De l’irresponsabilité syndicale, par Alain Refalo

Enseignant du primaire en résistance

Auteur du livre En conscience je refuse d'obéir, résistance pédagogique pour l'avenir de l'école, Editions des Ilots de résistance, 2010

 

Après des mois de silence et d'inaction, alors que la formation initiale des enseignants est démantelée, que le ministère veut recruter des étudiants et des retraités pour les remplacements, que le projet des EPEP consacrant la municipalisation des écoles pointe à l'horizon et surtout que des dizaines de milliers de postes seront à nouveaux supprimés à la rentrée, les syndicats nous proposent à nouveau une journée de grève ici, une autre par là, des manifestations et même des pétitions sur internet… Incapables d'analyser les échecs de leurs actions passées, les principaux syndicats d'enseignants du primaire, sur le plan national, restent décidément figés sur le mythe de décembre 95. Ils oublient la cuisante déroute du printemps 2003 qui a contribué à écœurer de nombreux enseignants et à les détourner de l'action syndicale. Et depuis trois ans, malgré une mobilisation sans précédent autour de la défense de l'école publique, ils sont incapables de relayer les nouvelles formes de résistance qui ont émergé et n'ont pas réussi à infléchir la politique au bulldozer du gouvernement.

Or, les attaques sans précédent contre l'école et plus largement le service public d'éducation méritent une riposte d'envergure proportionnée à ces attaques. Si l'école publique est vraiment en danger, et ce n'est pas qu'un slogan, notre devoir est d'empêcher la mise en œuvre des réformes qui déconstruisent l'école et que les grèves précédentes n'ont pu enrayer. Nous devons d'urgence repenser à nouveaux frais nos modes d'action et de résistance pour être à la hauteur du défi que nous a lancé ce gouvernement. Le ministère exige une soumission inconditionnelle des personnels pour qu'ils obéissent et appliquent sans discuter les réformes. Là est le véritable curseur qui permet de mesurer le niveau de résistance ou de soumission de la profession. Allons-nous continuer à manifester et faire grève contre ces réformes et une fois revenus dans nos classes les mettre en pratique bien sagement ? Faut-il rappeler aux syndicats qu'un fonctionnaire est doué de raison et de conscience ? Lorsqu'il nous est demandé d'être complices de réformes néfastes et destructrices, notre seul devoir est de s'y opposer, et de refuser collectivement de s'y soumettre. Ce n'est pas seulement une question d'honneur, mais de responsabilité et d'efficacité.

Les syndicats majoritaires sont en retard de plusieurs batailles. Ils ont oublié que ce pouvoir a parfaitement retenu les leçons du passé et qu'il s'accommode désormais d'une contestation légale quand bien même elle serait massive dans la grève. En réalité, il n'attend qu'une seule chose : que les syndicats continuent à « s'opposer » par la grève, y compris « reconductible », et la manifestation. Il peut ainsi dormir tranquille, d'autant que les syndicats cautionnent le service minimum d'accueil en demandant aux grévistes de remplir leur fiche de déclaration de grève… Ce que ce pouvoir redoute d'abord, c'est l'insoumission des personnels et la désobéissance collective, seules résistances susceptibles de faire échec, dans l'action quotidienne, aux réformes destructrices. Nous l'avons expérimenté. Ce qui est insupportable à notre hiérarchie, ce n'est pas tant la désobéissance clandestine, que la désobéissance ouverte, revendiquée et assumée. Elle seule, aujourd'hui, constitue une force de pression qui fait bouger les lignes.

Le mouvement des enseignants du primaire en résistance  a inauguré une nouvelle forme de lutte dans l'Education Nationale. La première victoire que les enseignants-désobéisseurs ont obtenue, c'est de n'avoir rien cédé malgré les pressions et les sanctions, somme toutes relativement limitées. La seconde victoire, c'est qu'ils continuent à enseigner sans se renier, sans appliquer les dernières réformes pédagogiques. De fait, ils les neutralisent. Quelques milliers, c'est un grain de sable dans la machine à déconstruire. Plusieurs dizaines de milliers, ce serait l'échec définitif des réformes. La résistance pédagogique constitue un puissant levier, à la portée de chacun-e, qui atteste d'une action déterminée, permanente et populaire. Comment peut-il se faire que les syndicats soient incapables de le comprendre ? Comment est-il possible qu'ils n'aient pas revisité leur logiciel de résistance en regard de ce mouvement exemplaire qui a émergé par l'initiative de quelques-uns qui ont su entraîner un grand nombre dans la désobéissance collective ?

3 000  enseignants-désobéisseurs, c'est certes le plus important mouvement de désobéissance civile que l'Education Nationale ait connu, mais c'est surtout une forte minorité agissante qui ne demande qu'à s'étoffer et à devenir une véritable force de contrainte sur le pouvoir. Nous n'oublions pas que de nombreux collectifs de parents d'élèves se sont mis en mouvement dans la foulée des premières lettres de désobéissance. Un espoir venait de naître qu'il convenait de ne pas décevoir… La popularité de ce mouvement n'a pas faibli auprès des parents d'élèves. Là est l'enjeu décisif : susciter la sympathie et la mobilisation de l'opinion publique en soutien à l'action des enseignants-désobéisseurs pour structurer une pression sur le pouvoir qu'il ne pourra pas ignorer. C'est ainsi que l'opinion publique passe d'une attitude de tiers-témoin à une attitude de tiers-soutien. Cette force de l'opinion publique en appui des revendications des enseignants-désobéisseurs peut s'avérer décisive.

Certes, les syndicats ont su apporter leur soutien aux enseignants-désobéisseurs menacés de sanctions. Mais ce fut vraiment le service minimum ! N'y a-t-il pas quelque hypocrisie à soutenir un enseignant-désobéisseur lorsqu'il est soumis à la pression de son administration, tout en se démarquant haut et fort, y compris en commission disciplinaire, du mode d'action utilisé ? N'est-ce pas le pire soutien que nous pouvions espérer ? Les syndicats se veulent « responsables », alors la désobéissance ce n'est pas leur tasse de thé, entend-on ici ou là. En réalité, leur manque de lucidité et de courage frisent l'irresponsabilité en regard des enjeux de la déconstruction de l'école publique. Pour être juste, fort heureusement, un nombre non négligeable de sections départementales du syndicat majoritaire dans le primaire, sous l'impulsion d'adhérents-désobéisseurs, ont repris à leur compte la démarche de la résistance pédagogique en mobilisant de façon significative.

L'heure n'est plus à la frilosité. Dans de nombreux secteurs publics, à l'exemple des enseignants-désobéisseurs, et bien souvent en dehors des organisations syndicales, des fonctionnaires entrent collectivement en résistance et en désobéissance pour ne pas cautionner des lois et des réformes scélérates qui détruisent les acquis issus de la Résistance. De ce point de vue, ils agissent réellement de façon éthique et responsable. Le moment est venu de préparer la convergence des luttes, mais également  la convergence des moyens de lutte pour résister ensemble et massivement à ce pouvoir libéral-autoritaire. Nous avons essayé de convaincre, nous avons attendu, nous avons espéré que les organisations syndicales soient à la hauteur de la situation... Désormais, le temps est compté. Nous avons décidé, et sans attendre, selon la formule de Gandhi, d'être dès aujourd'hui le changement que nous voulons voir réaliser. En conscience et en toute responsabilité.

Le 30 mars 2010



30-03-2010 | 7072 vues

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Commentaires


M. Morgan Dave
le 16-11-2011 à 15:50:31
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jacruiz
le 14-05-2010 à 18:23:23
à Denis (entre autre...)
tu écris:
"je voudrais rappeler que les syndicats sont mandatés par leurs adhérents..."
à l'inverse, les gens "adhèrent" à un syndicat, ou à un parti, une assoc, donc, normalement, à "une idée"...
Ils sont donc sensés représenter "l'idée commune" de leur organisation, la défendre.
Bien sûr, ils sont en droit de pouvoir y débattre (etc), dans le cadre de celle ci, selon les limites qu'elle se donne.
Si j'étais républicain, ou le contraire, je n'adhérerai pas à un groupe qui ne l'est pas pour le discuter de l'intérieur et y voter des "mandats"...
il n'en va pas de même pour la société où je vis. Je ne l'ai pas choisie!
bon courage
jacruiz
le 14-05-2010 à 18:11:50
"parler, c'est déjà agir"

à Grégoire, sans animosité
vous écrivez:
"je respecte les décisions issues des urnes et essaie de limiter les dégâts lorsque c'est possible. Je considère que c'est fragiliser et dénoncer ce pacte républicain..."

Sans doute...
Par contre, je sais que M Ph pétain était représentant "légal" de la "France", que les lois de son époque l'étaient elles mêmes, que des fonctionnaires se sont retranchés derrière cet argument pour justifier leur obéissance (M papon en était un fameux!).
Je ne vous ferai pas l'offense de vous comparer à lui, car en vous lisant, vous agissez par ailleurs.
Un film en dit plus long que moi. "de la servitude moderne".
Il vient de me bouleverser. (libre d'accès)
j'étais "blasé"; je vais reprendre mon bâton de "citoyen".
"un bon citoyen respecte la loi. Meilleurs est celui qui... pour la changer" (léger trou de mémoire...)
bonne continuation à tous
DIDjerLéon
le 04-05-2010 à 23:32:49
Elle est à toi cette chanson
Toi le paria qui sans façon
Osera relever la tête
Pour défier toutes ces bêtes
Animaux de mauvaise compagnie
Abusez de votre tyrannie
Profitez, profitez c'est gratos
Bons souvenirs de Darcos
Mais vous les parents, planquez vos gosses !
L'école devient négoce
Ecole sanctuaire
Ecole carrière
Sanctus, Sanctus, la frousse
Que vive l'école privée
Pour sûr c'est gagné
Adieu joyeuses frimousses
Serez-vous cotées en bourse
ou régulièrement persécutées
Droite, gauche, gauche, droite
Sales coups et mises en boîtes
Enseignants ou parents
Nous sommes tous dans le même camp
Donneurs de leçons ou médisants
Attention à l'enfermement
Le pouvoir en a déjà bien profité
De tous ces fonctionnaires zélés
Qui se brûlent les ailes
A ne savoir trier le courriel !
DIDjerLéon
Alain Refalo
le 04-04-2010 à 18:47:24
Merci Yves pour ta contribution constructive. Il ne s'agit pas de laisser de côté les syndicats, car pour l'heure, c'est eux qui se mettent de côté par rapport au mouvement de désobéissance et parfois même en travers en le critiquant, ce qui est un comble... Ce mouvement a certes émergé en dehors des syndicats, mais aussi avec des enseignants syndiqués qui font le boulot de l'intérieur et il faut leur rendre hommage car leur position est souvent inconfortable. Il n'en reste pas moins qu'aujourd'hui, le combat continue. Notre action est un plus dans la résistance globale, c'est pourquoi nous sommes en droit d'attendre un autre positionnement de la part des syndicats. J'ai toujours dit et écrit que les moyens d'action (grève et désobéissance) étaient complémentaires, qu'ils ne s'opposaient pas. Sauf qu'il y a un moment pour la grève, un moment pour la désobéissance et peut être un moment pour les deux si les conditions sont réunies. Je suis d'accord avec toi qu'il est temps de travailler à la convergence, et d'abord à la convergence des luttes au sein des services publics.
Yves Scanu
site/blog
le 04-04-2010 à 00:45:23
Désobéisseur, directeurs d'école résistant à base élèves et militant syndical et associatif je souhaite réagir à ton texte.
Pour bien situer mon intervention je tiens à préciser que je n'ai aucune certitude et que je vais m'efforcer de formuler des hypothèses.
Pour commencer, je ne crois pas du tout que les syndicats sont restés sur le mythe de décembre 95, par contre je les entends souvent dire que le printemps 2003 a laissé des traces indélébiles dans la profession. Il est fort probable que l'échec de cette année 2003 paralyse nos centrales syndicales qui n'osent plus entraîner les salariés dans des actions dures.
Notre action de désobéissance est très certainement un nouveau mode d'intervention qui peut être efficace. Ce n'est pas pour autant un outil miracle. Désobéir ne fera jamais revenir les 13 000 postes de supprimer.
C'est vrai que par rapport au dispositif de l'aide personnalisée nous aurions pu réellement nous mettre en travers de ce projet stupide et populiste. Ceci pour dire simplement que pour sauver notre école il va falloir user de toutes les armes.
Mais également c'est ensemble et de façon solidaire que nous parviendrons à résister efficacement. Une solidarité qui doit rassembler les enseignants mais également les parents et j'ai envie d'ajouter tous les citoyens.
Ensuite il faut faire aussi avec le principe de réalité. Dans ma section syndicale du Snuipp Loire j'ai des amis et collègues qui ne partagent pas mes points de vue. Je leur ai proposé d'appeler à refuser le DAP , à boycotter les évaluations institutionnelles mais dans le conseil syndical du Snuipp Loire ces propositions n'ont pas obtenu la majorité des voix.... (Je tiens à ajouter qu'on a su parfois diverger de la position nationale et se démarquer d'autres départements)Si je ne me trompe pas notre mouvement de désobéissance n'a pas non plus rassemblé très largement. Il est vrai que si les syndicats avaient appelé à la désobéissance nous serions sans doute un peu plus nombreux mais il n'est pas sûr que cela se serait transformé en vrai mouvement de masse. Combien de mots d'ordre syndicaux sont restés lettre morte ! ! !
Ouvrons nos yeux, les mouvements sociaux d'ampleur trouvent leurs racines dans des mécanismes complexes, ne croyons pas à une toute-puissance syndicale pour mettre en branle toute une profession tout un pays.
Si je comprends ta conclusion, tu veux laisser de côté les syndicats. Pour ma part, je crois qu'adopter une telle position est d'une part très présomptueux mais surtout contradictoire avec l'idée de convergence des luttes. Surtout que je suis persuadé, que le mode d'action que nous avons initié pourra très certainement se reproduire à l'avenir et avoir un plus grand écho et peut-être même auprès des centrales syndicales.
Je vais reprendre l'exemple de ma section sur le plan local l'idée de refuser à l'avenir de nouvelles mesures encore plus inacceptables commence à devenir une hypothèse plausible.
C'est pourquoi, le changement que nous voulons voir réaliser n'adviendra que si c'est une volonté largement partagée et auquel cas les syndicats s'y associeront forcément et nous avons besoin de l'outil syndical.Pour conclure, j'ai comme toi beaucoup de critiques à formuler aux organisations syndicales je les exprime au sein de mon organisation il n'en reste pas moins que je suis persuadé qu'elle reste indispensable. (la mienne et les autres). Notre action de désobéissance s'ajoute à l'édifice et peut-être que d'autres modes novateurs d'action sont à inventer. Il y a urgence à ne pas nous opposer si on veut concentrer nos efforts vers le but commun qui nous rassemble.

Amicalement
Yves Scanu
FLFB
le 31-03-2010 à 22:22:33
Tout est dit, Mr Refalo. J'ajouterais cependant à la glose marginale de Mr Georges ( Ce n'est pas qu'affaire de mots ) et en tant que musicien : je préfère le ternaire au binaire ( swing ! ).
Pourquoi « mépris » pour « collaborer » ? Pourquoi ne pas lire jusqu'au bout mon commentaire et négliger ainsi Brecht ? Pourquoi parler « d'angélisme » puisque les mots sont lourds de sens.
On va faire un petit jeu et retirer de notre vocabulaire quelques mots dangereux : collaborer...résister...bled...esclavage...otage...Noir...Blanc...racaille...bétail...rafle...star(jaune)...vu à la télé ... vatican...pédophilie...Homo (sapiens ou faber) ... slam ... Sam ...................................................Amitiés du FLFB
PS : « Amitiés » n'est pas dans la liste, ouf !
Alain Refalo
le 31-03-2010 à 20:11:36
A Georges. Cher monsieur, je vous remercie pour votre contribution. Cependant, elle témoignage d'une certaine méconnaissance de notre réseau et de la démarche de la désobéissance pédagogique. Dès le départ de notre action, nous avons expliqué qu'elle reposait sur deux piliers : la non-coopération avec les réformes qui déconstruisent l'école publique et l'élaboration d'un programme constructif qui porte l'exigence d'alternatives et de propositions pour demain. Mieux que cela, notre désobéissance implique de mettre en place dès aujourd'hui ces alternatives. C'est précisément pour cela que notre action a été si bien comprise et appréciée par les parents de nos élèves. Nous sommes prêts à discuter avec tout le monde. L'école de demain, c'est un débat qui commence aujourd'hui. Il n'est pas réservé aux enseignants. Il concerne la nation, ses valeurs, ses principes, et la société que nous voulons construire.
Quant au mot résistance que vous refusez d'utiliser, cela est symptomatique d'une pensée unique qui laisse croire que le mot Résistance s'écrit toujours avec un grand R. Lucie Aubrac a elle même dit et répété que le verbe résister devait se conjuguer au présent. Si vous considérez que la démocratie n'est pas en danger, que l'école n'est pas en danger, alors bien sûr je comprends que vous évacuiez le mot résistance de votre vocabulaire. L'expression résistance pédagogique signifie simplement que notre terrain privilégié d'action concerne les réformes pédagogiques qui concernent tout particulièrement le quotidien de notre travail. Il s'agit d'un levier qui permet de dérouler de nombreuses questions ayant trait à la déconstruction de l'école publique. C'est précisément pour cela qu'il est efficace et qu'il dérange. Bien à vous.
georges
le 31-03-2010 à 18:54:28
Si le respect s'impose devant votre attitude, que je ne partage cependant pas, elle témoigne, à mon sens d'une incapacité à "penser" réellement l'école d'aujourd'hui. Il n'est que de s'en tenir à la rhétorique que vous mobilisez, incapable d'inventer un autre langage pour rendre compte de ce qui se passe : vous semblez vous défier des syndicats en place mais votre discours n'est en rien différent du leur, votre vocabulaire est identique à la glose depuis longtemps entendue !
Ce n'est pas qu'affaire de mots, ce serait trop simple et trop critiquable ; mais les réalités qu'ils recouvrent sont depuis quelques temps en marche..

"Que faire ?" comme le disait quelqu'un de célèbre ; l'opposition systématique, frontale (à mon très humble et modeste avis) a fait son temps. Le pouvoir en place ne peut que se satisfaire à bon compte de refus cent et cent fois réitérés : pour autant, les choses se mettent en place et ni les grèves ni les "résistances" de quelque ordre qu'elles soient n'ont à ce jour freiné les évolutions.
Prôner le dialogue, vous semble impossible ? Vous pensez que nous ne serions pas entendus ? Pourquoi ne pas tenter la démarche qui consisterait à accepter de se retrouver autour d'une table et de montrer là les idées que l'on soutient et que l'on porte ?
Vous me taxerez probablement d'angélisme, libre à vous !
Je ne souhaite ni "collaborer" (quel vilain mot ! et de quel mépris il témoigne !) ni "résister" (ce mot est, désolé, trop chargé d'affect et d'histoire pour que je le reprenne à mon compte !) : le monde a cessé d'être binaire depuis longtemps, quelle facilité c'est de le penser et de se placer soi-même (forcément !) du bon côté !
Les occasions manquées de dialogue par les syndicats les ont effectivement depuis longtemps fragilisés ; leur discours est convenu, leurs moyens d'action deviennent dérisoires et les grèves perlées finissent par les ridiculiser...malheureusement !
L'École de la République a besoin d'une refonte, nul ne l'ignore ; que celle que l'on nous propose et que vous habillez (trop à mon sens) facilement du mot de "destruction" ne vous enchante pas cela est légitime ; pour autant, son évolution est nécessaire même si elle doit s'appuyer sur une histoire qui a fait ses preuves et que l'on semble aujourd'hui de bien des côtés vouloir refuser de voir.
denis
le 31-03-2010 à 18:24:38
Militant et élu syndical, je comprends les critiques de Alain, mais je voudrais rappeler que les syndicats sont mandatés par leurs adhérents et ceux ci quand ils s'expriment ne sont pas si engagés que les désos.
On peu rêver que tout le monde se mette en marche pour changer le monde, mais soit par intérêt ( y'en a qui ont d'autres billes à défendre que les acquis de 1947) soit parce qu'ils sont plus intéressé par leur petit confort, beaucoup ne bouge pas ou s'en foute.
Critiquer les journées de grève OK et on fait quoi?
Déjà persuader ceux qui font grève de se montrer en manif c'est la croix et la bannière, alors faire plus!!!!!
Désobéir oui mais qui nous a rejoint depuis le début du mouvement?
Et ce n'est pas un syndicat quel qu'il soit qui a interdit aux enseignants de se mobiliser en tant que déso.
Nous ne serons encore longtemps qu'une minorité à être actif, jusqu'à ce que le bordel mis en place par nos gouvernants devienne vraiment trop grave et menace vraiment le confort de nos collègues.
Alors ils se réveilleront peut être, et peut être trop tard.
En attendant je continuerai à défendre les désos dans mon syndicat et a essayer de faire comprendre aux plus mou que la situation est vraiment grave.
Parenthèse sur les subventions aux syndicats venant de l'europe, je ne sais pas d'où vient cette info sujette à caution mais la théorie du complot faudrait voir à se calmer avec!!!
Y'a pas besoin de ça pour que les gens fassent où on leur dit.
Elodie
le 31-03-2010 à 18:17:59
Réponse à Grégoire. Que veut dire l'impartialité ? Rester neutre, accepter et subir, se taire ? La faiblesse de cette position c'est qu'elle considère qu'un fonctionnaire doit tout accepter, obéir inconditionnellement alors que le service public est en train d'être détruit. Ce raisonnement très gauche républicaine ne tient pas la route car comme le dit Refalo il nous est demandé de collaborer à la destruction de ce service public. Les temps changent. Obéir et se taire, c'est faire le jeu de l'école privée, de la privatisation de l'école ? Ce n'est pas parce que d'autres, quelques archéos ont désobéi dans le passé (d'ailleurs ils n'ont jamais organisé de mouvement collectif) que la désobéissance n'est pas légitime. Nous désobéissons en obéissance au principe de liberté pédagogique qui est renié dans les faits alors qu'il est réaffirmé dans la loi. Qui désobéit en réalité ? Les désobéisseurs ou l'Etat qui ne respecte pas ses engagements ?
Grégoire
le 31-03-2010 à 17:59:04
Je vous reconnais un certain courage personnel mais ne partage pas votre analyse.Le contrat social qui lie fonctionnaire et la nation repose sur un devoir d'impartialité et de laïcité . De gauche, héritier d'une dynastie d'instituteur ( mon arrière grande tante a commencé sa carrière à Fromentine en 1905 dans l'école du diable ) , je milite en dehors de l'école dans des engagements municipaux syndicaux et associatifs. Là est le champ des luttes sociétales et politiques. Directeur d'école, je respecte les décisions issues des urnes et essaie de limiter les dégâts lorsque c'est possible. Je considère que c'est fragiliser et dénoncer ce pacte républicain que de vouloir s'opposer par la désobéissance affichée et revendiquée . Mais pire, c'est forger les arguments aux détracteurs du service public et aux tenants d'une école libérale pour les années futures. Que n'avions nous pas dit de Le Bris et autres affidés de sauvons l'école lorsqu'ils refusaient la réforme des cycles et les projets d'école? Que dirons nous demain en cas d'alternance politique?
Et il est inutile d'en appeler aux mânes de Jean Moulin ; l'affaire est quand même autre et pour la solutionner il suffit de voter. Les syndicats sont effectivement complétement désorientés à cause de 2 choses : la brutalité et la détermination de ce gouvernement pour mettre en place un programme annoncé ( discours de Maison Alfort ) et validé démocratiquement par le peuple et surtout par leur incapacité à inventer l'école du futur.
Un exemple : la direction d'école qu'ils ignorent ou pire qu'ils veulent collégiale sans tenir compte des réalités et du souhait des principaux intéressés affirmé à chaque fois qu'ils sont consultés à savoir un reconnaissance et un statut.
Bonne route cependant, l'histoire de France est jalonnée de combats utopiques mais force reste toujours à la vérité.
Estival
site/blog
le 31-03-2010 à 16:14:20
Je me suis permis de présenter (dans mon blog) de façon élogieuse cette contribution importante d'Alain Refalo à la réflexion sur la résistance. Je me permets d'utiliser ce commentaire pour communiquer, n'ayant pas su trouver l'adresse courriel pour le faire autrement. Donc, si quelqu'un n'est pas d'accord, me le faire savoir et je promets de ne pas recommencer.
Avec toute ma sympathie de professeur retraité et concerné par les attaques adverses en cours... Estival
FLFB
le 31-03-2010 à 14:33:31
Si je conteste "Le Saintdicat", voire le Groupe Freinet, c'est bien au niveau d'une école construite par tous, pour tous ... Je ne me sens pas du tout intello professionnel qui monopolise la réflexion éducative, instructive ! Pour l'école, ma classe, mes classes de la petite section jusqu'à l'UPI ... j'ai toujours tout construit avec les parents, avec les éducateurs, avec les collègues quand ils n'étaient pas que des fonctionnaires zélés à en faire plus qu'il n'en faut pour la Nation ou pour leur confort personnel, syndical ou non ... mais les élèves là-dedans? Bien sûr que bien des syndicalistes sont honnêtes, bien sûr que le syndicat est le reflet d'une "Base" ... Pas de base pas de syndicat, pas de syndicat, pas de base ! On tourne en rond, mais dans un métier de plus en plus difficile, combien de syndicalistes, de conseillers pédagogiques, d'Inspecteurs ... lâcheraient leur place pour reprendre une classe? Au fait, ça sert à quoi un Inspecteur ? Combien confondent Supériorité Hiérarchique et Supériorité " un tel est tel" ? Où est la Pédagogie, la Zone Proximale de Développement, la Différenciation dans l'évaluation du petit personnel? La résistance est "tournée sur elle-même", individualiste ? Et un syndicat assurance, ça sert à quoi ? J'ai choisi tel syndicat parce "qu'il m'a bien aidé" ... Si l'Education Nationale avait vraiment envie d'instruire son personnel, les parents d'élèves, les élus et surtout les élèves, ça se saurait depuis longtemps, à Gauche comme à Droite ! Allez, pour montrer que je suis bon et juste, je vais faire un effort pour aider à la privatisation de notre Grande Entreprise Nationale, je vais citer le Koran pour changer un peu des Cathos :Besm ellah elrohman elrahim. Au nom de Dieu clément et miséricordieux.
Linda
le 31-03-2010 à 13:15:29
Pour répondre au message précédent. Les désobéisseurs ne revendiquent pas d'être responsables des programmes et de l'organisation de l'école, mais d'être réellement associés à leur élaboration. Le débat et l'expérimentation sont nécessaires. A quel moment, les programmes et l'organisation de l'école ont été débattues par la représentation démocratique, au Parlement ? Distinguons encore la légalité de la légitimité. L'Education Nationale est l'affaire de la Nation, c'est précisément pour cela que les désobéisseurs s'insurgent contre des réformes, jamais débattues, imposées en dépit du bon sens. Notre action permet au débat de retrouver une certaine vigueur, elle laissera des traces qui serviront de sillons pour les futures réformes. Dans deux ans, espérons-le...
Réré007
le 31-03-2010 à 12:17:06
La désobéissance pose le problème de savoir à qui appartient l'école? Aux seuls enseignants, aux parents d'élèves, ... à la Nation?
L'action des désobéisseurs répond de fait à la question : les programmes et l'organisation des écoles sont de toute évidence pour eux de leur seule responsabilité. Peut-être pensent-ils que l'ensemble des Français n'est pas en mesure de comprendre les enjeux et que, seuls les professionnels le peuvent et ont donc pour responsabilité d'intervenir. Ils constitueraient donc une espèce d'avant garde militante chargée de veiller sur la qualité de l'enseignement en France.
L'éducation nationale est, dans notre pays, l'affaire de la Nation est donc pas des seuls enseignants et donc de leurs syndicats. Ce sont les élus qui décident même si sous Sarkozy on peut douter de cette réalité, ce qui ne change par ailleurs rien au fond.
Militant syndical, je partage en partie la mise en cause des réformes faite par les désobéisseurs mais je ne peux accepter le type d’action prônée pour les raisons exposées préalablement. Par contre je pense que les syndicats ne font pas tout ce qui serait possible pour que les français se saisissent des enjeux des réformes. Il est vrai que le syndicalisme majoritaire chez les enseignants est à dominante corporatiste et que les organisations confédérées y sont très minoritaires.
hélène
le 31-03-2010 à 12:16:28
le problème est bien posé: les syndicats agitent un peu le chiffon rouge pour ne pas passer pour des bouffons du roi, lequel leur assure la continuité, ne l'oublions pas, de leur détachement auprès du syndicat...si les syndicats étaient autonomes financièrement, ils seraient plus enclins à défendre réellement les droits de ceux qu'ils prétendent défendre.
Une journée de grève par ci, une autre par là...ça fait perdre du temps et de l'argent à tout le monde et ça ne rime à rien.
Pire...ça conforte l'idée, dans l'opinion publique, que les profs ne sont que des fainéants, qui attendent le retour de leurs longs congés scolaires pour se mettre en grève, sinon en arrêt maladie.
C'est pas en multipliant les grèves qu'on va redorer l'image de l'enseignant...
Il y a certainement d'autres voies que la grève, via Internet: une dissémination sur de multiples sites, non éducatifs, des raisons du malaise enseignant. Nous sommes tous concernés: parents, élèves, professeurs...si les enseignants se démotivent pour enseigner, cela démotivera vos enfants, et du coup, l'égalité des chances en pâtira...
FLFB
le 31-03-2010 à 12:15:52
Oh là là ! Comme cela fait du bien ... Merci au Site de RESISTANCE, merci au R.I.R.E, merci à Monsieur Rafalo car c'est un Grand, Très Grand. Merci à Diane Combes qui m'a soutenu dès le début de mon arrêt de travail pour "pétage de plombs". Tout ce qui est dit dans ce texte d'Alain Rafalo, je l'ai pensé, je l'ai senti depuis bien avant 2003 et là c'est écrit Noir sur Blanc, clair, évident, limpide comme la privatisation actuelle de l' Education ! Les SYNDICATS, je pourrais en faire un livre car j'ai été militant au SGEN puis SNUipp ... Parlons aussi du Groupe Freinet qui se perd également dans la "masturbation" pédagogique et ne sait pas non plus prendre de décision quand il s'agit de défendre un "rebelle" ... mot que j'ai souvent entendu car tu es toujours coupable quand tu résistes, tu n'es plus dans la Norme, éducative, instructive, Saintdicale ! Maintenant, je dis et je crie dans mes "slams" : s'il existe une Résistance, il existe une Collaboration ! Vive Brecht "Wer kämpft kann verlieren, wer nicht kämpft hat shon verloren" Bises à Tertous.
André
le 31-03-2010 à 12:05:15
Ne tirez pas sur l'ambulance ! Les syndicats essayent de rester crédibles et ont le c... entre deux chaises. Je m'explique : les syndicats sondent leurs troupes avant de mener une action. Et quand les troupes sont quasi-inexistantes ou trop timorées... ils adaptent leurs modes d'action tout simplement pour ne pas se décrédibiliser auprès de l'opinion. Combien de collègues sont prêts à laisser des plumes dans une action dure? Vous l'avez le chiffre, ce sont nos 3000 répartis sur toute la France (j'en fait partie). Divisez par le nbr de départements... et allez faire une action avec ça. Pour ma part j'ai un élément d'explication à la désaffection grandissante des troupes : nous avons de plus en plus de directeur(trices) trop jeunes ( les vieux boudant les postes) qui ont le nez dans le guidon avec trop peu de recul et qui ne font plus le relais du bon sens auprès de leurs adjoints. Sans compter l’avalanche de formalités dont le but est peut-être de nous occuper avec des cacahuètes pendant qu’on allume en douce la grange.

emmanuelle
le 31-03-2010 à 10:25:25
Enfin une voie d'action ! Et une réflexion sur les grèves, devenues non seulement inefficaces mais nuisibles, puisqu'elles poussent de nombreux parents à inscrire leurs enfants dans le privé. De fait, le pouvoir s'en accommode parfaitement. Cynique, il a bien compris qu'ainsi, les enseignants scient la branche sur laquelle ils sont assis.
Yann
le 31-03-2010 à 10:20:50
J'ai peur. Peur qu'entre résistance et soumission, le corps enseignant n'en reste au mieux à la peur hiérarchique du refus et au pire à l'indifférence face au sens et donc surtout aux conséquences fallacieuses des mesures qui frappent le service public d'éducation.
S'opposer est coûteux, là où l'inertie rassure à moindre frais.

Individuellement, je suis tellement peu.
Alors que le nerf de cette guerre est, comme tout rapport de force face à la gouvernance, le nombre, même pas tant la qualité du refus. Un comble. A dépasser...
sylvie
le 31-03-2010 à 07:08:38
Syndiquée et militante,j'ai rendu ma carte lors du fameux "grand débat sur l'école".je partage entièrement ton analyse.La droite,je savais ce que ce n'était mais ce que je n'avais pas envisagé c'était une telle défection syndicale.Quel gâchis !
Jacotte
le 30-03-2010 à 23:23:36
J'adhère à TOUT, vous Alain REFALO, vous les syndicalistes. En résumé je suis de GAUCHE et je suis lasse d'entendre tant de PETITES différences qui créent des PETITS groupes de partout : le NPA, le PS, EUROPE ECOLOGIE, etc... On ne s'y retrouve plus. A force de nous diviser (et la DROITE est ravie de le constater), nous n'arriverons à rien ou pire nous ferons le rassemblement de la droite... Fatiguée, je suis fatiguée d'entendre tant de petitesse face à une France éducative qui s'étiole de plus en plus.
jeanjean
le 30-03-2010 à 21:34:04
Je suis representant syndical. Mais....ca ne veut pas dire que je sois d accord avec tout ce qui se passe au niveau syndical, loin de la.
je crois que si nous avons une demarche qui differe de celle des centrales - sans renier l interet du syndicalisme classique - on pourrait se retourner vers la creation de coordinations, qui auraient l avantage de faire l unanimite - ou devraient la faire - sur les points a defendre. Cela evite l institutionnalisation qui tue les mouvements au bout d un certain temps.
Léonie
le 30-03-2010 à 20:19:59
Militante syndicale, je souhaiterais donner mon avis : l'acte de désobéissance et l'action syndicale sont des contre pouvoirs mais par essence différents. Le syndicat est une structure démocratique et de ce fait doit hélas tenir compte des avis des plus frileux. D'autre part, le syndicat oeuvre, en organisant des manifs etc, pour la négociation, ce qui conduit à accepter des compromis. Les désobéisseurs ne sont pas réunis dans une structure où ils devraient accepter des compromis ni avec des frileux, ni avec le gouvernement. Donc, il me semble un peu naïf d'attendre d'un syndicat quelque chose qui n'est pas de son ressort. Si la désobéissance inquiète les pouvoirs publics, c'est justement parce qu'elle n'est pas organisée en syndicat. Donc continuez, et sachez que si des représentants syndicaux vous affichent un certain mépris, des militants respectent profondément votre action. A mon avis ces différentes luttes ne sont pas incompatibles, la lutte syndicale apporte le nombre, la désobéissance dérange et fait avancer les idées.
Philippe Goubault
le 30-03-2010 à 19:55:34
je partage cette analyse , seulement Alain ne met pas un mot sur la raison profonde du comportement des centrales syndicales qu'il faut dissocier des sections ou des militants: c'est le réformisme politique celui qui en 2003 a tout fait pour bloquer un processus de généralisation des grèves; manque de courage politique cela serait un jugement moral ce n'est pas que cela; leur manque de courage depuis longtemps les a amené à cette ligne mais il y a aussi le fait qu'ils sont partie prenante de la confédération syndicale européenne la même qui a appelé à voter oui au tce. Il y a en contre partie des financements de la part de l'Europe pour un tel syndicalisme le contrat en échange est celui de la bonne gouvernance à savoir ne pas déstabiliser les gouvernemnts en place. il y a plus profondément un vicre de forme qui date de 1905(congré d'amiens où le syndicalisme s'est engagé à ne plus faire de politique sous prétexte de ne pas soutenir un parti quelqu'il soit se faisant il y eu séparation entre le mouvement social et le politique; cette fracture explique aussi que les syndicats se refusent à se battre sur l'aspect sociétal des réformes antipopulaires des gouvernements. La volonté de contrôle et de bloquer tout processus comme la désobéissance ou les assemblées souveraines de grévistes est alors la conséquence d'un réformisme qui lui est bien politique. Sur les retraites et le projet ultralibéral de réformes, nous allons être au coeur de cette problématique; il ne faudra pas laisser cette question au seul champ syndical qui la mettra dans une impasse ,mais la poser comme un probléme sociétal et politique concernant toue la société .
patricia
le 30-03-2010 à 18:09:14
je partage entierement ce point de vue et cette colère depuis très longtemps je reste béate devant le poids de l'inertie syndicale mais là je trouve qu'ils font fort
Pascale
le 30-03-2010 à 17:36:34
Je suis également syndiquée et fut même un temps déléguée du personnel.

Néanmoins, fatiguée d'argumenter lors de réunions stériles, je me suis insensiblement éloignée de mon syndicat, déçue, frustrée et il faut bien le dire plutôt amère.

Sauf à penser que certains protègent leurs arrières de manière peu reluisante, je ne peux m'expliquer cette inertie.

Nos syndicats auraient-ils oublié que les acquis se sont bien souvent obtenus par des actions illégales, bien que légitimes?
Hugues L
le 30-03-2010 à 16:02:55
Belle analyse à laquelle je souscris entièrement.

Je suis syndiqué et pense qu'il faut aussi être vigilant pour ne pas perdre cet outil collectif qui est aussi attaqué; mais travaillons à l'améliorer sans cesse.

C'est comme la démocratie, notre "devoir" est de la renforcer sans cesse par nos actions, par notre participation.
Louise
le 30-03-2010 à 10:27:39
Merci pour cette analyse lucide et stimulante. Il est temps de se lever tous ensemble et de s'auto-organiser !
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