Résistance pédagogique pour l'avenir de l'école

"C'est décidé, j'entre en résistance !", Lettre d'un directeur d'école de Colmar

Le 16 octobre 2008

Lettre d'un directeur d'école

Je ne supporte plus l'hypocrisie des discours officiels qui se gargarisent de grandes phrases sur l'intérêt des élèves, sur l'égalité des chances, …, alors que les seuls critères sont comptables avec un arrière fond idéologique pour le moins inquiétant.

· Qui peut croire que l'intérêt des enfants a compté dans la suppression du samedi matin ?

· Qui peut croire que les deux heures de travail personnalisé pourront compenser le travail des maîtres spécialisés des RASED qu'on est en train de supprimer ?

Je ne supporte plus la malhonnêteté des effets d'annonce alors que j'assiste, chaque jour un peu plus à une entreprise systématique et planifiée de démantèlement de l'école publique.

Je ne supporte plus le harcèlement administratif des courriels qui arrivent par vagues. Lorsqu'ils ne sont pas accompagnés de pièces jointes (jusqu'à 20 dans un seul envoi !) ou de documents à aller chercher soi-même sur le site de l'académie, il s'agit en général d'injonctions (« merci de me transmettre – toujours dans l'urgence – telle information ») ou de rappels à l'ordre (« Sauf erreur ou omission je n'ai pas été destinataire de tel document »). Et je suis déchargé totalement ! J'imagine ce que doivent ressentir la grande majorité des directeurs, ceux qui n'ont qu'une journée ou pas de décharge du tout, lorsqu'ils ouvrent leur boite aux lettres électronique.

Je ne supporte plus le « flicage institutionnel », les multiples tableaux à compléter pour vérifier que nous faisons correctement notre travail, que nous ne tirons pas au flanc pour l'aide personnalisée, que nous participons bien à toutes les animations pédagogiques. J'ai eu la chance de vivre des stages de formation continue (pas beaucoup, il est vrai – mais quand même !) passionnants, stimulants, qui interrogeaient la réflexion et les pratiques, dont je suis sorti avec le sentiment d'avoir progressé. Que nous propose-t-on aujourd'hui ? Des grand-messes où l'on paraphrase du « PowerPoint » durant des heures, du formatage au nouveau discours officiel, de l'endoctrinement ! Pas étonnant dans ces conditions que les seules animations pédagogiques qui fassent le plein soient les animations sportives. Pas étonnant dans ces conditions que les IEN doivent demander aux directeurs de « susciter des candidatures ». Pas étonnant qu'il faille « fliquer » pour que les gens viennent !

Je ne supporte plus cette forme d'infantilisation et ce manque de confiance qui consistent à nous faire rédiger des projets (projet d'école, projet d'organisation de l'accompagnement éducatif, …) à corriger (pardon « à valider ») par les IEN.

Au mieux, ils nous reviennent « validés » avec une remarque du style « Le projet, dans sa formalisation et dans son contenu, est conforme aux attentes ». Bon élève !

Au pire, on nous demande de revoir notre copie.

Ou l'administration fait confiance à notre professionnalisme et je ne vois pas alors la nécessité de valider a priori notre travail ou alors nos supérieurs estiment que nous ne sommes pas capables de construire nous-mêmes nos projets, mais dans ce cas, qu'ils soient cohérents et qu'ils les rédigent eux-mêmes !

Par ailleurs, quelle illusion de contrôle et de toute puissance dans ce formalisme !!

Je ne supporte plus la répression rampante, les atteintes au droit de grève, la restriction du droit à l'information syndicale, ….

Je me refuse à terminer ma carrière dans la dépression, en plaignant les étudiants que je croise à l'école ou mes jeunes collègues qui ont encore quelques dizaines d'années à passer dans cette galère.

Le découragement conduit à la résignation et à l'inaction, la colère conduit à l'action et à la résistance.

Je choisis donc la colère et l'action !

Comment résister ?

Un principe d'abord : la principale priorité, la seule, ce sont nos élèves !

Tout le reste est secondaire sinon accessoire !

Faisons comme nos IEN, examinons toutes leurs exigences à la lumière d'une grille d'analyse toute simple :

· Est-ce que cette demande va aider mes élèves ?

· Est-ce que cette demande me permettra de mieux faire fonctionner l'école ?

· Est-ce que cette demande va servir à mes collègues dans leur travail quotidien au bénéfice des élèves ?

Si la réponse à ces questions est non, alors la demande n'est pas urgente, quels que puissent être les éventuels délais de réponse. Et si d'aventure, il n'y avait pas de réponse, il est au moins certain que cela ne portera préjudice ni aux élèves, ni aux collègues.

Comment résister ?

· Soyons positifs, affirmons-nous, ne restons pas isolés et ne nous laissons pas culpabiliser !

Après tout, l'école, c'est nous qui la faisons vivre au quotidien, et elle ne fonctionne pas si mal finalement, quoi qu'on essaie de nous faire croire. Même les enquêtes PISA et PIRLS, utilisées comme prétexte pour tout changer ne sont pas aussi catastrophiques que certains le prétendent, - les ont-ils lues ?

En tout cas, malheureusement, il est déjà certain, (ce n'est pas moi qui le dit mais la plupart des chercheurs en pédagogie) que ce ne sont pas les nouvelles orientations qui feront remonter le niveau de nos élèves.

Comment résister ?

· Ne nous laissons pas intimider

Retournons les agressions de l'administration contre elle :

· Il faut se déclarer gréviste 48 heures à l'avance !

Soit ! Alors déclarons-nous systématiquement grévistes. Cela ne nous engage à rien mais annule l'intérêt de la déclaration préalable et oblige les communes à se positionner sur le service minimum.

· Les réunions d'information syndicale doivent être prises sur le temps de travail hors présence élève (les fameux 48 heures) !

Qu'à cela ne tienne ; inscrivons nous massivement aux réunions d'information syndicale au lieu de participer aux animations pédagogiques. Elles seront certainement plus intéressantes et probablement aussi formatrices !

Comment résister ?

· Engageons-nous dans les mouvements pédagogiques.

Ils sont en train d'être étouffés par une réduction dramatique des subventions publiques et la suppression des postes de mis à disposition ou de détachés. Pourtant ce sont des lieux extraordinaires de rencontres, de réflexion et de formation.

L'ICEM (Pédagogie Freinet), l'OCCE, la Ligue de l'enseignement, les PEP, la JPA, les CEMEA et d'autres que j'oublie, ceux qu'on appelait il n'y a pas si longtemps, les œuvres complémentaires de l'école sont peut être les derniers remparts de cette Ecole qui prend l'enfant dans sa globalité pour le faire avancer, pour en faire un citoyen, face au dogmatisme et au formatage de ce qu'on cherche à nous imposer. Les trois quarts de ce qui fait ma compétence professionnelle aujourd'hui, c'est à leur contact que je les ai acquis et non dans l'Institution.

Comment résister ?

· Syndiquons-nous

J'entends trop souvent des collègues me dire que les syndicats ne servent à rien.

Mais les syndicats, c'est nous !

Si nous voulons qu'ils agissent plus, mieux, qu'ils soient plus près du terrain, à nous de les faire bouger, de les interpeller, de nous engager.

Ils n'existent que pour défendre nos droits et nos valeurs.

Mais en même temps, ils n'existent que par nos adhésions et notre soutien.

Je ne me suis jamais considéré comme un militant syndical, mais j'ai toujours été payé ma cotisation syndicale, pour une raison très simple : je n'oublie pas que des personnes sont mortes pour que nous ayons le droit, ce droit tout simple, d'être représentés et défendus face au pouvoir en place. Je n'oublie pas qu'aujourd'hui encore, dans certains pays pas éloignés, les syndicalistes sont menacés et assassinés.

La démocratie ne s'use que si l'on ne s'en sert pas !!

Un mot encore pour terminer. Une lecture rapide de mon texte pourrait faire croire que j'en veux à nos supérieurs hiérarchiques directs, les IEN !

Il n'en est rien !

Je connais la plupart des inspecteurs du département. Il y en a que je compte parmi mes amis. J'ai suffisamment discuté ou milité avec certains d'entre eux pour savoir qu'ils ne sont pas plus emballés que moi par l'évolution actuelle de l'Ecole. Comme nous, plus que nous certainement, ils sont pris entre le marteau et l'enclume, entre l'inertie du monde enseignant et les pressions de leur hiérarchie.

Je ne voudrais pas être à leur place, mais ils ont choisi et comme nous, ils ont la liberté !

· La liberté d'être de simples courroies de transmission, d'essayer de nous convaincre que tout va bien, que les nouveaux programmes ne changent pas grand-chose par rapport aux anciens, que l'on peut faire dans les 24 heures qui nous restent tout ce qui est demandé par ces fameux programmes, même la religion et les trois heures d'allemand.

· Ou la liberté de parler vrai, de défendre leurs convictions, d'être des citoyens avant d'être des fonctionnaires !

Et peut être de résister !!!

Bon courage à vous tous.

Roland BRAUN, Colmar

Document envoyé à tous les directeurs d'école du Haut Rhin, à mes collègues de l'école, à quelques IEN ainsi qu'à quelques amis militants dans différentes associations d'Education.


Une lettre type modulable à envoyer à son inspecteur est proposée en page d'accueil du site pour celles et ceux qui veulent participer à ce mouvement.


Voir également d'autres Lettres de profs "Je refuse d'obéir" sur le blog.




Article ajouté le 2008-10-19 , consulté 8506 fois

Commentaires


Copernic le 21/12/2008 à 16:56:40
Existe-t-il des collectifs structurés en Alsace ? Quelles sont les actions mises en oeuvre pour manifester l'opposition des parents et des enseignants ?
Anne Le Guennec le 04/12/2008 à 20:24:36
Je viens de prendre connaissance de ta lettre, j'archive et je vais relire. Eventuellement transmettre.

Bravo et bon courage, la partie n'est pas gagnée, même si le combat vaut plus que le coup (le coût ?)
Azimut68 le 27/11/2008 à 23:43:24
Merci Roland, les collègues du 68 sont de tout coeur avec toi. Bientôt nous serons des milliers, puis des millions à nous lever, à accepter de crier "non", à nous mettre en marche pour relever le défi de la résistance et de l'insoumission. Face à un pouvoir totalitaire qui a perdu toute légitimité, face à cette overdose de mépris et d'incompétence, seule la désobéissance civile peut encore sauver l'avenir de notre école, de nos élèves, de nos enfants. Notre conscience citoyenne et professionnelle le proclame haut et fort : CA SUFFIT !!!
Rosemarie le 25/11/2008 à 23:07:49
Nous, les parents d'élèves sommes de plus en plus nombreux à se lever à vos cotés les enseignants qui entrez en résistance ! Du Nord au Sud , de l'Est à l'Ouest ça bouge ! Bravo Roland et Merci ! Je vous transmets cette lettre de soutien d'une parent d'élèves .

Lettre d’une mère de famille aux parents, aux professionnels de l’éducation nationale et spécialisée et à tous ceux qui se sentent de loin ou de près concernés par le présent et l’avenir de nos enfants…

Je suis mère de 3 enfants, aujourd’hui âgés de 17, 15 et 12 ans. J’ai mis ma carrière d’éducatrice en « stand by » il y a 9 ans, pour pouvoir m’occuper d’eux, ma profession étant ce qu’elle est, l’exercer entraînait trop de temps d’absence de la vie familiale.

Les années ont passé et j’ai perdu le contact avec l’enfance en difficulté . Certaines lois ont changé, la CDES s’est fondue dans la nouvelle Maison du Handicap. J’ai suivi tout cela de plus ou moins près, sachant que je n’ai plus du tout le pied dans le monde de l’éducation spécialisée.

Pourtant, je sens monter une colère incontrôlable quand je vois ce que l’on veut faire à l’école avec les enfants en difficulté d’apprentissage !
Je veux parler de la nouvelle organisation de la semaine scolaire : moins d’heures d’école pour tous les enfants mais davantage pour ceux qui ont des difficultés !!!

Je fais tout d’abord une « recherche en cours »dans ma tête et sans remonter bien loin dans le temps je me souviens que, justement, dans une structure d’accueil où j’avais travaillé, on avait , à travers des projets ciblés, précis et personnalisés, réduit le temps scolaire des enfants qui présentaient des difficultés d’apprentissage. Ceci dans l’optique de leur permettre de développer leur potentiel dans des activités autres que scolaires, afin que cela les mette en situation de réussite et , de ce fait, impulse une motivation et transforme leur façon d’appréhender l’école.
Les résultats étaient là : cette méthode a entraîné plus d’un enfant à investir l’école d’une autre manière et au fil du temps en arriver à une scolarisation complète en fin de cycle 3 avec réussite scolaire à l’appui.

Pour ces enfants en difficulté, voire en échec scolaire, l’école était un symptôme de bien-être ou de mal-être . Leur attitude d’élève était un véritable baromètre. C’est une équipe d’enseignants spécialisés, de parents, d’éducateurs et de thérapeutes qui travaillaient ENSEMBLE pour les accompagner et répondre au mieux à leurs souffrances qui court-circuitaient sans cesse leur vie.
Cependant, ma colère est double : elle est celle d’une éducatrice mais aussi celle d’une parent d’élèves ! Avec tout le respect que j’ai pour l’école et pour les enseignants , je n’ai néanmoins jamais considéré que l’école puisse palier au rôle des parents !! Et pourtant c’est bien à cela qu’on assiste ! En tant que parent, je me sentirais bien humiliée de voir que, si mon enfant avait des difficultés à l’école, la solution pour y remédier serait de lui allonger son temps scolaire , et, par conséquent, de lui réduire son temps personnel de repos, en famille, en activités ! Mais quelle aberration !!!!! Qui peut prétendre obtenir le tiercé gagnant en jouant ce jeu-là !
Depuis quand un enseignant serait -il plus disponible, plus performant, plus à l’écoute le matin avant de commencer l’école, le soir à la fin de sa journée ou encore entre midi et deux , à l’arrache !!!!!!! Parce qu’il faut les placer ces heures , coûte que coûte il faut les coincer quelque part !
Et de la même manière, depuis quand, un enfant serait -il plus disponible et réceptif à l’apprentissage au moment de ses temps de repos, de repas , de pause ? Cela se saurait si cette façon était la bonne ! Même au collège, on délivre des heures de soutien PENDANT les heures scolaires !
Trop d’école tue l’école !
La réussite scolaire passe aussi par tous ces moments de vie de famille, tels que le jeu, les loisirs, la détente. L’école n’a pas à empiéter sur ce territoire –là et quelque soit la façon dont la famille gère et organise ce temps-là, il n’appartient pas à l’école !
Sans compter que ce procédé qui consiste à allonger le temps scolaire pour les enfants en difficulté est discriminatoire ! Comme certaines écoles de France sont « bonnes élèves » et ont déjà « obéi » aux nouvelles directives , on a vu dans certaines villes et villages des enfants rentrer chez eux en fin de journée alors que d’autres restaient en classe pour travailler encore, encore …. Imaginons seulement ce qui peut se passer dans la tête des enfants qui partent et des enfants qui restent ….. Pensons –y juste un instant… Mais quel désastre …. Comment peut-on cautionner une chose pareille ? Je crains hélas que les seuls effets de toute cette mascarade ne consistent qu’à dégoûter définitivement les enfants de l’école !

Mr Darcos, de grâce, ne prenez pas les enfants en otage pour remplir l’emploi du temps des enseignants !

Un autre point important est que l’enseignant n’est pas formé pour accompagner spécifiquement l’enfant en difficulté . Son métier s’adresse à un groupe classe, riche de toutes ses interactions. On lui demande de faire ses 24 heures de classe pour tous et de changer son chapeau 2 heures durant pour enfiler celui de l’instituteur spécialisé !!!!
A la bonne heure !
De la même façon, je ne pense pas qu’il soit particulièrement judicieux de confier les difficultés scolaires d’un enfant à son enseignant habituel systématiquement !
Les RASED sont là pour prendre le relais ! Et d’ailleurs, ils ont plus que fait leurs preuves dans pas mal de régions de France…. Depuis les années 70 (GAPP) ils ont été adaptés et transformés et aujourd’hui on assiste à leur démantèlement et à leur suppression sous prétexte d’économie budgétaire !
Ceci est une insulte à l’enfant en difficulté tout comme c’en est une à tous les professionnels des RASED , ainsi qu’ aux enseignants et aux parents !

Ainsi, j’en appelle aux enseignants qui, pour répondre aux ordres de leur hiérarchie, appliquent l’aide personnalisée dans un emploi du temps qui leur permet d’être « réglos » avec le dû de leurs heures . Je leur demande de faire un arrêt sur image afin qu’ils pensent, à ce moment-là, aux enfants qu’ils sont en train d’aider !!!!!!! Soyez honnêtes avec vous-mêmes …Mettez-vous à la place des enfants…… Croyez-vous les aider vraiment ?
J’en appelle à ceux qui ont la chance d’être aussi parents : laissez votre fierté d’ enseignant au parloir …. Regardez simplement ce que vous seriez prêts à accepter ou refuser pour VOTRE ou VOS enfants de la part de l’école… Jouez le jeu ….Juste un instant… Imaginez que c’est votre petit qui travaillera pendant la pause méridienne… Pensez que c’est lui qui restera le soir quand les autres partiront ou iront en récréation…. Que c’est lui que vous réveillerez le mercredi matin pour aller encore à l’école alors que l’an passé , vous adoriez les mercredis pour justement laisser le temps aux enfants de « souffler », de faire une pause dans la course de la semaine….
Ce que vous n’accepteriez pas pour votre (vos) enfant(s), pourquoi l’accepteriez-vous pour les enfants des autres ?

Le système tel qu’il s’annonce va tellement droit dans le mur que, je ne peux m’empêcher d’imaginer que cela permettra, après le constat d’échec de l’aide personnalisée, de définitivement écarter les enfants en difficulté du cursus « normal » et d’organiser légalement une école à 2 vitesses. Les classes d’enfants à la traîne et les autres…Ou, vu sous un autre angle, une école d’élite et le reste ????
Et la limite, QUI la définira ? Mais peut-être bien vous, enseignants qui acceptez cela!!! Préparez-vous à un festival de nuits blanches !!!! Que de terribles cas de conscience en perspective…. Sans compter qu’au bout d’un certain temps, les parents pourront vous demander des comptes quand ils constateront que leurs enfants n’ont fait aucun progrès….
Mais quel gâchis !

J’en appelle aussi aux parents pour qu’ils se réapproprient leur rôle et leur place auprès de leurs enfants ….
NON…. L’école n’a pas à envahir le terrain familial….
NON , l’enseignant n’est pas tout puissant au point d’avoir lui seul le pouvoir sur la réussite scolaire de votre enfant …

Soyons réalistes, parents !! On nous prépare à un retour en arrière de l’école ! C’est cousu de fil blanc cette affaire !

POURQUOI est-ce que l’aide personnalisée est déjà appliquée dans la plupart des écoles de France (dans le fiasco certes… ) alors que souvent, ces mêmes écoles pensent foncièrement qu’elle est aberrante et discriminatoire ?

POURQUOI est-ce que les écoles ne réfléchissent pas plus à l’enjeu et aux conséquences d’une telle réforme ? Ou, si elles le font, pourquoi ne le font-elles pas ouvertement ?

Est-ce tellement énigmatique de penser D’ABORD aux enfants ?

Serrons - nous les coudes et refusons en bloc ! Face à la solidarité, aucune loi ne fait le poids !

Et dites -vous qu’il n’est JAMAIS trop tard…..tant que nous sommes vivants ….



Ecrit en octobre 2008
par une parent d’élèves


BonneNuitLesPetits le 22/11/2008 à 13:39:14
Cher Roland,

Je suis EVS en maternelle. Ton discours déterminé et riche de bon sens me rassure. L'EN compte encore une alternative autrement constructive que la soumission inoffensive de bons des élèves appliqués, quoiqu'il arrive, à ne pas s'écarter du rang. D'aucuns se prétendant aptes à contrôler une telle bergerie feraient bien, non seulement de relire Freinet, mais aussi, et surtout, de le mettre en pratique, déjà, rien qu'à leur porte ! Après tout, ne sont-ce pas les brebis dites galeuses qui offrent une opportunité à la remise en question et permettent de rectifier le tir, si besoin, pour évoluer dans le bon sens ? Que les principaux intéressés se le tiennent pour dit : certains ne sont pas dupes ! En ce qui me concerne, je vais suggérer à ma directrice de mettre ton admirable coup de gueule à l'ordre du jour du prochain conseil... Dans tous les cas, je félicite ta bravoure, et te soutiens, EN TOUTE CONSCIENCE, parole de fille d'Instit !
Bob Micheau le 21/11/2008 à 15:50:52
Vieux prof retraité... Je trouve cette lettre tout simplement admirable et j'aurais voulu l'avoir écrite !
Courage, mes chers collègues ! RESISTEZ !
Gaby le 20/11/2008 à 23:08:35
Bravo Roland.
Et merci de nous reveiller de notre "confortable" torpeur au quotidien et de nous rappeller que le combat en vaut la chandelle et que nous pouvons y arriver si nous nous y mettons tous ensemble.
sophie-57 le 20/11/2008 à 10:07:32
Bravo Mr Braun!!!
Nous galèrons dans nos écoles et faisons bien plus que les heures légales et on en est presque à pointer nos heures comme si nous cherchions à en faire le moins possible.
On nous traite comme des enfants...bien pire même.
J'adhère à tout ce que vous dites, et j'admire votre courage!
Denis29 le 19/11/2008 à 07:58:45
Bonjour
pour info : le texte de loi de 1984 (Anicet le Pors) concernant les fonctionnaires précise bien que le devoir de réserve ne s'applique qu'aux fonctionnaires occupant un poste hiérarchique. Ce n'est bien sûr pas le cas des instits, prof des écoles ou directeurs. Cela signifie en clair que nous pouvons sans crainte substituer le devoir de réserve par le droit de l'ouvrir.
Que tous ceux qui seraient bousculés, inquiétés par leur hiérarchie le sachent. Nous ne sommes pas dans l'illégalité et on ne pourra désormais pas nous en faire grief.

Denis

Je suis actuellement sur une affaire "me concernant" assortie d'un blâme. Je suis effaré par les compte rendus de l'administration qui va jusqu'à inventer des faits pour enfoncer le clou. C'est une attitude ridicule et dangereuse car je vais pouvoir saisir le Tribunal administratif avec une sérénité totale.
Je vous en dirais un peu plus dans une prochaine lettre.
cricri d\\\'amour le 18/11/2008 à 22:49:24
enfin on se sent moins seul grace au net ...à penser....LA MËME CHOSE...le voeux de désobeissance civile s'impose devant des actes gouvenementaux qui relèvent de l'omniprésence de raisonnements douteux souvent à très grande proximité d'un programme FN datant de 2007 qu'il convient de bien consulter pour en savourer toutes les fondements. Ce qui attend notre futur service public...trop grand ! peut être fait il encore peur ?? je crois également à la force du nombre, celle qui nous reste et pas à la force d'une ombre,celle que nous ne sommes as encore!
James le 18/11/2008 à 22:16:37
On ne peut qu'aplaudir des mains et des pieds. La notion même d'une entrée en résistance ne peut que nous pousser tous à suivre ton exemple.
concombre le 17/11/2008 à 14:49:00
Bravo pour votre position claire et encourageante pour toutes et tous qui hésitent à réagir. Plus nombreux serons nous à résister plus le contre pouvoir actuel aura du poids. Je m'engage à diffuser votre message . Merci à vous.
celDIRECTRICE le 17/11/2008 à 14:24:29
bonjour,

je voulais vous souhaiter bon courage et vous dire bravo pour votre lettre de résistance et votre réflexion sur notre travail d'enseignant et de directeur à l'heure actuelle.
Je suis une jeune directrice et j'avoue que je suis effarée par tout ce qui tombe dessous : chaque jour une autre mauvaise nouvelle : supression du RASED, du droit de grève quasiment,...
Francine d\\\'Alsace le 17/11/2008 à 07:37:20
Bravo Roland ... pour tout : le message clair, les propositions efficaces et ... le courage de diffuser ...
Je suis moi aussi entrée en résistance à ma manière en prenant récemment ma retraite anticipée, ne supportant plus l'institution et ses choix de plus en plus destructeurs pour les élèves (et encore plus pour les enfants) ... et disant largement dans les diverses tribunes possibles en fin de "carrière"(pots d'adieux divers et variés par exemple) combien j'étais heureuse de récupérer une parole libérée de devoir de réserve !!
A te lire, je regrette presque maintenant ce choix : n'aurait'il pas mieux valu demeurer à l'intérieur du fruit pour préparer sa chute de l'arbre et les récoltes futures??
Mais trêve de regrets, j'ai maintenant tout mon temps pour diffuser vos entrées en résistance et aiguiser les miennes dans les mouvements complémentaires de l'école publique et dans mes fonctions de parent d'élève!!
Merci
anne.zor le 16/11/2008 à 01:54:11
Merci Roland !!!
J'aimerais tant être des vôtres...
Avant d'être malade, j'étais maître E (je suis toujours maître E) et si je m'en sors, je ne retrouverai pas mon poste. Puisqu'il aura été supprimé. J'adorai ce que je faisais, donc sans doute le faisais-je bien. Mettre du lien entre les choses et les gens, ça me paraissais important. Bon.
J'enrage un peu moins au fond de mon lit d'hôpital. Tu me représentes bien, Roland. Voilà pourquoi merci.
Au fait... à l'hôpital aussi on essaie de casser tout ce qui est lien, humain et contact. Pour ne garder que les gestes techniques...
On est vraiment mal barré si cette fois ça ne pète pas...
sylvia le 15/11/2008 à 19:08:40
Merci de dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas.
J'ai appris votre convocation par vos supérieurs hiérarchiques et les menaces qui vous ont été faites.
Vivons-nous dans un monde où un enseignant n'a plus la liberté de parole.
Nous vous soutenons et si vous le souhaitez, nous pouvons nous mobiliser pour le faire savoir.
Colette le 13/11/2008 à 22:15:27
Merci pour cette lettre, c'est très bien dit.
Colette, enseignante à paris
anne plumet le 13/11/2008 à 17:47:20
Bravo pour votre lutte, je ne suis que parent d'élève ,mais compte des frères et soeurs dans l'enseignement, les effets d'annonce et autres intentions saugrenues de ce gouvernement,dans nombre de domaines, dépassent réellement les bornes et l'entendement !!!Je suis de tout coeur avec vous et diffuse votre message
anne plumet le 13/11/2008 à 17:47:18
Bravo pour votre lutte, je ne suis que parent d'élève ,mais compte des frères et soeurs dans l'enseignement, les effets d'annonce et autres intentions saugrenues de ce gouvernement,dans nombre de domaines, dépassent réellement les bornes et l'entendement !!!Je suis de tout coeur avec vous et diffuse votre message
Agathe26directrice le 12/11/2008 à 21:20:03
Peut-être que mon premier mail a échoué, donc je recommence
En effet, c'est dur de voir l'école aussi maltraitée, car c'est du harcellement. Au profit de qui ? pas des enfants c'est sûr.
D'accord pour dire que lke syndicat est actuellement une force pour nous.
L'intelligence vaincra-t-elle ?
Bien à toidepuis la Drôme
Agathe26
Agathe26directrice le 12/11/2008 à 21:14:16
Je fais suivre à un maximum de personnes.
C'est pas facile mais j'espère que l'intelligence vaincra
Je suis d'accord pour le syndicat, c'est vrai que c'est l'instance la plus forte actuellement pour résister efficacement.
Bien à toi de la Drôme
Agathe26
mu le 10/11/2008 à 19:03:31
�a fait du bien de voir qu'on est pas tout seul � avoir ressenti et vu et observer et penser ce que vous dites. Je ne m'�pargne jamais de raconter cette r�alit� de l'�ducation nationale et des fonctionnaires/pions de plus en plus infantilis�s part rapport � ses missions. Sous pr�texte que les enseignants et personnels sont fonctionnaires et d�tiennent, l�, le privil�ge supr�me de � � priori � la garantie d'emploi... on �coute pas trop leurs questionnements... sur leur condition de travail, et sur o� va l��cole.
J'ai travaill� � plusieurs niveaux dans ce syst�me �ducatif pour en voir les archa�smes et des d�gradations, qui changent en fonction des p�riodes, des "s"inistres comme aimait � le dire Coluche, et bien s�r des recteurs, des inspecteurs, des chefs de service faisant jouer la loi du plus fort parce que sup�rieur hi�rarchique.

J'ai vu un courrier d'un instit expliquant son refus d'aller � ces r�unions p�dagogiques ennuyeuses apr�s une journ�e de 6H00 dans l'ar�ne... " Il faut faire obligatoirement faire ces trois heures, justifier de sa pr�sence et de sa signature. Et pendant ces trois heures dites d'animation, il faudra faire l'enfant et faire semblant d'�tre l� pour ne pas avoir un jour de suppression de salaire ou une remontrance d�un inspecteur.....

J'ai vu, j'ai entendu ceux qui sont nomm�s si loin de l'endroit o� ils vivent qu'ils se tuent � faire de la route, vide leur salaire en essence,photocopies, plastification etc. Ces personnes tiennent sans un jour d'arr�t pendant deux mois, essayant de voir dans les premi�res vacances le soulagement inoui.. Il tiennent avec un flicage permanent, une trouille d'arriv�e deux minutes en retard.
�

C�est un tableau extr�me et qui heureusement ne refl�te pas l'ensemble des �coles, des animations. Il y a des gens super � l'�ducation nationale ...

Enseigner,s'occuper des enfants , de leur �ducation peut �tre un m�tier sublime...

sylvage le 09/11/2008 à 15:56:46
Personnellement je ne sais pas trop quoi vous dire, j'ai deux enfants en collège privé, parce que j'ai des doutes quant à l'égalité des chances et du système scolaire laïc français. Cependant cela n'engage que moi et je considère ne pas mettre en cause la bonne volonté des enseignents et considérer qu'ils sont victimes d'une administration des hautes sphères et que je compatis sincèrement à la dure réalité d'être enseignant en 2008 ! Sylvie Geneste.

En conclusion : La méthode spartacus s'est toujours avéré risquée, je pense qu'il faut rester sur sa ligne de conduite et faire au mieux avec les moyens mis à dispositions.
françois le 06/11/2008 à 22:03:00



Roland,

Enfin une personne qui prononce des mots qui sont porteurs de sens : « entrer en résistance ».
Tout à fait d’accord, d’autant plus que tu fais des propositions très concrètes et que le principe qui régit tout, qui a toujours guidé mes actions et que j’ai toujours essayé de partager, je le partage également avec toi et ceux qui ont les mêmes convictions :
la principale priorité, la seule, ce sont nos élèves !
Egalement d’accord avec tout ce que tu as relevé et qui t’a décidé à « entrer en résistance ».
En effet, Big Brother est en train de « lancer les bases de la nouvelle école de demain » … à moins que !

Je suis directeur d’une école de 8 classes, 208 élèves, un seul jour de décharge par semaine et je ne tutoie aucun inspecteur de l’éducation nationale. (J’ai la chance d’avoir une EVS formidable)
Je ne vais pas commencer à étaler le détail de mes (près de) 60 heures hebdomadaires, en période « faste », mais le sentiment de découragement fait souvent partie du quotidien.
Et puis, on se raccroche à un projet sympa, à des instants d’encouragement, à des réussites d’élèves, à un sentiment de cohésion d’une équipe ou d’une partie, … et tout repart !

Moi aussi, je me souviens d’une époque où les stages de formation proposaient autre chose que des stages de « renforcement » de l’Allemand, d’Allemand « conversationnel » -tout un programme !- Des stages, dont j’ai très peu profité mais d’où l’on sortait « épanoui », n’ayons pas peur des mots, avec l’envie de faire, de mettre en pratique.
Que dire, en effet des simulacres d’animations ou de réunions de directeurs d’où l’on ne peut ressortir qu’avec la colère au ventre, frustré aussi par l’absence de réaction des participants. Quelle solitude, parfois !...

Je me souviens d’une époque où l’on invitait, aux animations de secteur, des conférenciers, des auteurs d’ouvrages fraîchement édités, des éditeurs et d’autres intervenants de talent.

Je me souviens d’une époque (pas si lointaine) où les équipes du Rased, avec lesquelles nous travaillions le main dans la main, intervenaient longuement en maternelle, pour faire de la prévention et pour préparer, avec nous, les passages au CP, etc…

Je me souviens d’une époque où les conseillers pédagogiques étaient des conseillers en pédagogie !... et pas les bras droits de leur inspecteur.
(Je sais qu’il en existe encore , des conseillers).

Je me souviens d’une époque où nous menions de magnifiques projets dans nos école, alors que la paperasse actuelle n’existait même pas encore à l’état d’embryon !

Je me souviens d’une époque où les enseignants étaient solidaires, osaient inscrire une lutte dans la durée, osaient se battre pour l’avancée de la profession. J’ignore dans quelle mesure les collègues qui ont encore 10, 20 ou 30 ans de carrière devant eux se sentent concernés. Il faut dire qu’avec les différents « statuts » (statues ?...) l’administration a réussi un joli coup : diviser le personnel d’une même profession, alors qu’il se trouve sur le même bateau !...
Et puis, le « chacun pour soi » régnant de plus en plus en maître !...

Bon, je vais m’arrêter avec mes « Je me souviens… » ; on finirait par croire que j’ai 70 ans,…

Je voulais juste t’envoyer ce message d’encouragement (même si nous ne nous connaissons pas) pour te dire que je suis solidaire de ta décision et prêt à la partager. Je suis content de découvrir que je suis un peu moins seul à penser ce que je pense et content de pouvoir le partager.
Bravo pour ce message d’espoir !

François un instit du 68

Jean Marc Gaudillat le 26/10/2008 à 20:43:32
Bonjour,

merci pour ce témoignage, je l'ai récupéré sur le site de la FNAREN et avec ton accord (transmis par annick, que je ne connais que par forum interposé), je l'ai diffusé à mes collègues (enseignants, rééducateurs, maître E, psy, snuipp de Saône et Loire).

bon courage et bonne lutte !

Jean Marc

evelyne le 26/10/2008 à 08:14:38
Merci, ta lettre, ce blog redonnent espoir...
deux "résistantes" dans mon école sur 11 enseignants , nous venons de recevoir un courrier, pression nous demandant de nous conformer à l'obligation de service...décret du 15 mai 2008....
Aujourd'hui, je me sens de moins en moins seule..pourtant, je ressens beaucoup d'angoisse...vais-je pouvoir résister longtemps ??...entre les pressions et mes convictions , vais-je en avoir la force ??
je diffuse ce blog largement
une instit du 44

stherblon le 25/10/2008 à 09:00:28
Bonjour,
Je partage ce que tu dis, en tant que directrice et je pourrais comme d'autre en rajouter.
Mais je ne veux pas être longue, je suis simplement en colère de lire ça que maintenant car au printemps en Loire-Atlantique on a essayé de résister, on a essayé d'alerter le reste des départements, pourquoi ça n'a pas bougé? Pourquoi sommes nous restés isolés? A ce moment tout était encore possible maintenant je pense que ça l'est encore mais ce sera difficile.
Je suis syndiquée depuis plus de 20 ans et je suis militante active (pas dans un syndicat majoritaire) j'en veux quand même à l'ensemble des organisations syndicales qui n'ont pas su ou pas voulu étendre le mouvement au printemps. Ce qui a marché en 44 parents enseignants ensemble pouvait marché partout.
Ce qui me rassure c'est de voir que ça bouge car au printemps on était nombreux à ce demander si en 44 on avait bien compris.

Je reste comme toi persuadée que se syndiquer c'est essentiel; le syndicat c'est nous, c'est à nous de le faire bouger et pas seulement au moment des élections.


zaza57 le 24/10/2008 à 17:33:30
Bravo Roland
Merci pour le courage dont tu fais preuve et j'espère qu'enfin nous allons tous nous réveiller pour défendre nos intérêt et ceux de tous nos élèves!
Vincent le 23/10/2008 à 23:27:37
Bonjour Roland,
j'aime beaucoup l'intitulé de ton article; mais ceci m'amène de nombreuses réflexions.
Tout d'abord en tant que militant syndical, je ne suis pas étonné de ce qui arrive aujourd'hui, aussi bien au niveau de l'école que dans la société en général. Ce n'est pas faute d'avoir prévenu depuis longtemps et de m'être souvent entendu dire: arrête de crier au loup, de faire du catastrophisme!!!
Si bien qu'aujourd'hui, je ne suis même pas attristé de ce qui arrive, car j'y étais préparé. Je suis simplement désabusé après être passé par la colère à cause du manque de réaction de la profession...
Entrer en résistance, nous étions nombreux à vouloir le faire dès 2003 ( rappel du slogan "À ceux qui veulent casser l'école, la rue répond Résistance!"). Nous avons essayé d'alerter l'opinion; mais que faire quand le soir au 20h, un ministre peut distribuer sa bonne parole à des millions de français... alors que nous ne disposons que de nos bras et nos tracts!
Bref le combat est inégal; je ne dis pas qu'il faut l'abandonner pour autant; mais ce qui se passe me rappelle le syndrôme de la grenouille: si on la trempe dans l'eau bouillante, elle réagit immédiatement pour se sauver, si on la trempe dans l'eau tiède et que l'on réchauffe petit à petit, elle s'endort et finit par mourir...
Ne serait-ce pas ce qui est nous est arrivé à l'école, et dans la société, car nos politiques connaissent cette histoire.
En effet il y a des années que nous ne réagissons plus, et même quand nous réagissons massivement type 2003; nous perdons et depuis nous n'avons fait que perdre ( à part pê le CPE, et encore...); je dirai même que nous ne descendons plus dans la rue pour gagner des droits comme ont pu le faire nos aieux, mais pour empêcher qu'on nous les retire.
La Réaction a le vent en poupe... ce qui lui permet d'accélérer ses réformes. D'où pê l'opposition de gens qui jusqu'alors ne bougeait pas.
Mais comment résister ?
Tu fais plusieurs propositions. Soit mais cela ne s'improvise pas, surtout quand on s'est laissé endormir comme la grenouille...
Réapprendre à dire NON, à s'opposer.
Cela s'apprend au quotidien et suppose pour les enseignants que nous sommes d'être prêts à l'enseigner à nos élèves et d'accepter aussi qu'ils puissent s'opposer à nous.
Dire NON à l'école, c'est déjà dire NON à son inspecteur si nécessaire, même si c'est quelqu'un de bien
Lutter contre l'infantilisation et le flicage, on peut le faire en refusant de se rendre à des conférences pédagogiques abscons, en refusant de répondre à toutes leurs enquêtes à la noix, en refusant de remplir Base élèves ( et ça on ne mesure pas encore les conséquences liées au fichage informatique; mais là je crie encore au loup... suffit de voir Edwige...).

Mais pour moi la première résistance au sein de l'école, c'est de refuser l'inspection ( c'est possible et légal note de service n° 83512 du BO n°46 du 22/12/83). Pourquoi ?
Parce que l'inspection est une institution rétrograde qui entraîne la soumission, l'infantilisation, la division des personnels; elle renforce l'isolement et cautionne l'immobilisme.
Parce qu'un jugement noté n'a jamais apporté ni d'aide ni de solution constructive.
Parce que l'inspection est inutile face à l'échec scolaire, aux sur effectifs.... ( ça se saurait sinon!)
Bref je pense que l'émancipation commence par le refus de toute forme de hiérarchie ( celle qu'on subit aussi bien que celle que l'on fait subir).
Ce qui n'entraîne pas nécessairement comme on le pense souvent désordre et indiscipline...
Vaste programme!!!
Voilà ma petite contribution à ta déclaration d'entrée en résistance.
je te soutiens; mais je pense qu'aujourd'hui si on ne veut pas râter le côche, rentrer en résistance que par rapport à l'école ne suffira pas, le combat est beaucoup plus global...Mais je suis d'accord que c'est un premier pas fondamental; et si on apprend à résister au sein de l'école, on sera capable de résister dans la société.
Réapprenons à dire NON!
Cordialement
Vincent
Cathy le 23/10/2008 à 22:30:07
Merci pour cet engagement et ces conseils. Il est temps de sortir de notre léthargie et de notre mollesse... L'heure est venue de choisir son camp, de prendre position et de défendre l'idée d'une école humaine et humaniste et non de lieu de formatage et de ramollissement des cerveaux et des consciences.
Rééducatrice 57
christine le 22/10/2008 à 21:54:59
pistes intéressantes et tout à fait réalisable.
Je vais me déclarer gréviste, je vais m'inscrire aux journée d'informations syndicales 'la première m'a été refusé pour calendrier non validé), et je fais circuler, plutôt deux fois qu'une.
solidairement nôtre !!!
pickwick le 22/10/2008 à 21:25:40
Merci, ça fait du bien, je diffuse un maximum!
Après une période de moral dans les chaussettes, réagissons!
un instit' de meurthe et moselle
jean fourcade le 22/10/2008 à 19:25:08
vraiment un texte parfaitement clair et efficace qui met en mots ce que ressent et vit un grand nombre d'enseignants
merci
cette lettre doit être largement diffusée

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