Résistance pédagogique pour l'avenir de l'école

"En toute honnêteté, je refuse...", Lettre d'un instituteur de Paulhan (34) à son inspecteur

Philippe Cherpentier

adjoint classe élémentaire

CE2-CM1

école G. Brassens, 34230 Paulhan

co-secrétaire départemental de SUD Education.

 

Paulhan, le 17 novembre 2008

 

A M. L'Inspecteur de l'Éducation Nationale

circonscription de Lodève

 

 

Monsieur l'Inspecteur,

 

Je vous écris aujourd'hui pour vous faire part de mes réflexions et de mes décisions, qui m'amènent à entrer en résistance  contre les multiples réformes néfastes que nous subissons aujourd'hui dans les écoles.

 

Depuis septembre est mise en place « l'aide personnalisée » qui se déroule à raison d'une demi-heure le matin sur mon école. La mise en place de ce dispositif  sert de prétexte à la suppression des RASED.

 

Je suis extrêmement mal à l'aise pour expliquer aux parents de mes élèves que les faire lever tôt le matin avec quelques-uns de leurs camarades, pour travailler sur quelques « points non acquis » est une bonne chose pour leur enfant. De même comment l'expliquer aux élèves,  quand on sait pertinemment que mettre en place ce dispositif revient à accepter la disparition des RASED, alors qu'un grand nombre des élèves qui se trouvent dans ma classe bénéficient ou ont bénéficié des services indispensables rendus par mes collègues du RASED. Ces collègues ont reçu une formation importante pour travailler avec les enfants, mais aussi avec les parents. Ils font un travail spécifique que je ne peux prétendre remplacer en prenant « des petits groupes » tous les matins.

 

En toute honnêteté, je refuse de travailler cette façon. Aussi, j'ai décidé que dès la prochaine période, à la rentrée des vacances de Noël, après en avoir parlé aux parents, je prendrai ma classe entière, en deux groupes, pour travailler sur un projet (théâtre, journal, site internet de la classe...) que nous déciderons d'ici là avec l'ensemble de mes élèves.

 

Depuis l'an dernier, sont proposés des stages « de remise à niveau » pour les élèves de CM. Ces stages se déroulent dans un cadre de l'école pour des enfants « en difficulté ». Ils sont assurés, pour la plupart, par des enseignants payés en heures supplémentaires défiscalisées. Deux choses :

 

- Cette défiscalisation participe au démantèlement des droits sociaux (en particulier sécurité sociale). Quel rapport avec mon métier ? Beaucoup de mes élèves qui connaissent des difficultés d'ordre scolaire sont aussi issus de familles qui sont en difficultés sociales. Accepter un tel dispositif revient à mettre ces familles encore plus en difficulté, avec, par exemple le non remboursement de leurs dépenses médicales !

 

- sur le plan strictement pédagogique, je suis convaincu que le cadre proposé n'est pas adapté pour aider et surtout valoriser mes élèves. Au contraire, ces dispositifs participent à leur stigmatisation. Leur ressentiment compréhensible sera plutôt d'être privé d'une partie de leurs vacances car ils « ne sont pas bons ».

 

En toute honnêteté, je refuse de travailler de cette façon. Je ne me porte évidemment pas volontaire pour ces stages, mais je ne fournirai plus désormais les noms d'élèves susceptibles de subir ces stages de remise à niveau. Je préfère travailler (bénévolement) en lien avec les structures associées à l'école, comme la bibliothèque municipale, qui met en place gratuitement, pendant les vacances, des projets autrement plus bénéfiques aux apprentissages, et qui valorisent les enfants.

 

Enfin, depuis la rentrée, le « service minimum d'accueil » est appliqué. C'est un dispositif de limitation inacceptable du droit de grève des salariés, et ça le sera encore plus lorsque les décrets d'application concernant le dépôt des préavis de grève seront parus. D'autre part les élus de ma commune ont délibéré démocratiquement en Conseil Municipal, et refusent la mise en place de ce dispositif. La commune est pour cela, comme 22 autres communes dans le département, assignée devant le Tribunal Administratif par M. le Préfet.

 

En toute honnêteté, je refuse de participer aux attaques contre le droit de grève. Aussi, en réponse à l'appel de mon organisation syndicale, et par solidarité avec les élus de ma commune, je n'envoie pas de déclaration « d'intention » lors des mouvements de grève. Je continue bien évidemment à prévenir le plus tôt possible les parents de mes participations aux journées de grève.

 

Je suis conscient des conséquences possibles pour moi de cet acte de désobéissance que je rendrai publique.

 

Je vous prie de croire, Monsieur l'Inspecteur, en ma détermination et à mon attachement à un service public d 'éducation qui participe à l'émancipation des élèves et qui respecte ses personnels.

 

 Philippe Cherpentier


Une lettre type modulable à envoyer à son inspecteur est proposée en page d'accueil du site pour celles et ceux qui veulent participer à ce mouvement.


         Voir également d'autres Lettres de profs "Je refuse d'obéir" sur le blog.

         Les commentaires comprenant des insultes et des grossièretés sont systématiquement retirés du blog.

 



Article ajouté le 2008-11-16 , consulté 5711 fois

Commentaires


Emmanuelle le 30/11/2008 à 02:01:17
Outre mon soutien à Philippe, je voudrais également répondre à Monsieur Asic:
Quand vous dites:
"ce n'est pas de votre responsabilité de choisir la pédagogie"
Ah bon ?! Je vous serais reconnaissante, cher monsieur, de m'indiquer qui doivent être les responsables du choix d'une pédagogie, si ce ne sont les enseignants (en attendant, je ne manquerai pas, à la première occasion, de demander à mon médecin s'il a les compétences requises pour choisir tel ou tel traitement, ou si je ne ferais pas mieux de m'adresser à mon garagiste)
Quant aux programmes : effectivement, on ne nous a rien demandé, ce n'est qu'un des nombreux points sur lesquels le bât blesse.
A propos de vos commentaires au sujet de nos journées et de nos vacances, je les accueille avec un mépris profond, ce qui, j'en suis bien consciente, vous laisse certainement de glace.
Vous proposez "obéissez ou démissionnez !" et vous osez parler de comportement antidémocratique ? Pour ma part, je ne souviens pas d'avoir promis au début de ma carrière, que j'obéirai aveuglément à toutes les inepties que proclameront les divers ministres de l' Education Nationale.
Je finirai par cette question, monsieur Asic: que font vos enfants dans l'enseignement privé ? Sans doute attendez-vous, pour leur faire (ré?)intégrer l'école publique, que le gouvernement actuel, auquel vous semblez accorder toute votre confiance, l'ait totalement détruite.
floradelsol le 22/11/2008 à 19:22:48
"Jeune retraitée", je partage votre avis!DaNs les hautes sphères, on a toujours su ce qui était bon pour nous,sans jamais nous demander nos besoins réels!!!On nous demande jamais notre avis ou si peu!Un jour un inspecteur nous a dit:"Moi ,je suis votre étoile polaire, vous vous êtes au ras du sillon."..Une formule qui en dit long!Nous pauvres exécutants,mais ce cher inspecteur lui n'avait jamais géré une classe !
C'est du haut comique!Des réformes,j'en ai vues depuis 1968 où j'ai fait ma première classe!!!
Les enseignants en ont "marre "des réformes à chaque gouvernement!C'est usant, fatigant et déstabilisant,sans réels profits pour les élèves!On brûle ce qu'on a adoré !
Ma fille voulait enseigner, elle a changé de voie et j'en suis heureuse pour elle,pourtant moi j'ai aimé ce métier difficile,très prenant ,mais j'ai fini par me lasser de tout le cirque qui l'accompagnait!!!Et de n'être pas écoutée!
Jai mis un commentaire sur le même sujet sur le Figaro!


une petite citoyenne le 22/11/2008 à 17:03:30
Merci à Jean-Marc et à Franck pour leurs réponses à Jéjé et Asic.
Je tiens également à ajouter mon grain de sel et à leur faire remarquer certaines choses.
Vous parlez de mépris pour le secteur privé, où voyez-vous ça ? Refuser la privatisation de ce qui est encore aujourd’hui (et j’espère pour longtemps) le service public d’éducation ne signifie pas être « contre » l’intégralité du secteur privé ni mépriser « le reste de la société civile ».
Ceux qui parlent du « confort » des enseignants sont à mon sens les plus ignorants et les plus méprisants. Passez ne serait-ce qu’une journée devant une classe et une soirée à préparer vos cours, vous changerez d’avis. Les enseignants aiment leur métier, ce n’est pas pour cela qu’il est facile. Je ne vous demande pas de les plaindre mais intéressez-vous un peu à la « vrai vie », comme vous dites, de ceux qui enseignent à vos enfants.
Certes le président a été élu et son mandat est de 5 ans. Mais pensez-vous qu’être citoyen c’est aller voter une fois tous les 5 ans et ensuite penser « Ils sont élus, qu’il fassent ce qu’ils veulent, je n’ai rien à dire. » ? Chaque citoyen a le devoir de dénoncer l’action du gouvernement quand il estime qu’elle va à l’encontre de l’intérêt général, être ministre ne donne pas tous les droits.
Vous parlez de courage et d’assumer ses idées. Ne pensez-vous pas que Monsieur Cherpentier fait preuve d’infiniment plus de courage en s’exposant aux sanctions de sa hiérarchie pour défendre la qualité du service publique d’éducation plutôt qu’en démissionnant simplement, en laissant les autres se débrouiller avec les problèmes ?
Je constate pour finir que vous n’apportez aucun argument en faveur des réformes gouvernementales contre lesquelles se dresse Monsieur Cherpentier. Peut-être devriez-vous les étudier de plus près, vous seriez je l’espère moins prompt à acclamer le président de la république et son ministre…

Mathieu le 22/11/2008 à 16:43:42
A Marianne, Jean-Marc 45, Philippe et les autres :
Merci pour vos messages d'encouragement, j'espère juste tenir le coup dans ce métier qui, quoiqu'en pensent nos détracteurs, est un boulot difficile.

J'ai beau essayer de tourner les mots dans tous les sens, rechercher les arguments qui feront mouche contre ceux qui ne voient dans l'Education Nationale qu'un ensemble de fainéants privilégiés qui ont des vacances à ne plus savoir qu'en faire, je me dis que rien ne remplacera l'immersion de ces personnes dans la vie d'un enseignant.

Et contrairement à ce que pensent ces personnes, les enseignants connaissent aussi le privé ! Pour ma part j'y ai travaillé, et je n'ai jamais autant bossé que depuis que je suis instit, ça me rend malade de lire des messages pareils.

Bref, peu importent les incrédules qui resteront sans doute sourds quoiqu'on dise, qu'ils pensent bien ce qui leur fait plaisir, il leur restera au moins ça quand tous les services publics seront morts...


cathou37 le 22/11/2008 à 01:11:31
Merci à Jean-Marc pour sa réponse à Jéjé et Asic.
Loin de nous l'idée d'opposer le publique et le privé. Nous défendons NOTRE profession, il me semble que nous en avons le droit !
Quant à moi, je suis professeur des écoles, j'ai 53 ans, je gagne 2000 euros par mois (12 mois, sans prime) et je travaille 50 heures par semaine. Je ne me sens pas particulièrement privilégiée ! Heureusement, j'ai une chance inouïe : j'aime mon métier et mes élèves ... ouf !
Courage à tous.
jean-marc 42 le 21/11/2008 à 19:24:35
Pour Jéjé et Asic
Je suis surpris de la teneur de votre message et ayant plus important à faire qu'à répondre à des provocateurs je serai donc court. En premieu lieu je ne comprends pas la violence du propos de Jéjé.Chacun d'entre nous a dans sa famille, ses amis, ses proches des gens dans le secteur privé et je vois pas dans les commentaires un quelconque mépris pour les autres. Fils d'ouvrier, la vie je la connais, mais vous même ne connaissait pas l'école de l'intérieur et pourtant il semble que votre mépris soit bien réel. Pour vous Asic, vous avez raison : notre action est bien politique. En effet nous nous intéressons de très près à la vie de la cité, aux conséquences des changements dans l'éducation pour l'ensemble des enfants. A contrario, votre démarche est elle politicienne, donc basse et vous avezen face de vous de vrais républicains qui ont publié votre message. L'inverse se serait-il produit ?
Pour les autres courage, les choses bougent.
Marc le 21/11/2008 à 19:23:10
Laius très politique.

Il faudra m'expliquer en quoi le SMA est un dispositif de limitation du droit de grève. Il consiste éventuellement en une limitation du pouvoir de nuisance d'une certaine categorie d'employés, pouvoir que nous n'avons malheureusement pas tous. Et c'est peut-être cela que vous semblez regretter le plus.

Quant au sujet de la defiscalisation des heures supplémentaires entrainant irrémediablement la chute du système de sécurité sociale, je n'arrive juste pas à comprendre le pourquoi du comment. Il faudra m'expliquer comment des heures qui n'étaient pas payées auparavant et donc non génératrices de cotisations supplémentaires peuvent désormais manquer à la balance de la sécu.

Finalement comme je ne comprends rien à rien, je vais retourner à mes chères études (si je trouve un prof de disponible).
franck le 21/11/2008 à 18:20:48
Quand un gouvernement pense plus à la logique financière pour l'école qu'au pédagogique, quand un gouvernement pond des réformes à la hâte juste pour faire des économies de budget, quand un gouvernement méprise les avis des enseignants qui sont en contact quotidiennement avec les élèves et savent, eux , de quoi ils parlent, alors OUI il faut désobéir!
Quant à ceux qui n'y connaissent rien au métier d'enseignants et pensent que leurs journées ne sont pas "très" épuisantes, je l'invite à prendre une classe et il verra...L'école ne s'arrête pas aux heures devant les élèves, mais il y a autant de travail à la maison. Quant aux vacances à ne plus finir, qu'il mette en rapport les salaires qui perdent chaque année du pouvoir d'achat, avec le niveau de diplôme, en général BAC + 3 et bientôt BAC +5 et qu'il compare à niveau égal les salaires du privé! Au moins la différence de salaire est compensée par les congés! Et s'il prenait une classe à l'année il verrait que les congés scolaires ne sont pas superflus...Quand on ne sait pas de quoi on parle, on s'abstient au lieu de sortir des préjugés et des stéréotypes sortis du café du coin!
fab le 21/11/2008 à 14:33:53
Bravo, tout simplement. Je ne voudrais pas tomber dans la vulgarité mais j'ajouterais ceci "en voilà un qui en a..."du courage bien sûr! Il en faut et il en faudra pour tout le monde mais, Philippe, vous pouvez vous regarder dans un miroir tous les matins, tout le monde ne peut pas en dire autant!!!
je vais diffuser largement votre action.
merci
Fabienne
asic le 21/11/2008 à 11:39:32
Soyez logique : Démissionnez !

Votre comportement est antidémocratique. Vous obéissez aux ordres de votre ministère qui est dirigé par un gouvernement élu par la majorité des Français.
Ce n'est pas de votre responsabilité de choisir la pédagogie, les programmes... On ne vous a rien demandé et en avez-vous les compétences.

Les opinions défendues dans votre lettre sont plus politiques que pédagogiques (heures défiscalisées...)
Si celà ne vous convient pas, vous avez le droit (le devoir ?) de démissionner.
En attendant, moi athée convaincu, je suis bien content que mes enfants soient dans le privé.

Contrairement à ce que vous et vos collègues de gauche clament et préjugent, il y a encore une majorité qui soutient le président actuel et son gouvernement. De plus il est élu pour 5 ans. Les sondages ne sont pas des élections, notamment parce qu'ils présentent un avis absolu et non pas relatif (choisir).

Vous êtes fonctionnaire, vous avez la sécurité de l'emploi, des vacances à n'en plus finir, des journées pas "trés" épuisantes, des formations pendant vos heures de travail... donc vous obéissez ou vous démissionnez.

Celà demande un courage, celui de ses idées, que vous n'avez certainement pas. (Compte tenu de la hauteur des idées, celà ne le vaut pas effectivement.)

Quand je lis les commentaires de votre blog, tous orientés dans votre sens, j'ai des doutes sur la publication de mon message.

Jéjé site : http://www.education.gouv.fr/cid1129/caen.html | le 21/11/2008 à 11:30:45
Bonjour à tous.
Je ne sais si je dois rire ou pleurer en lisant vos messages.
Je ne doute nullement ni de votre motivation à poursuivre cette contestation ni de votre dévouement pour l'école que vous défendez (quoique...). Mais votre mépris pour le reste de la société civile m'interpelle.
Je suis un salarié du privé. Mon expérience de l'éducation nationale se résume à ce que j'ai vécu jusqu'en thèse, et mes 3 enfants sont actt en primaire.
Votre situation est d'un confort inouïe en comparaison des millions d'autres salariés de ce pays et aux milliards d'exploités de ce bas monde.
Je forme 2 voeux:
1- que vos enfants / conjoints travaillent hors fonctionnariat et vous parle de la "vrai vie"
2- que vous assumiez votre confort et le droit à l'évaluation de votre performance individuelle.
François le 20/11/2008 à 20:25:47
Ne démissionnez pas, ne reculez pas d'un pouce! D'abord pour nos élèves, pour l'exemple que nous sommes pour eux. Pour leur avenir aussi. Même si parfois on aimerait bien faire la grève du zèle et laisser aller nos grands chefs au bout de leurs bêtises pour leur mettre le nez dedans une bonne fois pour toutes. Mais ce serait sacrifier une génération...et ce n'est pas concevable. Mais comment un pays peut-il refuser d'investir dans la formation de ses enfants? Par quelle régression (lisible par nos politiques, ils ne prennent qu'un minimum de risques) des dirigeants peuvent-ils prendre des décisions qui défavorisent les enfants au nez des parents, ceux-là même qui les ont élus? Et oui!!! Ca me dépasse. Ne faut-il pas sacrifier une génération pour que le peuple français entre enfin en résistance? Toujours au dernier moment, in extrémis comme l'Histoire le démontre souvent...
Bref, restons là, dans pas longtemps on aura besoin de nous... La question est de savoir quand ils s'en rendront compte...
François, petit prof d'svt, le truc qui sert à rien. (Ca forme pas à la santé, ca ne developpe pas non plus l'esprit scientifique, sinon on penserait à le garder, pas à en faire une option au lycée... ou alors ca développe en même temps esprit critique et esprit d'analyse, ce qui pourrait bien être risqué si l'on attends de bon petits citoyens un peu benêts et très consommateurs...) Je vous laisse, bises à tous pour garder le moral!
A Manosque, 04.
proselytisme le 20/11/2008 à 15:47:19
bonjour à tous!
je suis dans la fonction publique(chu)36ans,mère d\'1enfant de 9ans,je me bats au quotidien pour l \'éveil des consciences!Et je me heurte à la hiérarchie, à la bêtise,au règne du pouvoir
\"Si nous nous acquittions de nos devoirs,nos droits nous apparaîtraient plus clairement\"(gandhi).
Merci à tous les hommes \"contestataires\",courageux,honorables qui oeuvrent pour un monde plus juste,plus humain dans un unique but:l\' intérêt collectif et non personnel!Il faut se sentir concerner par tout,et tout le temps,penser aux autres,aux générations futures,se battre pour l érudition et la justice!Et mettre à profit toutes nos expériences pour s\'enrichir des différences pour tendre vers le \"bien\"et améliorer ce monde!
\"penser est facile,agir difficile,agir selon sa pensée est la chose la plus difficile au monde\"(Goethe)
Alors TOUS ENSEMBLE!L UNION FAIT LA FORCE!
P Jacques le 20/11/2008 à 00:57:46
Bravo pour cette forme d'action, vos idées, votre radicalité et votre enthousiasme qui pourraient bien être "contagieux". Je viens de découvrir une autre lettre similaire -Philippe Cherpentier dans l'Hérault- que j'ai transmis à mes contacts. Il faut diffuser, communiquer autour de cette politique actuelle et des formes d'alternatives que vous proposez, buzzer massivement ces nouvelles. Une étape nécessaire pour toucher le grand public au-delà des cercles militants habituels : la publication dans la presse écrite. S'il faut souscrire, je suis partant.
antoine et abiba le 19/11/2008 à 23:51:01
salut camarade,

ta lettre apporte un peu d'espoir à notre colère et notre désarroi d'enseignants déboussolés ...on se sent usés comme si l'année touchait à sa fin alors qu'elle ne fait que commencer! tout ça à cause du nouveau rythme d'enfer imposé depuis cette rentrée: maintenant la semaine à l'école c'est 24h chrono !
Nous serons en grève demain pour dénoncer la situation de l'école publique touchée par le libéralisme et ses valeurs anti démocratiques.

merci pour ta lettre, nous te soutenons avec force
tiens nous au courant de la suite des évènements.


Philippe le 19/11/2008 à 23:30:59
Bonjour à toutes et tous,

Je vous remercie pour votre soutien. Je ne peux matériellement répondre à tous les messages.

L'entretien avec mon inspecteur ce matin s'est bien passé. Il m'a rappelé mes obligations de fonctionnaire, et je lui ai confirmé que je maintenais ce qui était dans la lettre. Comme Alain Refalo, Roland Braun, et sûrement les autres collègues qui envoient des lettre à leurs IEN, je serai vraisemblablement convoqué par l'inspecteur d'académie sous peu.
Pour Jean-Marc: Merci à toi. Je vous tiendrai informé des suites, bien sûr

Je remercie Marianne, ancienne IEN, pour son petit mot. Même s'ils ne peuvent le dire avant d'être à la retraite ;-), je suis persuadé que beaucoup d'IEN désapprouvent les orientations actuelles pour l'école.

Pour mes jeunes collègues Coralie et Mathieu.
J'ai un peu dit la même chose que vous à mon inspecteur ce matin: quand j'ai "signé" pour être enseignant, en 1992 ou 1993, ce qu'on me demandait était différent de ce que c'est devenu en quelques années. Jusqu'en 2002, les programmes et la conception de ce qu'est l'école, à mon avis, ont évolué de façon positive, affirmant, par exemple que "l'élève est au centre du système éducatif".
Aujourd'hui, ce ne serait plus l'enfant, mais le "savoir" qui serait au centre, et il faudrait rationaliser ce savoir (au sens de le rendre rentable). Alors, effectivement, c'est une conception fondamentalement différente de ce qu'elle était. Ce qui entraine, à mes yeux, ce que vous dénoncez.
Je choisis pour l'instant de rester dans l'Education Nationale, car je compte bien me battre pour faire en sorte que l'école reste un lieu de respect des enfants, de leurs différences, de leur rythme... Pour obtenir tout cela, il faut être nombreuses et nombreux. Et je crois que vous manqueriez à l'Education Nationale si vous quittiez vos école et collège!

Bien à vous tous
Philippe Cherpentier, instit à Paulhan, Hérault

PS: A tout le monde: quand il y a un message un peu provocateur, comme c'est parfois le cas, le mieux me semble être de ne pas répondre à la provocation, et de dire simplement "je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites"...
Jean-Marc 42 le 19/11/2008 à 22:11:13
Message pour Mathieu,
Je comprends ton découragement et je t'invite surtout à rester enseignant car ton changement professionnel prouve bien que tu portes les valeurs de l'école. Ne renonce donc pas mais rejoins-nous plutôt. Ton commentaire ferait une excellente lettre à poster à ton IEN.
Courage, Jean-Marc Hostachy.

Message pour Philippe.
Comment s'est passé la convocation chez l'IEN. Tiens nous informer de suites.
Marianne le 19/11/2008 à 22:04:30
Inspectrice départementale en retraite depuis 15 ans je partage votre colère devant les coups portés à notre école de la République et j'admire votre engagement au service de l'enseignement et des enfants ainsi que votre courage à résister.
@Mathieu @Coralie
Je me permets de vous dire:ne quittez pas,l'école,les enfants ont besoin d'enseignants comme vous.
Mathieu le 19/11/2008 à 14:59:35
Philippe, cher collègue,

Je suis un nouvel instit, mais déjà je me demande si je ne risque pas de démissionner.

En effet, ils sont loin les espoirs que je fondais en l’Ecole, en la possibilité d’offrir à chaque citoyen en devenir les outils pour s’épanouir dans une société démocratique. Oui, c’est comme cela que je voyais les choses, c’est pour cela que d’ingénieur je suis devenu instit, car je pensais que s’il y avait un endroit où je pouvais être utile, c’était précisément là où l’on peut transmettre les valeurs de la république, là où l’on peut apporter esprit critique et aide à certains enfants démunis.

Voilà donc deux années que je suis dans la maison, et malgré mon peu d’expérience je constate avec quelle rapidité l’Education Nationale se casse la figure :
- Fin des RASED, donc fin de l’aide aux enfants en grande difficulté (de la bouche même du ministre, le soutien individuel permettrait de soutenir la petite et moyenne difficulté) ;
- Toujours moins de postes, donc plus d’élèves, et donc moins de temps pour les élèves en difficulté ;
- Une mascarade d’aide avec des heures sup pendant les vacances qui n’illusionnent que ceux qui ne connaissent pas le monde de l’école ;
- Fin des postes fléchés en langues qui permettent aux enseignants d’avoir une aide d’un enseignant habilité en langues ;
- Fin des barèmes à l’ancienneté puisque désormais ce sera l’Inspecteur d’Académie qui aura le dernier mot quant aux mouvements ;
- Des heures à justifier (60h d’aide, 20h de rencontre avec les parents etc.), à la limite de l’insulte pour notre profession quand je vois dans mon école avec quelle dévotion nous donnons nos heures sans compter ;
- Un flicage renforcé : il va être mis en place une veille médiatique pour détecter les leaders d’opinion dans la presse et sur le net.

Pour assombrir ce tableau, il faut que vous sachiez que les jeunes enseignants ont une pression supplémentaire : durant l’année de formation (PE2), ce sont désormais les inspecteurs qui valident notre recrutement. Cela a eu pour conséquence de durcir les conditions de formation puisque nous étions constamment préoccupés par les multiples visites toutes ponctuées d’un rapport envoyé entre autres à l’inspection. Pour ma part j’ai été « visité » plus de 15 fois, je me suis senti sans cesse surveillé, jugé, critiqué, et au final humilié. Je suis loin d’avoir été le seul dans ce cas.

Voilà comment, sortant d’une année d’humiliation et de remises en questions, je suis en proie aux doutes quant à mon métier lorsque j’observe le mauvais temps qui s’annonces dans les années à venir.
Où cela va-t-il nous mener ? Tout ce qui est déconstruit n’a pour conséquence que d’empêcher les enseignants de faire leur travail en toute sérénité, et surtout, surtout, nuit à l’éducation des enfants.
Que va-t-on faire des enfants en grande difficulté ? Va-t-on les laisser s’épuiser dans un système qui n’est plus fait pour eux ? Va-t-on devenir des instructeurs plutôt que des éducateurs ? Va-t-on devenir la caution d’un système qu’on ne peut plus cautionner ?

Voilà pourquoi, cher Philippe, je te remercie pour ton engagement, voilà pourquoi des exemples tels que les tiens me font penser que plutôt que de démissionner, je ne ferais pas mieux de résister, moi aussi, malgré les risques que j’encours du fait de ma toute nouvelle situation.

Sincèrement, Mathieu.

bruno le 19/11/2008 à 11:06:18
Un petit mot de soutien pour votre attitude courageuse et parce que le pouvoir d'un être humain ne se résume pas à son pouvoir d'achat.
domi le 19/11/2008 à 10:25:14
BRAVO!!c'est tous les enseignants qui devraient réagir de la sorte!! et les parents vous soutenir!! on est tous dans le meme bateau et si cela continue ainsi, on va tous couler!! IL FAUT REAGIR!!avant qu'il ne soit trop tard!! c'est ce que vous faites et je vous en félicite du fond du coeur!!
renani le 19/11/2008 à 07:58:19
Depuis hier soir je parcours ce site et je lis les commentaires avec joie. Cet enthousiasme pour la révolte me parait tellement justifié...je ne croyais pas qu'il pourrait voir le jour. Il faut absolument que votre exemple soit suivi peut-être par des enseignants regroupés par établissement ou par circonscription car le risque de sanctions existe mais c'est ce risque que vous avez pris qui provoque notre admiration et qui doit faire boule de neige. Et si ces sanctions avaient lieu j'ose espérer que les soutiens multiples seraient là. En tous cas merci!
Annie Retraitée de l'EN
conseilnationalrésistance le 18/11/2008 à 23:41:44
UN GRAND BRAVO à vous comme à Rafelo et le directeur de colmar !! Tout le conseil national de la Résistance réactualisé depuis l'élection du despote et ses sbires
se joint à moi pour vous apporter toute notre solidarité, soutien massif et encouragement à continuer vos luttes et résistances ! c'est un acte de civisme et de désobéissance citoyenne légitimée par ce gouvernement aveugle et dévoué au culte du Dieu pognon!
quentin le 18/11/2008 à 23:16:28
je suis de ceux qui vont aux bout de leur convictions quite à en payer les pots cassés.
Et si tout ceux qui sont d'accord avec vous (et qui bien sur sont dans ces métiers de l'éducaton)on le courage de dire ce qu'ils pensent de la même façon alors peut-être que les choses changerons.
bon courage et bonne lutte!

Heridel B le 18/11/2008 à 22:29:47
Merci pour cette magnifique lettre. Je vous soutiens de tout coeur ! Je crois en l'école publique pour tous et je n'ai eu qu'à me féliciter du travail des instituteurs, pour moi, puis pour mes enfants... Je crains fort que l'école qu'on nous prépare ne forme plus des hommes mais des robots prêts à avaler n'importe quel idélologie médiatique. C'est triste mais votre lettre donne de l'espoir !
marie-christine le 18/11/2008 à 22:28:54
toutes ces félicitations ne peuvent que vous toucher.C'est bien.Mais toutes ces personnes là devraient être avec vous et faire la même chose çà c'est de la solidarité alors ne laissons pas ce monsieur tout seul et agissons car les sanctions c'est lui individuellement qui va les avoir et là ,nous,vous ou seront nous.
corinne22 le 18/11/2008 à 21:48:13
Bravo! Si seulement ça pouvait être le début de quelque chose qui bouge! ça va causer dans la rue jeudi prochain!
carole le 18/11/2008 à 20:50:10
Bravo ! Que la lutte commence ...
Dens16 le 18/11/2008 à 20:11:07
Oui, soyons nombreux !
Entrons en RÉSISTANCES !
Résistance face aux nouveaux programmes.
Résistance face aux horaires de "soutien".
Résistance face à l'atteinte au droit de grève.
Résistance face aux mépris de notre ministre.
Résistance face aux menaces sur l'école Maternelle.
R2sistance face aux projets de division du corps enseignants (primes...)...la liste est longue et surtout, l'expliquer aux parents, à nos inspecteurs,aux municipalités ! Nous sommes responsables quand même !!

Christophe le 18/11/2008 à 19:44:36
BRAVO ! MERCI ! Je diffuse ...
J'espère que l'ensemble des syndicats vous soutiendra et diffusera ce message de bonne volonté en faveur des futures générations ...

simeau christine le 18/11/2008 à 14:41:24
bravo pour votre courage de résistant!
Instit en retraite depuis 4 ans, je suis catastrophée par la "casse" organisée de l'école publique! Je serai ds la rue le 20-11 pr défendre l'école de mes petits-enfants
bon courage!
claudie le 18/11/2008 à 12:32:56
Tout à fait d'accord avec votre "désobéissance"
Que beaucoup fassent de même
Colombe 50 le 18/11/2008 à 11:00:17
C'est du jamais vu ! Malgré la "veille" de nos écrits sur la toile ; il ne faut plus obéir à certaines réformes en toute conscience et le dire à la hiérarchie, aux médias. Je diffuse largement les informations à mes ex-collègues car je suis retraitée depuis un an. Notre famille compte beaucoup d'enseignants...Nous serons nombreux le 20 novembre.
Bon courage.
coralie 82 le 18/11/2008 à 10:37:18
Bravo monsieur pour cet élan de résistance que vous nous suggérez ! Félicitation pour cet engagement et quel courage!
Je suis jeune enseignante dans le secondaire et je ne sais pas si je finirai prof au vue des bouleversements au sein de notre école publique. Je perds un peu la foi concernant la réalisation d'une Education Nationale Publique, et j'ajouterai : Laïque.
Est-ce que l'esprit unitaire de notre corporation existe toujours?
l'engouement d'un mai 68 était-il possible?
Il faudra une sacré dose de courage que beaucoup de jeunes n'ont plus!
Bravo en tout cas pour votre action!
Coralie Gonzalez
Monique le 18/11/2008 à 00:08:11
BRAVO
A propos de l'aide personnalisée.Je propose aussi à tous mes élèves de MS et je travaillerais sur mon projet de classe lié à un projet de circonscription "petit DOM". Projet arts visuels sur l'identité (je travaille en Guadeloupe)qui me tient à coeur.Je valoriserai toujours le travail fait en maternelle et m'insurge contre ceux qui décident de laisser nos élèves s'abrutir devant la télé, parce que ce sera comme ça!!!

Jean-Marc42 le 17/11/2008 à 23:59:43
Avec toi Philippe nous sommes maintenant 4 ou 5. J'espère que cela va s'amplifier car nous défendons tous ici une certaine idée de l'école. Je mail dès ce soir ta lettre. Avant jeudi, si on pouvait être plus nombreux serait une pure merveille. Continuons, courage.
Jean-Marc Hostachy

Olivier le 17/11/2008 à 22:46:02
Votre dévouement au sort des enfants en difficulté est sincère.

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