Convocations au commissariat et sanction disciplinaire pour deux professeurs des écoles désobéisseurs à Marseille
Communiqué de presse
Professeurs des écoles à l'école élémentaire Franklin Roosevelt, 5 rue Tivoli (13005 Marseille), nous avons, comme près de 3000 enseignants dans toute la France, adressé une lettre de désobéissance pédagogique à notre Inspecteur d'Académie, dans laquelle nous déclarons refuser d'appliquer les réformes Darcos, qui font peser une menace sur le Service Public d'Education.
Lors de la journée de grève du 10 mars dernier, nous sommes allés à 14 heures déposer notre lettre dans les bureaux de notre supérieure hiérarchique, l'Inspectrice de l'Education Nationale de la circonscription de Marseille 13 (Madame Nacer), accompagnés d'un vingtaine d'autres enseignants grévistes solidaires de notre démarche.
L'inspectrice étant absente, sa secrétaire nous a demandé de quitter les lieux. Nous avons décidé d'attendre sur place son retour, dans l'espoir de discuter de vive voix avec elle. Au bout d'une heure et demie, ne la voyant pas revenir, nous avons quitté les bureaux de l'Inspectrice, laissant notre courrier au secrétariat.
Quinze jours plus tard, nous avons appris par un appel téléphonique, à notre domicile, que nous devions nous rendre à l'annexe du commissariat du 2ème arrondissement de Marseille ( 40 Bd Schuman, groupe violences urbaines) pour une audition le mercredi 1er avril, à 9h00, en raison d'une plainte déposée par l'Inspectrice à notre encontre. Seuls nos deux noms étaient cités.
Nous sommes ressortis du commissariat au bout d'une heure environ.
Le dossier semblait devoir être classé sans suite, étant donné que nous ne connaissions pas les noms des "individus" qui nous accompagnaient le 10 mars dans les bureaux de l'IEN.
Le lendemain de cette audition, le 2 avril, l'Inspecteur d'Académie des Bouches-du-Rhône, Gérard Trève, a envoyé à notre domicile une lettre recommandée avec avis de réception à chacun de nous deux, afin de nous informer de sa décision de prononcer une "sanction du premier groupe" (avertissement ou blâme) à notre encontre. Il a décidé de « prononcer à (notre) encontre (cette) sanction » « suite à (notre) intrusion dans les locaux » de notre IEN et à « l'occupation du bureau de l'Inspectrice ».
Nous étions "invités" à nous rendre, le mercredi 6 mai 2009 (à 10 heures pour Isabelle Bérard, à 14 heures pour Christian Bernardini) dans les bureaux de l'Inspection Académique où nous devions "prendre connaissance de (notre) dossier" dans lequel se trouvent les éléments qui "motivent la procédure engagée".
Un rassemblement de soutien était alors organisé par des enseignants et des parents d'élèves pour ce jour-là (qui coïncidait par ailleurs avec la 3ème journée nationale de la désobéissance) devant l'Inspection Académique des Bouches-du-Rhône. Nous avons appris le mardi 5 mai, par un message laissé en fin d'après-midi sur le répondeur téléphonique de notre domicile, que le rendez-vous était reporté à une date qui nous serait communiquée ultérieurement. En effet, l'Inspection Académique avait jugé indispensable de fermer ses portes au public ce jour-là, en raison du rassemblement.
Jeudi 7 mai, nous avons reçu à l'école une convocation du commissariat du 1er (Canebière) pour une « audition » le … 29 avril. Cette convocation est datée du 9 avril (cachet de la Poste du 10 avril) . L'adresse est imprécise et le code postal erroné.
Mardi 12 mai, seconde audition dans un commissariat (1er arrondissement, La Canebière), à nouveau au sujet de la plainte de l'IEN (pour intrusion et occupation). Il semble que Christian soit accusé d'avoir bousculé la secrétaire le 10 mars. Accusation mensongère bien évidemment.
Mercredi 13 mai, nous avons reçu deux nouvelles lettres recommandées avec avis de réception à notre domicile, datant de jeudi 7 mai. La convocation du 6 mai de l'Inspection Académique pour consultation de nos dossiers en vue de la « sanction de premier groupe » est reportée :
- au lundi 8 juin à 17h pour Christian Bernardini
- au mardi 9 juin à 17h pour Isabelle Bérard
Isabelle Bérard et Christian Bernardini
Contact : i.berard@free.fr
06-87-37-04-95

Commentaires
le 16-05-2009 à 17:17:57
Il y a dix ans, les locaux d'inspection étaient encore des lieux qui étaient un peu les nôtres, avec des conseillers pédagogiques et un inspecteur plutôt accueillants, aidants, des ressources pédagogiques assez riches. Depuis, les étagères de la bibliothèque ont subit une purge, la porte d'entrée n'est plus ouverte. Pourtant on essaie encore de nous convaincre que "nous formons une même équipe" (attention, avec les directeurs, pas les adjoints quand-même !)
Aujourd'hui les inspecteurs c'est la police des idées, qui ne laisse aucun espace entre résistance et soumission.
Si les enseignants se soumettent, les élèves seront à plaindre, liberté et dignité auront disparu du paysage de l'école.
Ceci dit, minable ou pas, l'initiative est très agressive, n'hésitez pas à faire savoir en quoi vous pouvez être aidés.
Défendons-nous !
le 15-05-2009 à 18:21:17
site/blog
le 15-05-2009 à 14:47:37
le 14-05-2009 à 22:55:39
le 14-05-2009 à 19:59:59
le 14-05-2009 à 19:51:04
le 14-05-2009 à 14:11:18
le 14-05-2009 à 10:20:31
Et ils font quoi les syndicats????????
J'attends un mot d'ordre de grève unitaire pour soutenir ces fonctionnaires convoqués au commissariat, sinon.... cela sera quoi la suite???? de la prison?????
il me semble que les évènements prennent une tournure dangereuse pour tous et dictatoriale pour la hiérarchie...
Pouvez-vous faire appel à un avocat?
Ce site peut-il fournir une liste d'avocats volontaires et spécialisés dans le droit administratif des fonctionnaires pour défendre les enseignants mis en cause, ce site peut-il se mettre en contact avec l'ordre des avocats?
il faut répondre au coup par coup mais se faire accompagner par un homme de "Loi" cela intimide l'adversaire et réduit sa marge de manœuvre illégale...
La caisse de soutien pourrait servir à payer un avocat...
Courage et tenez-nous au courant...
le 13-05-2009 à 21:14:06