des valeurs qui fondent notre école républicaine.

 

 Je fais ce choix en pleine connaissance des risques que je prends, mais surtout dans l’espérance de construire une école du respect, de la coopération, de la solidarité et de la réussite pour tous.

 

Je vous prie de recevoir, Monsieur l’Inspecteur, l’assurance de mes sentiments déterminés et respectueux.



18/12/2008
0 Poster un commentaire

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 1567 autres membres