Dialogue imaginaire avec les centrales syndicales, d'après Tartuffe de Molière, par Abdel Azizi

Allo ? Allo ? Centrales ?

Ici Zébra 3 …

 

 

-Avez-vous donc perdu, dites-nous,  la parole ?

 Et faut-il qu’en ceci nous fassions votre rôle ?

 

- Contre Darkozy, que voulez-vous que l'on fasse ?

 

-Ce qu’il faut pour parer une telle menace !

 

-Quoi ?

 

- Lui dire que l’école n’est pas une entreprise,

 Et que l’éducation n’est point une marchandise !

 Que c’est un droit pour tous et non un privilège

 Et le remettre en cause est un vrai sacrilège !

 

-Darkozy, on l’avoue, a sur nous tant d’empire

 Que nous n’avons pas eu la force de rien dire.

 

-Raisonnons. Enseigner est un acte de foi,

 Aimez-vous ce métier ou ne l’aimez-vous pas ?

 

-Vous nous faites un grand tort, cher collègue, d’en douter

 Ne s’est-on pas sur ce point cent fois exprimé ?

 

-Ainsi, vous l’aimez donc ?

 

- Oui, cela va de soi.

 

-Et si l’Education est tout de bon un droit

 Sur les réformes en cours, quelle est votre dessein ?

 

-Manifester encore le premier mai prochain !

 

-Fort bien : c’est une réponse où je ne songeais pas.

 Vous n’avez qu’à faire grève tous les deux ou trois mois.

 Stratégie sans doute fort pertinente. J’enrage

 Lorsque j’entends tenir ces sortes de langage.

 

-Vous ne compatissez point aux malheurs des gens,

 Aux suppressions de postes, et au Bac Pro 3 ans ?

 

-On ne peut compatir à qui, dans la tempête,

 Au moment décisif, mollit comme vous faites.

 

-Pardon si nous avons de la timidité…

 

-Mais défendre nos droits veut de la fermeté !

 

-Et tous ces jours de grève, de manifestations…

 Voulez-vous qu’on appelle à la Révolution ?

 

-Non, non. On ne veut rien. On voit que vous voulez

 Faire le jeu de Monsieur Darkozy. Parfait !

 On aurait tort, c’est sûr, de vous en détourner

 Quelle raison aurions-nous de vous contrarier ?

 Le parti de soi-même est fort avantageux

 Pourquoi nous obstiner à combattre vos vœux ?

 Darkozy ! Oh! Oh! Oh! N’est-ce rien qu’on propose 

 Certes, ce beau monsieur, à bien prendre la chose

 Est un homme, à l’évidence, habile et rusé

 Et c’est une sacrée veine d’avoir son amitié

 Tout le monde déjà de gloire le couronne

 Il n’hésite pas à faire, oui, don de sa personne

 Il a le verbe haut, plus d’une corde à son arc

 Vous vivrez trop contents avec un tel monarque !

 

-Ha ! Cessez s’il vous plaît un semblable discours

 Quelle est la solution ? Notre dernier recours ?

 C’en est fait ! Nous sommes prêts à nous rendre à présent !

 

-Non ! Il faut obéir à votre Président !

 Voulût-il privatiser l’école jusqu’au bout

 Votre sort est fort beau : de quoi vous plaignez-vous ?

 Vous gagnerez plus en travaillant davantage

 Et vous aurez encore bien d’autres avantages…

 

-Ha ! Mais enfin ! Arrêtez de nous torturer !

 Ca suffit ! Songez plutôt à nous conseiller.

 

-Point : Darkozy est le Chef ! Vous en tâterez !

 

-S’il vous plaît !

 

- Non, non. Vous serez Darkozyfiés !

 

Abdel AZIZI

 

D’après Molière, Le Tartuffe, Acte ll, scène3.

                 



01/05/2009
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