Résistance pédagogique pour l'avenir de l'école

Message de Bastien Cazals aux enseignants de France

Message de Bastien Cazals aux enseignants de France

Jeudi 11 décembre 2008
 
Bastien Cazals informe ses collègues enseignants des écoles maternelles et primaires
 
- Je ne renonce pas à ma prise de position publique et je poursuivrai la suspension de l'aide personnalisée sans prise en charge d'enfants. Un recours contentieux auprès du Tribunal Administratif est en préparation car de nombreux éléments laissent à penser que la sanction qui m'a été infligée est injustifiée.

- Une pétition de soutien est en ligne sur le blog
http://uneecolepourvictorethugo.hautetfort.com/ ; elle concerne les enseignants comme les parents d'élèves (l'info est donc à diffuser largement auprès de ceux de votre école) ; en toute logique, tous les signataires de la pétition Sauvons les Rased devraient s'y retrouver et également la signer.

- Cette sanction ne doit pas vous faire renoncer à vous impliquer dans une démarche similaire (dans l'Hérault, le dépôt collectif de lettres individuelles est prévu mercredi 17 décembre), sachant que vous avez différentes possibilités de détourner l'aide personnalisée sans, pour autant, vous exposer aux mêmes sanctions (par exemple, prise en charge de tous les enfants ou refus de tous les parents...).

- Dans de nombreuses écoles, les parents d'élèves rédigent des lettres à destination du président de la République ou de l'administration (une lettre type sera  proposée prochainement sur les blogs).

Vous avez été nombreux à m'avoir manifesté votre soutien, nous devons être encore plus nombreux à passer à l'acte !

La résistance non-violente provoque chez l'adversaire, successivement : l'indifférence, la raillerie, les injures, la répression et l'estime. Tout mouvement qui survit à la répression, modérée ou cruelle, commande invariablement le respect, ce qui est synonyme de succès. Si nous sommes fidèles, cette répression peut être considérée comme le signe précurseur de la victoire. Gandhi

Blogs Une école pour Victor et Hugo et Résistance pédagogique pour l'avenir de l'école

http://uneecolepourvictorethugo.hautetfort.com/
 
http://resistancepedagogique.blog4ever.com/blog/index-252147.html 



Article ajouté le 2008-12-11 , consulté 2408 fois

Commentaires


perron jf le 03/01/2009 à 12:43:22
Monsieur,

Je suis enseignant depuis de nombreuses années et j'ai été contacté pour signer votre lettre.
je ne l'ai pas fait car je crains les sanctions et je sais trop à quel point certaines prises de positions peuvent être lourdes de conséquences; y compris pour notre vie tout court. un individu qui se dresse contre le système se met en danger. j'admire votre courage.

Amitiés

Perron jf
maria le 17/12/2008 à 20:47:10
Jean-Marie Darmian, maire de Créon, Conseiller Général et instituteur retraité qui résume toutes nos inquiétudes pour notre Ecole Publique. A faire suivre aux maires de nos communes....aux conseils des maîtres de nos écoles, aux parents d'élèves...
>
>
> Madame, monsieur, Les citoyens de ce pays se laissent endormir par une sectorisation des attaques incessantes contre le système éducatif. En tant que Maire et ancien instituteur je suis effaré par l'accumulation des mesures destructrices qui laissent préluder à une mise en pièces de l'enseignement primaire. Depuis sa nomination en mai 2007, le ministre de l'éducation nationale, M. Xavier Darcos, a en effet déjà à son actif : la suppression de la carte scolaire, qui institue la concurrence entre écoles et accélère la formation de ghettos scolaires ; la promulgation de « nouveaux » programmes (dont les rédacteurs ne sont toujours pas connus !) contraires à l'avis de la profession et des chercheurs, après une mascarade de concertation, menée dans la précipitation ; la diminution de 2 h du temps hebdomadaire d'enseignement (l'équivalent de 3 semaines par an !) et la réorganisation de la semaine décidée contre les préconisations des professionnels et des spécialistes des rythmes scolaires ; le discrédit jeté sur l'action des enseignants de l'école publique, notamment en trompant l'opinion sur les performances de l'école française dans les évaluations internationales et sur le coût réel de notre école ; il ne cesse d'accréditer l'idée, portée par les groupes ultralibéraux, mais démentie par les spécialistes, que les résultats français sont plus mauvais que la moyenne et en baisse et que les dépenses sont plus élevées que nos voisins et en hausse ; des déclarations insultantes sur les maternelles considérées comme de simples garderies où le travail des enseignants consiste à « surveiller la sieste et à changer les couches » ; la disparition programmée des IUFM, revenant à supprimer la formation professionnelle, au lieu de chercher à l'améliorer ; l'étranglement financier des associations éducatives complémentaires de l'enseignement public ; les atteintes au droit syndical, au paritarisme et au droit de grève ; la mise en place du fichier base-élèves, comportant des données qui mettaient gravement en cause les libertés individuelles et le droit à l'éducation des enfants étrangers, quel que soit le statut de leurs parents ; le financement (pour 220 000 euros) d'une officine privée qui doit surveiller les prises de position des enseignants sur le web, « repérer les leaders d'opinion, les lanceurs d'alerte et analyser leur potentiel d'influence et leur capacité à se constituer en réseau ». Il vient aussi de faire inscrire dans le budget 2009 : la suppression brutale de 3 000 postes d'enseignants spécialisés des RASED, tout en proclamant vouloir diviser par 3 le taux d'élèves en grande difficulté scolaire et en tentant de faire croire que la mise en place des 2 h d'aide personnalisée pourrait remplacer le travail des enseignants spécialisés ; la baisse de 30 % des postes mis au concours en 2009 et, par voie de conséquence, de la formation continue remplacée par les PE2, avant sa disparition totale en 2010? Tout récemment, il a confirmé que trois autres « réformes » seront mises en place en 2009 : la création de l'Agence nationale du remplacement, qui pourrait employer des maîtres non certifiés et précarisés ; la création des EPEP et la caporalisation des maîtres par des « super-chefs », les directeurs d'EPEP (500 postes ont été budgétisés pour cela) ; la suppression de la maternelle entre 2 et 3 ans, remplacée par un « jardin d'éveil » à la charge des communes et des familles, premier pas vers la suppression de la maternelle avant 5 ans, réclamée par des amis politiques du ministre. Et voici que, début novembre, plutôt qu'une revalorisation des salaires des enseignants, M. Darcos annonce qu'il octroiera une prime de 400 euros aux maîtres qui feront passer les évaluations nationales au CE1 et au CM2. C'en est trop ! C'est maintenant notre dignité qui est bafouée ! Depuis toujours, les enseignants assumons la passation d'épreuves d'évaluation, la correction et l'analyse des résultats, sans penser à demander une rémunération spéciale, car l'évaluation des apprentissages de nos élèves fait partie de nos missions. De plus, quand il s'agit d'évaluations nationales, le plus souvent nous faisons la correction et l'analyse collectivement (en dehors des heures de classe), car les résultats à un niveau donné d'enseignement concernent toute l'équipe des maîtres, en amont et en aval. Alors, pourquoi cette prime, telles des cacahuètes jetées à des singes ? M. Darcos anticipe-t-il des résistances du fait que ces épreuves, entourées du plus grand secret, sont annoncées comme très difficiles par le ministère et qu'elles feront apparaître une énorme proportion d'élèves en grande difficulté, sans rapport avec la réalité ? Redoute-t-il que ces épreuves mettent plus nettement en évidence la malfaisance des programmes 2008 ? Craint-il que la profession y voie une rupture avec les exigences du Socle commun de connaissances et de compétences, conçu à partir des programmes de 2002, et qui est toujours en vigueur ? A-t-il peur que les enseignats refusent de faire passer les épreuves et veut-il acheter notre soumission ? Parie-t-il sur les difficultés financières des enseignants pour les opposer les uns aux autres et diviser les équipes d'écoles ? Demandons la mise en place d'un Conseil national de l'évaluation à l'école comprenant des praticiens, des formateurs et des chercheurs pour mettre au point une politique de l'évaluation et élaborer des outils pour les équipes d'écoles et de cycle, au service des apprentissages des élèves définis par le Socle commun de connaissances et de compétences. Appelons les conseils des maîtres et les conseils d'école à prendre, dès à présent, des mesures fortes pour protéger les enfants et les écoles des méfaits éventuels des épreuves nationales CE1 et CM2, que ce soit en raison du contenu des épreuves ou de leur utilisation.Nous les appelons en particulier à refuser fermement toute publication des résultats des écoles. Nous ne pouvons plus continuer à subir cette politique scolaire fondée sur la concurrence entre, les collectivités, entre les élèves, entre les familles, entre les écoles et entre les maîtres. Elle est contraire à l'idéal de citoyens responsables et solidaires qui fonde notre école laïque et républicaine. Tous les maires républicains doivent en avoir conscience et dénoncer cette avalanche de coups bas contre le corps enseignant abandonné le plus souvent dans la tourmente de réformes qui visent à le mettre à genoux. Jean Marie DARMIAN Maire de Créon Conseiller général de la Gironde > www.jeanmariedarmian.fr

roland le 15/12/2008 à 15:21:48
J'espère que ton exemple sera suivi. La multiplication des recours devant le tribunal administratif permettra d'exposer le dossier, de saisir l'opinion publique. Dans le cadre de notre lutte contre la politique éducative actuelle, nous venons de faire un timide pas : le ministre reporte la réforme du lycée. Le développement du mouvement peut nous permettre de balayer les dérives actuelles. Volonté, détermination, durée (la dimension historique est essentielle)...Tu connais le programme !
roiubu77 site : ripouxblicain.hautetfort.com | le 14/12/2008 à 16:34:12
Je suis admiratif devant votre détermination à ne pas céder, malgré la sanction qui vous est infligé ! En tant que parent d'élève, je soutient le mouvement des enseignants désobéisseurs et je pense que nous devrions organiser un front commun uni ( enseignants, parents d'élèves, simples citoyens ) pour refuser la démolition de l'école républicaine !
poutrelle le 14/12/2008 à 10:27:39
A l'école maternelle du parc de Artigues près Bordeaux (circonscription de l'entre deux mers en gironde) , l'inspecteur de circonscription a intelligemment accepté ce dispositif. Nous sommes dans la banlieue chic de Bordeaux où il y a très peu d'élèves en difficultés. Les enseignants ont justifiés leur souhait de faire 40 heures de soutien actualisées plus 20 heures de formation entre collègue à la place du paquet des 60 heures. Aujourd'hui avec l'aval de la hiérarchie nous sommes dans un dispositif local intelligent qui j'espère apportera un soutien à notre collègue aujourd'hui en difficulté.
bon courage
benjamin
NB: s'il faut créer un fond de soutien, je suis pret à y adherer, je pense que beaucoup de collègues sont dans mon cas!!!!!
Elisabeth le 13/12/2008 à 19:11:59
C'est honteux ce qui se passe.
Il faut vraiment que nous nous mobilisions tous.Comment soutenir M. Cazals et être écoutés? Il y a eu tellement de grèves que nous ne sommes plus pris au sérieux et maintenant nous cherchons des moyens pour tirer la sonnette d'alarme.
jean-françois le 12/12/2008 à 14:27:07
Merci encore à vous, qui, avec votre vigueur et votre jeunesse, donnez écho au texte d'A Refalo du 06 novembre dernier. Continuons!
Condorcet le 11/12/2008 à 19:27:28
Si ça peut aider à monter un argumentaire pour le TA
L'article 912-1 du Code de l'Education faisant référence à la Loi n° 2005 – 380 du 23 /04/05 indique que les enseignants sont responsables de l'activité scolaire des élèves. La circulaire n°2008-082 du 5-6-2008 précise que l'amplitude d'ouverture des écoles doit permettre d'organiser l'enseignement obligatoire et l'aide personnalisée. L'article 10-1 du décret n°90-788 du 6 septembre 1990 relatif à l'organisation et au fonctionnement des écoles maternelles et élémentaires indique que les aménagements de la semaine scolaire prévus ne peuvent organiser des journées scolaires de plus de 6 h d'enseignement. L'aide personnalisée qui échappe au temps d'enseignement obligatoire, et qui à 96% s'ajoute aux 6 h de classe a, semble-t-il au regard des textes cités, un caractère facultatif. Elle pourrait ne pas être considérée comme une activité d'enseignement et par conséquent ne pas entrer dans le champ de compétences d'un enseignant conformément à l'article précité.
Claire le 11/12/2008 à 18:41:37
Exactement!
Par ailleurs, je comprends difficilement que l'on puisse prélever 5 jours de salaire pour deux heures de service non effectuées (à supposer que les "60 heures" soient réparties sur deux heures par semaine, ce qui, effectivement, n'est nulle part indiqué dans les textes!)
Même en retournant le problème dans tous les sens, je ne peux pas imaginer que cette sanction puisse tenir devant un tribunal administratif.
Et enfin: que se passe-t-il si on n'a pas d'élève en difficulté dans sa classe? (si si, ça arrive!)Si tous les parents refusent? Si on a une classe de PS?
On prend sa liste d'élèves, on ferme les yeux, et on pointe avec un crayon pour sélectionner les heureux futurs bénéficiaires du soutien??

Corine le 11/12/2008 à 15:06:02
une question juridique :
comment peut on sanctionner quelqu'un en décembre pour service non fait sur un service dont les heures ont été volontairement annualisées par le ministère
qui peut prouver aujourd'hui que les 60h ne seront pas faites en juin (à part nous ;o)) par Bastien ou les autres ?

Poster un commentaire





http://





Merci de recopier le nombre présent à gauche dans la case de texte ci-dessous ( Pourquoi ? )





Liens

Voir les articles de la catégorie " ACTUALITES "

Imprimer cet article

Retour aux articles