Lettre d'un instituteur de Nice (06) au Ministre de l'Education Nationale
Vincent PINCHAUX
Professeur des Écoles
Ecole des Oliviers
06 100 NICE
LETTRE OUVERTE À M. XAVIER DARCOS, MINISTRE DE L'ÉDUCATION NATIONALE.
Je vous écris cette lettre car aujourd'hui, en conscience, je ne puis
plus me taire ! En conscience, je refuse d'obéir !
Monsieur le Ministre,
En tant que fonctionnaire conscient des devoirs qui lui incombe, j'ai toujours eu à coeur de faire correctement mon travail. C'est pourquoi, j'ai organisé les heures d'aide personnalisée comme me l'imposait mon IEN. Bien que dubitatif quant à l'efficacité de ce dispositif, j'ai voulu être utile à mes élèves en organisant ces heures de soutien au mieux de leurs intérêts. Et si j'étais conscient que de dispositif mettait en danger les RASED, je comptais sur mon engagement syndical pour les défendre. Or ce vendredi de veille de vacances, j'ai eu la désagréable surprise de trouver ceci dans le cahier de liaison d'un des élèves qui participait au soutien.
M.PINCHAUX, XXX ne pourra plus suivre son soutien le vendredi soir car il a entraînement de basket à 17h. Il faudrait trouver un autre jour. Au delà de la blessure personnelle, ce mot de parents m'a permis de mettre à plat mon opinion quant à vos projets pour l'École. Le dispositif de soutien prive tous les élèves de trois semaines de classe. Deux heures de classe en moins multiplié par 36 semaines égalent 72h, soit 3 semaines de 24h.
Le dispositif de soutien ne sert les élèves en difficulté ! Les élèves que j'ai suivis pendant ces cours n'ont toujours pas rattrapé le retard (évaluations trimestrielles à l'appui) que j'avais constaté au départ. Sans doute une intervention d'enseignants
spécialisés leur eut été bien plus profitable.
Le dispositif de soutien participe à discréditer un peu plus l'École. Non seulement l'école échoue à enseigner à XXX dans des conditions normales, mais en plus elle échoue dans le cadre de l'aide personnalisée. Quelle opinion de l'École vont avoir les parents dans ces conditions ?
Le dispositif de soutien « commercialise » l'École. Qu'un parent d'élève se permette d'écrire une telle demande montre bien que, dans l'opinion générale, l'École devient un prestataire de service comme les autres, une entreprise à qui l'on peut imposer ses désirs de consommateurs. Et le fait que l'aide personnalisée se déroule hors temps scolaire et sous condition d'acceptation des parents renforce encore cette dérive.
Le dispositif de soutien participe au démantèlement des RASED. Votre discours est si clair sur le sujet qu'il n'est besoin de rien ajouter.
Pour toutes ces raisons, mais aussi :
– contre les programmes de 2008 réalisés sans aucune concertation et présentant des aspects terriblement rétrogrades ;
– contre les primes et heures supplémentaires qui divisent les enseignants au lieu de favoriser le travail en équipe;
– contre le SMA et le décret N° 2008-1246 du 1er décembre 2008 qui remettent en cause le droit de grève...
Je vous informe de mon intention de rejoindre les rangs des enseignants désobéisseurs. Le démantèlement des fondements de l'Education Nationale est un processus que je ne peux plus accepter sans réagir. En conscience, je refuse d'obéir !
Je fais ce choix dans l'espérance de construire une école du respect, de la coopération, de la solidarité et de la réussite pour tous.
Je prends la liberté de faire connaître cette lettre et de l'associer à d'autres courriers similaires car elle s'inscrit dans une prise de conscience et une action collective de défense du service public d'éducation et des valeurs qui fondent notre école républicaine.
Je vous prie de recevoir, Monsieur le Ministre, l'assurance de mes
sentiments déterminés et respectueux.
Commentaires
louis-marie le 28/12/2008 à 12:52:52
A Tess, Pascale, Emma,
A l'instar de ceux qui s'insurgent contre un lobby qui défendrait son pré carré, je ne pense pas que ce mouvement de résistance soit une simple fronde de nantis se sentant menacés par un monde qui change... Mais bon honnêtement, l'argumentation de Tess sur l'efficacité des RASED touche au but... Il nous est difficile de nous lever comme un seul homme pour défendre ces réseaux que nous voyons fonctionner quotidiennement... Plutôt qu'ouvrir l'institution aux compétences extérieures et entrer dans un travail commun avec les travailleurs sociaux, les PMI, les éducateurs spécialisés, les psychologues, l'Education Nationale a toujours répondu aux difficultés des élèves en formant des "spécialistes" maison... Or depuis quelques années, on voit bien avec les SESAD par exemple que ce travail peut se faire et qu'il peut être profitable à tous... Que le ministre décide unilatéralement de supprimer les RASED est une chose mais défendre ces réseaux à priori en est une autre... des remises à plat sont parfois nécessaires.
C'est pourquoi nous sommes gênés aux entournures nous les instits de base pour signer des textes dont la majorité des revendications sont bien les nôtres mais qui demandent mordicus le maintien des RASED dans leur état.
Une dernière chose, il est important qu'au travers des commentaires un débat ait lieu. S'il ne fait aucun doute que Darcos a entrepris la casse de l'école publique et que la réponses des enseignants désobéisseurs est courageuse, nous ne devons pas esquiver les désaccords.
pascale le 25/12/2008 à 17:52:08
Mes propos sont la conséquence de votre manque d'objectivité, ou de votre cynisme ou les deux.
je ne supporte plus que l'on mette en cause la probité et la vraie conscience professionnelle de ceux qui sont entrés en résistance.
Et j'ai une profonde estime pour les inspecteurs que j'ai rencontrés jusqu'à présent, qui eux aussi oeuvraient de façon responsable et en faisant preuve de respect et d'écoute envers le "petit personnel".
je maintiens que le dialogue n'est pas majoritairement difficile et que les exemples auxquels vous faites allusion ne peuvent en aucun cas devenir la règle.
Je veux bien retirer "diarrhée verbale" (c'est Noël)qui manque d'élégance, mais votre discours m'indigne et manque singulièrement d'élégance lui aussi!
Emma le 23/12/2008 à 15:22:50
"Comment la société ne penserait-elle pas que vous êtes un lobby, défendant son pré carré, quand vous agissez ainsi ?"
La société pourrait le croire, parce que c'est ce qu'on (le Ministère entre autres) veut lui faire croire... Encore une grève de plus...
Mais justement ce n'est pas le cas. Si les enseignants réagissent contre ces programmes 2008... ce n'est justement pas dans LEUR intérêt. Rien de plus facile que d'appliquer ces programmes dans leur (manque d')esprit. Il suffit d'un manuel (de préférence de M.Bentolila) et de faire faire les exercices, les évaluations, et zou... Et si ça ne marche pas, une petite dose supplémentaire, et si ça ne marche toujours pas, c'est qu'ils sont vraiment trop c... !
Les programmes 2002 demandaient une vraie réflexion et une mise en oeuvre pensée, axée sur la réussite de chaque élève, soulevant interrogations, demandant recherches... Pas faciles.
Et à propos de la suppression du samedi matin... En quoi les enseignants agiraient-ils dans leur seul intérêt en demandant que l'on rétablisse ces heures précieuses de travail ? S'ils pensent moins à leur week-end qu'à leurs élèves n'est-ce pas un signe, parmi d'autre, qu'ils n'agissent pas dans LEUR intérêt mais bien dans celui de leurs élèves ?
Est-il si difficile de croire que des enseignants puissent effectivement avoir une conscience et résister, en prenant un risque, en contrant la facilité de suivre le courant ?
Tess dit faire partie du corps des Inspecteurs... Si j'en connais qui se disent tout bas contre ces programmes, contre les mesures Darcos, je n'en connais guère qu'un qui soit entré ouvertement dans la lutte.
Alors plutôt que de critiquer les courageuses prises de positions de quelques individus, qui espérons-le deviendront des milliers, voyez ce que leur lutte a de désespéré, car dans une société, où il n'y a parfois plus que l'école qui tienne, la supprimer, la jeter aux orties, la mépriser aussi ouvertement, revient à un suicide social.
Je ne crois pas que l'école était parfaite, avant. Mais je crois que les programmes 2002 allaient dans la bonne direction. Ils étaient cependant dangereux pour ceux qui ne veulent pas l'émancipation de tous, et c'est aussi pour cela qu'on les a supprimés.
Je ne sais pas beaucoup de choses, mais je sais, de manière sûre, que les réformes actuelles ne vont pas dans le sens de l'émancipation, que les intentions de ceux qui les promulguent ne sont pas pures... Il suffit d'ouvrir les yeux.
AKMT le 23/12/2008 à 00:42:19
"Qui de vous est dans la rue pour demander : plus de PMI, plus de travailleurs sociaux(...) Non, nous sommes dans la rue pour défendre NOS intérêts...Alors ne les couvrons pas du voile pudique mais qui pourrait devenir malhonnête de "l'intérêt de l'enfant".
Qu'en savez-vous, Tess ? Rien.
Visiblement vous n'avez pas saisi que ce mouvement dépasse largement la défense du pré carré, que les enseignants qui s'y engagent sont justement souvent ceux qui sont déjà, ailleurs et depuis longtemps engagés dans divers courants pédagogiques, associations, collectifs en prise avec la société. Vous n'avez rien vu de ce qui, à travers une conception de l'école et de la place qu'elle doit avoir dans ce pays, s'ancre profondément en un choix et une certaine idée de l'Homme.
Non, contrairement à ce que vous affirmez, il n'y a pas "de bonnes choses à prendre partout". Vous faites partie de ceux qui ne comprennent rien, d'abord parce que vous ne voyez rien.
Sortez de vos salons, vous apprendrez.
Vincent Pinchaux est exemplaire de ceux qui ne peuvent enseigner que dans la dignité, car il sait ( et c'est tout le sens de sa lettre) que sans dignité il n' y a aucun enseignement qui vaille.
tess le 22/12/2008 à 15:28:56
Franchement Pascal, vos propos me semblent excessifs.Nous ne sommes pas d'accord, c'est vrai. Mais ne remettez pas en cause "ma connaissance du terrain" car vous ne la connaissez pas :-)
IEN depuis 10 ans, l'an dernier aux Sables d'Olonne, cette année à Mayotte, dans l'Océan indien, un bon tiers de mon travail a consisté à servir de médiateur dans des conflits entre les enseignants et les parents...Ces derniers allant jusqu'à porter plainte, parfois...
Dépassons les vaines "joutes orales" pour un vrai débat contradictoire car chacun a son idée de l'éducation et il y aurait de bonnes choses à prendre partout...Avouez qu'en traitant l'opinion de l'autre de "diarrhée verbale", vous n'y engagez guère.
pascale le 22/12/2008 à 13:58:54
D'où sortez-vous que le dialogue avec les parents est difficile, Tess? Avez-vous essayé? Je vis des cas -limites (parents alcooliques, maltraitants, misère sociale, maladies graves), et même lorsqu'il s'est agi de signalements, JAMAIS le dialogue n'a été rompu avec les familles. Et mon école n'est pas une exception.
Les parents ont à coeur le bien-être et la réussite de leurs enfants, même lorsqu'ils sont défaillants.
Je n'ai relevé que ce point dans votre diarrhée verbale, la fin n'est pas incompatible avec ce que ce mouvement réclame, vous n'avez pas tout compris.
J'ai du mal à croire que vous faites partie du corps des inspecteurs, ceux que je côtoie depuis de nombreuses années semblaient plus au fait des réalités du terrain. Mais peut-être ai-je eu de la chance là aussi, comme avec les parents d'élèves...
MondeDeFou le 22/12/2008 à 07:20:13
Et donc s'il est imparfait, LE RASED, il faut le supprimer, vous ne le dîtes pas. La logique de l'autre... vous parlez dans le vague, comme si vous ne saviez pas qu'il existe des courants d'idées, vous voulez une explication sur le néo-libéralisme...Une perte de pouvoir difficile... probablement surtout s'il faut le laisser dans les mains de personnes que je que je penses dangereuses. J'imagine dans mes rêves une démocratie plus, comment dire, démocratique (j'ai beaucoup d'idées sur la question). NOS intérêts... et le ministre, lui, il travaille pour l'intérêt commun, le libéralisme, c'est bien connu, cela ne laisse personne sur la touche.
NOUS sommes des hommes avec aussi des convictions ne vous en déplaise. Et si vous ne vous êtes pas rendu compte encore qu'il est très difficile, voir impossible de se faire une vrai idée d'un métier tant qu'on ne l'a pas vécu... faîtes le c'est très déstabilisant vous verrez. Vous avez vu une discussion organisée avec des parents, à part ceux du club de l'horloge. Je n'ai vu utiliser qu'une méthode de sauvage construite sur le mensonge et le mépris... VOUS pouvez VOUS appliquez le NOUS que vous utilisez. Qu'en savez vous de ce que font les enseignants en révolte sur les sujets tout à fait intéressant que vous abordez à la fin? et d'ailleurs VOUS que faîtes vous...REVEILLEZ VOUS, vous avez manifestement un bon fond.
tess le 22/12/2008 à 05:45:47
La lettre de M. Pinchaux me donne à penser que vous subissez -par l'évolution même de la société- une perte de pouvoir difficile (et terrible pour l'égo, convenons-en). Ah! ces parents qui en savent maintenant un peu plus qu'au début du XX siècle et ont des idées sur l'éducation de leurs enfants !...Ils sont bien embêtants ! Ne pourrait-on les contraindre ? Comme l'Etat ? A faire exactement ce que NOUS voulons ? Ce que NOUS pensons bons pour les enfants ? NOUS sommes les professionnels !
Comment la société ne penserait-elle pas que vous êtes un lobby, défendant son pré carré, quand vous agissez ainsi ?
Ah oui ! le dialogue est difficile, avec les parents, avec la hiérarchie, avec l'Etat, avec les autres corps sociaux...Mais c'est aussi la seule voix digne, en démocratie.
Dans le corps des inspecteurs, dont je fais partie, c'est pareil, il y a une sorte de crispation sur des bribes d'un "pouvoir" hiérarchique bien dérisoire...Mais si la vérité était ailleurs ? Etait d'accepter d'entrer un moment dans la logique de l'autre, pour en faire son miel ? Parce que l'autre ne dit pas QUE des sottises et ce n'est pas en se bouchant les oreilles et en s'arc boutant sur une résistance qui refuse toute déstabilisation de sa pensée (ce qui est enfantin de mon point de vue) que nous avancerons.
Honnêtement, quand M. Pinchaux dit que le RASED aurait surement fait davantage progresser ses élèves que les heures de soutien ????? Honnêtement ??? Et pas de la faute du réseau ni des personnels, bien sûr. Mais, soyons clairs : ce système RASED est imparfait.
Quel syndicat, quelle coordination se bat pour un étayage réel des familles et des enfants qui le nécessitent ? Qui de vous est dans la rue pour demander : plus de PMI, plus de travailleurs sociaux...plus de dignité pour les RMistes, une police mieux formée et plus intelligente...Non, nous sommes dans la rue pour défendre NOS intérêts...Alors ne les couvrons pas du voile pudique mais qui pourrait devenir malhonnête de "l'intérêt de l'enfant".
Tess, sortie par la porte à son dernier post et qui revient par la fenêtre.
Commentaires
louis-marie le 28/12/2008 à 12:52:52A Tess, Pascale, Emma,
A l'instar de ceux qui s'insurgent contre un lobby qui défendrait son pré carré, je ne pense pas que ce mouvement de résistance soit une simple fronde de nantis se sentant menacés par un monde qui change... Mais bon honnêtement, l'argumentation de Tess sur l'efficacité des RASED touche au but... Il nous est difficile de nous lever comme un seul homme pour défendre ces réseaux que nous voyons fonctionner quotidiennement... Plutôt qu'ouvrir l'institution aux compétences extérieures et entrer dans un travail commun avec les travailleurs sociaux, les PMI, les éducateurs spécialisés, les psychologues, l'Education Nationale a toujours répondu aux difficultés des élèves en formant des "spécialistes" maison... Or depuis quelques années, on voit bien avec les SESAD par exemple que ce travail peut se faire et qu'il peut être profitable à tous... Que le ministre décide unilatéralement de supprimer les RASED est une chose mais défendre ces réseaux à priori en est une autre... des remises à plat sont parfois nécessaires.
C'est pourquoi nous sommes gênés aux entournures nous les instits de base pour signer des textes dont la majorité des revendications sont bien les nôtres mais qui demandent mordicus le maintien des RASED dans leur état.
Une dernière chose, il est important qu'au travers des commentaires un débat ait lieu. S'il ne fait aucun doute que Darcos a entrepris la casse de l'école publique et que la réponses des enseignants désobéisseurs est courageuse, nous ne devons pas esquiver les désaccords.
pascale le 25/12/2008 à 17:52:08
Mes propos sont la conséquence de votre manque d'objectivité, ou de votre cynisme ou les deux.
je ne supporte plus que l'on mette en cause la probité et la vraie conscience professionnelle de ceux qui sont entrés en résistance.
Et j'ai une profonde estime pour les inspecteurs que j'ai rencontrés jusqu'à présent, qui eux aussi oeuvraient de façon responsable et en faisant preuve de respect et d'écoute envers le "petit personnel".
je maintiens que le dialogue n'est pas majoritairement difficile et que les exemples auxquels vous faites allusion ne peuvent en aucun cas devenir la règle.
Je veux bien retirer "diarrhée verbale" (c'est Noël)qui manque d'élégance, mais votre discours m'indigne et manque singulièrement d'élégance lui aussi!
Emma le 23/12/2008 à 15:22:50
"Comment la société ne penserait-elle pas que vous êtes un lobby, défendant son pré carré, quand vous agissez ainsi ?"
La société pourrait le croire, parce que c'est ce qu'on (le Ministère entre autres) veut lui faire croire... Encore une grève de plus...
Mais justement ce n'est pas le cas. Si les enseignants réagissent contre ces programmes 2008... ce n'est justement pas dans LEUR intérêt. Rien de plus facile que d'appliquer ces programmes dans leur (manque d')esprit. Il suffit d'un manuel (de préférence de M.Bentolila) et de faire faire les exercices, les évaluations, et zou... Et si ça ne marche pas, une petite dose supplémentaire, et si ça ne marche toujours pas, c'est qu'ils sont vraiment trop c... !
Les programmes 2002 demandaient une vraie réflexion et une mise en oeuvre pensée, axée sur la réussite de chaque élève, soulevant interrogations, demandant recherches... Pas faciles.
Et à propos de la suppression du samedi matin... En quoi les enseignants agiraient-ils dans leur seul intérêt en demandant que l'on rétablisse ces heures précieuses de travail ? S'ils pensent moins à leur week-end qu'à leurs élèves n'est-ce pas un signe, parmi d'autre, qu'ils n'agissent pas dans LEUR intérêt mais bien dans celui de leurs élèves ?
Est-il si difficile de croire que des enseignants puissent effectivement avoir une conscience et résister, en prenant un risque, en contrant la facilité de suivre le courant ?
Tess dit faire partie du corps des Inspecteurs... Si j'en connais qui se disent tout bas contre ces programmes, contre les mesures Darcos, je n'en connais guère qu'un qui soit entré ouvertement dans la lutte.
Alors plutôt que de critiquer les courageuses prises de positions de quelques individus, qui espérons-le deviendront des milliers, voyez ce que leur lutte a de désespéré, car dans une société, où il n'y a parfois plus que l'école qui tienne, la supprimer, la jeter aux orties, la mépriser aussi ouvertement, revient à un suicide social.
Je ne crois pas que l'école était parfaite, avant. Mais je crois que les programmes 2002 allaient dans la bonne direction. Ils étaient cependant dangereux pour ceux qui ne veulent pas l'émancipation de tous, et c'est aussi pour cela qu'on les a supprimés.
Je ne sais pas beaucoup de choses, mais je sais, de manière sûre, que les réformes actuelles ne vont pas dans le sens de l'émancipation, que les intentions de ceux qui les promulguent ne sont pas pures... Il suffit d'ouvrir les yeux.
AKMT le 23/12/2008 à 00:42:19
"Qui de vous est dans la rue pour demander : plus de PMI, plus de travailleurs sociaux(...) Non, nous sommes dans la rue pour défendre NOS intérêts...Alors ne les couvrons pas du voile pudique mais qui pourrait devenir malhonnête de "l'intérêt de l'enfant".
Qu'en savez-vous, Tess ? Rien.
Visiblement vous n'avez pas saisi que ce mouvement dépasse largement la défense du pré carré, que les enseignants qui s'y engagent sont justement souvent ceux qui sont déjà, ailleurs et depuis longtemps engagés dans divers courants pédagogiques, associations, collectifs en prise avec la société. Vous n'avez rien vu de ce qui, à travers une conception de l'école et de la place qu'elle doit avoir dans ce pays, s'ancre profondément en un choix et une certaine idée de l'Homme.
Non, contrairement à ce que vous affirmez, il n'y a pas "de bonnes choses à prendre partout". Vous faites partie de ceux qui ne comprennent rien, d'abord parce que vous ne voyez rien.
Sortez de vos salons, vous apprendrez.
Vincent Pinchaux est exemplaire de ceux qui ne peuvent enseigner que dans la dignité, car il sait ( et c'est tout le sens de sa lettre) que sans dignité il n' y a aucun enseignement qui vaille.
tess le 22/12/2008 à 15:28:56
Franchement Pascal, vos propos me semblent excessifs.Nous ne sommes pas d'accord, c'est vrai. Mais ne remettez pas en cause "ma connaissance du terrain" car vous ne la connaissez pas :-)
IEN depuis 10 ans, l'an dernier aux Sables d'Olonne, cette année à Mayotte, dans l'Océan indien, un bon tiers de mon travail a consisté à servir de médiateur dans des conflits entre les enseignants et les parents...Ces derniers allant jusqu'à porter plainte, parfois...
Dépassons les vaines "joutes orales" pour un vrai débat contradictoire car chacun a son idée de l'éducation et il y aurait de bonnes choses à prendre partout...Avouez qu'en traitant l'opinion de l'autre de "diarrhée verbale", vous n'y engagez guère.
pascale le 22/12/2008 à 13:58:54
D'où sortez-vous que le dialogue avec les parents est difficile, Tess? Avez-vous essayé? Je vis des cas -limites (parents alcooliques, maltraitants, misère sociale, maladies graves), et même lorsqu'il s'est agi de signalements, JAMAIS le dialogue n'a été rompu avec les familles. Et mon école n'est pas une exception.
Les parents ont à coeur le bien-être et la réussite de leurs enfants, même lorsqu'ils sont défaillants.
Je n'ai relevé que ce point dans votre diarrhée verbale, la fin n'est pas incompatible avec ce que ce mouvement réclame, vous n'avez pas tout compris.
J'ai du mal à croire que vous faites partie du corps des inspecteurs, ceux que je côtoie depuis de nombreuses années semblaient plus au fait des réalités du terrain. Mais peut-être ai-je eu de la chance là aussi, comme avec les parents d'élèves...
MondeDeFou le 22/12/2008 à 07:20:13
Et donc s'il est imparfait, LE RASED, il faut le supprimer, vous ne le dîtes pas. La logique de l'autre... vous parlez dans le vague, comme si vous ne saviez pas qu'il existe des courants d'idées, vous voulez une explication sur le néo-libéralisme...Une perte de pouvoir difficile... probablement surtout s'il faut le laisser dans les mains de personnes que je que je penses dangereuses. J'imagine dans mes rêves une démocratie plus, comment dire, démocratique (j'ai beaucoup d'idées sur la question). NOS intérêts... et le ministre, lui, il travaille pour l'intérêt commun, le libéralisme, c'est bien connu, cela ne laisse personne sur la touche.
NOUS sommes des hommes avec aussi des convictions ne vous en déplaise. Et si vous ne vous êtes pas rendu compte encore qu'il est très difficile, voir impossible de se faire une vrai idée d'un métier tant qu'on ne l'a pas vécu... faîtes le c'est très déstabilisant vous verrez. Vous avez vu une discussion organisée avec des parents, à part ceux du club de l'horloge. Je n'ai vu utiliser qu'une méthode de sauvage construite sur le mensonge et le mépris... VOUS pouvez VOUS appliquez le NOUS que vous utilisez. Qu'en savez vous de ce que font les enseignants en révolte sur les sujets tout à fait intéressant que vous abordez à la fin? et d'ailleurs VOUS que faîtes vous...REVEILLEZ VOUS, vous avez manifestement un bon fond.
tess le 22/12/2008 à 05:45:47
La lettre de M. Pinchaux me donne à penser que vous subissez -par l'évolution même de la société- une perte de pouvoir difficile (et terrible pour l'égo, convenons-en). Ah! ces parents qui en savent maintenant un peu plus qu'au début du XX siècle et ont des idées sur l'éducation de leurs enfants !...Ils sont bien embêtants ! Ne pourrait-on les contraindre ? Comme l'Etat ? A faire exactement ce que NOUS voulons ? Ce que NOUS pensons bons pour les enfants ? NOUS sommes les professionnels !
Comment la société ne penserait-elle pas que vous êtes un lobby, défendant son pré carré, quand vous agissez ainsi ?
Ah oui ! le dialogue est difficile, avec les parents, avec la hiérarchie, avec l'Etat, avec les autres corps sociaux...Mais c'est aussi la seule voix digne, en démocratie.
Dans le corps des inspecteurs, dont je fais partie, c'est pareil, il y a une sorte de crispation sur des bribes d'un "pouvoir" hiérarchique bien dérisoire...Mais si la vérité était ailleurs ? Etait d'accepter d'entrer un moment dans la logique de l'autre, pour en faire son miel ? Parce que l'autre ne dit pas QUE des sottises et ce n'est pas en se bouchant les oreilles et en s'arc boutant sur une résistance qui refuse toute déstabilisation de sa pensée (ce qui est enfantin de mon point de vue) que nous avancerons.
Honnêtement, quand M. Pinchaux dit que le RASED aurait surement fait davantage progresser ses élèves que les heures de soutien ????? Honnêtement ??? Et pas de la faute du réseau ni des personnels, bien sûr. Mais, soyons clairs : ce système RASED est imparfait.
Quel syndicat, quelle coordination se bat pour un étayage réel des familles et des enfants qui le nécessitent ? Qui de vous est dans la rue pour demander : plus de PMI, plus de travailleurs sociaux...plus de dignité pour les RMistes, une police mieux formée et plus intelligente...Non, nous sommes dans la rue pour défendre NOS intérêts...Alors ne les couvrons pas du voile pudique mais qui pourrait devenir malhonnête de "l'intérêt de l'enfant".
Tess, sortie par la porte à son dernier post et qui revient par la fenêtre.