Déclaration d'Alain Refalo


Le 24 juillet 2009

Déclaration d'Alain Refalo, après la sanction disciplinaire du 22 juillet


Texte au format word



Ne nous résignons pas. Osons dessiner, dès aujourd'hui, un à-venir pour l'école aux couleurs de la générosité et de l'espérance. 


 

En prenant l'initiative de désobéir aux dispositifs pédagogiques imposés par Xavier Darcos et en décidant de le faire savoir dans ma lettre « En conscience, je refuse d'obéir » adressée à mon inspecteur le 6 novembre 2008, je savais que je m'exposais au risque de la sanction. Afficher ma désobéissance était la seule attitude cohérente : elle me permettait d'affirmer une résistance qui se voulait constructive et ouverte au dialogue tout en demeurant loyal et honnête vis-à-vis de ma hiérarchie. J'ai voulu prendre à témoin l'institution que nous n'avions pas d'autres choix pour éprouver la fermeté de nos convictions que de risquer de désobéir ouvertement afin d'être entendus. Car peu importe à vrai dire pour l'institution que nous appliquions ou pas les « réformes », comme certains inspecteurs ont osé nous le dire, l'important pour elle est de montrer à l'opinion publique que ces « réformes » s'appliquent sans vague. Le défi que nous avons lancé est à la hauteur de celui qui a été imposé par le pouvoir, c'est-à-dire la mise en place d'un processus de démantèlement du service public d'éducation. 


 

Cette action de désobéissance pédagogique qui s'est essentiellement cristallisée sur le dispositif de l'aide personnalisée a permis à des milliers d'enseignants du primaire d'en montrer toute la perversité et l'inefficacité tout en ayant une attitude responsable vis-à-vis des élèves en difficulté. Nous avons mis en lumière que ce dispositif en trompe-l'œil n'était pas destiné en réalité à aider les élèves qui en avaient le plus besoin, mais qu'il permettait au ministère de justifier la disparition de milliers de postes d'enseignants spécialisés du RASED, de supprimer deux heures de classe pour la majorité des élèves, de favoriser la semaine dite de 4 jours que tous les spécialistes considèrent comme néfaste pour le bien-être de l'enfant et de renoncer à déployer une formation pédagogique à la mesure des difficultés que tous les enseignants rencontrent aujourd'hui. Sur ce temps-là, nous avons mis en place des projets pédagogiques pour tous les élèves, sans discrimination, leur permettant ainsi de s'investir activement dans la classe et de remédier à leurs difficultés récurrentes. Refusant la stigmatisation des « mauvais élèves », nous avons choisi de les aider autrement et certainement de façon plus efficace.


 

Durant ces deux heures facultatives, avec l'accord explicite des parents qui m'ont soutenu depuis le départ dans ma démarche, j'ai organisé un atelier théâtre auquel ont participé tous les élèves. Parallèlement à cet atelier théâtre qui a permis aux élèves en difficulté de retrouver de la confiance en eux-mêmes, de reprendre goût à l'école, de s'investir davantage dans les apprentissages et d'acquérir des compétences liées notamment à la concentration, l'écoute, l'expression orale et la coopération, j'ai organisé sur le temps scolaire obligatoire des ateliers d'aide et de soutien spécifiquement pour les élèves en difficulté en utilisant toutes les potentialités et les ressources du groupe classe. Cela n'a pas été pris en compte ; l'institution s'est focalisée jusqu'à l'absurde sur la vérification de la mise en œuvre d'un dispositif particulier, sans prendre en compte la globalité de mon travail d'enseignant dans la classe.


 

Précisément parce que je n'ai pas appliqué les modalités du dispositif alors que j'en respectais largement la finalité, j'ai été sanctionné, depuis le mois de janvier, d'un retrait de salaire deux jours par semaine au motif fallacieux de « service non fait ». De surcroît, la promotion au grand choix à laquelle j'avais droit m'a été refusée au mois de février sous le prétexte étonnant que celle-ci aurait été considérée comme un encouragement à la désobéissance. Aujourd'hui, l'inspecteur d'académie de la Haute-Garonne en accord avec le ministre a décidé d'appliquer le principe, original, de la triple peine en me sanctionnant à nouveau sur le plan professionnel et financier. L'abaissement d'un échelon, cumulé au refus de promotion, conduit à une amputation de salaire de 7 000 euros sur quatre ans. Qui peut croire que la désobéissance limitée au dispositif de l'aide personnalisée justifie à elle seule cette sanction qui confine à l'acharnement ? Les motifs invoqués de manquement au devoir de réserve et d'incitation à la désobéissance collective, une première dans l'Education Nationale et dont on cherche en vain sur quels textes réglementaires ils s'appuient, témoignent d'une volonté de bâillonner les enseignants. Cette dérive dangereuse ne doit pas manquer d'interroger tous les démocrates sincèrement attachés aux libertés publiques.


 

La commission disciplinaire du 9 juillet a été organisée en dehors de toute règle élémentaire de droit. En ce sens, elle constitue une parodie de justice. Non seulement les membres de cette commission étaient juges et partie, mais les votes étaient acquis d'avance dès lors que les représentants de l'administration sont obligés à un vote de fonction et non un vote de conscience. Les défenseurs, les témoins, l'accusé ont été poliment et longuement écoutés, mais nullement entendus. Les représentants de l'administration sont restés muets. Seul l'inspecteur d'académie s'est exprimé, empêchant ainsi un débat contradictoire, approfondi, diversifié et soucieux de la recherche de la vérité. Cette commission fut à l'image du grand mépris que le ministère a affiché durant toute cette année à notre encontre, mépris doublé d'une volonté de minimiser ce mouvement tout en le caricaturant. La contradiction entre ses propos clamés dans les médias et le procès politique en sorcellerie décidé à l'encontre de l'un des porte-parole de ce mouvement n'a échappé à personne. En vérité, ce mouvement dérange, inquiète car il vise à neutraliser les prétendues « réformes » dont se targuent nos gouvernants auprès de l'opinion publique.


 

La vraie question est la suivante : Qui porte tort au service public d'éducation ? Les enseignants du primaire en résistance qui osent prendre la parole et dénoncer les graves dérives d'une politique qui n'a comme seul horizon que les restrictions budgétaires, le désengagement de l'Etat et à terme la privatisation de l'Education Nationale ? Ou bien nos gouvernants qui ne tolèrent plus l'idée même d'une contestation provenant des petits fonctionnaires que nous sommes. Ce qui est en définitive insupportable, au-delà du respect du devoir de réserve auquel nous ne sommes pas directement astreints, mais qui est opportunément brandi à la face des professeurs des écoles aujourd'hui, c'est que des instits de base, eux qui n'ont pas le « prestige » des enseignants du secondaire ou des universitaires, aient eu l'outrecuidance de se révolter, de le faire savoir et de lancer un défi à l'autorité qui se croyait à l'abri d'une insoumission contagieuse.


 

Cette décision politique à l'encontre de l'initiateur du mouvement de résistance pédagogique vise assurément l'ensemble des enseignants du primaire en résistance. Le nouveau ministre espère ainsi écraser toute velléité de contestation à la rentrée. Il se trompe gravement. Il avait l'opportunité, lui qui s'est présenté comme un homme de dialogue et d'ouverture, de dénouer les fils de ce conflit qu'il a découvert en arrivant rue de Grenelle. Il vient de les resserrer. Et nous avions prévenu : « Plus ils nous sanctionneront, plus nous désobéirons ». Aujourd'hui, comme hier, le pouvoir ne nous laisse d'autre alternative que d'amplifier la résistance aux « réformes » qui déconstruisent le service public d'éducation. En refusant le dialogue que nous n'avons cessé d'appeler de nos vœux, le pouvoir s'enferme dans une attitude répressive qui ne peut que susciter des tensions regrettables pour l'avenir.


 

Jusqu'à ce jour, les sanctions, aussi disproportionnées soit-elles, ne nous ont pas fait reculer. Elles ont au contraire suscité un élan de sympathie dans l'opinion publique que le pouvoir aurait tort de mésestimer. De nombreux enseignants du primaire qui n'ont jamais accepté ces réformes destructrices sans pour autant les contester trop ouvertement se sont montrés solidaires, y compris financièrement, et nous ont encouragés à ne pas céder. Nous avons également le soutien massif des parents de nos élèves et cela est décisif. C'est pourquoi, à titre personnel, je ne regrette rien et surtout je ne me sens « coupable » de rien. Mettre ses actes en cohérence avec ses pensées est certainement ce qu'il est donné de vivre de meilleur, surtout dans notre noble métier. C'est une action juste, motivée en conscience, au service de l'intérêt général et non pas de notre « confort » corporatiste. Collectivement, nous pouvons être fiers d'avoir impulsé un mouvement qui porte l'exigence d'une révolte éthique et professionnelle conjuguée à un esprit de responsabilité et d'honnêteté que personne, aucun pouvoir, ne pourra briser.


 

Et pendant tout ce temps consacré à pourchasser les enseignants en résistance, à vouloir faire appliquer des « réformes » injustes, néfastes et parfois inapplicables, on élude les vrais questions et les vrais problèmes qui se posent aux enseignants du primaire dans leur travail quotidien : la démotivation des élèves à l'égard de la chose scolaire, l'agitation et/ou l'apathie de beaucoup d'entre eux, leur difficulté à se concentrer et à écouter sur des périodes longues, le recul flagrant de la culture de l'écrit, l'hétérogénéité de nos classes avec des écarts de plus en plus importants entre les élèves, l'addiction des enfants aux jeux électroniques et à la télévision, la montée des marques d'irrespect à l'égard des enseignants, l'absence de régulation des conflits entre les élèves qui crée des climats de tension dans nos écoles. Nous avons besoin d'une révolution éducative qui prenne à bras le corps l'ensemble de ces problèmes et bien d'autres. C'est pourquoi, plus que jamais, des Etats Généraux de l'Education sont inévitables dans les prochains mois pour préparer une nouvelle ère qui définira l'éducation comme une grande priorité nationale.


 

Alors, à l'heure où la répression s'abat sur les enseignants en résistance qui refuse d'assister passivement à la déconstruction de l'école publique,


 

J'appelle, avec tous les enseignants du primaire en résistance, à une insurrection des consciences de la société civile pour sauver l'école de la République aujourd'hui menacée.


 

J'appelle les enseignants à se ressaisir en refusant cette attitude de soumission permanente et aveugle qu'une hiérarchie abusant de son autorité veut nous imposer au mépris de toute confiance et de tout respect envers les professeurs des écoles confrontés à des difficultés inégalées au quotidien.


 

J'appelle les syndicats d'enseignants à jouer pleinement leur rôle en organisant dès la rentrée un mouvement de résistance puissant à ces réformes scélérates qui aggravent une situation d'enseignement délicate et tout particulièrement à ces dispositifs pédagogiques qui trahissent l'esprit de notre mission qui est la réussite de tous les élèves.


 

J'appelle les parents d'élèves, les citoyens et les élus à se mobiliser pour défendre le service public d'éducation que le pouvoir veut démanteler alors que nous avons plus que jamais besoin d'un système éducatif cohérent, outillé pour affronter les défis de l'échec scolaire et de la violence juvénile.


 

A tous mes collègues déjà entrés en résistance et à tous ceux qui le seront inévitablement bientôt, je leur dis : ne nous résignons pas, car se résigner c'est déjà abdiquer de sa liberté, de sa raison et de sa dignité. Ayons confiance en nous-mêmes. Vous le savez, le verbe résister est un verbe qui se conjugue au présent... Alors osons dessiner, dès aujourd'hui, un a-venir pour l'école aux couleurs de la générosité et de l'espérance.



Article ajouté le 2009-07-24 , consulté 2241 fois

Commentaires


Millot Nathalie le 19/08/2009 à 10:58:48
Monsieur,
Je tenais aussi à vous dire tout simplement un Grand Merci et voulais vous encourager à poursuivre votre action pour cet à-venir (prometteur :-D) si cher à mon coeur et ainsi laisser place à un sacré bel espoir dans celui de mes enfants .
spider-lily le 09/08/2009 à 15:23:36
Merci Alain! ta détermination nous donne plus de courage pour continuer à résister, chacun, et chacune, dans nos écoles, nos institutions.. Pour Andy, je pense à un très beau tee-shirt où il y a un mouton noir au milieu d'un troupeau de moutons blancs et la phrasée floquée dit "Fais pas la gueule, t'es pas le seul" :))
David le 02/08/2009 à 23:30:35
Je disais dans mon précédent post tout le bien que je pensais de la démarche de Mr Réfalo.
Je vais plus loin en expliquant mon histoire personnelle. Comme je le disais précédemment, j'ai été pendant une bonne partie de mon enfance en échec scolaire. Mais je m'en suis sorti. Comment ? C’est bizarre mais c'est en pratiquant le cyclisme. Je suis tombé dedans un peu par hasard.
Déjà il faut savoir que j'avais 18 ans en seconde et j'avais déjà redoublé 3 fois (vous lisez bien : 3 fois). J'ai redoublé la 5ieme, la 3ième et la seconde. Mes profs avaient même convoqué mon père pour savoir, à la fin de ma 2ième seconde, s'ils pouvaient me réorienté en BEP.
J'étais démotivé et je n'avais plus confiance en moi depuis de nombreuses années. Je me foutais de l'école. Un soir, pour rentrer chez moi, mon pote me prête le vélo de course de son père car ma mobylette ne démarre plus. C'est la première que je montais sur un vélo de course et j'ai adoré. J'ai continué le vélo. Je pédalais dès que j'avais du temps libre. Je roulais tout le temps. J'aimais ça.
J'avais 18 ans. Mes potes passaient leur permis B avec succès et se payaient leur première voiture. Et moi comme j'étais fauché, j'avais juste un vélo de course pour me déplacer : un MBK SPRINT rouge et blanc.
Mais je me concentrais sur mon vélo. Et puis quelques mois après avoir fait mon premier tour de pédale, mon oncle qui faisait du cyclisme m'a inscrit à une course de vélo dans la catégorie non-licencié. J'ai fait cette course sans même connaitre les techniques du vélo (roulé en peloton, en éventail, le sprint...). Et surprise, j'ai terminé 4ième de la course et j'ai fini premier de ma catégorie. Je suis rentré chez moi avec une coupe. Pour la première fois de mon existence, je finissais premier. J'étais le garçon le plus heureux du monde. Cette petite course de village m'avait gonflé à bloc. J'ai pris une licence FFC. J'ai gagné d'autres courses. Je roulais tout le temps. J'étais surentrainé.
Parallèlement, mes notes à l'école faisaient des bonds. Je passé ma première et ma terminal facilement et j'ai même réussit mon BAC avec mention du premier coup. J'ai enchainé par un BTS et aujourd'hui je gagne bien ma vie dans une grande entreprise. Je suis marié et j'ai 2 superbes enfants. Depuis j'ai arrêté le cyclisme mais j'en garde un très bon souvenir.
Le rapport avec Mr Refalo :
Mr Refalo a compris que le problème des enfants en difficultés ne provient pas forcement de l'école mais souvent des élèves eux-mêmes. Son idée de donner des cours de théâtre est tout à fait remarquable car le théâtre donne confiance à ses élèves.
Les bienfaits du théâtre sont archi connus.
Pour moi ce fut le cyclisme et pour les élèves de Mr Refalo c'est le théâtre. Peu importe la méthode, l'objectif final est de donner confiance aux élèves. Le théâtre peut être un moyen efficace. Et ça Mr Refalo l'a très bien compris.
Chapeau! ET courage.

henri le 30/07/2009 à 17:05:04
comment çà, il y a des instituteurs qui veulent défendre un enseignement public laïc pour offrir à tous les citoyens la possibilité de réfléchir plutôt que d'obéir à tout et n'importe quoi? allons, cessez de vous de vous casser la tête, laissez ce gouvernement pourrir l'éducation nationale pour pouvoir un jour justifier sa dissolution, laissez les riches et les puissants de ce monde nous endormir un peu plus avec tous ces opiums, que ce soient des discours "religieux" ou que ce soient les mythes véhiculés par la télé...tout va bien, dormons en paix...
PS au cas où le ton ironique de mes lignes précédentes vous aurait indisposés, je vous présente toutes mes excuses, mais c'est encore comme cela que j'arrive à exprimer le plus courtoisement mon indignation face aux puissants de ce monde, face à ce gouvernement français et face à beaucoup de médias qui nous prennent pour des imbéciles. C'est avec la plus grande sincérité que j'adresse tout mon soutien à Alain Refalo et aux enseignants désobéisseurs. Grâce à vous, le mot "humanité" reprend de sa signification. Bon courage!
moms le 29/07/2009 à 04:19:47
Pas besoin d'être enseignant pour constater qu'un enfant "en difficultés" -quelque soit le temps qui lui est consacré- sera toujours en déphasage (et donc en souffrance) pendant sa scolarité... L'élève "sans difficultés" le sera tout autant s'il s'y ennuie faute de stimulation... Pour l'épanouissement de l'un et de l'autre il serait souhaitable de créer des classes de niveau ,ce qui permettrait de sereinement optimiser leur potentiel respectif... Cette inacceptable et scandaleuse réduction du nombre d'heures de cours pénalise TOUTE la classe... PS/ Un enseignant qui assume ses responsabilités professionnelles -tel est le cas- n'a pas à renoncer à son salaire!
Kelph26 le 28/07/2009 à 13:54:29
Cher Domi,

Je ne peux vous en vouloir de ne pas avoir trouvé les textes pouvant donner quelques éléments de pertinence aux propos qui vous aviez avancé -un peu vite - et ce, pour une raison simple Domi, la passion chez vous manifestement l'emporte ; comment, dès lors, vous faire grief de ces nobles sentiments où se mêlent tout à la fois le sens du service et l'engagement aux côtés des enfants les moins favorisés.

C'est aussi grace à vous s'il n'y a pas que des enfants de prof dans les classes préparatoires ; le lumpenprolétariat, qui a mis tous ses espoirs en votre faculté de transmettre aux plus jeune des siens, ne manquera pas de vous rendre ces honneurs qui vous sont dus.(Mais je sais, Domi, que mû par ces principes directeurs de la morale la plus exigente, le fonctionnaire que vous êtes n'attends rien, il sert, simplement).

Est-on abusé Domi quand on s'abuse soi-même au nom des plus grands principes ? On l'est assurément, nous ne pouvons pas revenir sur ce point, mais l'on est alors aussi de ceux à qui naturellement et prioritairement, l'absolution est accordée.

Le gouvernement en cause, qu'il est pas gentil qu'il est très vilain, n'a donc jamais produit aucun texte susceptible de faire relever l'illégalité de son action ; eh bien voilà une belle conclusion.

De cet accord qui désormais nous lie sachons faire, sur ce forum, ces premières bases d'une entente cordiale au nom de ces principes que vous soutenez chaque jour à bout de bras, et qui ont construit cette nation.

Claude Nicolet lui-même (et l'on pourrait remonter, au moins, jusqu'à Condorcet et ses cinq mémoires) rappelle que l'école est la fabrique du citoyen. Vous oeuvrez pour le bien commun qu'il est gentil, je n'en ai jamais douté, et je vous en félicite.

Recevez, Ô capitaine mon capitaine, les plus vifs remerciement d'un républicain ardent, définitivement rassuré quand à la capacité de lecture de ceux qui se trouvent être chargés de ces classes de lecture en France.

Nous conpatissons de concert.

Merci Ami.
HAYAH le 28/07/2009 à 10:34:06
Votre combat a été le mien....sauf que j'ai toujours refusé d'être fonctionnaire, suis restée maître auxiliaire pendant 20 ans et vacataire (donc petite retraite....mais qu'importe)en ZEP pendant toutes ces années après un essai de réeducateur en psycho-pédagogie dans les premiers GAPP (trop de replâtrage....). J'ai toujours fait des entorses au programme proposé car c'était l'élève qui était au centre de ce que j'enseignais et non l'inverse....
Allez jusqu'au bout car vous ne méritez pas cette triple sanction....Votre combat est le nôtre
uninstit le 27/07/2009 à 22:53:49
Réponse à la question posée par Jacques POTIER le 26/07/2009 à 22:50:21 :

« Caisse de solidarité

Vous pouvez envoyer vos chèques à l'ordre du SNUipp34, en mentionnant au dos "caisse de solidarité aux désobéisseurs".
SNUipp 34 - FSU
474, allée Henri II de Montmorency
34000 Montpellier »
Domi le 27/07/2009 à 22:38:36
Cher Kelph26

Étonnant !

Je viens de tout relire ligne après ligne : les dernières instructions officielles de l’Éducation Nationale, l’ensemble des décrets Darcos ainsi que toutes les mesures de la révision générale des politiques publiques (RGPP) adoptées en conseil de modernisation des politiques publiques et inscrites dans la loi de programmation des finances 2009. Je n’ai pas retrouvé la phrase montrant l’abandon par ce gouvernement des principes fondateurs de notre République.

C’est à peine croyable, j’étais pourtant certain d’avoir vu à peu de choses près ceci :

«Le Premier ministre,
Sur le rapport du ministre d'Etat, ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports, du ministre de l'intérieur, du ministre de la solidarité, de la santé et de la protection sociale et du ministre délégué auprès du ministre de l'intérieur, (…)

Article n : L'objectif général de l'école ne sera plus désormais de développer toutes les possibilités de l'enfant, afin de lui permettre de former sa personnalité et de lui donner les meilleures chances de réussite. Dorénavant, les objectifs de l’école seront de permettre aux élèves ayant les meilleures capacités intellectuelles de réussir à accéder aux plus hautes fonctions et aux autres d’être rapidement écartés du système éducatif afin de fournir aux entreprises et aux forces vives de la Nation une main d’œuvre abondante et bon marché.»

Malgré tous mes efforts, je n’ai pas réussi à le retrouver, vous m’en voyez navré…

…Mais, j’y pense tout à coup ! Aurais-je été abusé : peut-être que cet article n’a jamais existé ?

Peut-être que dans leur grande duplicité, les membres de ce gouvernement n’ont pas écrit cela explicitement et noir sur blanc ? Peut-être faut-il analyser les textes sans s’en tenir à la première impression ? Peut-être faut-il faire un effort, compiler, comparer, évaluer et ne pas se fier au mot à mot, être un bon lecteur ?

Si c’est le cas, alors je suis désolé de vous dire que vous n’obtiendrez jamais de réponse à votre question.
Apparemment ni vous ni moi n’en serons jamais capables, handicapés que nous sommes par la faute de ces enseignants incompétents qui nous ont appris à lire avec la méthode globale.

Je compatis et j’en espère autant de votre part.

Domi

Kelph26 le 27/07/2009 à 21:14:43
A domi,

Quelle disposition du ministère DARCOS est en contradiction avec l'article dont vous faites mention ?

Aucune !

Ou alors présentez ici ces textes réglementaires en opposition avec l'article mentionné. Des éléments précis SVP, avec les références du texte en cause (légifrance ou autre...), à défaut, il ne s'agit là que de propos gratuits, lancés en l'air...et forcément ça tombe... tout seul...

Sacré Domi...
Dilo le 27/07/2009 à 19:58:09
Tout-à-fait d'accord avec "uninstit". Merci pour ce long développement qui tempère les propos dans ce blog.

"Une instit en retraite", Dilo.
Domi le 27/07/2009 à 11:37:40
Kelph26, moi aussi je m'interroge : seriez-vous nerveux ?

Un texte court : «Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits.» extrait de l'article 1er de... mais je ne vous ferai pas l'offense de vous dire d'où vient cet extrait.


Un texte plus long : www.repid.com/L-ecole-des-chances.html

Vous constaterez, j'espère avec soulagement, que j'ai choisi un auteur très «modéré» dans ces prises de position afin de ne pas accentuer votre mauvaise humeur.

Sans rancune.

Domi



uninstit le 27/07/2009 à 11:07:37
Je m'aperçois en me relisant que la phrase :

«Sondez les enseignants et voyez combien souhaitent aujourd'hui ne plus mettre en place l'aide personnalisée au motif qu'elle les ferait moins bien travailler qu'avant ?»

n'est pas entre guillemets dans mon mail précédent.

Hors, elle est extraite du mail de Bernard.

Voilà qui est rectifié.

uninstit le 27/07/2009 à 10:55:05
Bonjour,

Attention ce message va être très long à lire…

J’ai beaucoup hésité avant de me mêler à ce débat préférant en général parler aux gens de vive voix. Déformation professionnelle probablement.

Pourtant le message de Bernard appelle à des réponses précises de quelqu’un qui connaît le métier ; je me lance donc. Ne comptez pas sur moi pour discuter des heures, je vais simplement éclaircir quelques points ou apporter des précisions.

Les passages entre guillemets sont extraits du mail de Bernard que je suppose être un parent d’élève et que je salue amicalement au passage.

«Le mouvement des "désobéisseurs" représente donc une fraction extrêmement ténue de la profession.»

C’est tout à fait exact. Ce mouvement étant nouveau, surprenant, non organisé par les centrales syndicales et risqué sur le plan professionnel et personnel, il est tout à fait normal qu’il soit marginal.

«Cette fraction est très active sur le plan médiatique mais ne reflète pas la position de la profession qui adhère au dispositif de l'aide personnalisée.»

Pour autant, il est bien perçu dans la profession et le soutien moral (et financier) des collègues est très étendu. Etrangement, c’est dans la frange syndiquée des enseignants que ce soutien est parfois plus réticent ; cette action hors cadre semblant suicidaire à certains représentants syndicaux, d’autres y voient peut-être parfois une sorte de concurrence.

«Dans mon département, les parents approuvent à plus de 95 % l'aide personnalisée.»

Généralement, quand un enseignant sérieux et compétent fait son travail, il est bien perçu par les parents, qu’il fasse sa classe avec telle ou telle méthode, quel que soit le lieu ou la forme qu’elle prenne. L’aide personnalisée n’y échappe donc pas, rien que de très normal ici. La preuve c’est que là où les enseignants ont appliqué le texte sans réfléchir l’accueil a été bon et là où ils ne l’ont pas appliqué tel quel, il l’a été aussi.

«Les enseignants estiment que l'aide est utile pour près de 40 % des élèves auxquels elle est proposée. (…) Si une solution "miracle" existait, elle serait connue. »

Aider les élèves en difficulté est toujours positif, je dirais même que c’est une des vocations de nombreux enseignants. Ce qui pose problème n’est pas là : voir ci-dessous.

En quoi l'aide personnalisée est une plus mauvaise solution que ce qui existait précédemment ?

Nous voici au cœur du problème.

Imaginons qu’aux 27 heures d’enseignement que je dispensais encore à mes élèves il y 25 ans, un gouvernement ait mis en place un système d’aide aux enfants en difficulté articulé en deux parties : une aide spécialisée pour les cas difficiles et une aide personnalisée pour les enfants en difficulté légère et probablement passagère : alors là unanimement parents, enfants et enseignants auraient reconnu le bien-fondé puis l’efficacité d’un tel dispositif.

Qu’en a-t-il été en réalité ?

Tout d’abord le temps d’enseignement consacré à tous les élèves du groupe classe pour assurer les matières « classiques » (maths, français, histoire-géo, sciences, arts, sport) est passé de 27 heures hebdomadaires à 26, puis à 24,5 (incorporation de 90 minutes de langue vivante), puis cette année à 22,5 h. Dans le même temps le programme s’est enrichi de l’apprentissage des « TICE » et dernièrement de « l’histoire de l’art ». Si le volume de papier sur lequel les programmes sont écrits a été divisé par 10 (ce qui est très bien pour les forêts), le contenu n’a pas été allégé. Il est donc devenu impossible désormais de faire un travail serein, complet, à un rythme permettant au plus grand nombre d’enfants de suivre. Le cerveau des élèves de 2009 est le même que celui des élèves de 1980 : comment pourraient-ils assimiler si vite désormais, il n’y a pas à l’école pour l’instant de système de dopage qui permette de tels exploits !

On a donc introduit à l’école pour nos/vos enfants ce que vivent de plus en plus les parents dans leur travail : le stress, le manque de temps, la course au résultat. Peut-être que cela plait à certaines personnes, qui sait.

Il fut créé un jour, par un gouvernement un système d’aide spécialisée pour les élèves en difficulté relativement importante mais qu’on a espoir de réussir à aider à rester dans le cursus scolaire normal. Ce fut le système des RASED. Hélas ce système a été mis en place trop progressivement et de très nombreux secteurs de notre pays ne l’ont jamais vu fonctionner, soit parce qu’il était absent, soit parce qu’il était incomplet, soit parce que ses membres (3 enseignants) n’avaient pas encore reçu leur formation ou étaient surchargés de travail (secteurs beaucoup trop grands). Les écoles qui ont eu la chance de travailler avec des équipes de RASED complètes, formées et motivées en ont toujours retiré de grandes satisfactions et les enfants qui en ont bénéficié aussi.

Puis vint l’année 2008-2009 et l’ « aide personnalisée ». Quel est son objectif ?

Comme la plupart des décisions prises depuis 2 ans dans à peu près tous les domaines, il s’agit de faire des économies budgétaires. Comment économiser en donnant du temps aux enseignants pour s’occuper des enfants en difficulté ? Pour cela il faut convertir tous les postes d’enseignants de RASED en postes d’enseignants classiques face à une classe complète et non plus face à 2 ou 3 enfants. Supprimer les RASED et les remplacer à terme par les heures d’aide personnalisée, est-ce équivalent ?

D’un point de vue budgétaire évidemment non, maintenir de front les deux systèmes en continuant à compléter, à recruter et à former les RASED tout en permettant aux enseignants d’aider en petits groupes les enfants en petite difficulté aurait eu un coût certain.

D’un point de vue pédagogique, il s’agit évidemment d’une régression ; l’enseignant de la classe alourdit le temps scolaire des enfants qu’il suit en aide personnalisée (alors que le RASED fonctionnait durant les heures de classe) ; de plus il n’a suivi aucune formation spécifique pour connaître et traiter les difficultés plus lourdes de certains élèves (dyslexie, dysgraphie, dysphasie, troubles du comportement, malaise social etc.). Le résultat sera de toute évidence moins bon.

Moins bon, mais moins cher : l’objectif est atteint. Ou plutôt il le sera, si parents et enseignants ne se battent pas ensemble pour changer la donne.

Sondez les enseignants et voyez combien souhaitent aujourd'hui ne plus mettre en place l'aide personnalisée au motif qu'elle les ferait moins bien travailler qu'avant ?

Je connais un nombre important d’enseignants, c’est le lot commun de tous les instituteurs qui ont derrière eux de nombreuses années d’enseignement, et à ce jour, aucun de ceux que je rencontre ou à qui j’en ai parlé de vive voix n’ont tiré un bilan globalement positif de l’année 2008-2009 qui vient de s’écouler. C’est à la fois malheureusement vrai et absolument désolant…

Attention, je ne dis pas ici que tous mes collègues soutiennent activement ce mouvement ou y participent ; je constate simplement que tous ont ressenti la nette accentuation de la dégradation de l’enseignement cette année. Pour autant une partie d’entre eux s’en accommode par résignation.

Par résignation ne signifie pas qu’ils se sont mis à travailler n’importe comment. Mais ils ont constaté que depuis très longtemps ils se battent pour maintenir un enseignement de qualité et pensent que maintenant il est temps de passer le flambeau à d’autres ; que leurs propres enfants sont sortis du système scolaire et ne seront pas pénalisés; que les jeunes enseignants en souffriront bien plus longtemps qu’eux ; que ce sont les élèves qui entrent à l’école aujourd’hui qui vont en pâtir le plus et que c’est donc à leurs parents de se mobiliser s’ils en ont la volonté. Et puis si on travaille plus dans la semaine, on a aussi droit à nos longs week-ends, comme les autre (ironie)…

«Cette cristallisation des "désobéisseurs" sur l'aide personnalisée est purement un prétexte pour installer une confrontation politique. L'école n'est pas le bon lieu.»

Comme le disait quelqu’un dans ce blog, la structure même de l’école, qui concerne tous les citoyens, est éminemment politique et tout ce qui la touche ne peut donc être que politique. Je pense moi aussi que nous devons effectivement assumer ce fait clairement. La seule différence c’est que, quand tout va bien, cela ne se remarque pas.

J’espère par ailleurs avoir réussi à expliquer plus haut pourquoi il ne s’agit pas uniquement d’un prétexte, mais d’un vrai problème de qualité de l’enseignement dans les classes pour tous les élèves.

« (…) fondez vos écoles (la réglementation vous le permet) avec vos propres règles et vos Programmes. Après quelques années, vous pourrez "afficher" vos excellents résultats et vous ne manquerez certainement pas de convaincre l'ensemble des parents de scolariser leurs enfants dans vos écoles ».

Ce fut le cas par le passé avec des écoles différentes (Freinet par exemple) ou après mai 68, pourtant la volonté d’égalité qui anime la profession limite ce genre d’initiatives : comment apporter à tous les enfants son savoir-faire si on se limite à une école privée donc à un cercle restreint d’enfants ? La majorité des enseignants est donc encore très attachée à la République et à l’Education Nationale, préférant intégrer les idées nouvelles et innovantes au profit des élèves dans le sein de celle-ci plutôt qu’à côté. A mon sens c’est d’ailleurs le bon choix.

« Puis des parents viendront vous trouver et vous expliquer qu'ils ne souhaitent pas que vous enseigniez telle partie des Programmes parce qu'elle est contraire à leur conscience (l'enseignement de l'Évolution, par exemple). D'autres parents vous diront "qu'en conscience" ils refusent que leur enfant se rende à la séance de sport pour tel ou tel motif que leur liberté de conscience place au-dessus de tout. »

Il semblerait que vous ne fassiez pas partie de ceux-ci et c’est tant mieux. Sachez tout de même qu’ils existent déjà : certains de mes collègues et moi-même en avons rencontrés à l’école publique. Pas la peine, hélas, de fonder une école privée pour être confronté à ce problème…

« La désobéissance civile conduit dans une impasse: chacun fixe ses propres règles selon ce qui lui dicte sa conscience... Où est la démocratie ? »

L’histoire a montré que la démocratie n’est hélas pas parfaite, elle a même au cours du XXe siècle engendré un monstre. Elle est donc perfectible, surtout dans ses modalités d’exercice et c’est là que peut prendre sa place ce type de mouvement de non application volontaire de certains textes. Il y a pourtant une limite importante entre la désobéissance civile désintéressée et l’activisme dangereux ou la malhonnêteté classique. Cette limite n’est généralement pas perçue de la même façon par les citoyens et par le pouvoir, fut-il élu démocratiquement. A la différence des prises de pouvoir par la force, des actes de vandalisme, des actes de terrorisme ou des infractions classiques à la loi, la désobéissance a en règle générale toujours apporté à terme une amélioration des règles démocratiques pour le bien du plus grand nombre, amélioration qui fut finalement votée par le législateur. A mon sens c’est uniquement d’ailleurs ce jugement de la société a posteriori, qui peut la définir comme telle par opposition à la caricature que vous en faites et qui l’apparenterait à un acte égoïste ou pire, malveillant.

« mais n'ont pas le courage de démissionner »

La démission est un renoncement, donc une lâcheté face à l’échec constaté ou seulement pressenti, pas un acte de courage. C’est se battre contre l’adversité en prenant sur son temps, sur son argent et sur sa vie de famille, qui demande du courage, ne croyez-vous pas ?

« parfois, le loge... »

Le logement de fonction de l’instituteur appartient désormais au passé et disparaît actuellement avec quelques-uns des derniers instituteurs en fin de carrière et qui n’ont pas encore été parachutés « professeurs des écoles ». Il n’en reste plus qu’une microscopique poignée en voie d’extinction.

« Quand on est un enseignant "désobéisseur, comment peut-accepter, en conscience, de l'argent d'une instance qui représente autant de valeurs contraires aux vôtres... »

Mais les instances peuvent changer d’avis très vite, il suffirait de peu de choses pour que la majorité des français se rende compte de ce qui est en train de se jouer et fasse basculer les décisions. Ce ne sont pas les valeurs de l’Education Nationale qui sont en cause, simplement des mesures prises par des hommes qui ne seront plus au pouvoir dans quelques années et qui bafouent ses valeurs… Quand on arrive à un certain âge, on a vu passer tant de ministres et de textes de lois que l’on sait très bien que tout cela est fort fluctuant…

« L'Histoire nous a déjà permis de tirer les leçons d'une telle utopie. »

Personnellement je n’ai jamais vu mes utopies mises en application et en conséquence je ne sais toujours pas quelles leçons je pourrais bien en tirer ensuite. Pour l’instant elles m’aident à vivre, à espérer des jours meilleurs et donc, à faire -encore après tant d’années- mon travail avec enthousiasme. Ce n’est déjà pas si mal.

En souhaitant une rentrée pleine de bonne humeur et d’envie d’apprendre à vos enfants, bien sincèrement.



Aurélie le 27/07/2009 à 09:18:32
Contrairement à ce qu'affirme Bernard, l'aide personnalisée rencontre l'adhésion des enseignants qui apprécient le fait d'avoir un petit groupe d'élèves. Ce seul fait en dit long sur l'absence de formation pédagogique des enseignants qui rappelons-le, durant 24 heures obligatoires, sont devant 25 élèves. Dans mon école, les enseignants ont cependant reconnu que le dispositif n'avait pas été réellement efficace, qu'il n'avait pas fondamentalement changé la donne pour les élèves en difficulté. Deux heures en moins pour la majorité des élèves va aggraver les difficultés de cette majorité. Ce dispositif est le signe d'un renoncement majeur : celui de considérer que les enseignants puissent être capable d'aider les élèves en difficulté sur le temps obligatoire de classe. Il n'est qu'un prétexte pour justifier la suppression de milliers de postes d'enseignants spécialisés. L'action des milliers d'enseignants en résistance est légitime et salutaire. Elle est une force éthique et professionnelle qui doit être soutenue.
Jacques POTIER le 26/07/2009 à 22:50:21
J'ai tiens en très haute considération votre lutte.

En effet, elle rappelle qu'il est indispensable de se battre contre l'arbitraire véritable ver dans le fruit de l'éducation nationale.

A terme ce ver aurait pour objet de permettre aux investisseurs de l'idéologie libérale de créer des cours de soutien et des écoles privées en lieu et place des écoles publiques. Ces écoles privées seraient autant de relais pour les profiteurs organisant la société dans une inégalité et une cupidité assumée.

J'ai connu des cours délivrées par des écoles prestigieuses par des responsables d'entreprises bouffis de certitudes assénant des "vérités" totalement dogmatiques et faisant, en même temps, leur gratte.

Je n'aimerais pas que l'enseignement, à tous les étages, se transforme en un grand bazar de propagande pour les décomplexés du capital dont le but ne serait que de faire de nos enfants les consommateurs décervelés qu'il leur faut.

Tenez bon. Y a-t-il un site sur lequel on peut vous aider financièrement ?

Amitiés.

Jacques POTIER
Erasmos le 26/07/2009 à 12:13:54
A Kelph26, pour désobéir est en non-sens et une posture en démocratie : petit rappel historique sur la désobéissance civile, notion conceptualisée par un auteur américain qui vivait lui-aussi dans une démocratie au siècle dernier.

www.larevuedesressources.org/spip.php?article277

www.larevuedesressources.org/spip.php?article278

Bonne lecture ! ;-)
Kelph26 le 26/07/2009 à 10:11:28
Domi,

Seriez-vous un escroc ? : les faits, le droit SVP !

Le "On a déjà évoqué cette violation plus bas (égalité)" n'est pas un argument.

Quelle disposition précisément ?

Cette désobéissance civile, c'est comme Thoreau, du pipeau !

Et comme il est dit par un des commentateur, si l'instit en cause considère qu'il est indigne de continuer à procéder selon les instructions du ministère, et qu'il ne veut pourtant pas démissionner, il devra bien reconnaître alors qu'il est indigne de recevoir des sommes d'argent d'une institution dont il juge si sévèrement les actes.
Domi le 26/07/2009 à 09:44:38
Je reprends moi aussi les termes de la définition de la notion de désobéissance civile inscrite sur ce blog :

"1. Une action collective." : "S'opposer à une politique gouvernementale qui viole les droits fondamentaux de l'homme."

On a déjà évoqué cette violation plus bas (égalité).

"2. Une action publique" : "C'est précisément son caractère public qui lui donne sa dimension politique".

Oui, il s’agit bien d’un combat politique (voir mon mail précédent) et ce, dans le respect des devoirs du fonctionnaire puisque dans aucun texte règlementaire, le droit de réserve des enseignants n’est censé s’appliquer à l’expression publique d’une opinion sur une réforme de l’enseignement. Le droit de réserve ne s’applique que pour les éléments confidentiels dont l’enseignant peut avoir connaissance sur les enfants, leurs familles etc. Si ce texte existait, les représentants syndicaux du personnel ne pourraient pas exercer leurs fonctions. Ils passent leur temps à critiquer le gouvernement et c’est bien ce que d’aucuns leur reprochent non ? D’ailleurs il y a fort à parier que si cette décision est attaquée au tribunal administratif ce sera, entre autres, pour cela.

"3. Une action non-violente." :

Comme le disait quelqu’un, faire travailler les élèves autour du théâtre c’est effectivement d’une violence insoutenable. ;o)

"4. Une action de contrainte." : Tiens, là je vais être obligé d’être (à peine un peu) d’accord avec Kelph26, cette phrase demanderait à être éclaircie…

"5. Une action qui s'inscrit dans la durée" : Évidemment s’imaginer que tout tombera du ciel au premier coup de semonce ce serait bien optimiste. Durons, durez donc…

"6. Une action qui assume les risques de la sanction" :

Il faut toujours expliquer, alors expliquons. Assumer signifie qu’il est nécessaire de savoir que des sanctions sont possibles, voire probables, et qu’il y a donc des risques. Évidemment quand on assume on n’est pas surpris, c’est déjà ça et on peut préparer la riposte. Cela ne signifie pas que l’on doive s’y résigner passivement en tendant l’autre joue, ce texte n’a pas été écrit par un messie ou un de ses apôtres. Assumer n’exclut donc pas de résister…

"7. Une action constructive" : Enseigner autrement pour être plus efficace et plus juste, c'est effectivement assez constructif. Voilà qui nous change des luttes classiques où les gens qui protestent ne travaillent pas puisqu’ils sont en grève. Mais effectivement l’efficacité peut se discuter, personnellement je crois que rien ne remplacera jamais un gros conflit social avec grèves, assemblées générales et manifestations médiatiques. Ceci dit, l’action de M. Refalo ou des autres enseignants désobéissants (je préfère cet adjectif plus sympathique que désobéisseurs) est tout à fait honorable car elle ne pénalise pas les élèves, ce que les parents apprécient. Les enfants, eux, préfèrent en général la grève qui leur fait des vacances ;o)

"Selon ces sept principes, la désobéissance civile s'affirme comme un outil de lutte démocratique qui permet de concilier l'exigence éthique avec la radicalité de l'action"

La désobéissance civile est une autre option face au mode d’action classique des syndicats. Comme toute action responsable qui sort un peu du cadre standard, elle est aussi plus risquée. On peut l’apprécier ou la trouver trop originale, question de choix. Elle est, à ce jour en tout cas, la seule alternative totalement non-violente - si on exclut évidemment le théâtre qui, on ne le répètera jamais assez, est d’une violence morale extrême ; ne l’appelle-t-on d’ailleurs pas « art dramatique » ? ;o))) - alternative disais-je aux grèves, manifestations, occupations de lieux de travail, séquestrations d’équipes dirigeantes, etc.

"La désobéissance civile, en tant que « radicalité constructive » bien comprise" : Il est illusoire de s’imaginer que l’on puisse être compris par tout le monde ; mais cela n’empêche pas d’essayer.

Tout ça pour dire que Thoreau, écologiste avant l’heure et luttant toute sa vie contre l’esclavage n’est pas pire que BHL. Bon d’accord, j’ai choisi un exemple facile : au pays des aveugles les borgnes sont rois. :o) Mais de toute façon ce blog n’est pas un blog de philosophie que je sache. Quant à José, lui au moins il est poli en public…

Comment on termine déjà ? Ah oui…

Vive notre bien-aimé président Sarkozy et vive l'UMP !

Domi

Bernard le 26/07/2009 à 01:31:52
Les enseignant qui se disent "désobéisseurs" seraient 2000 sur les 380 000 enseignants qui exercent dans une école (maternelle et élémentaire).
Le mouvement des "désobéisseurs" représente donc une fraction extrêmement ténue de la profession.
Cette fraction est très active sur le plan médiatique mais ne reflète pas la position de la profession qui adhère au dispositif de l'aide personnalisée.

Dans mon département, les parents approuvent à plus de 95 % l'aide personnalisée.
Les enseignants estiment que l'aide est utile pour près de 40 % des élèves auxquels elle est proposée.
Les enseignants ont enfin du temps à consacrer à de petits groupes d'élèves, ce qui est plus difficile sur le temps scolaire ordinaire avec 25 élèves dans la classe.
Les enseignants apprécient l'évolution des élèves qui bénéficient de l'aide. En effet, même si les résultats ne sont pas spectaculaires pour 100 % des élèves, tous les enseignants notent un changement d'attitude (dans le sens positif) des élèves pris en charge.
Ils éprouvent (enfin) le sentiment d'être pris en compte avec leurs potentialités et leurs fragilités.
Certes, il n'est pas facile, car on ne s'adresse pas à des machines, de trouver la solution parfaite pour chaque élève. Tout enseignant fait preuve d'humilité. Si une solution "miracle" existait, elle serait connue.

En quoi l'aide personnalisée est une plus mauvaise solution que ce qui existait précédemment ?
Sondez les enseignants et voyez combien souhaitent aujourd'hui ne plus mettre en place l'aide personnalisée au motif qu'elle les ferait moins bien travailler qu'avant ?

Cette cristallisation des "désobéisseurs" sur l'aide personnalisée est purement un prétexte pour installer une confrontation politique.
L'école n'est pas le bon lieu.

Préserver les élèves et fondez des partis politiques puis partez en campagne.
Préserver les élèves et fondez vos écoles (la réglementation vous le permet) avec vos propres règles et vos Programmes.
Après quelques années, vous pourrez "afficher" vos excellents résultats et vous ne manquerez certainement pas de convaincre l'ensemble des parents de scolariser leurs enfants dans vos écoles.
Puis des parents viendront vous trouver et vous expliquer qu'ils ne souhaitent pas que vous enseigniez telle partie des Programmes parce qu'elle est contraire à leur conscience (l'enseignement de l'Évolution, par exemple).
D'autres parents vous diront "qu'en conscience" ils refusent que leur enfant se rende à la séance de sport pour tel ou tel motif que leur liberté de conscience place au-dessus de tout.

La désobéissance civile conduit dans une impasse: chacun fixe ses propres règles selon ce qui lui dicte sa conscience... Où est la démocratie ?

Ces épisodes médiatiques ont permis à certains enseignants de devenir des "stars". Ils se comparent aux Résistants, aux martyrs... mais n'ont pas le courage de démissionner (alors que d'autres ont sacrifié leurs vies pour la cause qu'ils défendaient) et continuent de bénéficier de tous les avantages que leur procure le statut de fonctionnaire.

Il est admirable qu'un enseignant "désobéisseur" puisse penser et dire autant de mal d'une Institution qui le nourrit et, parfois, le loge... L'enseignant désobéisseur qui place sa conscience et son honneur au-dessus de tout ... devrait avoir une attitude rationnelle jusqu'au bout et en tirer les conséquences.

Quand on est un enseignant "désobéisseur, comment peut-accepter, en conscience, de l'argent d'une instance qui représente autant de valeurs contraires aux vôtres...

La désobéissance civile dans les entreprises, publiques ou privées, consisterait donc à ce que chacun fasse ce qu'il veut comme il le souhaite et quand il le désire. En quelque sorte, cela reviendrait à faire des individus "tout puissants" avec leurs propres règles.

L'Histoire nous a déjà permis de tirer les leçons d'une telle utopie.

granterre le 25/07/2009 à 23:15:06
Merci Alain, moi aussi je désobéis mais sans le dire, c'est déjà pas évident, j'aimerais tellement appliquer des lois faisant avancer les choses. Après 23 ans d'enseignement passionné, j'ai envie de démissionner. Désobéir c'est me respecter, respecter les enfants.Il y a beaucoup à dire et vos lettres décrivent très bien la situation. Ce sont des personnes comme vous que j'aimerais voir à la tête de cette administration déconnectée de la réalité des classes!
Phelk le 25/07/2009 à 23:00:54
Flûte, flûte, j'ai oublié la formule magique. Ca y est on frappe à la porte.

Vite, vite...

Vive notre bien-aimé président Sarkozy et vive l'UMP !

Ouf !

P.
Phelk le 25/07/2009 à 22:47:34
Bonjour tout le monde,

Domi demandait pourquoi certains avaient peur d'un vrai débat sur l'école, c'est simple.

D'abord si ça se faisait, on s'apercevrait que finalement 80 % des parents sont contre ce qui a été décidé par le gouvernement et les députés (que certains d'ailleurs de ces 80 % ont élu) pour faire des économies sur le dos de nos enfants. Forcément il y en a qui en viendraient à se poser des questions sur leurs choix...
Ensuite on verrait aussi que la droite et la gauche c'est loin d'être la même chose contrairement à ce qu’on nous raconte partout. Et des électeurs risqueraient de s’apercevoir qu’ils se sont trompés il y a deux ans. Y’a pas de mal à se tromper ça peut arriver à tout le monde, mais si tous les gens qui ont intérêt à voter à gauche s’en rendaient compte, où irait le monde je vous demande un peu ma p’tit’ dame !!!

La preuve c’est qu’ici on n’a qu’un début d’embryon de débat de rien du tout et déjà on peut trier facilement entre ceux qui sont de droite et les autres.

Quand on dit que faire du français et travailler sa mémoire ou son expression en faisant du théâtre plutôt que des exercices de Bled c’est de la violence, c’est qu’on est de droite. Tiens, c’est tellement de mauvaise foi que ça fait rire tous les autres. Ha Ha Ha !!!

Quand on dit que ce sont les syndicats qui dirigent la manœuvre alors que là comme ailleurs en France y’a que 7 à 8 % de syndiqués et qu’en plus ces syndicats sont aussi divisés que des portions de Vache qui rit, c’est qu’on est de droite.

Quand on pense qu’il n’y a que les hommes politiques qui peuvent faire de la politique et que les autres français eux ont juste le droit de se taire et, éventuellement, d’aller voter de temps en temps, c’est qu’on est de droite.

Quand on fait semblant de ne pas voir que les deux piliers de la République : liberté et égalité sont démontés morceau par morceau par les lois et les décrets récents c’est qu’on est de droite.

Quand on crache sur les fonctionnaires qui, soit dit en passant, font tenir debout notre démocratie républicaine, c’est qu’on est de droite.

Quand on pense qu’il vaut mieux obéir avant de réfléchir, c’est qu’on est de droite.

Vous voyez bien que la droite et la gauche ce n’est pas la même chose. Lol !

Alors ça ne sert à rien de discuter, pour discuter il faut être au moins deux et quand on est face à un idéologue de droite et bien, finalement, on se retrouve tout seul. Autant parler aux murs, y en a des jolis…

Bye.

P.



Kelph26 le 25/07/2009 à 15:54:15


Je reprends les termes de la définition de la notion de désobéissance civile inscrite sur ce blog et je confronte au cas d'espèce :

"1. Une action collective." : "S'opposer à une politique gouvernementale qui viole les droits fondamentaux de l'homme."

Ou est la violation du droit ? Nulle part !

"2. Une action publique" : "C'est précisément son caractère public qui lui donne sa dimension politique".

Et oui, ce fonctionnaire fait bien entrer au sein de l'institution le combat politique et ce, contre ses devoirs de fonctionnaire (réserve...).

"3. Une action non-violente." :

Une violence est pourtant clairement infligée à ces enfants privés d'enseignement.

"4. Une action de contrainte." : Contradiction avec la proposition 3 peut-être ? Sauf à réduire la violence à la seule violence physique.

"5. Une action qui s'inscrit dans la durée" : Sans commentaires...;-)

"6. Une action qui assume les risques de la sanction" :

En contestant la sanction, ce risque, clairement, n'est pas assumé.

"7. Une action constructive" : C'est là le plus délicat, quand l'on confond idéologie et corporatisme avec attitude constructive. Refuser d'enseigner c'est constructif, c'est l'évidence. Mais ce refus d'enseigner, le ministère s'en cogne, seuls les enfants sont ici pénalisés.

"Selon ces sept principes, la désobéissance civile s'affirme comme un outil de lutte démocratique qui permet de concilier l'exigence éthique avec la radicalité de l'action"

La désobéissance civile est un masque pour individus refusant d'entrer en politique aux fins d'y assumer des idées, car, effectivement, en défendant des idées l'on pourrait être tenus un jour d'aller mettre celles-ci en application, et faire face ainsi à la réalité de la responsabilité politique. La Désobéissance civile, c'est bien plus facile, et l'on reste un éternel donneur de leçons...Respinsabilité ? 0 !

"La désobéissance civile, en tant que « radicalité constructive » bien comprise" : Non sens dans une démocratie !

Et Thoreau n'est pas même un philosophe de classe de collège, il est le degré zéro de la pensée sur les libertés publiques. Thoreau, c'est du pipeau ! Y a que Bové pour se référer à ce "penseur" de 3ème zone.

Il semblerait que les tenants de la désobéissance civile désapprouvent le camarade instituteur...
Jacques le 25/07/2009 à 15:21:29
Cette fois M. Refalo sombre dans le ridicule : "générosité", "espérance". ;-)
Ces deux termes s'appliquent aux élèves en difficulté victimes de la folie constructiviste qu'il souhaiterait voire étendue. Fort heureusement de nouveaux programmes ont été édictés pour que les jeunes de France aient tous les mêmes chances. Si d'aucuns les critiquent qu'ils le fassent au travers d'organisations constituées, pas de groupuscules tout-puissants.
Kelph26 le 25/07/2009 à 14:32:03
A domi

Vous dites "J’avoue ne pas comprendre pourquoi il serait « autocrate » de réclamer haut et fort un vrai débat national".

Faute avouée...il n'y a pas de mal à ne pas comprendre Domi, permettez que je vous fasse une petite explication.

Ce monsieur veut un débat national ? Très bien, alors qu'il entre en politique, qu'il respecte ses obligations de fonctionnaire en appliquant les réformes prévues, et conteste tout ce qu'il veut pendant ses heures de militantisme politique en dehors (EN DEHORS, A l'EXTERIEUR, VOUS COMPRENEZ CE QUE JE VEUX VOUS DIRE ?) du cadre de ses obligations professionnelles.

Confondre les deux choses (sphère privé et sphère publique) est un manquement incontestable, et d'ailleurs relevé par la commission de discipline. Refuser d'appliquer un programme au nom d'une idéologie particulière c'est aller contre l'obligation de réserve et faire entrer la politique au sein de l'institution. Je vous rappelle qu'il ne s'agit pas de contester des actes illégaux, mais bien une certaine orientation pédagogique, donc de certaines options de nature politique.

Au surplus, ajoutons que dans l'espace public, politique, on intervient comme citoyen, sans considération aucune pour une appartenance quelle qu'elle soit, le fait d'appartenir au corps enseignant ne donne d'ailleurs pas plus de légitimité à ce Monsieur aux fins de venir déterminer ce que doit être la politique de la nation en matière éducative. Où alors, seuls les médecins devraient disposer sur les lois les concernant, de même pour les avocats, les plombiers, les cafetiers, et c'est l'intérêt privé qui l'emporte, la nation et le bien commun qui s'en trouvent morcelés, tiraillés, sous l'effet des corporatismes. On est dans le vrai pour la seule raison que l'on est prof ?

Et qu'il y aille devant la juridiction administrative, celle-ci se fera un plaisir de confirmer la sanction de la commission de discipline, et peut-être même de l'aggraver !

Sur le reste, je note que les fonctionnaires aujourd'hui ont très peu de considération pour ce que l'on appelle le sens du service, oh, rassurez-vous il ne s'agit pas d'aller jusqu'à exiger le sens de l'Etat, mais simplement le respect des obligations contractées par ces derniers. Est-ce trop demander ? Oui.

On est plus à l'école cher Monsieur, où l'on boude parce qu'il y a des carottes râpés le midi à la cantine...l'effet Big Mother dirait peut-être Michel Schneider, à propos de ces enseignants jamais vraiment sortis de l'institution depuis leurs 4 ans.

La fonction publique - et principalement l'éducation nationale - est devenue le bunker d'idéologues inexpugnables pour qui le corporatisme syndicale et la seule modalité d'intervention dans le débat. Si les exigences du ministère ne conviennent pas à ce Monsieur, qu'il parte !

Il serait bien utile de s'interroger sur ce qu'est la légitimité de ces centrales syndicales mues par un corporatisme furieux et aveugle et estimant être en droit de contester la décision politique.

Et je vous passe les propos de Luc Ferry, sur ces "mallettes" - avant qu'il prenne le ministère - qui permettent de mettre un terme aux contestations enseignantes ... Ah, les vertus syndicales dans la fonction publique... le corporatisme a son prix... lui aussi.

Quant aux violations du droit et des principes de la République j'attends toujours, et je risque d'attendre longtemps à mon sens...les faits, le droit SVP...

Bien amicalement Domi.

;-)
mamandeninaetdezoe le 25/07/2009 à 12:16:38
Je me rallie au mouvement et j'envoi a tous mes contacts le mail suivant:

"Bonjour a tous,
les parents d'enfants scolarisés ne sont pas sans savoir que le gouvernement Sarko a fait des siennes cette année en terme de réformes de l'éducation nationale. (évaluation nationale des cm2 et bientot des ce1 pour constituer un fichier informatique national, suppression de poste, suppression des rased, alourdissement des programmes, mis en place d'aide personnalisé au détriment des heures de cours collectives et favorisant la stigmatisation des élèves en difficulté ...)
mais fait nouveau les enseignants se rebellent ( pas si pépères les fonctionnaires ;) ):
- profs cf la déclaration d'Alain Rafelo qui fait parti du mouvement des profs "désobéisseurs" et qui est sanctionné pour ses positions
resistancepedagogique.blog4ever.com/blog/lirarticle-252147-1369941.html

- directeurs
www.ldh-toulon.net/spip.php?article2964

- inspecteurs
syndicat.snpi-fsu.org/index.php?option=com_content&task=view&id=207&Itemid=2

Ainsi, même si elle est encore loin, la rentrée des classes s'annonce houleuse.

Alors pour vous mettre dans l'ambiance cliquez ici
www.youtube.com/watch?v=WYLpN-l_zAI
puis allez faire un tour par là :

www.cafepedagogique.net/lemensuel/lesysteme/Pages/2008/98_Lesdesobeisseurs.aspx

et si ça vous révolte agissez:

- en signant une pétition contre la démolition de l'école
www.darcos-demission.org/petitions/index.html

- ou pour les parents qui ont du temps en vous impliquant dans le plus important syndicat de parents d'élèves le FCPE
www.fcpe.asso.fr/ewb_pages/p/primaire-maternelle-elementaire-fonctionnement-maternelle.php

-ou tout simplement en faisant suivre ce mail

Révolutionnairement votre"

roland le 25/07/2009 à 11:44:18
J'espère que vous utiliserez toutes les voies de recours, y compris la justice administrative, pour faire échec à cette série de mauvais coups. Continuez à suivre la voix supérieure de votre conscience. Vous faites honneur à l'Education nationale. Votre nom rfestera dans l' histoire de l'éducation, plus que celui du ministre Darcos...
Jacob le 25/07/2009 à 10:57:20
Voilà une démonstration exemplaire de l'hypocrisie de notre statut d'enseignant soi-disant libre de sa pédagogie !
Nous sommes évidemment tous concernés (j'enseigne dans le secondaire), mais je pleure de voir les syndicats chicaner tel ou tel point de réforme, alors que sur le fond tout est fait pour étouffer l'éveil des consciences, le meilleur moyen d'y arriver étant de supprimer des postes de toutes parts pour pouvoir ensuite pointer tous les disfonctionnements et nous en faire reproche.
En effet, il est temps de se réveiller et de résister !
Je ferai mon possible pour convaincre mes collègues dans mon établissement.

Domi le 25/07/2009 à 10:03:08
Kelph26 a écrit «Mon message sera t-il publié ? etc.»

Je suis très étonné qu'un contributeur au débat ait pu craindre une quelconque censure sur ce blog... Malgré le smiley de fin de ligne, voilà qui dénote déjà un certain état d'esprit, mais là n'est pas l'important.

Ce qui me semble plus étrange encore c'est que Kelph26 donne dans son texte bizn des réponses à ses propres interrogations ou inquiétudes sans vouloir les remarquer. De plus, il fait dire au texte d’Alain Refalo ce qu’il ne dit pas, stratégie rhétorique assez souvent utilisée quand on recherche à envenimer un débat.

Exemple : pour lui cette résistance, qu'il évite soigneusement de nommer et considérer comme telle d'ailleurs, ne serait légitime « que dès lors que le ministère viendrait à remettre en cause les principes républicains eux-mêmes ». Or un des principes majeurs sur lequel est construite notre République, à savoir l'égalité, est actuellement totalement oublié, dévoyé, abandonné, mis en pièces (choisissez l'option qui vous convient le mieux) par les récentes décisions ministérielles. Il faudrait être aveugle pour ne pas s’en rendre compte mais, bien entendu, il n'y a pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir.

Autre exemple : c’est bien Kelph26 qui dit «Vous plaidez pour une administration autogérée etc. ». J’ai bien noté qu’il s’agit d’une interrogation, mais à quoi bon poser la question puisque nulle part M. Refalo n’a écrit une telle chose ? Peut-être s’agissait-il de lancer un débat sur le principe, l’intérêt et les avantages de l’autogestion en éducation ou dans les autres domaines de la société, mais je ne suis pas certain que c’ait été l’objectif de ce passage du courriel.

Bref, nous ne sommes pas là pour parler des commentaires publiés à la suite du texte de M. Refalo, mais pour commenter le fond.

J’ai une petite critique à formuler sur l’argumentaire que l’on brandit souvent au sujet du politique ou de l’administratif. A mon sens tout ce qui se passe autour de l’école que ce soit les textes ministériels ou les réactions qu’ils suscitent est politique et doit absolument être revendiqué comme tel. En effet il ne faudrait pas oublier que le sens du mot politique est étymologiquement : « qui concerne le citoyen ». Si la façon dont doivent être éduqués nos enfants ne concerne pas les citoyens, alors qu’est-ce qui les concerne ?

Non, l’Éducation Nationale n'appartient pas aux fonctionnaires, ni à l’administration de ceux-ci, ni au ministre, ni aux députés ou au président de la République, ni même à ceux qui les ont élus (ah ah, je sens là des poils qui frémissent ;o) ; l’Éducation Nationale appartient à tous les citoyens parce qu’ils ont, auront, ont eu ou ont été des enfants et que nous sommes en démocratie. Peu importe donc qu’ils aient voté ou pas et pour qui, aux élections nationales.

J’avoue ne pas comprendre pourquoi il serait « autocrate » de réclamer haut et fort un vrai débat national, où tous les citoyens de notre pays pourraient directement ou de façon représentative dire, ce qui leur semble primordial pour l’école et ce qui leur paraît au contraire dangereux. Par exemple : faut-il former des enseignants à la fonction de remplaçant ou recruter ces remplaçants au Pôle emploi parmi un public non enseignant et/ou non formé ? Le citoyen souhaite-t-il que l’on continue à diminuer le temps scolaire de tous les élèves en n’accordant des heures de soutien hors classe et en surplus qu’à quelques-uns ou préfère-t-il une autre forme de répartition du temps ? Le citoyen souhaite-t-il qu’on améliore le système d’aide aux enfants en difficulté des RASED, préfère-t-il son extension ou sa suppression ? Le citoyen préfère-t-il conserver le système actuel des directeurs (qui sont souvent leurs interlocuteurs principaux au sein des écoles) ou souhaite-t-il le remplacer par un système de directeurs administratifs qui n’enseignent plus et ne siègent plus dans les écoles, système calqué sur le principe des directeurs administratifs des centres hospitaliers. Le citoyen souhaiterait-il connaître le contenu de la formation pédagogique des futurs enseignants de ses enfants et le comparer au précédent ou préfère-t-il l’ignorer ? En tout cas, personne au sein du monde éducatif ne pourrait craindre un vrai débat, long, argumenté et ouvert, suivi d’un vote solennel des français sur ces points précis et bien d’autres encore.

Je n’ai entendu nulle part au cours de la campagne électorale ces choses-là abordées, en conséquence de quoi le citoyen électeur n’a pu se prononcer à leur sujet. Qui donc craint de poser ces questions simples et pratiques aux français et pourquoi ? Oui, la liberté et l’appel à plus de démocratie (caricaturés par leurs adversaires parfois en démagogie, parfois en autocratie, parfois en sectarisme) font peur.

Tiens, puisqu’on parle de peur… A l’instar de David, je tremble comme une feuille sous la tramontane et terminerai donc moi aussi mon propos par la formule qui devrait devenir rituelle désormais…

…Comme je ne veux pas de problèmes avec la police, ni me retrouver en garde à vue à cause de mes propos : vive notre bien-aimé président Sarkozy et vive l'UMP !

Domi



Kelph26 le 25/07/2009 à 06:25:48
Mon message sera t-il publié ? Nous verrons ainsi ce qu'il en est de la liberté d'expression...

;-)
Kelph26 le 25/07/2009 à 06:24:03
Monsieur,

La désobéissance civile en démocratie est une posture, un non sens. Cette désobéissance pédagogique l'est donc tout autant.

Vôtre retrait d'avec les politiques décidées par un gouvernement légitime est, pour ma part, assez incompréhensible et même assez consternant. Cette désobéissance ne pourrait avoir un sens que dès lors que le ministère viendrait à remettre en cause les principes républicains eux-mêmes, cela seul pouvant justifier de faire valoir un droit de retrait (une clause morale) ou même la désobéissance ; au titre de ces principes fondateurs je pense notamment à l'égale accès à l'éducation. Qu'en est-il en l'espèce ? Les dispositions DARCOS sont-elles en contradiction avec la norme de droit, avec la norme fondamentale et les principes défendus par celle-ci ? Non, et d'ailleurs vous ne le démontrez pas.

Au surplus, la sanction en cause n'est, et contrairement à ce que vous avancez, en rien politique, bien au contraire, celle-ci est strictement administrative. Et il suffit pour le constater de se reporter aux motifs de cette décision, lesquels ne vous reprochent pas d'adhérer à certaines options politiques dans l'espace privé, mais bien de venir faire de la politique à l'école en brisant l'obligation de réserve.

Car si la politique intervient c'est assurément dans vôtre discours, il y a bien de votre part la volonté de faire prévaloir une idéologie éducative aucunement validée par le vote démocratique. DARCOS est également guidé par une certaine idéologie éducative, par certaine options éducatives (en rien contraire au droit et à la République), mais des options qui ont, elles, et au moins indirectement, l'onction populaire.

Il est étonnant que vous ne vous posiez pas la question de votre légitimité à vous opposer à la mise en oeuvre d'un programme voté ; la solution n'était-elle pas, et ce aux fins de respecter tout à la fois vos convictions et vos devoirs de fonctionnaire, de démissionner ?

Vous comprendrez aisément qu'entre les volontés d'une secte pédagogique ne représentant qu'elle-même, et un gouvernement élu, il y a, dans l'ordre politique et démocratique, une hiérarchie qui ne saurait être remise en cause, sauf à n'avoir aucune considération pour le fait démocratique. Etes-vous démocrate ?

Le passage sur la répression qui s'abat que les enseignants est également assez croquignolet, vous avez des statistiques sur le nombre de fonctionnaires sanctionnés, et le quantum moyen des sanctions prononcées ? On pourrait avoir des surprises.

Quant aux moyens employés pour rendre cette sanction, ils sont tout à fait classiques, la pratique des commissions de discipline n'est pas contraire à la loi. Faudrait-il selon vous supprimer ces commissions, et écarter toute forme d'organisation du lien hiérarchique ainsi que de l'observance de ces règles que le fonctionnaire s'engage à respecter en intégrant l'administration ?

Vous plaidez pour une administration autogérée et ce, par des agents n'acceptant que le seul contrôle par eux-mêmes et conformément à leurs intérêts individuels ?

Quant à vos grandes imprécations sur l'école républicaine en danger il serait bon, là encore, de venir étayer sérieusement le propos avec une liste de principes républicains et de normes de droit violées ; au-delà d'une telle démonstration, il n'y aura jamais ici qu'un mélange peu opportun entre entre le militantisme sectaire et le fonctionnariat.

Vos options politiques, tout à fait respectables par ailleurs, ont vocations à rester les vôtres, sauf à vous faire élire à l'assemblée ou à la Présidence de la République sur ses mêmes options, mais alors, ce projet pédagogique ne sera plus simplement le vôtre, mais le projet de la nation tout entière.

Ce qui vous dérange au fond, c'est le jeu démocratique... vous avez de forts airs d'autocrate il me semble... et, dans l'histoire politique, les autocrates de gauche n'ont pas fait moins de "bêtises" que ceux de droite, ceux-là se valent bien...

L'éducation nationale n'appartient pas aux fonctionnaires qui ont en charge l'éducation, sauf à venir rétablir charges et prébendes, et revenir à des airs d'ancien régime. Le service public de l'éducation appartient à la nation, et vous n'êtes ni l'un de ses représentants ni l'un de ses élus, il conviendra donc à l'avenir de faire preuve d'un peu plus de modestie et de capacité de distinction.

Bien amicalement.


CALIMERO le 24/07/2009 à 23:53:33
Bonjour Mr Refalo,
Je ne suis pas enseignante mais j'ai un fils de 4 ans et je commence à me faire beaucoup de soucis pour sa scolarité future.. Où allons-nous? Il existait déjà à mon époque des disparités d'enseignement entre la ville et la campagne, et puis j'ai vu avec mes frères, l'allègement des programmes au collège et le pire c'est que cela continue.. Je trouve judicieux ce que vous avez fais pour vos élèves, leur apprendre sans qu'ils s'en aperçoivent.. Je garde un très bon souvenir de mon maitre d'école en CM1, CM2 qui nous emmenait souvent en sortie, j'ai appris beaucoup de choses.. Si vous saviez ce que j'ai entendu sur lui.. Que c'était un fainéant etc...
J'ai eu aussi une prof au lycée qui nous imitait Kroutchev, elle était géniale, impossible de ne pas aimer l'histoire avec elle!!
Tout ça pour vous dire que je vous soutiens moralement, et vous tire mon chapeau pour votre courage!
David le 24/07/2009 à 22:44:02
J'ai 31 ans et j'ai passé comme beaucoup presque 20 ans de ma vie à l'école. J'ai vu comme beaucoup peut-être une centaine d'enseignants essayant de nous instruire. Avec difficulté car j'ai été à un moment de ma scolarité en échec scolaire car je m'ennuyais. Je ne trouvais pas ma place.
Des profs incompétents sont légion dans l'EN. J'appelle un prof incompétent, un prof qui enseigne (pardon qui récite ses notes) avec la même motivation qu'un ouvrier qui partirait à l'usine pour faire les 3X8. Ces jeunes profs qui attendent leur retraite et nous qui attendons que l'heure de cours se termine.
Et puis si j'essaie de me rappeler de mes meilleurs souvenirs d'école : je me souviens de quelques profs qui m'ont vraiment marqué car ils étaient différents, drôle et imaginatif. L'heure de cours passait très vite avec eux et il me donnait envie d'apprendre encore plus. Il apportait la culture à l'école.
Maintenant, j'ai 2 enfants. Je suis inquiets de l'état de l'EN (niveau au rabais, profs démotivés, école de la violence...) et quand j'ai entendu qu'un prof proposait des cours de théatre plutot que de rajouter encore et encore des heures de cours. Là je dis que ce type à tout compris à l'enseignement. Pour moi ce prof va marquer à vie ses élèves parce qu'il les a compris. Je rêve que mes enfants tombent sur de pareils profs dans leurs scolarités.
Mais j'ai l'impression que le ministère de l'EN est en train de fusiller le seul prof motivé par ses élèves.
D'ailleurs j'ai cru comprendre qu'il avait le soutient de tous les parents d'élèves de sa classe (?!?). Pourquoi le sanctionner ? on serait sous le III ième Reich d'Hitler je pourrais comprendre qu'on le sanctionne pour sa sois-disante désobéissance mais là je ne comprends pas.
Encore bravo Mr Alain Refalo.

PS : comme je ne veux pas de problème avec la police, ni me retrouvé en garde à vue par rapport à mes propos, je dirais en conclusion : Vive le président Sarkozy et vive l'UMP.

David
Jacques Jourdanet le 24/07/2009 à 22:36:54
Cette déclaration de haute tenue mérite d'être proposée comme tribune libre du Monde, par exemple, quitte à donner une autre forme aux appels finaux; pour éviter de fournir un prétexte de refus.
Bernard Girard site : http://journadecole.canalblog.com | le 24/07/2009 à 21:23:00
Une sanction politique, une sanction révoltante. On ne vous laisse pas tomber, Alain.
Françoise (Drôme) le 24/07/2009 à 20:58:29
Je suis à la retraite depuis 6 ans, mais pour un peu je regretterais de ne plus travailler. Je n'aurais jamais pu accepter en particulier le recul que marquent les nouveaux programmes (en particulier en CP/CE1 qui étaient "mon domaine de prédilection") et la négation de la liberté pédagogique, donc l'abandon de fait de toute avancée, en particulier dans l'apprentissage de la lecture/écriture.
Merci à vous et vos semblables de résister, même si j'ai qq désaccords.
Rodolphe DUMOUCH site : nivosefloreal.free.fr | le 24/07/2009 à 20:56:51
Tout ce qu'ils réussissent, avec leurs "sanctions" c'est à rallier des gens comme moi à votre cause :

www.r-lecole.freesurf.fr/fguichardmais01.htm

jouanolou anne lise le 24/07/2009 à 20:22:09
Vu, la décision qui a ete prise a l'encontre d'alain refalo, autant etre jusqu'au boutiste, maintenant il n'y a plus rien a perdre, il faut aller jusqu'au bout, s'arreter maintenant serait stupide, et ne léverait pas les sanctions, le ministre veut la guerre, il l'aura,nous ne sommes pas des moutons bélants, on ne nous endort pas avec des mesures a la con, des ministres de léducation nationale il y en a eu, et il y en aura d'autres, alors autant qu'il s'y fassent, nous sommes des "irreductibles incoruptibles", face a la machine de l'etat, on a froissé l'odre etabli parce que l'on a dit non! c'est pas fini, les choses changent, le monde évolue, les gens pensent autrement, on commence a se soucier de la protection de la planète pour les générations futures, alors leur réformes a la noix, pour laisser leurs noms au bas d'un parchemin, autant qu'ils passent a la postéritée, et qu'il nous foutent la paix,quoi qu'il disent , quoi qu'il fassent, jamais nous ne baisserons le tête, c'est cela la resistance, et qu'il sachent que derriere alain refalo, qui a ete l'instit de mon fils, dont je sais de quoi je parle, vu que mon petit est un gamin qui a des difficultés, il a toujours eu un discours positif, et mon pitou a pris confiance en lui et n'a pas baissé les bras, alors merci alain, derriere toi nous sommes des milliers.
A. Marc le 24/07/2009 à 20:16:19
Vive la résistance !
Le Pennec le 24/07/2009 à 19:15:06
Petain non plus n'aimait pas les instituteurs, éducateurs du peuple travaillant à instruire, à ouvrir l'esprit des enfants sur la réalité sociale. Le pôuvoir sarkosien entend masquer la "négalité" des chances par ses prétendues réformes. L'oligarchie de l'argent et du savoir (et non de la culture)qui nous gouverne ne veut pas que les enfants des classes populaires viennent remettre en question la reproduction des élites en accédant à ses grandes écoles.
Michel Nodet le 24/07/2009 à 19:01:15
Merci, Alain, pour ta détermination et la clarté avec laquelle tu explique ta résistance.
Les enseignants sont l'un des points de levier du changement de la société.
Ton appel se révèlera vite un tournant vers plus de cohérence entre fonction publique et esprit cotoyen.

josette marion le 24/07/2009 à 18:37:20
Merci Monsieur Refalo de défendre notre instruction publique
A la retraite depuis 21 ans, ayant enseigné en Maternelle entre 1960 et 1988, j'ai vu à cette époque des réformes que, je crois, mes collègues du Primaire aménageaient de façon à ce que les élèves puissent recevoir le meilleur enseignement possible.
Courage pour votre lutte, j'espère, sans grand espoir (!!!), que vous gagnerez et que votre condamnation sera amnistiée
Amicalement
J. Marion
Andy le 24/07/2009 à 17:35:05
Monsieur Refalo
Je n'ai pas votre courage de désobéir ainsi...
Mais je tiens à vous dire MERCI!
Beaucoup d'enseignants se trouvent honteux de ne pas faire le maximum comme vous le faites (dont moi-même)...
Ma colère monte de jours en jours.Je sens bientôt que je vais rejoindre la Horde des Moutons Noirs...ceux qui refusent l'anéantissement de l'Ecole Publique!!!!
guillois le 24/07/2009 à 16:23:13
quel exemple de conscience professionnelle , de courage et de dignité nous donne Alain Refalo quand nos dirigeants et leurs relais serviles poursuivent la casse de l'école publique !!

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