Lettre collective de désobéissance de 35 enseignants de la circonscription de Montaigu (85)
Lettre collective de désobéissance de 35 enseignants de la circonscription de Montaigu (85), membres du collectif d'enseignant/es de la circonscription Montaigu, soutenus par le SE-UNSA, le SDEN-CGT 85, le SGEN, le SNUipp et SUD Education
Montaigu, le 3 décembre 2008
Monsieur l'Inspecteur d'Académie
s/c de Monsieur l'Inspecteur de l'Education Nationale de Montaigu
Cité Adminstrative Travot
85000 LA ROCHE SUR YON
Monsieur l'Inspecteur d'Académie,
Nous vous écrivons cette lettre aujourd'hui, car en conscience, nous ne pouvons plus nous taire ! En toute conscience professionnelle, nous refusons d'obéir !
Le démantèlement des bases de l'Ecole Publique de notre pays est un processus que nous ne pouvons accepter sans réagir.
Le dispositif d'aides personnalisées pour les élèves « en difficulté » n'est qu'un prétexte démagogique pour supprimer les RASED. Rallonger une journée de classe qui est déjà la plus longue du monde, ne peut que nuire à tous les enfants et encore davantage aux plus fragiles. Ce dispositif est une aberration pédagogique ! C'est parce que nous respectons profondément tous nos élèves, et leurs familles, que nous ne pouvons pas ou plus participer à cette mascarade.
L'objet de notre lettre est de vous informer que nous ne serons ni acteurs ni complices de ce processus. Si aujourd'hui, nous décidons d'entrer en résistance et même en désobéissance, c'est par nécessité. Pour faire ce métier, il est important de le faire avec conviction et motivation. C'est parce que nous ne pourrons plus concilier liberté pédagogique, plaisir d'enseigner et esprit de responsabilité qu'il est de notre devoir de refuser d'appliquer l'aide personnalisée. Nous faisons ce choix en pleine connaissance des risques que nous prenons, mais surtout dans l'espérance de construire une école du respect, de la coopération, de la solidarité et de la réussite pour tous et toutes.
Nous consacrerons ces deux heures à des concertations pédagogiques visant à aider au mieux, sur le temps de classe, chacun/e des élèves qui nous sont confié/es. M. l'Inspecteur d'Académie, tous nos élèves ont besoin des soixante heures qu'on leur a supprimées ! En demandant l'annulation du nouveau calendrier, nous ne faisons que réclamer le droit d'enseigner !
Nous vous assurons, Monsieur l'Inspecteur d'Académie, de nos sentiments déterminés et respectueux.
Pétition de soutien aux enseignants de Montaigu

Commentaires
le 05-12-2008 à 17:26:12
chaque circonscription doit se mobiliser.je consille vivement aux syndicats de prendre exemple sur les simples citoyens...
le 05-12-2008 à 11:56:41
Enfin des lettres de désobéissance collective et en plus visiblement d'une seule circonscription. Cela doit donner des idées aux autres. Comment avez-vous fait pour fédérer de la sorte ? Comment avez-vous pu réaliser cette unité syndicale, c'est proprement extraordinaire ! Pour l'instant les désobéisseurs isolés comme nous avons un peu de mal à créer une dynamique collective autour d'un acte certe personnel, et non pas individuel, mais qui avait pour vocation d'entraîner les autres. Ca bouge, ça bouge, votre action va engendrer une montée en masse de signatures des collègues qui hésitent encore. Tenez-nous au courant, courage à tous.
Jean-Marc Hostachy, un désobéisseur parmi d'autres
site/blog
le 05-12-2008 à 09:45:33
collectif.enseignants.montaigu.apinc.org/phpPetitions/?petition=2
le 26-11-2008 à 18:57:01
le 22-11-2008 à 12:14:23
seulement je tenais à pointer le glissement idéologique qui nous a fait passer de "l'élèves au centre des apprentissages" à celui du "socle commun" qui rend tous ceux qui ne le maitrisent à l'instant t des mômes en difficultés... de la même manière interrogeons nous sur la disparition des évaluations diagnostiques au profit des évaluations sommatives de fin de cycles, n'est-ce pas une manière de sélectionner par la performance?
autre point : devant la suppression des rased, je crains désormais une nouvelle disparition, celle du collège unique et des EGPA. reviendrons-nous avant 75 avec 2 types d'établissements, le CEG pour les classes favorisées et les beaux quartiers et le CET pour les autres, émigrés, classes populaires, exclus?..... Ce qui me fait conclure que si j'ai été recruté en 1995 sur ces principe d'une école républicaine et citoyenne, je me demande si aujourd'hui je le serais encore?....
cordialement
bruno