On en a rêvé : Sarkozy l'a fait !

Communiqué de l'appel des 100 maîtres
 
1er juillet 2009
 
On en a rêvé : Sarkozy l'a fait !

C'est fait : Xavier Darcos n'est plus ministre de l'Education nationale. Les commentaires sont unanimes pour attester d'un soulagement général et de la nécessité d'ouvrir une nouvelle ère où le dialogue devra reprendre  sa place légitime. Si l'on ne peut que se réjouir de ce constat, rappelons qu'avant qu'il soit de mode, nous étions 17.000 en décembre à le revendiquer avant le torpillage de notre première pétition et encore près de 10.000 depuis à réclamer un changement à la tête du ministère, à une époque où la brutalité des sanctions invite pourtant les enseignants à la discrétion et au repli.

Un bémol tout de même dans ce concert de réjouissances. Si les rumeurs ont fait courir bien des noms de candidats (N. Morano, B. Apparu, R. Descoings, N. Kosciusko-Morizet, F. Baroin, J-L. Borloo !), le poste revient finalement à Luc Chatel, un ancien DRH de l'Oréal, connu pour ses conceptions ultra-libérales et son peu d'intérêt pour les questions éducatives. on notera qu'il a prévu d'occuper son temps libre en assurant également la fonction de porte-parole du gouvernement, situation qui augure mal des possibilités de discussion.

« Ensemble, tout devient possible ! » disait le candidat Sarkozy et « Quand on veut, on peut ! », a prétendu l’UMP pour la campagne des européennes. S’il le veut, M. Chatel peut donc faire la preuve de sa capacité à "manager" en revenant  sur :

- les 16 000 suppressions d'emplois courageusement annoncées par Xavier Darcos le jour même de son départ) et la suppression des RASED, quand l'aide personnalisée a déjà montré ses limites ;

- les évaluations nationales CE1, CM2 si peu au service des élèves ;

- le projet expérimental de jardins d'éveils et autres menaces sur la maternelle ;

- les poursuites et sanctions qui frappent nombre de nos collègues (Erwan Redon, Alain Refalo, Bastien Cazals, quatre collègues de Vendée des écoles d'Aizenay et de Challans) et les autres « désobéisseurs ».

Devant ces urgences, et encore faudrait-il parler des nouveaux programmes, des rythmes scolaires ou de la formation des maîtres, nous resterons attentifs, vigilants et mobilisés même si nous doutons qu'un nouveau ministre soit synonyme d'une nouvelle politique. Mais puisque c'est sur les actes que sera jugé Monsieur Chatel, donnons-lui le temps qui convient pour montrer de quoi il est capable, en espérant ne pas avoir à lancer à l'avenir une pétition luc.chatel.demission.org !

Sylvain Grandserre
Porte-parole de l'appel des 100 maîtres



01/07/2009
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