J'étais un instituteur désobéisseur... par Pierre Frackowiak
Inspecteur Honoraire de l'Education Nationale
Instituteur remplaçant dans un premier poste près d'un puits de mine à Liévin, j'étais effaré que mes élèves, dont la plupart des pères travaillaient dans cette mine mitoyenne de l'école, n'avaient jamais pu visiter le « carreau de fosse » fermé par de solides barrières. J'étais aussi effaré de devoir leur faire faire des rédactions sur leurs vacances qu'ils avaient passées dans les corons ou sur l'automne dont il n'avait rien à dire et à écrire. Je décidai donc d'organiser une visite de cette fosse, au moins en surface, la descente étant évidemment interdite. La conseillère pédagogique contactée par le directeur effrayé est venue me l'interdire et m'a montré une leçon modèle de vocabulaire sur le jardin potager à partir de l'une de ces superbes images déjà jaunies que l'on voyait dans toutes les écoles. L'écoute des explications sur le râteau qui ratisse ou râtelle, la répétition des définitions qui transformait les enfants en murs, fermés sur eux-mêmes, incapables de répéter correctement ce langage étranger, m'interloquait. Comment pouvait-on s'obstiner à imposer des choses ayant si peu d'intérêt même si elles étaient dans les fiches pédagogiques du journal syndical et les répartitions du commerce? J'ai donc désobéi. Nous sommes allés voir le carreau de la mine en en ayant informé l'inspecteur par courrier et en ayant noté soigneusement au tableau où nous étions. Nous sommes aussi allés à la rencontre d'un jardinier et d'un fermier… Et les élèves ont parlé, écrit, lu, observé de la langue qui avait soudain pris du sens…. J'étais un désobéisseur.
Instituteur au CP, on m'avait imposé le manuel en vigueur depuis longtemps, « Rémi et Colette ». « Rémi coupe la tulipe rouge ». Impossible de ne pas voir que les élèves n'avaient aucune affinité avec Rémi et se demandaient, avant de se mettre à rêver ou à surveiller les mouches, pourquoi ce Rémi coupait-il cette tulipe et pourquoi justement cette tulipe rouge alors que les jaunes, les blanches, sont aussi belles même si les mots ne comportent pas la lettre « r ». Comme le cancre de Prévert, avec des craies de toutes les couleurs, je décidai de jeter les livres dans les placards, de n'en garder que le sommaire pour avoir une liste des lettres et des sons, pour pointer leur rencontre dans des textes vrais ou dans des écrits sociaux récoltés, pour me justifier en cas de visite toujours scandaleusement inopinée à l'époque[1] de l'inspecteur. Je n'avais pas compris, malgré les injonctions, pour quelles raisons on ne pouvait pas faire « oin » avant d'avoir fait « a » et « u ». J'étais un désobéisseur.
Instituteur au CM2, je m'étais rendu compte que j'étais capable de faire le classement des élèves de ma classe du 1er au 27ème sans faire les compositions traditionnelles, à main levée, dès le premier trimestre. Les procédures de contrôle et de hiérarchisation des élèves apparaissaient donc comme n'ayant pas de sens sauf à vouloir s'inscrire résolument dans une perspective de sélection, de stigmatisation des faibles et de formalisme. J'ai essayé de concevoir des méthodes d'évaluation réellement formatives dans la perspective de l'amélioration de la réussite scolaire. Dans le même esprit, je refusai de remplir les grilles caractérisant les élèves (courageux, discipliné, attentif, intéressé…). Cette attitude posait de gros problèmes à la directrice attentive au respect des usages et aux exigences du collège qui souhaitait un étiquetage précis des élèves pour constituer les classes de 6ème. J'étais un désobéisseur
Instituteur, ayant des responsabilités départementales à la FCPE, attentif à l'ouverture de l'école et au développement réel des relations entre l'école et les familles, j'ai proposé aux parents de venir, par deux ou trois, selon un calendrier concerté, observer une demi-journée de classe, à la condition d'être discrets, silencieux. Cette initiative s'adressait notamment aux parents qui ne venaient jamais aux réunions. Tous sont venus. Les dialogues et les réunions de synthèse furent d'une richesse qui dépassa les espérances et qui modifia profondément les rapports. Cette pratique était à l'époque complètement originale, contraire aux usages et même contraire à l'opinion générale des enseignants qui étaient très résistants aux nouvelles dispositions ouvrant l'école aux parents avec les conseils d'école et les conseils d'administration des collèges. Je rompais avec les usages et avec ceux de mes collègues qui craignaient une demande de généralisation de cette initiative. J'étais un désobéisseur.
Devenu inspecteur, grâce à un concours républicain à l'époque[2], le même concours pour tous, dans une promotion (1978/1980) où se trouvaient plusieurs agrégés qui ont naturellement fait une carrière fulgurante et légitime[3], j'ai exercé trente ans ce métier avec passion, avec une conception d'ex-pair, un peu expert, accompagnateur des progrès des personnes et des équipes, plutôt que juge, procureur ou donneur de leçons. La légende créée de toutes pièces du « héraut du stalinisme pédagogique » fabriquée et colportée par les ultra réactionnaires des SLEC, GRIP, SOS Education, etc a fait beaucoup rire dans ma circonscription. Il est tout à fait possible que j'ai pu être dur, exigeant, sévère, avec quelques individus, cela n'a jamais été pour des raisons de choix pédagogiques. Je respectais les désobéisseurs ouverts au dialogue. Je respectais l'immense majorité des 300 enseignants de la circonscription dont j'ai toujours salué la remarquable conscience professionnelle. Je me suis fâché avec quelques paresseux (exercices et correction d'exercices à longueur de journée, pas de préparation, pas de programmation…), une dizaine en 30 ans, pas plus, et surtout avec ceux, rares heureusement, qui ne respectaient pas les élèves, qui les humiliaient, qui les condamnaient. Une journaliste expéditive, quelques procureurs de mauvaise foi, ont probablement réussi à en rencontrer pour servir leur cause. Cela n'a pas grande importance. J'ai inspecté de très nombreux enseignants qui continuaient à faire du b-a ba envers et contre tout, à mettre des sons et des lettres dans des petites armoires sous un sablier, à associer les sons à des mimiques, avec conscience, sérieux et conviction. J'en ai rencontré beaucoup qui continuaient à faire des leçons de choses échappant aux activités d'éveil et à tous les nouveaux programmes successifs, qui ignoraient le tiers temps pédagogique, qui faisaient des classements et oubliaient le livret scolaire, qui considéraient que la grammaire/conjugaison était un préalable à l'expression orale et écrite. Jamais ils n'ont été sanctionnés. Je me suis toujours dit, connaissant très bien le milieu enseignant, qu'il était vain, contreproductif, de condamner et de sanctionner, qu'il fallait accompagner, soutenir, montrer[4], former…
La résistance au changement est un phénomène évident, humain, qui mérite d'être analysé. Elle serait assimilée aujourd'hui à de la désobéissance, à un manque de loyauté. Elle serait sanctionnée si, au lieu d'être passive comme c'est très fréquent, voire inconsciente, elle était annoncée, affichée, revendiquée. Des milliers d'enseignants ont continué à faire comme avant ou à modifier des apparences ou à améliorer au moins les rapports maître /élèves sans changer de modèle pédagogique, sans être inquiétés. Au point, et cela m'amuserait si les conséquences n'étaient aussi graves, qu'il est particulièrement osé voire stupide d'attribuer les difficultés actuelles du système aux efforts de rénovation pédagogique entrepris depuis 1969. La lenteur des transformations du système, surtout quand elles sont insuffisamment préparées, accompagnées, régulées, comme ce fut toujours le cas, est telle que ce qui avait justifié les tentatives successives de réforme progressiste à la fin des années 60 par des gouvernements de droite d'abord, de 1969 à 1981, puis de gauche et de droite en alternance, de 1981 à 2002 (hors la parenthèse conservatrice de Chevènement) pourrait être remis à l'étude[5]. On ne manquera pas d'observer que les plus virulents détracteurs de la pédagogie et du progrès de l'école n'ont quasiment jamais mis les pieds dans une classe de l'école primaire et ne savent pas de quoi ils parlent, donnant raison à Claude Thélot qui a toujours reconnu que « l'on ne sait pas ce qui se passe dans les classes[6] ».
Cette résistance au changement a conduit de nombreux étudiants à l'Ecole Normale puis à l'IUFM à m'interroger régulièrement à l'issue de mes conférences, sur le refus des enseignants d'appliquer la loi, celle de 1989, votée par un parlement démocratiquement élu, y compris dans des classes d'application (lieux de stage de formation) et sur l'attitude de la hiérarchie. Personne n'a été sanctionné pour n'avoir pas appliqué la loi… même pas ceux qui s'y opposaient publiquement, violemment, avec arrogance. Certains de ces désobéisseurs patentés rendus célèbres par les milieux ultra réactionnaires ont même reçu de très hautes distinctions à l'initiative des ministres depuis 2005. L'hommage aux désobéisseurs à la loi de 1989 mis en parallèle avec les sanctions lourdes infligées aux désobéisseurs aux mesures conservatrices prises depuis 2007 mérite au moins une réflexion.
J'ai même été un inspecteur désobéisseur quant au mépris de la liberté pédagogique[7] inscrite depuis peu dans la loi, un ministre voulait imposer le b-a ba, entre autres mesures rétrogrades. C'était déjà le choix de la mécanique par rapport à l'intelligence, le choix du conditionnement par rapport à l'émancipation, le choix du passé par rapport à l'avenir… tout le contraire du sens profond des missions de l'Ecole du futur. Je n'ai pas été sanctionné, car même dans les rangs de l'UMP, des voix se sont élevées pour s'opposer au refus de la pensée divergente, à la pensée unique, à l'autoritarisme, au danger du totalitarisme.
J'ai donc toujours été plus ou moins désobéisseur. Je n'ai jamais été sanctionné. Je n'ai eu, comme instituteur et comme inspecteur, que des rapports d'inspection élogieux voire souvent très élogieux. J'ai toujours été considéré comme un bon serviteur de l'Etat et de l'Ecole[8]. L'idée même de sanction m'était étrangère tant je savais que depuis la seconde guerre mondiale, peut-être même depuis la radiation du désobéisseur Célestin Freinet, l'Education Nationale avait toujours respecté la démocratie, l'intelligence, la pensée divergente, la réflexion constructive comme étant synonymes d'éducation. Les temps changent et on peut légitimement s'en inquiéter, d'autant plus que les réactions syndicales, politiques, citoyennes, sont devenues bien faibles. Que n'aurait-on entendu si des sanctions avaient été prononcées contre les désobéisseurs idéologiques à la loi de 89 !
Derrière les apparences et les polémiques, deux problèmes fondamentaux sont en jeu :
1° les finalités de l'école. Si l'on reprend les propos de Luc Chatel et si on les revendique, on rompt délibérément avec l'histoire contemporaine de l'école. Dans un article publié par le Figaro et rapporté par l'Expresso du Café Pédagogique, le nouveau ministre, invité de France Inter a déclaré : « La désobéissance, ça me paraît assez peu compatible avec ce qu'est le métier d'enseignant. Un enseignant, il doit faire obéir ses élèves, il incarne l'autorité. Donc, il y aurait un véritable paradoxe que lui-même ne s'applique pas ses propres règles ». L'école aurait donc désormais pour mission non pas de former des citoyens libres et éclairés mais des valets et des exécutants, bien obéissants, avec un encadrement servile et borné. C'est le meilleur moyen pour favoriser la révolte et la violence. Cette nouvelle orientation, si elle était confirmée, serait particulièrement grave pour la cohésion sociale, pour l'avenir de notre société. On observera qu'elle n'a fait l'objet d'aucun débat et qu'elle est contraire à certaines phrases du président de la République dans sa lettre aux éducateurs du 4 septembre 2007[9].
2° la démocratie. Elle est menacée. Il paraît toutefois abracadabrant qu'au moment où le président de la République prône l'ouverture, sollicite des personnalités portant des opinions et des engagements différents des siens pour occuper des postes ministériels, confie des missions à des hommes de gauche, on en arrive à transformer des inspections académiques en tribunaux militaires et à sanctionner tous ceux qui à l'Education Nationale prennent une autre route pour rechercher l'amélioration du fonctionnement du système.
Peut-être faudra-t-il faire appel au président de la République directement pour remettre, si possible, de l'intelligence, de la générosité, de la sagesse, de l'humanité, dans la maison Education Nationale, bien bousculée, il faut bien le dire, dans une apathie politique et syndicale quelque peu désespérante.
[1] Quoique… l'annonce de la date d'inspection étant devenue obligatoire, je suis tout aussi scandalisé de cette pratique qui consiste à annoncer une inspection entre le lundi et le vendredi de la semaine suivante
[2] Je n'aurais probablement pas été inspecteur avec les nouvelles formes de recrutement (dossier, entretien…) rompant avec le caractère républicain du concours
[3] Jusqu'à l'inspection générale… Et nous sommes restés amis !
[4] J'étais connu comme un « inspecteur qui fait l'école », non pas pour condamner les pratiques de l'enseignant ou pour donner un modèle, mais pour donner de la matière à la discussion
[5] L'éducation serait bien le seul domaine de la vie d'une société où pour résoudre les problèmes d'aujourd'hui et de demain, il suffirait d'aller rechercher les solutions qui ont échoué avant-hier. C'est pourtant le cas actuellement.
[6] Voilà au moins un procès que l'on ne pourra pas me faire. Je reviens sur ces questions dans un livre à paraître à la fin de ce mois d'août 2009 aux éditions « la chronique sociale », préfacé par Philippe Meirieu : « Pour l'école du futur. Du neuf et du courage. »
[7] Un de mes textes sur la liberté pédagogique continue de provoquer la fureur (et le mot est faible. Dans certain site chapeauté, on lit fréquemment des appels à la condamnation à mort ou à 350 ans de prison, pour moi, mais aussi pour Philippe Meirieu, pour Eveline Charmeux…) des groupuscules réactionnaires : « La liberté pédagogique, alibi des conservateurs ». Il est vrai que la liberté pédagogique a été, depuis les années 70, beaucoup plus utilisée par ceux qui s'opposaient à toutes les réformes que par les progressistes. J'avais simplement voulu dire, et le propos était clair, que la liberté pédagogique permettait à certains de ne pas mettre en place les cycles, le projet d'école, les programmes des années 80, la continuité pédagogique… sans être sanctionnés ! Il est vrai que j'utilise aujourd'hui le concept pour cautionner les démarches progressistes… Je n'ai pas changé.
[8] Il m'est même arrivé d'écrire dans les années 70 qu'il aurait été révolutionnaire d'appliquer les réformes des gouvernements de l'époque (tiers temps pédagogique, instructions pour le français de 74, etc) à des enseignants qui se prétendaient progressistes sur le plan politique et syndical mais qui faisaient preuve d'un conservatisme banal en matière de pédagogie
[9] « Je souhaite qu'on apprenne à chacun d'entre eux à respecter le point de vue qui n'est pas le sien, la conviction qu'il ne partage pas, la croyance qui lui est étrangère, qu'on lui fasse comprendre à quel point la différence, la contradiction, la critique, loin d'être des obstacles à sa liberté sont au contraire source d'enrichissement personnel ». N. Sarkozy. Page 11 de la lettre.
Commentaires
Hubert le 15/11/2009 à 00:46:10
Le début de ce texte intéressant m'a beaucoup fait songer au passionnant "Parler croquant" de Claude Duneton qui vient heureusement d'être réédité.
Duneton y raconte notamment ses rédactions sur le thème de la pêche alors qu'il vivait loin de tout ruisseau. Disant en substance "j'aurais même volontiers pêché des harengs ou des soles pour faire plaisir."
Je me souviens bien de cette profonde déréalisation scolaire de ma propre enfance. Ces sujets imposés au mépris de leur absence parfaite dans nos vies. Je me suis tapé chaque année des rédactions sur la chasse alors que je n'ai jamais vu le moindre chasseur durant mes années en culottes courtes... Bon élève, je farcissais mes rédactions de carniers, de gibecières et de guêtres qui faisaient tant plaisir à mon institutrice.
"Parler croquant" de Claude Duneton (ancien enseignant) est un excellent livre, parfois assez technique quand il compare les trois langues qu'il parle, mais foisonnant d'idées intelligentes. On ne peut qu'en recommander la lecture à tous les enseignants. Écrit il y a une bonne trentaine d'années, voilà un essai qui n'a pas pris une ride et reste parfaitement d'actualité.
Bien à vous,
Hubert
ouvrir les yeux site : oublier la petite note... je répare: | le 31/08/2009 à 01:26:03
* Très instructive cette année 1959. Quelques mois auparavant passe la loi Berthoin d’obligation scolaire jusqu’à 16 ans. Une avancée indéniable… mais appliquée seulement en 1967 ! Quand il s’agissait alors de faire diversion à la contestation étudiante contre la loi Fouchet. Loi Berthoin qui ainsi recyclée servait elle aussi à l’objectif du gouvernement : la réduction de la jeunesse estudiantine. De là à penser que la loi Berthoin préparait la loi Debré… Une chose est sûre, cette dernière, elle, a été appliquée dès la rentrée suivante. Comment ne pas voir que derrière la paille des mots se camouflent les gros grains des intérêts ?
ouvrir les yeux site : Pierre Frackowiak le 27/08/2009 à 12:18:10 | le 31/08/2009 à 01:17:13
J’avais dû mal lire. M. Frackowiak ne voulait pas dire, malgré les apparences, que les enseignants devaient s’en rapporter à Sarkozy « pour remettre, si possible, de l'intelligence, de la générosité, de la sagesse, de l'humanité, dans la maison Education Nationale ». Voilà un bon éclaircissement et dans le bon sens.
En revanche, quid de « la lettre aux éducateurs » (policiers compris !) de Sarkozy - déclaration de guerre contre les enseignants et l’enseignement public, oui ou non ? Quid de Thélot - caution ou non à la loi Fillon ? Et les lois Fillon favorables ou non aux retraites des salariés ? A l’enseignement public ?
Peut-être M. Frackowiak éclairera ultérieurement ces points également abordés par lui-même dans son touchant et éclairant témoignage pédagogique : « j'étais un instituteur désobéisseur ».
Mais quel rapport entre ma réflexion dont M. Frackowiak vante « la qualité et la densité » et la propagande réactionnaire du pas moins réactionnaire Brighelli que M. Frackowiak aborde d’emblée dès son point 1 ? Je m’interroge d’autant plus qu’un peu plus loin, M. Frackowiak pose dans ma direction cette question qui n’est pas sans rapport avec ce qui précède : « la liberté doit-elle permettre que la classe soit un bunker inaccessible, interdit… ». Que la classe soit un bunker ! Où ai-je écrit une chose pareille – ou qui ressemble ? Quant à la conclusion, la phrase finale, je la cite : « le débat pédagogique n'a pas la place qu'il mérite, ce qui arrange bien tous les conservateurs »... Dois-je me considérer visé ? Il y a vraiment de quoi ! C’est étonnant de la part de quelqu’un qui affirme vouloir « poursuivre le dialogue » et qui « ne prétend pas détenir la vérité » d’être amené à utiliser des procédés comme ceux-ci : l’allusion, la déformation des propos et l’amalgame. Voilà qui ne me paraît pas très correct et pire détourne l’attention des intéressés de ce qui est important.
Ceci était pour la forme, venons donc au fond :
M. Frackowiak, vous savez comme moi, que derrière la paille des mots, il y a le grain des choses. Que la réaction se sert régulièrement du grand mot de « liberté », par ex. pour le dévoyer : justifier ses lock-out, ses lois limitatives du droit de grève, accueillir ici un Pinochet mais refouler là l’immigration etc. Sans parler de « l’école libre », sans rappeler le sinistre « Arbeit macht Frei ». De même exploite-elle à ses fins la liberté pédagogique qui n’est inscrite (à mon humble connaissance – sinon détrompez-moi) dans aucune loi sauf la très réactionnaire loi Fillon contre l’enseignement public. Voilà qui fait réfléchir, non ?
Donc la réaction se sert de « la liberté pédagogique » comme Brighelli par ex. Mais Réfalo la revendique également ! Plus précisément, « la Charte de la résistance pédagogique » qui ne peut bien sûr qu’être à l’unisson. Alors, Réfalo - Brighelli même combat ? Non, bien sûr sauf à manier l’amalgame. Nous, nous ne le ferons pas bien sûr.
Il y a plus fort. Vous soutenez - à moins que là encore votre sens du ixième degré m’ait abusé – que « la liberté pédagogique est un concept qui a essentiellement été utilisé par les conservateurs pour justifier leur opposition aux réformes progressistes ». Autrement dit que l’Etat a raison, qu’il va nécessairement dans le sens du progrès -notamment pédagogique- et face à ce mouvement en avant ce sont les individualités arriérées qui freinent naturellement. N’est-ce pas là votre thèse ? Thèse qui à d’autres époques, dans d’autres circonstances peut d’ailleurs se révélée juste. Mais dans notre cas ?
Nous voyons à l’inverse, que la loi (loi Fillon) établit au nom de la loi cette « liberté pédagogique » - dont je ne fais d’ailleurs pas grand cas personnellement car elle est grandement illusoire et effectivement ambiguë. Première contradiction donc (ou alors, il faudrait considérer que la réaction l’a emporté… jusque dans la loi)
Autre problème : De Robien a tenté d'interdire les « méthodes globales », en fait les méthodes mixtes. Xavier Darcos a défendu lui « la liberté pédagogique »… tout en avançant nombre de décrets régressifs contre l’enseignement public… qui sont contestés -entre autre- par les « désobéisseurs » au nom de… la liberté pédagogique, comme on l’a vue. On voit clairement, si je puis dire, que les contradictions sont énormes parce que – c’est là ma thèse - là n’est pas l’enjeu.
Il faut que je rappelle ici qu’il est important de voir quels grains il y a derrière la paille des mots de Sarkozy dans son discours de Périgueux. Je renvoie le lecteur à mon premier commentaire.
Plus généralement, votre propos tend à laisser penser que les lois scolaires de ces dernières décennies sont des avancées. Pédagogiquement ? Ou du point de vue des enseignants et de l’enjeu de l’enseignement public ? Mais les apparentes avancées pédagogiques ne sont-elles pas là encore paille des mots cachant le grain… le mauvais grain des régressions en sous-main ? Quelques ex. :
- Loi Debré 1959 * : les enseignants de l’école privée sont désormais payés sur le budget public (la loi passe) ;
- Loi Fouchet 1967 : sélection à l’entrée à l’université pour réduire au moins de moitié le nombre des étudiants qui affluent en masses vers les universités (la loi ne passe pas : 1968 ; elle connaît des suites : le projet Devaquet-Monory 1986)
- Loi Haby 1974 : les profs de français ont charge de 2 classes au lieu d’une ; ne peuvent plus pratiquer de dégroupements et 2 heures de français en moins pour les élèves – voilà qui rappelle des choses actuelles ! (la loi passe) ;
- Loi Jospin 1989 : désormais l’âge de la retraite des nouveaux enseignants du 1er degré (prof des écoles) est fixé à 60 ans ; les « cycles » permettent une multiplication des cours doubles : autant de postes économisés… On verra le gouvernement Jospin faire « mieux » encore sur le terrain économique quelques années plus tard.
Ainsi revenons-nous bien évidemment sur le terrain que j’avais posé dès le départ et que vous avez soigneusement tenté d’éviter dans votre réponse au nom du « débat pédagogique [qui] n'a pas la place qu'il mérite, ce qui arrange bien tous les conservateurs ». Mais ce qui arrange vraiment les conservateurs, M. Frackowiak, c’est que les enseignants ne se battent pas et pour cela tout est bon : faire diversion, lancer la division, répandre les illusions comme s’en remettre à Sarkozy etc. Et surtout qu’ils n’emportent pas de victoire en défense de l’enseignement public. Pourtant "la destruction de l'école", comme vous vous exprimez, ne mérite-elle pas d’urgence une réflexion, de poser un bilan à et d’élaborer une stratégie ? « Le combat pédagogique », c’est combien de divisions ? Et pour éviter toute ambiguïté, il serait mieux de parler de : plan de démantèlement de l’enseignement public du gouvernement.
Signé : « ouvrir les yeux » (et non « ouvrez les yeux » !) : un programme pour tout un chacun – moi y compris. Sinon quelle prétention et surtout cette place « au-dessus de la mêlée » est totalement illusoire.
J.AB le 30/08/2009 à 21:36:13
Reproduction par clonage, inceste... et dégénérescence de l'institution tant il est certain qu'aujourd'hui prétendre à tout autre poste que celui de simple instit suppose d'avoir fait allégeance, léché le parquet, ciré les pompes, en résumé avoir renoncé à toute pensée libre. Les nominations se jouent dans la connivence des entretiens...
Voilà ce qu'il faut savoir quand on s'adresse à toute personne ayant quitté le terrain de la classe (ainsi qu'à tous ceux qui y aspirent) : conseillers pédagogiques, ien, secrétaires de ceci ou cela, référents, directeurs, coordonnateurs de tout poils...
Malheur à l'enseignant qui sera désigné non conforme par un seul d'entre eux, il les aura définitivement tous contre lui.
Mais le simple enseignant aura toujours une contrepartie sans égal, pour peu qu'il sache en profiter : la classe, le seul lieu où se passent les choses intéressantes et importantes.
Souvenons-nous que c'est bien de là dont sont issues toutes les avancées pédagogiques dignes de ce nom, et non des universités, non des penseurs sans classes de l’EN. Voilà à quoi a servi la liberté pédagogique. Aujourd’hui elle est menacée avec des moyens de plus en plus efficaces, et, comme par hasard –mais comme toujours, ce sont les instits qui s’investissent le plus dans la réflexion qui sont sanctionnés.
hiver 54 le 29/08/2009 à 15:49:00
Rares sont les inspecteurs EN FONCTION qui expriment leurs opinions suite aux différentes réformes? Plusieurs fois, interpellés par un(e)enseignant(e) sur une directive ministérielle, ils se sont retranchés derrière le fait qu'ils étaient encore en fonction. Quel courage!!!
Et vous, Mr Pierre Frackowiak, avez -vous exprimé hautement votre désapprobation, et/ou participé à des grèves peut-être inefficaces pour certaines mais qui permettaient à la plupart d'entre nous de faire baisser la pression? Avez-vous échangé vos points de vue avec les enseignants de votre circonscription, et montré que vous les souteniez, ces enseignants qui se sentent aussi seuls que les ouvriers de toutes ces usines qu'on brade, qu'on ferme?
Une conseillère pédagogique, face à notre inquiétude au vu des fermetures de postes, de la suppression des RASED, nous a dit en 2008: "Les réformes passent au gré des gouvernements mais nous nous restons! A quoi cela sert de se faire du souci?" Quel engagement!!!!!
Je n'ai pas le courage d'Alain Refalo mais je ne veux pas non plus baisser les bras. C'est bien trop facile!
J'essaie d'apporter encore et encore un petit grain de sable pour tenter d'enrayer la machine à broyer l'Education. Pour moi qui ne suis normalement plus très loin de la retraite (mais c'est comme l'avenir, tout est de moins en moins sûr!!), à quoi cela sert de dire haut et fort ce que je pense? A quoi cela sert de perdre un peu de mon salaire quand je fais grève alors que je galère avec mes enfants qui n'ont pas encore de travail, qui font des études? Ce n'est pas mon avenir qui se joue!! Cela me permet de PENSER que je ne participe pas à toute cette farce médiatique, politique. Cela me permet de REFUSER d'être un mouton, d'expliquer encore et encore qu'après nous et nos enfants, il y en a D'AUTRES QUI ONT DROIT à la culture, à l'éducation, à la liberté de penser .
Astérix le 29/08/2009 à 08:53:29
La France consacre près de deux fois moins d'argent par élève que les Etats-Unis pour son école élémentaire, mais il est encore prévu de supprimer 16000 postes en 2010. Des faits concrets et des chiffres tirés des publications ministérielles en suivant ce lien: www.mediapart.fr/club/edition/article/280809/masterisation-la-fracture-scolaire
josette marion le 28/08/2009 à 11:08:42
Monsieur l'Inspecteur (je sais tout ça par coeur)
Votre lettre sur ce blog me fait chaud au coeur, institutrice retraitée, pour moi Célestin Freinet était un exemple, je me suis servie du journal éditée par son école avant de savoir ce que l'Instruction Publique lui avait infligé, car les écoles maternelles où j'ai fait mes suppléances étaient abonnées à ces publications. Ayant fait mes débuts non prévus, non désirés, comme institutrice d'école maternelle en 1960, pour cause de service militaire de mon mari, j'ai fait ma formation sur le tas avec l'aide de directrices et d'institutrices, les unes compatissantes, les autres imperméables à mon statut de mère de famille. C'est vrai : en entendant Darcos, j'avais l'impression de revenir à l'école de mon enfance ou à la pension du XVI° arrondissement où j'ai suivi mon cycle secondaire. Donc j'étais une institutrice désobéissante sans le vouloir souvent.
Merci pour cette lettre
J. Marion
Pierre Frackowiak le 27/08/2009 à 13:46:01
L'interpellation de Dupont ne manque pas d'intérêt non plus. Quelques observations qui mériteraient de plus longs développements et de vrais débats, ps seulement des échanges d'opinions:
- la question de l'efficacité de l'action pédagogique peut être retournée: peut-on prouver que des pratiques traditionnelles ou classiques sont meilleures? On a une très forte tendance à oublier que si des efforts ont été engagés pour rénover, pour réformerà la fin des années 60, c'est surtout parce que les pratiques en vigueur faisaient lara preuve de leur inefficacité (en lecture compréhension par exemple) ou de leur insiffisances par rapport aux nouveaux enjeux. Il es curieux qu'aujourd'hui on prétende résoudre les problèmes en reprenant des méthodes qui avaient fait la preuve de leur inefficacité...
2. l'institution a toujours été plus exigeante avec les innovateurs qu'avec les traditionnalistes et les intruments de mesure élaborés pour des pratiques clasiques ont toujours fiat l'impasse sur les compétences nouvelles acquises par les élèves avec des pratiques rénovées (par exemple dans le domaine de l'expression communication; Mesurer l'effet de pratiques nouvelles avec des instruments faits pour des pratiques anciennes est une malhonnêteté.
3. rien ne permet d'affirmer aujourd'hui que des méthodes soient supérieures à d'autres... d'autant moins que personne aujourd'hui en France n'est capable de mettre en relation les résultats et les pratiques qui les produisent... même pas les inspecteurs pour des raisons que j'aid éveloppéeps dans plusieurs textex sur l'inspection. J'en reaprle dans mon prochain livre
3. Aveu: dans l'état actuel des choses, les performances des élèves des écoles d'une circonscription dont l'inspecteur est réputé progressiste et engagé ne sont pas différentes de celles d'une circonscription différente. Il y a beaucoup de leçons à tirer d'un tel constat, n'est-ce pas? On peut relativiser l'impact actuel des inspecteurs. On peut s'interroger sur la réalité du caractère innovant des pratiques. il ya une grande différence entre les apparences et les réalités, entre le dire et le faire. Actuellement, il est stupide d'imputer les difficultés de l'école au pédagogistes... La résistance au changement réel est extrèmeent forte. Dans une institution comme la nôtre, les évolutions sont très lentes, à l'échelle de générations. C'est la raion pour laquelle lier l'avenir de l'école aux alternances électorales est une erreur, une garantie d'échec, ce dont les conservateurs de droite et de gauche s'accomodent fort bien
Mais tout cela se discute
Bien cordialement
Pierre Frackowiak le 27/08/2009 à 12:18:10
La qualité et la densité de la réflexion de "ouvrez les yeux" m'impose de poursuivre le dialogue. "ouvrez les yeux" sera peut-être étonné, surtout s'il n'est pas un de mes lecteurs réguliers sur le site de Philippe Meirieu et sur le site du café pédagogique. Je suis bien d'accord avec lui sur l'analyse des politiques éducatives depuis 2002 et 2007. Il suffit de lire l'un d'eux, "la destruction de l'école" sur ce site, ou l'analyse de la dérive libérale sur d'autres sites, pour l'admettre honnêtement. Toutefois,em je reconnais que nombre de mes amis m'ont fait le reproche d'invoquer Sarkozy dans le texte incriminé. "Sans doute tactique ou habileté, me dit un responsable du CRAP, mais regrettable". On peut en discuter. Exploiter des phrases, certes isolées de leur contexte, pour tenter de mettre en évidence des contradictions ou pour interpeller des lecteurs qui ne partagent pas nos opinions peut aussi être considéré comme une technique de communication utile.
Pas d'amabiguité donc sur la réalité et le danger des politiques actuelles.
Quelques réserves et débats possibles (je suis fondamentalent pour le dialogue et la pensée divergente te je ne prétends pas détenir la vérité):
1. sur la liberté pédagogique. Je suis sauvagement attaqué par Brighelli et les siens sur ce sujet. j'ai écrit un texte de mise au point sur le sujet. je maintiens que la liberté pédagogique est un concept qui a essentiellement été utilisé par les conservateurs pour justifier leur opposition aux réformes progressistes. Voir la loi de 89... et le nombre d'enseignants qui ont refusé de l'appliquer soit ouvertement soit sous forme de résistance passive, sans jamais avoir été sanctionnés. Je l'utilise pour protéger aujourd'hui les progressistes;
2. Liberté encore: "savoir ce qui se passe dans les classes3. La liberté doit-elle permettre que la classe soit un bunker inaccessible, interdit, et que, de ce fait, on soit dans l'incapacité de mettre en relation les résultats des évaluations avec les pratiques qui (partiellement mais quand même) les produisent. N'est -il pas indispensable de dialoguer sur les choix pédagogiques, les modèles déclarés et les modèles réels, les continuités, les transversalités? Le regard extérieur ne peut-il pas aider à la prise de conscience et aux évolutions nécessaires?
3. les positions et les combats. Reconnaissons quand même que la gauche manque d'un vrai projet éducatif et que les combats sur la pédagogie sont largement occultés par les combats plus faciles sur les moyens, combats utiles mais la fuite devant les problèmes de contenus, de finalités, de pratiques, des missions des enseignants, de la palce de l'école dans la société ... est évidente et fort dommageable...
Discutons en
Le débat pédagogique n'a pas la place qu'il mérite, ce qui arrange bien tous les conservateurs
Bien cordialement
ouvrir les yeux le 24/08/2009 à 18:03:31
S’en rapporter à Sarkozy « pour remettre, si possible, de l'intelligence, de la générosité, de la sagesse, de l'humanité, dans la maison Education Nationale »... c'est quand même "un peu" oublier que c'est le même Sarkozy qui nomme les ministres Pécresse, Darcos, Chatel... à la tête de « la maison Education Nationale » ou à la tête de l'Université publique. Sarkozy se tromperait-il ?
C'est oublier que le même Sarkozy contrôle de près se ministres : ils sont à leur place pour obéir (eux !), c’est-à-dire mettre sur orbite les lois et décrets conforme à la politique de ce gouvernement. Ces lois et ces décrets sont-ils favorables à l'enseignement et à la recherche publics ? Ces ministres se tromperaient-ils ?
Et puis, à la tête de ce même gouvernement, n'y a-t-il pas une certain Fillon qui en son temps si proche a mis en route deux lois. Etaient-ce des lois favorables à l'enseignement public et aux retraites des salariés ?
La loi Fillon de 2005 (enseignement) n'avait-elle pas été prudemment préparée (à la suite du "Grand Débat" ad hoc) par une commission conduite par… ce Claude Thélot à qui Pierre Frackowiak donne raison ? Et sur quoi lui donne-t-il raison SVP ? C’est à propos de cette phrase : « On ne sait pas ce qui se passe dans les classes » !
Et bien, on peut compter sur ce gouvernement pour chercher à en finir avec cette situation tout à fait scandaleuse. D’ailleurs Sarkozy y songeait déjà quand il s’est rendu à Périgueux le 15 février 2008 en aide à son « cher ami » Darcos, mal placé dans les sondages pour les proches élections municipales, mais surtout pour annoncer la couleur de « la plus importante réforme de l’école primaire depuis des décennies » comme il l’a dit ce jour-là. Pas moins !
Sarkozy a déclaré notamment qu’il faut « s’interroger sur le pilotage de l’enseignement primaire », entendu qu’il « mesure combien le travail du professeur dans sa classe ressemble à celui d’un artisan solitaire. » Quelle sollicitude ! Mais c’est dire que la liberté pédagogique rend l’enseignant malheureux. Ce n’est donc pas une bonne chose. Peut-être même est-ce malsain ? C’est dire aussi qu’à cause de sa trop grande liberté (pédagogique), l’enseignant travaille vraiment sur une trop petite échelle. Une perte de temps, d’énergie, de rentabilité !
Il est, par conséquent, grand temps de venir au secours de la solitude de l’enseignant noyé de surcroît dans les ornements de sa pédagogie… artisanale. Passons enfin à la révolution industrielle de l’enseignement. Donc, donc… Sarkozy poursuit ainsi "sa" pensée : « ce professeur-artisan, pourtant, est aussi un agent public inséré dans une organisation publique qui s’appelle l’Etat. Tout groupe humain, quel qu’il soit, a besoin d’être dirigé. Les équipes enseignantes n’échappent pas à la règle. Il y a des principaux dans les collèges, des proviseurs dans les lycées… » Le sophisme est remarquable : avancer par glissements quasi-imperceptibles de supposés consensuels à d’autres… jusqu’à la conclusion à peine suggérée. On n’est jamais trop prudent. Ce serait évidement trop long de démonter ce sophisme ici.
Sarkozy ajoutait, pour finir, à l’adresse de son cher ministre : « J’ai toute confiance en Xavier Darcos pour conduire cette réflexion et pour me faire des propositions (…) Il y a un proviseur, il y a un principal, ne faut-il pas à un moment ou à un autre selon des conditions que Xavier a à définir, un véritable directeur de l’école ? ».
Un échelon hiérarchique supplémentaire, la volonté d’en finir avec le « on ne sait pas ce qui se passe dans les classes », en finir avec la liberté pédagogique. Quel dispositif concret avancé qui le prouverait, objectera-t-on ? Mais les EPEP (Etablissement Public d’Enseignement Primaire) pardi ! Ils vont bien plus loin en « pilotage de l’enseignement » que le statut actuel des établissements du second degré. Bien plus loin, c'est-à-dire, très loin en arrière. Un retour même à l’école de Jules Ferry sur laquelle mille ignorances et mille illusions règnent – même, voire surtout, chez les enseignants eux-mêmes.
Le programme de Sarkozy est clair : abattre la liberté pédagogique quitte à en garder une vague façade pour la forme. La politique de Darcos a largement confirmé que ce programme est poursuivi (et encore poursuivi).
A propos de "façade", je dois encore incriminer le texte de M. Frackowiak sur un autre point. Il nous livre un petit fragment de la "façade" lénifiante de la lettre de Sarkozy adressée à chaque enseignant à la rentrée 2007. Le plus souvent, les enseignants ne l’ont pas lue et s’en remettent à des "lecteurs" patentés. Mais M. Frackowiak l’a-t-il lue… en entier, je veux dire ? Sinon, comment expliquer que derrière la "façade", il n’a pas vu la déclaration de guerre en règle contre l’enseignement public ; contre le statut général de la fonction publique ; pour le salaire au mérite… Jusqu’à la remise en cause foncière du fondement de la laïcité ? Et dire que les discours et décrets sont venus par la suite confirmer cette politique ! Je m’adresse à la capacité de lecture… notamment critique qui est en principe une aptitude essentielle des enseignants pour renvoyer chacun à la (re)lecture de cette lettre : tout y est. Les enseignants sont prévenus.
M. Frackowiak, malgré l’estime que je vous porte pour votre travail pédagogique remarquable auprès des élèves et des enseignants, de ce témoignage touchant et éclairant sur votre expérience d’enseignant et d’inspecteur… je suis amené cependant à m’inscrire totalement en faux pour le reste. Nous ne sommes plus à la même époque. L’enseignement public n’est pas simplement « bousculé », il est gravement menacé. Menacé par une politique qui vise son démantèlement, qui vise la privatisation de ce qui est rentable afin d’ouvrir… "un marché de la connaissance". Je n’invente rien. A-t-on même besoin de le dire, d’appuyer par des citations extraites des déclarations fracassantes et sinistres traités ce fait incontestable ?
Bref, si aucun mouvement d’ampleur aboutissant à une victoire n’y fait obstacle, ce sera une inégalité scolaire plus grave que dans le passé, "la soupe populaire" de l’enseignement pour les couches sociales les plus pauvres (Cf. "le socle commun" de la loi Fillon). Sans oublier le viatique du « savoir vivre ensemble » (forme dissimulée de l’obéissance) destiné à extirper autant qu’il est possible (?) les velléités de la révolte et la violence épisodique de la jeunesse "en réponse" à la violence ordinaire que subissent ces mêmes couches sociales.
Quant aux couches sociales dites "solvables", le "marché de l’Education" "offrira", "offre" déjà, selon ses moyens financiers : connaissances (?), savoir, formation… en un mot "l’Éducation" : "savoir utile", "culture générale"… Cf. encore "le socle commun" de la loi Fillon. Un marché mondial d’ailleurs et de plus en plus lié à celui de l’Internet.
Ainsi, M. Frackowiak, je suis amené à réprouver votre texte qui déverse multitudes d’erreurs et d’illusions dangereuses sur la politique menée par ces gouvernements contre l’enseignement public. Le danger, ce n’est pas « l’apathie politique et syndicale quelque peu désespérante » comme vous dites car cette thèse est largement battue en brèche par les faits eux-mêmes. Pas d’« apathie » au contraire, il n’y a jamais eu, ces dernières années, autant de mouvements, de grèves, de protestations… en défense de l’enseignement public. Que le bilan soit négatif à chaque fois est une autre question qui mériterait une autre réflexion.
A cette fin, le même discours de Sarkozy à Périgueux ouvre cette piste qu’il s’agirait de creuser. A peine avait-t-il annoncé qu’il s’agissait de « la plus importante réforme de l’école primaire depuis des décennies » qu’aussitôt se tournant vers Darcos, il ajoute : « Xavier Darcos a fait un travail remarquable. Ce projet est le fruit d’un long dialogue. »
« Un long dialogue » ! Mais avec qui ? Et surtout, pour quoi faire ?
Signé : un enseignant, lui aussi, à sa manière, « désobéisseur ouvert au dialogue » et qui ouvre les yeux autant qu’il le peut et tente d’en faire de même avec ses semblables pour… la bonne cause. Celle de l’enseignement public.
Dupont le 24/08/2009 à 16:55:26
Tout cela fait forte impression. Mais avez-vous,une fois, durant votre longue et brillante carrière pu mesurer les effets de vos choix pédagogiques sur le devenir scolaire de vos élèves ?
Ont-ils fait mieux, dans une classe, école, circonscription que ceux exposés à des méthodes plus "traditionnelles" ?
Il serait précieux de pouvoir disposer d'éléments objectifs sur ces questions sans doute fondamentales.
La force de votre argumentation me fait penser qu'en pédagogue rigoureux vous n'avez pas manqué d'effectuer de tels suivis pour appuyer indiscutablement vos choix si pertinents et ne pas en rester au niveau de la simple subjectivité.
Merci d'avance pour nous aider à faire, nous aussi, les choix les meilleurs pour les élèves.
Rodolphe DUMOUCH site : nivosefloreal.free.fr | le 05/08/2009 à 19:01:28
Je soutiens aussi les "désobéisseurs", quoique ne partageant pas leurs convictions. La caporalisation du métier d'enseignants est une obsession des politiciens que nous devons tous combattre.
Je salue le ralliement de M. Fratzkowiac à la liberté pédagogique. Je lui rappelle toutefois qu'il ne l'a toujours défendue. Il n'y a que les idiots qui ne changent pas d'avis :
www.lehavreenluttes-education.org/spip.php?article385
non-résistance le 05/08/2009 à 18:49:03
soyons pédagogique, allons enfant...
le vivre d'un accompagnement progressiste.
comment apprendre essemble ?
rendons-nous la direction imaginaire !
Colvert site : http://libre-expression.toile-libre.org/ | le 05/08/2009 à 18:03:16
Bravo, ancien instit écarté des candidats à la liste des directeurs de + de 5 classes pour ma liberté de penser, puis pegc, et délégué syndical,actuellement retraité ,je rends hommage à votre attitude libertaire.
Je honnis absolument cette attitude répressive actuelle des autorités académiques et gouvernementales envers
- Les enseignants sanctionnés pour leur courage à résister.
- Ainsi que ce lycéen récemmenté éjecté par son proviseur courtisan, irrespectueux du règlement de son propre établissement.
Par des posts plusieurs forums ,je déplore fortement ces répressions et exclusions identiques au Régime de collaboration de Vichy et je suis un ardent partisan à la" Résistance citoyenne"
Vous pourrez lire mes prises de position de révolte sur le nouveau site-blog Spartkoïd où je suis rédacteur
Salutations confraternelles
Commentaires
Hubert le 15/11/2009 à 00:46:10Le début de ce texte intéressant m'a beaucoup fait songer au passionnant "Parler croquant" de Claude Duneton qui vient heureusement d'être réédité.
Duneton y raconte notamment ses rédactions sur le thème de la pêche alors qu'il vivait loin de tout ruisseau. Disant en substance "j'aurais même volontiers pêché des harengs ou des soles pour faire plaisir."
Je me souviens bien de cette profonde déréalisation scolaire de ma propre enfance. Ces sujets imposés au mépris de leur absence parfaite dans nos vies. Je me suis tapé chaque année des rédactions sur la chasse alors que je n'ai jamais vu le moindre chasseur durant mes années en culottes courtes... Bon élève, je farcissais mes rédactions de carniers, de gibecières et de guêtres qui faisaient tant plaisir à mon institutrice.
"Parler croquant" de Claude Duneton (ancien enseignant) est un excellent livre, parfois assez technique quand il compare les trois langues qu'il parle, mais foisonnant d'idées intelligentes. On ne peut qu'en recommander la lecture à tous les enseignants. Écrit il y a une bonne trentaine d'années, voilà un essai qui n'a pas pris une ride et reste parfaitement d'actualité.
Bien à vous,
Hubert
ouvrir les yeux site : oublier la petite note... je répare: | le 31/08/2009 à 01:26:03
* Très instructive cette année 1959. Quelques mois auparavant passe la loi Berthoin d’obligation scolaire jusqu’à 16 ans. Une avancée indéniable… mais appliquée seulement en 1967 ! Quand il s’agissait alors de faire diversion à la contestation étudiante contre la loi Fouchet. Loi Berthoin qui ainsi recyclée servait elle aussi à l’objectif du gouvernement : la réduction de la jeunesse estudiantine. De là à penser que la loi Berthoin préparait la loi Debré… Une chose est sûre, cette dernière, elle, a été appliquée dès la rentrée suivante. Comment ne pas voir que derrière la paille des mots se camouflent les gros grains des intérêts ?
ouvrir les yeux site : Pierre Frackowiak le 27/08/2009 à 12:18:10 | le 31/08/2009 à 01:17:13
J’avais dû mal lire. M. Frackowiak ne voulait pas dire, malgré les apparences, que les enseignants devaient s’en rapporter à Sarkozy « pour remettre, si possible, de l'intelligence, de la générosité, de la sagesse, de l'humanité, dans la maison Education Nationale ». Voilà un bon éclaircissement et dans le bon sens.
En revanche, quid de « la lettre aux éducateurs » (policiers compris !) de Sarkozy - déclaration de guerre contre les enseignants et l’enseignement public, oui ou non ? Quid de Thélot - caution ou non à la loi Fillon ? Et les lois Fillon favorables ou non aux retraites des salariés ? A l’enseignement public ?
Peut-être M. Frackowiak éclairera ultérieurement ces points également abordés par lui-même dans son touchant et éclairant témoignage pédagogique : « j'étais un instituteur désobéisseur ».
Mais quel rapport entre ma réflexion dont M. Frackowiak vante « la qualité et la densité » et la propagande réactionnaire du pas moins réactionnaire Brighelli que M. Frackowiak aborde d’emblée dès son point 1 ? Je m’interroge d’autant plus qu’un peu plus loin, M. Frackowiak pose dans ma direction cette question qui n’est pas sans rapport avec ce qui précède : « la liberté doit-elle permettre que la classe soit un bunker inaccessible, interdit… ». Que la classe soit un bunker ! Où ai-je écrit une chose pareille – ou qui ressemble ? Quant à la conclusion, la phrase finale, je la cite : « le débat pédagogique n'a pas la place qu'il mérite, ce qui arrange bien tous les conservateurs »... Dois-je me considérer visé ? Il y a vraiment de quoi ! C’est étonnant de la part de quelqu’un qui affirme vouloir « poursuivre le dialogue » et qui « ne prétend pas détenir la vérité » d’être amené à utiliser des procédés comme ceux-ci : l’allusion, la déformation des propos et l’amalgame. Voilà qui ne me paraît pas très correct et pire détourne l’attention des intéressés de ce qui est important.
Ceci était pour la forme, venons donc au fond :
M. Frackowiak, vous savez comme moi, que derrière la paille des mots, il y a le grain des choses. Que la réaction se sert régulièrement du grand mot de « liberté », par ex. pour le dévoyer : justifier ses lock-out, ses lois limitatives du droit de grève, accueillir ici un Pinochet mais refouler là l’immigration etc. Sans parler de « l’école libre », sans rappeler le sinistre « Arbeit macht Frei ». De même exploite-elle à ses fins la liberté pédagogique qui n’est inscrite (à mon humble connaissance – sinon détrompez-moi) dans aucune loi sauf la très réactionnaire loi Fillon contre l’enseignement public. Voilà qui fait réfléchir, non ?
Donc la réaction se sert de « la liberté pédagogique » comme Brighelli par ex. Mais Réfalo la revendique également ! Plus précisément, « la Charte de la résistance pédagogique » qui ne peut bien sûr qu’être à l’unisson. Alors, Réfalo - Brighelli même combat ? Non, bien sûr sauf à manier l’amalgame. Nous, nous ne le ferons pas bien sûr.
Il y a plus fort. Vous soutenez - à moins que là encore votre sens du ixième degré m’ait abusé – que « la liberté pédagogique est un concept qui a essentiellement été utilisé par les conservateurs pour justifier leur opposition aux réformes progressistes ». Autrement dit que l’Etat a raison, qu’il va nécessairement dans le sens du progrès -notamment pédagogique- et face à ce mouvement en avant ce sont les individualités arriérées qui freinent naturellement. N’est-ce pas là votre thèse ? Thèse qui à d’autres époques, dans d’autres circonstances peut d’ailleurs se révélée juste. Mais dans notre cas ?
Nous voyons à l’inverse, que la loi (loi Fillon) établit au nom de la loi cette « liberté pédagogique » - dont je ne fais d’ailleurs pas grand cas personnellement car elle est grandement illusoire et effectivement ambiguë. Première contradiction donc (ou alors, il faudrait considérer que la réaction l’a emporté… jusque dans la loi)
Autre problème : De Robien a tenté d'interdire les « méthodes globales », en fait les méthodes mixtes. Xavier Darcos a défendu lui « la liberté pédagogique »… tout en avançant nombre de décrets régressifs contre l’enseignement public… qui sont contestés -entre autre- par les « désobéisseurs » au nom de… la liberté pédagogique, comme on l’a vue. On voit clairement, si je puis dire, que les contradictions sont énormes parce que – c’est là ma thèse - là n’est pas l’enjeu.
Il faut que je rappelle ici qu’il est important de voir quels grains il y a derrière la paille des mots de Sarkozy dans son discours de Périgueux. Je renvoie le lecteur à mon premier commentaire.
Plus généralement, votre propos tend à laisser penser que les lois scolaires de ces dernières décennies sont des avancées. Pédagogiquement ? Ou du point de vue des enseignants et de l’enjeu de l’enseignement public ? Mais les apparentes avancées pédagogiques ne sont-elles pas là encore paille des mots cachant le grain… le mauvais grain des régressions en sous-main ? Quelques ex. :
- Loi Debré 1959 * : les enseignants de l’école privée sont désormais payés sur le budget public (la loi passe) ;
- Loi Fouchet 1967 : sélection à l’entrée à l’université pour réduire au moins de moitié le nombre des étudiants qui affluent en masses vers les universités (la loi ne passe pas : 1968 ; elle connaît des suites : le projet Devaquet-Monory 1986)
- Loi Haby 1974 : les profs de français ont charge de 2 classes au lieu d’une ; ne peuvent plus pratiquer de dégroupements et 2 heures de français en moins pour les élèves – voilà qui rappelle des choses actuelles ! (la loi passe) ;
- Loi Jospin 1989 : désormais l’âge de la retraite des nouveaux enseignants du 1er degré (prof des écoles) est fixé à 60 ans ; les « cycles » permettent une multiplication des cours doubles : autant de postes économisés… On verra le gouvernement Jospin faire « mieux » encore sur le terrain économique quelques années plus tard.
Ainsi revenons-nous bien évidemment sur le terrain que j’avais posé dès le départ et que vous avez soigneusement tenté d’éviter dans votre réponse au nom du « débat pédagogique [qui] n'a pas la place qu'il mérite, ce qui arrange bien tous les conservateurs ». Mais ce qui arrange vraiment les conservateurs, M. Frackowiak, c’est que les enseignants ne se battent pas et pour cela tout est bon : faire diversion, lancer la division, répandre les illusions comme s’en remettre à Sarkozy etc. Et surtout qu’ils n’emportent pas de victoire en défense de l’enseignement public. Pourtant "la destruction de l'école", comme vous vous exprimez, ne mérite-elle pas d’urgence une réflexion, de poser un bilan à et d’élaborer une stratégie ? « Le combat pédagogique », c’est combien de divisions ? Et pour éviter toute ambiguïté, il serait mieux de parler de : plan de démantèlement de l’enseignement public du gouvernement.
Signé : « ouvrir les yeux » (et non « ouvrez les yeux » !) : un programme pour tout un chacun – moi y compris. Sinon quelle prétention et surtout cette place « au-dessus de la mêlée » est totalement illusoire.
J.AB le 30/08/2009 à 21:36:13
Reproduction par clonage, inceste... et dégénérescence de l'institution tant il est certain qu'aujourd'hui prétendre à tout autre poste que celui de simple instit suppose d'avoir fait allégeance, léché le parquet, ciré les pompes, en résumé avoir renoncé à toute pensée libre. Les nominations se jouent dans la connivence des entretiens...
Voilà ce qu'il faut savoir quand on s'adresse à toute personne ayant quitté le terrain de la classe (ainsi qu'à tous ceux qui y aspirent) : conseillers pédagogiques, ien, secrétaires de ceci ou cela, référents, directeurs, coordonnateurs de tout poils...
Malheur à l'enseignant qui sera désigné non conforme par un seul d'entre eux, il les aura définitivement tous contre lui.
Mais le simple enseignant aura toujours une contrepartie sans égal, pour peu qu'il sache en profiter : la classe, le seul lieu où se passent les choses intéressantes et importantes.
Souvenons-nous que c'est bien de là dont sont issues toutes les avancées pédagogiques dignes de ce nom, et non des universités, non des penseurs sans classes de l’EN. Voilà à quoi a servi la liberté pédagogique. Aujourd’hui elle est menacée avec des moyens de plus en plus efficaces, et, comme par hasard –mais comme toujours, ce sont les instits qui s’investissent le plus dans la réflexion qui sont sanctionnés.
hiver 54 le 29/08/2009 à 15:49:00
Rares sont les inspecteurs EN FONCTION qui expriment leurs opinions suite aux différentes réformes? Plusieurs fois, interpellés par un(e)enseignant(e) sur une directive ministérielle, ils se sont retranchés derrière le fait qu'ils étaient encore en fonction. Quel courage!!!
Et vous, Mr Pierre Frackowiak, avez -vous exprimé hautement votre désapprobation, et/ou participé à des grèves peut-être inefficaces pour certaines mais qui permettaient à la plupart d'entre nous de faire baisser la pression? Avez-vous échangé vos points de vue avec les enseignants de votre circonscription, et montré que vous les souteniez, ces enseignants qui se sentent aussi seuls que les ouvriers de toutes ces usines qu'on brade, qu'on ferme?
Une conseillère pédagogique, face à notre inquiétude au vu des fermetures de postes, de la suppression des RASED, nous a dit en 2008: "Les réformes passent au gré des gouvernements mais nous nous restons! A quoi cela sert de se faire du souci?" Quel engagement!!!!!
Je n'ai pas le courage d'Alain Refalo mais je ne veux pas non plus baisser les bras. C'est bien trop facile!
J'essaie d'apporter encore et encore un petit grain de sable pour tenter d'enrayer la machine à broyer l'Education. Pour moi qui ne suis normalement plus très loin de la retraite (mais c'est comme l'avenir, tout est de moins en moins sûr!!), à quoi cela sert de dire haut et fort ce que je pense? A quoi cela sert de perdre un peu de mon salaire quand je fais grève alors que je galère avec mes enfants qui n'ont pas encore de travail, qui font des études? Ce n'est pas mon avenir qui se joue!! Cela me permet de PENSER que je ne participe pas à toute cette farce médiatique, politique. Cela me permet de REFUSER d'être un mouton, d'expliquer encore et encore qu'après nous et nos enfants, il y en a D'AUTRES QUI ONT DROIT à la culture, à l'éducation, à la liberté de penser .
Astérix le 29/08/2009 à 08:53:29
La France consacre près de deux fois moins d'argent par élève que les Etats-Unis pour son école élémentaire, mais il est encore prévu de supprimer 16000 postes en 2010. Des faits concrets et des chiffres tirés des publications ministérielles en suivant ce lien: www.mediapart.fr/club/edition/article/280809/masterisation-la-fracture-scolaire
josette marion le 28/08/2009 à 11:08:42
Monsieur l'Inspecteur (je sais tout ça par coeur)
Votre lettre sur ce blog me fait chaud au coeur, institutrice retraitée, pour moi Célestin Freinet était un exemple, je me suis servie du journal éditée par son école avant de savoir ce que l'Instruction Publique lui avait infligé, car les écoles maternelles où j'ai fait mes suppléances étaient abonnées à ces publications. Ayant fait mes débuts non prévus, non désirés, comme institutrice d'école maternelle en 1960, pour cause de service militaire de mon mari, j'ai fait ma formation sur le tas avec l'aide de directrices et d'institutrices, les unes compatissantes, les autres imperméables à mon statut de mère de famille. C'est vrai : en entendant Darcos, j'avais l'impression de revenir à l'école de mon enfance ou à la pension du XVI° arrondissement où j'ai suivi mon cycle secondaire. Donc j'étais une institutrice désobéissante sans le vouloir souvent.
Merci pour cette lettre
J. Marion
Pierre Frackowiak le 27/08/2009 à 13:46:01
L'interpellation de Dupont ne manque pas d'intérêt non plus. Quelques observations qui mériteraient de plus longs développements et de vrais débats, ps seulement des échanges d'opinions:
- la question de l'efficacité de l'action pédagogique peut être retournée: peut-on prouver que des pratiques traditionnelles ou classiques sont meilleures? On a une très forte tendance à oublier que si des efforts ont été engagés pour rénover, pour réformerà la fin des années 60, c'est surtout parce que les pratiques en vigueur faisaient lara preuve de leur inefficacité (en lecture compréhension par exemple) ou de leur insiffisances par rapport aux nouveaux enjeux. Il es curieux qu'aujourd'hui on prétende résoudre les problèmes en reprenant des méthodes qui avaient fait la preuve de leur inefficacité...
2. l'institution a toujours été plus exigeante avec les innovateurs qu'avec les traditionnalistes et les intruments de mesure élaborés pour des pratiques clasiques ont toujours fiat l'impasse sur les compétences nouvelles acquises par les élèves avec des pratiques rénovées (par exemple dans le domaine de l'expression communication; Mesurer l'effet de pratiques nouvelles avec des instruments faits pour des pratiques anciennes est une malhonnêteté.
3. rien ne permet d'affirmer aujourd'hui que des méthodes soient supérieures à d'autres... d'autant moins que personne aujourd'hui en France n'est capable de mettre en relation les résultats et les pratiques qui les produisent... même pas les inspecteurs pour des raisons que j'aid éveloppéeps dans plusieurs textex sur l'inspection. J'en reaprle dans mon prochain livre
3. Aveu: dans l'état actuel des choses, les performances des élèves des écoles d'une circonscription dont l'inspecteur est réputé progressiste et engagé ne sont pas différentes de celles d'une circonscription différente. Il y a beaucoup de leçons à tirer d'un tel constat, n'est-ce pas? On peut relativiser l'impact actuel des inspecteurs. On peut s'interroger sur la réalité du caractère innovant des pratiques. il ya une grande différence entre les apparences et les réalités, entre le dire et le faire. Actuellement, il est stupide d'imputer les difficultés de l'école au pédagogistes... La résistance au changement réel est extrèmeent forte. Dans une institution comme la nôtre, les évolutions sont très lentes, à l'échelle de générations. C'est la raion pour laquelle lier l'avenir de l'école aux alternances électorales est une erreur, une garantie d'échec, ce dont les conservateurs de droite et de gauche s'accomodent fort bien
Mais tout cela se discute
Bien cordialement
Pierre Frackowiak le 27/08/2009 à 12:18:10
La qualité et la densité de la réflexion de "ouvrez les yeux" m'impose de poursuivre le dialogue. "ouvrez les yeux" sera peut-être étonné, surtout s'il n'est pas un de mes lecteurs réguliers sur le site de Philippe Meirieu et sur le site du café pédagogique. Je suis bien d'accord avec lui sur l'analyse des politiques éducatives depuis 2002 et 2007. Il suffit de lire l'un d'eux, "la destruction de l'école" sur ce site, ou l'analyse de la dérive libérale sur d'autres sites, pour l'admettre honnêtement. Toutefois,em je reconnais que nombre de mes amis m'ont fait le reproche d'invoquer Sarkozy dans le texte incriminé. "Sans doute tactique ou habileté, me dit un responsable du CRAP, mais regrettable". On peut en discuter. Exploiter des phrases, certes isolées de leur contexte, pour tenter de mettre en évidence des contradictions ou pour interpeller des lecteurs qui ne partagent pas nos opinions peut aussi être considéré comme une technique de communication utile.
Pas d'amabiguité donc sur la réalité et le danger des politiques actuelles.
Quelques réserves et débats possibles (je suis fondamentalent pour le dialogue et la pensée divergente te je ne prétends pas détenir la vérité):
1. sur la liberté pédagogique. Je suis sauvagement attaqué par Brighelli et les siens sur ce sujet. j'ai écrit un texte de mise au point sur le sujet. je maintiens que la liberté pédagogique est un concept qui a essentiellement été utilisé par les conservateurs pour justifier leur opposition aux réformes progressistes. Voir la loi de 89... et le nombre d'enseignants qui ont refusé de l'appliquer soit ouvertement soit sous forme de résistance passive, sans jamais avoir été sanctionnés. Je l'utilise pour protéger aujourd'hui les progressistes;
2. Liberté encore: "savoir ce qui se passe dans les classes3. La liberté doit-elle permettre que la classe soit un bunker inaccessible, interdit, et que, de ce fait, on soit dans l'incapacité de mettre en relation les résultats des évaluations avec les pratiques qui (partiellement mais quand même) les produisent. N'est -il pas indispensable de dialoguer sur les choix pédagogiques, les modèles déclarés et les modèles réels, les continuités, les transversalités? Le regard extérieur ne peut-il pas aider à la prise de conscience et aux évolutions nécessaires?
3. les positions et les combats. Reconnaissons quand même que la gauche manque d'un vrai projet éducatif et que les combats sur la pédagogie sont largement occultés par les combats plus faciles sur les moyens, combats utiles mais la fuite devant les problèmes de contenus, de finalités, de pratiques, des missions des enseignants, de la palce de l'école dans la société ... est évidente et fort dommageable...
Discutons en
Le débat pédagogique n'a pas la place qu'il mérite, ce qui arrange bien tous les conservateurs
Bien cordialement
ouvrir les yeux le 24/08/2009 à 18:03:31
S’en rapporter à Sarkozy « pour remettre, si possible, de l'intelligence, de la générosité, de la sagesse, de l'humanité, dans la maison Education Nationale »... c'est quand même "un peu" oublier que c'est le même Sarkozy qui nomme les ministres Pécresse, Darcos, Chatel... à la tête de « la maison Education Nationale » ou à la tête de l'Université publique. Sarkozy se tromperait-il ?
C'est oublier que le même Sarkozy contrôle de près se ministres : ils sont à leur place pour obéir (eux !), c’est-à-dire mettre sur orbite les lois et décrets conforme à la politique de ce gouvernement. Ces lois et ces décrets sont-ils favorables à l'enseignement et à la recherche publics ? Ces ministres se tromperaient-ils ?
Et puis, à la tête de ce même gouvernement, n'y a-t-il pas une certain Fillon qui en son temps si proche a mis en route deux lois. Etaient-ce des lois favorables à l'enseignement public et aux retraites des salariés ?
La loi Fillon de 2005 (enseignement) n'avait-elle pas été prudemment préparée (à la suite du "Grand Débat" ad hoc) par une commission conduite par… ce Claude Thélot à qui Pierre Frackowiak donne raison ? Et sur quoi lui donne-t-il raison SVP ? C’est à propos de cette phrase : « On ne sait pas ce qui se passe dans les classes » !
Et bien, on peut compter sur ce gouvernement pour chercher à en finir avec cette situation tout à fait scandaleuse. D’ailleurs Sarkozy y songeait déjà quand il s’est rendu à Périgueux le 15 février 2008 en aide à son « cher ami » Darcos, mal placé dans les sondages pour les proches élections municipales, mais surtout pour annoncer la couleur de « la plus importante réforme de l’école primaire depuis des décennies » comme il l’a dit ce jour-là. Pas moins !
Sarkozy a déclaré notamment qu’il faut « s’interroger sur le pilotage de l’enseignement primaire », entendu qu’il « mesure combien le travail du professeur dans sa classe ressemble à celui d’un artisan solitaire. » Quelle sollicitude ! Mais c’est dire que la liberté pédagogique rend l’enseignant malheureux. Ce n’est donc pas une bonne chose. Peut-être même est-ce malsain ? C’est dire aussi qu’à cause de sa trop grande liberté (pédagogique), l’enseignant travaille vraiment sur une trop petite échelle. Une perte de temps, d’énergie, de rentabilité !
Il est, par conséquent, grand temps de venir au secours de la solitude de l’enseignant noyé de surcroît dans les ornements de sa pédagogie… artisanale. Passons enfin à la révolution industrielle de l’enseignement. Donc, donc… Sarkozy poursuit ainsi "sa" pensée : « ce professeur-artisan, pourtant, est aussi un agent public inséré dans une organisation publique qui s’appelle l’Etat. Tout groupe humain, quel qu’il soit, a besoin d’être dirigé. Les équipes enseignantes n’échappent pas à la règle. Il y a des principaux dans les collèges, des proviseurs dans les lycées… » Le sophisme est remarquable : avancer par glissements quasi-imperceptibles de supposés consensuels à d’autres… jusqu’à la conclusion à peine suggérée. On n’est jamais trop prudent. Ce serait évidement trop long de démonter ce sophisme ici.
Sarkozy ajoutait, pour finir, à l’adresse de son cher ministre : « J’ai toute confiance en Xavier Darcos pour conduire cette réflexion et pour me faire des propositions (…) Il y a un proviseur, il y a un principal, ne faut-il pas à un moment ou à un autre selon des conditions que Xavier a à définir, un véritable directeur de l’école ? ».
Un échelon hiérarchique supplémentaire, la volonté d’en finir avec le « on ne sait pas ce qui se passe dans les classes », en finir avec la liberté pédagogique. Quel dispositif concret avancé qui le prouverait, objectera-t-on ? Mais les EPEP (Etablissement Public d’Enseignement Primaire) pardi ! Ils vont bien plus loin en « pilotage de l’enseignement » que le statut actuel des établissements du second degré. Bien plus loin, c'est-à-dire, très loin en arrière. Un retour même à l’école de Jules Ferry sur laquelle mille ignorances et mille illusions règnent – même, voire surtout, chez les enseignants eux-mêmes.
Le programme de Sarkozy est clair : abattre la liberté pédagogique quitte à en garder une vague façade pour la forme. La politique de Darcos a largement confirmé que ce programme est poursuivi (et encore poursuivi).
A propos de "façade", je dois encore incriminer le texte de M. Frackowiak sur un autre point. Il nous livre un petit fragment de la "façade" lénifiante de la lettre de Sarkozy adressée à chaque enseignant à la rentrée 2007. Le plus souvent, les enseignants ne l’ont pas lue et s’en remettent à des "lecteurs" patentés. Mais M. Frackowiak l’a-t-il lue… en entier, je veux dire ? Sinon, comment expliquer que derrière la "façade", il n’a pas vu la déclaration de guerre en règle contre l’enseignement public ; contre le statut général de la fonction publique ; pour le salaire au mérite… Jusqu’à la remise en cause foncière du fondement de la laïcité ? Et dire que les discours et décrets sont venus par la suite confirmer cette politique ! Je m’adresse à la capacité de lecture… notamment critique qui est en principe une aptitude essentielle des enseignants pour renvoyer chacun à la (re)lecture de cette lettre : tout y est. Les enseignants sont prévenus.
M. Frackowiak, malgré l’estime que je vous porte pour votre travail pédagogique remarquable auprès des élèves et des enseignants, de ce témoignage touchant et éclairant sur votre expérience d’enseignant et d’inspecteur… je suis amené cependant à m’inscrire totalement en faux pour le reste. Nous ne sommes plus à la même époque. L’enseignement public n’est pas simplement « bousculé », il est gravement menacé. Menacé par une politique qui vise son démantèlement, qui vise la privatisation de ce qui est rentable afin d’ouvrir… "un marché de la connaissance". Je n’invente rien. A-t-on même besoin de le dire, d’appuyer par des citations extraites des déclarations fracassantes et sinistres traités ce fait incontestable ?
Bref, si aucun mouvement d’ampleur aboutissant à une victoire n’y fait obstacle, ce sera une inégalité scolaire plus grave que dans le passé, "la soupe populaire" de l’enseignement pour les couches sociales les plus pauvres (Cf. "le socle commun" de la loi Fillon). Sans oublier le viatique du « savoir vivre ensemble » (forme dissimulée de l’obéissance) destiné à extirper autant qu’il est possible (?) les velléités de la révolte et la violence épisodique de la jeunesse "en réponse" à la violence ordinaire que subissent ces mêmes couches sociales.
Quant aux couches sociales dites "solvables", le "marché de l’Education" "offrira", "offre" déjà, selon ses moyens financiers : connaissances (?), savoir, formation… en un mot "l’Éducation" : "savoir utile", "culture générale"… Cf. encore "le socle commun" de la loi Fillon. Un marché mondial d’ailleurs et de plus en plus lié à celui de l’Internet.
Ainsi, M. Frackowiak, je suis amené à réprouver votre texte qui déverse multitudes d’erreurs et d’illusions dangereuses sur la politique menée par ces gouvernements contre l’enseignement public. Le danger, ce n’est pas « l’apathie politique et syndicale quelque peu désespérante » comme vous dites car cette thèse est largement battue en brèche par les faits eux-mêmes. Pas d’« apathie » au contraire, il n’y a jamais eu, ces dernières années, autant de mouvements, de grèves, de protestations… en défense de l’enseignement public. Que le bilan soit négatif à chaque fois est une autre question qui mériterait une autre réflexion.
A cette fin, le même discours de Sarkozy à Périgueux ouvre cette piste qu’il s’agirait de creuser. A peine avait-t-il annoncé qu’il s’agissait de « la plus importante réforme de l’école primaire depuis des décennies » qu’aussitôt se tournant vers Darcos, il ajoute : « Xavier Darcos a fait un travail remarquable. Ce projet est le fruit d’un long dialogue. »
« Un long dialogue » ! Mais avec qui ? Et surtout, pour quoi faire ?
Signé : un enseignant, lui aussi, à sa manière, « désobéisseur ouvert au dialogue » et qui ouvre les yeux autant qu’il le peut et tente d’en faire de même avec ses semblables pour… la bonne cause. Celle de l’enseignement public.
Dupont le 24/08/2009 à 16:55:26
Tout cela fait forte impression. Mais avez-vous,une fois, durant votre longue et brillante carrière pu mesurer les effets de vos choix pédagogiques sur le devenir scolaire de vos élèves ?
Ont-ils fait mieux, dans une classe, école, circonscription que ceux exposés à des méthodes plus "traditionnelles" ?
Il serait précieux de pouvoir disposer d'éléments objectifs sur ces questions sans doute fondamentales.
La force de votre argumentation me fait penser qu'en pédagogue rigoureux vous n'avez pas manqué d'effectuer de tels suivis pour appuyer indiscutablement vos choix si pertinents et ne pas en rester au niveau de la simple subjectivité.
Merci d'avance pour nous aider à faire, nous aussi, les choix les meilleurs pour les élèves.
Rodolphe DUMOUCH site : nivosefloreal.free.fr | le 05/08/2009 à 19:01:28
Je soutiens aussi les "désobéisseurs", quoique ne partageant pas leurs convictions. La caporalisation du métier d'enseignants est une obsession des politiciens que nous devons tous combattre.
Je salue le ralliement de M. Fratzkowiac à la liberté pédagogique. Je lui rappelle toutefois qu'il ne l'a toujours défendue. Il n'y a que les idiots qui ne changent pas d'avis :
www.lehavreenluttes-education.org/spip.php?article385
non-résistance le 05/08/2009 à 18:49:03
soyons pédagogique, allons enfant...
le vivre d'un accompagnement progressiste.
comment apprendre essemble ?
rendons-nous la direction imaginaire !
Colvert site : http://libre-expression.toile-libre.org/ | le 05/08/2009 à 18:03:16
Bravo, ancien instit écarté des candidats à la liste des directeurs de + de 5 classes pour ma liberté de penser, puis pegc, et délégué syndical,actuellement retraité ,je rends hommage à votre attitude libertaire.
Je honnis absolument cette attitude répressive actuelle des autorités académiques et gouvernementales envers
- Les enseignants sanctionnés pour leur courage à résister.
- Ainsi que ce lycéen récemmenté éjecté par son proviseur courtisan, irrespectueux du règlement de son propre établissement.
Par des posts plusieurs forums ,je déplore fortement ces répressions et exclusions identiques au Régime de collaboration de Vichy et je suis un ardent partisan à la" Résistance citoyenne"
Vous pourrez lire mes prises de position de révolte sur le nouveau site-blog Spartkoïd où je suis rédacteur
Salutations confraternelles