20 décembre : Rétablissement des sanctions contre Bastien Cazals

Nos explications pour comprendre l'affaire.

Nouveau coup de théâtre dans l'affaire Bastien Cazals !

Le 20 décembre, le Recteur de l'académie de Montpellier a annoncé dans un communiqué de presse que les sanctions contre Bastien Cazals, qui avaient été levées la veille, étaient rétablies ; dans cette déclaration, il prétend également que Bastien Cazals s'était engagé auprès de lui à faire la totalité de son service, tout particulièrement à mettre en place les 2 heures d'aide personnalisée en ne prenant que les élèves en difficulté :

« Christian Nique, Recteur de l'académie de Montpellier, s'étonne des propos de Monsieur Cazals rapportés par l'AFP. Il précise que Monsieur Cazals s'est expressément et formellement engagé auprès de l'autorité académique à accomplir désormais l'intégralité de son service, conformément à ses obligations de fonctionnaire de l'Etat et notamment à mettre en œuvre l'aide personnalisée de deux heures dédiées aux élèves rencontrant des difficultés.
Le Recteur réaffirme donc que les retenues sur traitement qui résultent de l'absence de service fait liées au refus de mettre en œuvre l'aide personnalisée aux enfants en difficulté scolaire seront effectuées. » (communiqué de presse du 20/12/08, en intégralité)

Bastien Cazals aurait renoncé à ses convictions sur l'aide personnalisée en acceptant de la mettre en oeuvre selon les termes du décret ! Sur quelle déclaration ou quel écrit le Recteur s'appuie-t-il pour être aussi affirmatif ? Mauvaise foi ? Manipulation ? Le doute s'insinue quant aux véritables intentions du Recteur...

Il est bon de rappeler les termes de l'engagement pris par Bastien Cazals après l'annonce de la levée des sanctions le 19 décembre :

« A partir de la rentrée de janvier 2009, Bastien CAZALS adoptera la même position que ses collègues, à savoir qu'il accueillera tous les élèves dont les parents le souhaitent, sur le temps dévolu à l'aide personnalisée, pour mettre en place des activités complémentaires du travail effectué en classe. » (pour l'intégralité du communiqué du 19/12/08, voir http://uneecolepourvictorethugo.hautetfort.com/

Bastien Cazals n'a jamais dit, ni écrit qu'il appliquerait le dispositif de l'aide personnalisée tel que le décret le précise mais au contraire qu'il s'inscrivait dans la dynamique du mouvement des 384 désobéisseurs qui ont pris l'option dans l'Hérault de prendre tous les élèves, et non pas quelques-uns, dans le cadre de ce dispositif aujourd'hui très contesté par la profession, notamment parce qu'il sert au ministre de justification à la suppression des Rased.

Suite à la déclaration du Recteur, le 20 décembre 2008, Bastien Cazals précise :

« Ayant pris connaissance, par voie de presse, du communiqué de monsieur le Recteur de l'Académie de Montpellier et des propos de monsieur l'Inspecteur d'Académie de l'Hérault, Bastien Cazals réaffirme son engagement d'accueillir des élèves sur le temps dévolu à l'aide personnalisé à partir de janvier 2009, et précise que cela sera fait dans le cadre du dispositif déjà validé par l'Inspectrice de l'Education Nationale de la circonscription de Gignac, conformément à ses obligations de service.

En rejoignant ainsi la position commune aux "désobéisseurs" Bastien Cazals souhaite concilier ses obligations de service et la nécessaire poursuite d'une opposition active aux transformations actuelles de l'école publique. » (communiqué mis en ligne sur le blog le 20/12/08, en intégralité)

La réponse est limpide et permet de vérifier la cohérence de la démarche de Bastien Cazals, qui n'a jamais failli à ses convictions, malgré les pressions et les sanctions de sa hiérarchie. S'il ne prend pas la peine de démentir les propos du Recteur, c'est qu'il ne souhaite pas ajouter de commentaires sur ce surprenant volte-face basé sur de simples déclarations. Dans l'Education Nationale comme ailleurs, seuls les faits comptent et il est totalement ahurissant de voir des sanctions rétablies sur la base de déclarations rapportées dans une dépêche de l'AFP.

Dans cette affaire, le Rectorat et l'Inspection Académique ne sont pas une contradiction près. Il semble que l'ampleur du mouvement de désobéissance dans le département les dépasse largement au point de commettre erreur sur erreur à propos de Bastien Cazals.




21-12-2008 | 3597 vues

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Commentaires


Montpellier journal
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le 06-01-2009 à 20:21:27
Interview de l'inspecteur d'académie de Montpellier sur le sujet et sur les 384 lettres déposées, à consulter sur Montpellier journal.
lantiloisdumarche
le 05-01-2009 à 17:53:37
Monsieur l'Inspecteur Académique,
au-delà du respect que je vous dois,
mais aussi au-delà de mon admiration pour votre conscience professionnelle qui vient de dépasser toutes les bornes l'excès de zèle,
merci de trahir vos inquiétudes,
parce que, si vous en êtes à monter en épingle des histoires à partir de dépêches de l'AFP, c'est que vous n'avez pas d'arguments sérieux à proposer, pour justifier l'injustifiable. Raison de plus d'amplifier ce mouvement de résistance pédagogique
GM
le 24-12-2008 à 19:39:28
Monsieur DARCOS, ministre de l'éducation nationale, ne veut pas être le ministre de l'hésitation nationale mais va devenir le ministre de l'explication nationale... Comprenne qui pourra... L'exemple venant d'en haut, recteur et i.a. (sans capitales) sont de bons fonctionnaires et tournent en rond, ne sachant comment sortir du pétrin dans lequel ils se sont mis !!
p_carlow
le 24-12-2008 à 18:08:55
Ce qui est paradoxal dans cette affaire (et je soutiens Bastien Cazals), c'est ce qui suit :

Dès mai 2008, notre lecture et celle de notre Conseil d'école était que l'aide "personnalisée" pouvait et devait s'adresser à TOUS les élèves.

Lecture suivie à la rentrée par notre IEN. (ouf !)

Agissant donc comme Bastien en toute "légalité", nous nous trouverions maintenant en désobéissance ?

Ubuesque !
valrie
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23-12-2008 à 09:57:52
La rapidité de réaction de l'IA montre son attention extrême à ce qui se passe du côté de la désobéissance. On peut, sans trop s'avancer, parler de son inquiétude.
Il y a eu à l'IA une mauvaise compréhension des propos de Bastien Cazals, due sans doute à l'envie qu'a notre hiérarchie de croire que ses ouailles pourraient (devraient) avoir peur des retombées de leur rebellion et revenir dans le droit chemin.
Elle pourrait alors leur caresser la tête, les accepter dans son giron et leur pardonner leurs errements d'enfants capricieux.
vincent3m
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le 21-12-2008 à 22:43:44
Le pouvoir ne sait pas comment faire face à la désobéissance. Il tourne, retourne, détourne la face, hésite, recule etc. C'est une excellente raison de poursuivre dans cette direction ! Encore Merci aux précurseurs du département ...
roland
le 21-12-2008 à 21:37:15
Les faits sont têtus ! Les "désobéisseurs" également. L'action, la mobilisation s'imposent. L'Epiphanie, qui s'accompagnera de la reprise du mouvement lycéen, nous permettra de rappeler nos revendications. Le choix de société, à effectuer, reste au coeur de notre débat.
Condorcet
le 21-12-2008 à 17:42:17
Mais qu'arrive-t-il à Christian NIQUE...qui dans un autre temps fut conseiller en matière d'Education du Président François MITTERRAND de 1989 à 1995 ?
Karl-Groucho Devan
le 21-12-2008 à 12:13:24
Eh ! gare à la façon d’écrire et de composer, puisqu’on parle d’enseignement. Virez-moi toutes ces capitales fautives (et bureaucratiquement si tant tellement énormément révérenceuses...): recteur, inspecteur, académie ne sont pas des noms propres !

Quand le pouvoir s’attaque à l’éducation, son projet est assez clair. On sait d’où ça vient et où ça mène.

Autrement, comme disait Lucie Aubrac « Résister se conjugue au présent ! ».

Et comme écrivaient dans leur (r)appel de 2004 les survivants (dont la même Lucie) du C.N.R. (conseil national de la Résistance (R capital !)) « Créer, c’est résister, résister c’est créer ».

Le Sioux
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le 21-12-2008 à 11:50:36
Nous sommes toujours là et nous y serons plus que jamais face à cette attitude irresponsable du Rectorat.
Nous sommes dans la démonstration d’autorité arbitraire, très très loin de l’intérêt des enfants, ils sont prêts à tout pour imposer leurs réformes assassines.
Ils prennent là une lourde responsabilité, ils ont pris l’habitude de mépriser et d’écraser, ils ont perdu tout sens du dialogue et de la réflexion.
Cette façon de faire mène droit à la désobéissance civile.
Parents, enfants, lycéens, étudiants, citoyens de ce pays “des Droits de l’Homme”, il est indispensable de réagir pour que notre démocratie ne perde pas son âme.
Notre école est un pilier de notre République.
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