Un modèle de lettre à l'IEN proposée par l'ICEM Sud-Ouest (pédagogie Freinet)
Association ICEM Sud-ouest (Pédagogie Freinet)
En réunion régionale sud-ouest ce week-end nous avons décidé d'écrire une lettre en reprenant l'appel du GD 44.
Cette lettre a été envoyée à tous les GD de la région. Un exemplaire sera envoyé au nom de l'association régionale. A la fin de la lettre chaque GD met les noms de ceux qui veulent la signer et l'envoie à tous les IEN du département, à la fin de celle au nom de l'asso icem sud-ouest on met les noms de tous ceux qui veulent signer et on envoie à tous les IEN de la région sud-ouest par l'intermédiaire des délégués départementaux.
Sylvie Pralong (secrétaire asso icemsud-ouest)
Modèle de lettre
Nom de votre GDDate
à
Nom de l'IEN
Monsieur(madame)l'Inspecteur(trice)
Nous vous écrivons cette lettre car aujourd'hui, en conscience, nous ne pouvons plus nous taire. En conséquence nous refusons d'obéir.
Le démantèlement des fondements de l'Education Nationale est un processus que nous ne pouvons accepter sans réagir.
L'objet de notre lettre est de vous informer que nous ne participerons pas à ce démantèlement. En conscience, nous refusons de nous prêter par notre collaboration active ou notre silence complice à la déconstruction du système éducatif de notre pays.
C'est pourquoi nous avons décidé, en toute responsabilité, de refuser :
- de mettre en place les programmes de 2008
- de diminuer les horaires des disciplines qui questionnent
- d'allonger la durée de la journée des élèves et de leur faire vivre une semaine encore plus déséquilibrée
- de faire une différence d'horaires entre les élèves pour les aider à résoudre leurs difficultés d'apprentissage
- de traiter la difficulté scolaire sur des temps qui ne soient pas commun à tous les élèves
- de diffuser des résultats d'évaluation qui serviraient à réaliser des comparaisons ou des classements
et nous nous engageons :
- à respecter le développement de l'enfant
- à favoriser la construction de sa pensée par une pédagogie coopérative et des apprentissages qui ne sont pas basés sur des automatismes
- à apprendre à lire, écrire et calculer à nos élèves pour qu'ils puissent analyser et comprendre le monde dans le respect des droits de tous
- à effectuer le volume horaire institutionnel pour que tous les enfants bénéficient du même total d'heures sur l'année
- à participer à une réflexion sur l'aménagement de la semaine et de l'année
- à créer les conditions de coopération qui favoriseront au sein de l'équipe éducative et au sein de la classe, le dépassement de la difficulté par les élèves
- à réaliser avec les élèves des évaluations constructives qui leur permettent de continuer à préserver leur estime d'eux-mêmes
Nous faisons ce choix en pleine connaissance des risques que nous prenons, mais surtout dans l'espérance de construire une école du respect, de la coopération, de la solidarité et de la réussite pour tous.
Nous vous prions de recevoir, Monsieur l'Inspecteur, l'assurance de nos sentiments déterminés et respectueux.
Liste nominative des signataires
Article ajouté le 2008-11-17 , consulté 948 fois
Commentaires
Hendatho le 14/12/2008 à 16:02:16
Valérie
Pouvez-vous nous envoyer votre lettre à l'adresse mail du blog ? Nous pouvons la publier, si vous le souhaitez, dans la rubrique Lettres de prof. Merci ! Hendatho
valrie le 14/12/2008 à 15:55:13
j'ai envoyé ma propre lettre, inspirée de celles qui se trouvent sur ce site, seule de mon équipe à assumer cette prise de position pour le moment.
Mme. Valérie Hillion
Ecole élémentaire Les Halbrans
Pont Saint Martin
Mr. Claverie
Circonscription Rezé-Sud Loire
Pont Saint Martin
Le 19 décembre 2008
Monsieur l’Inspecteur,
Je vous écris cette lettre car aujourd'hui, en conscience, je ne puis plus me taire ! En conscience, en toute responsabilité, je refuse d'obéir !
Elle s'inspire de lettres, à leur inspecteur ou inspectrice, d'autres professeurs d'école dont Alain Réfalo, enseignant à Colomiers en Haute Garonne. Je m’inscris aujourd’hui dans cette même démarche car je suis profondément attachée au système public de l’Education Nationale.
A la rentrée de cette année scolaire j'ai participé avec tous mes collègues à la mise en place, dans l'urgence et tant bien que mal, des deux heures de soutien individualisé. J’ai fait le choix, expliqué en réunion de classe aux parents, de ne pas prendre en charge d’élèves de ma classe durant ces 2 heures mais d’apporter une remédiation aux difficultés d’élèves de mes collègues. Pour ma classe j’ai continué à signaler au Réseau d’Aides Spécialisées les enfants en grande difficulté et j’ai apporté une aide ponctuelle aux enfants pour qui s’en faisait sentir le besoin, durant des plages réservées du temps scolaire où le reste de la classe était en autonomie.
Le passage de 26 heures à 24 heures d’enseignement a eu de nombreux effets pervers dont celui de mettre un peu plus en échec des enfants pour lesquels on avait, en 26 heures, le temps de revenir sur des compétences ou des points du programme mal maîtrisés, par le biais d’ateliers.. La suppression de ces deux heures a donc pu paraître justifier le besoin d’un soutien individualisé pour ces élèves chez qui les acquisitions sont plus lentes et plus difficiles.
Cependant les deux heures de soutien ne peuvent remédier à toutes les difficultés, notamment celles liées à des problèmes d’ordre social, comportemental ou relationnel. Nous avons besoin des enseignants du Réseau et de leur formation adaptée et pointue pour ce faire. La suppression de leurs postes, de leur formation spécifique serait une grande perte pour le monde de l’éducation et les enfants. Elle aurait des conséquences à brève échéance, je demande donc la garantie de leur maintien et même de leur extension.
La suppression de ces deux heures communes à l’ensemble des enfants est donc, à mon sens, une grave erreur. Elle met encore plus en difficulté les enfants fragiles et elles sont perdues pour tous les autres élèves.
L’aide aux enfants en difficulté doit se faire sur le même temps de classe pour tous, sans amputer le nombre d’heures, soit par le Réseau, soit par l’enseignant dans sa classe.
Etre plus efficace dans le traitement de la difficulté scolaire, cela exige un aménagement différent de la semaine et de l’année scolaire, de manière à respecter les rythmes de l’enfant. Cela implique également la possibilité de travailler avec un maître supplémentaire par école et plus d’enseignants du Réseau, ainsi que nous le demandons depuis plusieurs années.
Je refuse donc de continuer à assurer les deux heures de soutien individualisé auprès d’enfants en difficulté car je ne veux pas collaborer sciemment à la disparition des réseaux d'aide. Je refuse de me prêter par ma participation active ou mon silence passif à la déconstruction du système éducatif de notre pays.
C'est pourquoi, en toute responsabilité et pour les raisons évoquées, à partir de la prochaine période, après en avoir parlé avec les enfants et les parents d'élèves, je projette de prendre ma classe entière sur le temps des deux heures de soutien afin d'organiser un atelier de mime, expression théâtrale, une des activités que le passage à 24 heures m’a conduit à ne plus proposer aux élèves. Si la totalité des familles n’adhérait pas à ce projet, j’assurerais les deux heures auxquelles je suis tenue, en travail de concertation avec le Rased et les collègues, ou en rencontres avec les parents, toujours dans le cadre du traitement de la difficulté scolaire.
D’autre part je continuerai à assurer le soutien ponctuel aux enfants en difficulté au sein de la classe, sur les 24 heures de temps scolaire en proposant une différenciation pédagogique, un tutorat entre les élèves.
…/…
Il convient par ailleurs de remarquer qu’aucun bilan concernant le soutien individualisé n’a pour l’instant été initié par les instances supérieures. Il eut été légitime de le faire au vu et au su de la polémique qu’a soulevée l’imposition de ce dispositif sans concertation préalable des personnels compétents.
Cette lettre, bien sûr, n'est pas dirigée contre vous, ni votre fonction, mais je me dois de vous l'adresser. J’espère que vous comprendrez ma démarche, ainsi que vos collègues du Pas de Calais ou du Val d’Oise.
Je souhaite que nombreux soient celles et ceux qui entreront dans cette démarche et que collectivement nous empêcherons la mise en œuvre de ces réformes. C'est pourquoi je me réserve le droit de faire connaître ma lettre et mon engagement autour de moi.
Je fais ce choix en pleine connaissance des risques que je prends, mais surtout dans l'espérance de construire une école du respect, de la coopération, de la solidarité, des progrès et de l’égalité des chances pour tous les élèves.
Je vous prie de recevoir, Monsieur l’Inspecteur, l'assurance de mes sentiments déterminés et respectueux.
Valérie Hillion
margot le 22/11/2008 à 23:23:22
il faut une reponse par ecole ou groupe scolaire afin d'eviter de se faire massacrer par son IA.
marc Monatte
PE jacquier mat toulouse
jeanne le 22/11/2008 à 23:02:23
refus de l'externalisation de la difficulté scolaire et maintien des enseignants spécialisés formés pour répondre de la façon la mieux adaptée à la spécificité des difficultés des enfants
Commentaires
Hendatho le 14/12/2008 à 16:02:16Valérie
Pouvez-vous nous envoyer votre lettre à l'adresse mail du blog ? Nous pouvons la publier, si vous le souhaitez, dans la rubrique Lettres de prof. Merci ! Hendatho
valrie le 14/12/2008 à 15:55:13
j'ai envoyé ma propre lettre, inspirée de celles qui se trouvent sur ce site, seule de mon équipe à assumer cette prise de position pour le moment.
Mme. Valérie Hillion
Ecole élémentaire Les Halbrans
Pont Saint Martin
Mr. Claverie
Circonscription Rezé-Sud Loire
Pont Saint Martin
Le 19 décembre 2008
Monsieur l’Inspecteur,
Je vous écris cette lettre car aujourd'hui, en conscience, je ne puis plus me taire ! En conscience, en toute responsabilité, je refuse d'obéir !
Elle s'inspire de lettres, à leur inspecteur ou inspectrice, d'autres professeurs d'école dont Alain Réfalo, enseignant à Colomiers en Haute Garonne. Je m’inscris aujourd’hui dans cette même démarche car je suis profondément attachée au système public de l’Education Nationale.
A la rentrée de cette année scolaire j'ai participé avec tous mes collègues à la mise en place, dans l'urgence et tant bien que mal, des deux heures de soutien individualisé. J’ai fait le choix, expliqué en réunion de classe aux parents, de ne pas prendre en charge d’élèves de ma classe durant ces 2 heures mais d’apporter une remédiation aux difficultés d’élèves de mes collègues. Pour ma classe j’ai continué à signaler au Réseau d’Aides Spécialisées les enfants en grande difficulté et j’ai apporté une aide ponctuelle aux enfants pour qui s’en faisait sentir le besoin, durant des plages réservées du temps scolaire où le reste de la classe était en autonomie.
Le passage de 26 heures à 24 heures d’enseignement a eu de nombreux effets pervers dont celui de mettre un peu plus en échec des enfants pour lesquels on avait, en 26 heures, le temps de revenir sur des compétences ou des points du programme mal maîtrisés, par le biais d’ateliers.. La suppression de ces deux heures a donc pu paraître justifier le besoin d’un soutien individualisé pour ces élèves chez qui les acquisitions sont plus lentes et plus difficiles.
Cependant les deux heures de soutien ne peuvent remédier à toutes les difficultés, notamment celles liées à des problèmes d’ordre social, comportemental ou relationnel. Nous avons besoin des enseignants du Réseau et de leur formation adaptée et pointue pour ce faire. La suppression de leurs postes, de leur formation spécifique serait une grande perte pour le monde de l’éducation et les enfants. Elle aurait des conséquences à brève échéance, je demande donc la garantie de leur maintien et même de leur extension.
La suppression de ces deux heures communes à l’ensemble des enfants est donc, à mon sens, une grave erreur. Elle met encore plus en difficulté les enfants fragiles et elles sont perdues pour tous les autres élèves.
L’aide aux enfants en difficulté doit se faire sur le même temps de classe pour tous, sans amputer le nombre d’heures, soit par le Réseau, soit par l’enseignant dans sa classe.
Etre plus efficace dans le traitement de la difficulté scolaire, cela exige un aménagement différent de la semaine et de l’année scolaire, de manière à respecter les rythmes de l’enfant. Cela implique également la possibilité de travailler avec un maître supplémentaire par école et plus d’enseignants du Réseau, ainsi que nous le demandons depuis plusieurs années.
Je refuse donc de continuer à assurer les deux heures de soutien individualisé auprès d’enfants en difficulté car je ne veux pas collaborer sciemment à la disparition des réseaux d'aide. Je refuse de me prêter par ma participation active ou mon silence passif à la déconstruction du système éducatif de notre pays.
C'est pourquoi, en toute responsabilité et pour les raisons évoquées, à partir de la prochaine période, après en avoir parlé avec les enfants et les parents d'élèves, je projette de prendre ma classe entière sur le temps des deux heures de soutien afin d'organiser un atelier de mime, expression théâtrale, une des activités que le passage à 24 heures m’a conduit à ne plus proposer aux élèves. Si la totalité des familles n’adhérait pas à ce projet, j’assurerais les deux heures auxquelles je suis tenue, en travail de concertation avec le Rased et les collègues, ou en rencontres avec les parents, toujours dans le cadre du traitement de la difficulté scolaire.
D’autre part je continuerai à assurer le soutien ponctuel aux enfants en difficulté au sein de la classe, sur les 24 heures de temps scolaire en proposant une différenciation pédagogique, un tutorat entre les élèves.
…/…
Il convient par ailleurs de remarquer qu’aucun bilan concernant le soutien individualisé n’a pour l’instant été initié par les instances supérieures. Il eut été légitime de le faire au vu et au su de la polémique qu’a soulevée l’imposition de ce dispositif sans concertation préalable des personnels compétents.
Cette lettre, bien sûr, n'est pas dirigée contre vous, ni votre fonction, mais je me dois de vous l'adresser. J’espère que vous comprendrez ma démarche, ainsi que vos collègues du Pas de Calais ou du Val d’Oise.
Je souhaite que nombreux soient celles et ceux qui entreront dans cette démarche et que collectivement nous empêcherons la mise en œuvre de ces réformes. C'est pourquoi je me réserve le droit de faire connaître ma lettre et mon engagement autour de moi.
Je fais ce choix en pleine connaissance des risques que je prends, mais surtout dans l'espérance de construire une école du respect, de la coopération, de la solidarité, des progrès et de l’égalité des chances pour tous les élèves.
Je vous prie de recevoir, Monsieur l’Inspecteur, l'assurance de mes sentiments déterminés et respectueux.
Valérie Hillion
margot le 22/11/2008 à 23:23:22
il faut une reponse par ecole ou groupe scolaire afin d'eviter de se faire massacrer par son IA.
marc Monatte
PE jacquier mat toulouse
jeanne le 22/11/2008 à 23:02:23
refus de l'externalisation de la difficulté scolaire et maintien des enseignants spécialisés formés pour répondre de la façon la mieux adaptée à la spécificité des difficultés des enfants