Commentaires
FRAPARDENNES le 20/11/2008 à 00:16:10
Enseignant en maternelle, j'ai été outré par les propos d'un ministre qui met en cause mes compétences professionnelles, alors que ses propres compétences mathématiques laissent perplexe ! Je serai en grêve demain, comme la majorité de mes collègues de maternelle, les primaires ont décidé de ne pas nous soutenir, sympa ! A lire toutes ces réactions, entrons en résistance pédagogique ! Mettons un mouvement en place, un site internet, un logo visible dans les manifs,soutenons les résistances individuelles qui sont risquées pour leurs courageux auteurs ! Quelque chose de nouveau, fédérer les problèmes de chacun et créer un réseau, quand certains partis politiques se déchirent et que les syndicats n'assurent pas toujours leur rôle, la parole peut être prise par la base via internet ! Résistance !
NANGAM le 18/11/2008 à 21:53:49
voici quelques informations qui doivent faire réfléchir :
Main basse sur l’École publique
Résumé
L’Éducation nationale, née de l’idéal de l’école laïque, gratuite et obligatoire, est aujourd’hui en danger de mort. Sous la menace d’une croisade qui, portée depuis plus de 15 ans par les franges catholiques les plus intégristes des mouvements ultra-libéraux, s’invite désormais au cœur de la réforme économique menée par l’actuel gouvernement.
Hallucination, fantasme ?
Hélas, ce scénario catastrophe n’est pas une lubie surgie de l’imagination fantasque d’un auteur de science-fiction. A l’heure où l’opinion prend la mesure des récentes et violentes remises en question du principe de laïcité en France, il est grand temps de s’interroger, sur ce que peut cacher le discours de Nicolas Sarkozy au Latran, en direction de nos chères têtes blondes. La mission éducative qu’entend mener Monsieur le chanoine d’honneur du Vatican, signerait-elle la fin de l’école publique ?
Ceux qui veulent en finir avec l'éducation nationale :
Depuis plus de 15 ans, dans un relatif secret, un certain nombre de groupements relevant d’une même nébuleuse clérico libérale, s’agitent en catimini. Leur but ultime : démanteler l’Éducation nationale et l’ensemble de son service public. Une croisade amenée avec prudence et minutie. Mais une détermination néanmoins implacable.
Au cœur de cette nébuleuse, à droite de la droite, une douzaine d’associations : « Enseignement et libertés », « Créateurs d’écoles », l’« OIDEL », « SOS Éducation », « FSP- Fondation de service politique », « Créer son école », « CLE- Catholiques pour les libertés économiques », « ILFM – Institut libre de formation des maîtres», « Fondation pour l’école », « Famille et libertés », « Mission pour l’école catholique »…ou encore, l’ALEPS, « association pour la liberté économique et le progrès social », filiale ultra-libérale du MEDEF, créée dans les années 60, dans le sillage de l’UIMM.
Leurs « penseurs », leurs activistes, s’inscrivent dans la mouvance des idées agitées dans les « think tanks » de l’extrême droite, au sein du Front National, du Club de l’Horloge. Voire, pour certains…de l’Opus Dei.
Toutes réclament, à corps et à cris, l’avènement de la « liberté de l’enseignement » en France. Qu’entendent-elles par « liberté » ? Il s’agit en fait, d’organiser la mise en concurrence des établissements scolaires, dans une optique de concession de service public voire de marchandisation de l’école.
Celle-ci garantirait une « offre scolaire diversifiée », sensée répondre à une attente désespérée des familles, injustement privées de leur liberté de choix... Des mots d’ordre libéraux bon teint, en apparence, mais qui, en réalité, servent opportunément la vision cléricale de ces nouveaux croisés. Ceux-ci n’espèrent rien d’autre que le retour à l’école d’antan. Celle d’avant la République, aux mains de l’Église.
L’école publique laïque, voilà l’ennemie
A en croire plusieurs des associations précédemment citées, au premier rang desquelles, l’hyperactive et bien nommée « SOS éducation », nous serions à la veille d’un cataclysme insoupçonné. L’œuvre de Jules Ferry serait devenue un véritable bourbier, une sorte d’antre du Diable porteur de tous les signes de décadence de notre époque, coupable d’une entreprise criminelle de corruption des mœurs de la jeunesse. Cette école serait aux mains des syndicalistes de l’Éducation nationale, omnipotents héritiers du bolchevisme, décidés, couteau entre les dents, à faire de nos chères têtes blondes de la graine de révolutionnaires nihilistes. Les programmes scolaires sont stigmatisés, accusés d’intelligence avec l’ennemi, par la diffusion d’une vision marxiste et culpabilisante de l’histoire mondiale… Des profs incompétents et démissionnaires, impuissants à endiguer la violence et l’échec scolaire montrés du doigt à toute occasion. Au final, tous les maux de notre société, seraient imputables à ce Monstre froid, mammouth ingérable, fossile « comparable à l’ex-armée rouge ».
Ces associations ne se contentent pas de stigmatiser les errances du système éducatif, de la méthode globale rendue responsable d’un illettrisme galopant, du contenu des programmes ou de la baisse alarmante du niveau depuis plusieurs décennies.
Elles vont bien plus loin. « Dans le concert des «déclinistes», rapporte un article de Libération le 6 novembre 2006, « SOS Éducation est à part. Elle ne compte pas de personnalités dans ses rangs et cherche désespérément des alliés (…) Le 24 octobre, Sauver les lettres, Sauver les maths et Reconstruire l'école ont publié une lettre au vitriol, qualifiant SOS Éducation de «groupuscule malfaisant». Car, au-delà de constats communs, leurs buts divergent radicalement. Dans la tradition laïque et républicaine, les trois associations réclament une école plus performante. SOS Éducation vise son affaiblissement, voire sa disparition. Le 17 septembre 2005, devant le Cercle Frédéric Bastiat qui se veut un haut lieu de la pensée, Vincent Laarman (Président de SOS Éducation, NDLR) annonçait la couleur : il n'y a d'espoir que «si l'Éducation nationale se trouve menacée dans sa survie par la concurrence d'un grand secteur éducatif libre». Et de citer les États-Unis en exemple. »
Le but ultime ne serait-il pas, au prétexte de libérer l’école, de faire disparaître l’école publique ?
A l’ombre de l’Opus dei
Mais les questions éducatives ne monopolisent pas leurs foudres guerrières. Certaines associations entendent bien, aussi, se mêler des questions touchant plus intimement au « progrès des sociétés humaines », tel qu’elles le conçoivent. C’est que l’avortement, la contraception, les prises de positions de Jean Paul II puis Benoît XVI figurent parmi quelques-unes de leurs préoccupations essentielles.
Dans notre nébuleuse, CLE, Catholiques pour les Libertés économiques, dont les locaux se situent à l’adresse même du siège de l’Opus DEI en France. Son Président, Michel de Poncins, fut l’un des conseillers économiques de Jean-Marie Le Pen.
Ou encore, l’OIDEL. Une ONG très influente pour le “Droit à l'éducation” et la “liberté d'enseignement”, reconnue par l’ensemble des institutions européennes, mais dont l’appartenance à l’Opus dei est révélée dans force sites, documents officiels du gouvernement fédéral genevois, et par l’engagement reconnu « à l’œuvre » de plusieurs de ses membres éminents.
Un document extrait d’un rapport comparatif de l’OIDEL sur 85 pays non encore publié est diffusé opportunément, en avant première, le 22 avril 2007, à l’issue du premier tour de la présidentielle, pour développer la « liberté d’enseignement en France ». Pourtant, il n’y a pas péril en la demeure de France nous sommes en 5ème position. Que signifient cette pression et la publication de ce programme d’action à ce moment de la campagne ? Que d’attention de la part de cette ONG européenne pour notre pays, en particulier à l’occasion de son Symposium de Lisbonne des 7 et 8 septembre 2007. L’OIDEL se penchait sur notre carte scolaire avec le concours des parents d’élèves des écoles privées françaises de l’UNAPEL pourtant non concernées par cette question. Cette entreprise pour développer l’enseignement privé est également conduite, aujourd’hui, par les mêmes avec une rare violence en Espagne.
«Guide du candidat 2007/2008»
Tout cela ne porterait pas à conséquence, si l’écho auprès des politiques et des pouvoirs publics, ne se faisait aussi fidèle. Jusqu’à inspirer, avec une étrange concordance, l’agenda de l’actuelle politique « de réformes » du Ministre de l’Éducation, Xavier Darcos.
Dans le sillage de la campagne présidentielle, en 2007, l’ALEPS et d’autres se fendaient d’une initiative pour le moins audacieuse : l’édition d’un «Guide du Candidat 2007/2008 », véritable feuille de route énonçant un catéchisme auquel devrait se conformer le candidat favori, dans une logique purement libérale. Et le gagnant fut … Nicolas SARKOZY, arrivé en tête des notes attribuées aux divers candidats.
En matière d’éducation, un « agenda des réformes », assorti d’un authentique planning d’exécution, annonce « dès 2007 », entre autres mesures-phares :
« Suppression de la carte scolaire et sélection à l’entrée des établissements scolaires et universitaires »
« Liberté totale de l’ouverture de classes, d’établissements, et du recrutement d’enseignants et de personnel administratif par contrat privé »...
Puis, à plus long terme, rien de moins que la « suppression progressive du budget de l’Éducation nationale et du statut des enseignants fonctionnaires »… ou encore, l’ «autonomie totale des établissements en matière de programmes, de personnels et de contrôle des connaissances… »
Dans son éditorial en ouverture de « la nouvelle lettre » n°928, le 8 septembre 2007, Jacques Garello, responsable de l’ALEPS, encourage le nouveau Président, avec cette mise en garde, qui laisse songeur : « Vous allez vous mettre à dos les syndicats d’enseignants à coup sûr, mais aussi les associations de parents et de façon plus large encore tous ceux qui sont attachés à l’idée du service public unique et laïque de l’Éducation nationale. Mais vous allez aussi sauver la jeunesse et, avec elle, l’avenir du pays. »
11 juin 2007, Élysée. Toutes affaires cessantes, sous le feu des caméras et des micros, Nicolas Sarkozy annonce un assouplissement de la carte scolaire, dès la rentrée de septembre 2007. Paris brûle-t-il ? Comment expliquer une telle précipitation, de la part d’un Président de la République à réunir, dans les tous premiers jours de son mandat, les représentants des personnels et des parents d’élèves à l’Élysée pour traiter de la question de la suppression de la carte scolaire, qui réussit l’exploit de s’imposer au rang d’urgence nationale ? Comme si l’immense chantier de l’éducation nationale se limitait à la question de la carte scolaire. Rien n’indique, de surcroît, qu’il s’agisse là d’une demande émanant explicitement des parents, d’ailleurs la principale fédération s’y oppose. En septembre, l'académie de Paris n’a enregistré, en tout et pour tout, que 203 dérogations supplémentaires par rapport à l'année précédente. Une goutte d’eau.
11 juillet 2007 dans sa lettre de mission au ministre de l’Éducation nationale, le Président de la République fixe parmi ses objectifs budgétaires : « S’agissant de l’enseignement sous contrat, qui répond à certaines attentes des familles, vous ne dissuaderez pas les établissements privés de s’installer dans des quartiers en difficulté et, au contraire, vous soutiendrez, lorsqu’ils existent, de tels projets d’installation, dans le respect des grands équilibres nationaux. ».
20 décembre 2007, palais de Saint-Jean de Latran, Vatican. Nicolas Sarkozy, président de la République française, est intronisé « chanoine honoraire ». Il s’en félicite, déclarant que « la laïcité n’a pas le pouvoir de couper la France de ses racines chrétiennes. Elle a tenté de le faire. Elle n’aurait pas dû ». Défendant le concept de « laïcité positive », il enfonce le clou : « un homme qui croit est un homme qui espère. L’intérêt de la République, c’est qu’il y ait beaucoup d’hommes et de femmes qui espèrent (…) ». Espérance que la République, sorte de monstre froid, aux valeurs morales déconnectées de toute transcendance, ne saurait nourrir ... « Depuis le siècle des Lumières, l’Europe a expérimenté tant d’idéologies. Elle a mis successivement ses espoirs dans l’émancipation des individus, dans la démocratie, dans le progrès technique, dans l’amélioration des conditions économiques et sociales, dans la morale laïque. Elle s’est fourvoyée gravement dans le communisme et dans le nazisme. Aucune de ces différentes perspectives (…) n’a été en mesure de combler le besoin profond des hommes et des femmes de trouver un sens à l’existence(…) Et puis je veux dire également que, s’il existe incontestablement une morale humaine indépendante de la morale religieuse, la République a intérêt à ce qu’il existe aussi une réflexion morale inspirée de convictions religieuses. D’abord parce que la morale laïque risque toujours de s’épuiser quand elle n’est pas adossée à une espérance qui comble l’aspiration à l’infini. Ensuite et surtout parce qu’une morale dépourvue de liens avec la transcendance est davantage exposée aux contingences historiques et finalement à la facilité."
Concernant l’éducation, Sarkozy se lance dans une vibrante homélie : « Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie ».
Tollé au sein du monde enseignant, qui dénonce, « une véritable provocation vis-à-vis de l’école publique ».
Nicolas Sarkozy s’était déjà illustré, en 2004 dans son livre « Les religions, la République, l’espérance »….Son coauteur : Thibaud Collin, membre de l’association de service politique, « laboratoire d’idées » intégristes, réputé proche de l’Opus dei, et financièrement soutenue par le Vatican. Thibaud Colin est, par ailleurs, l’auteur d’un pamphlet hostile à une quelconque reconnaissance de l’égalité entre homo et hétérosexuels … Thibaud Collin était de la visite au Vatican. Le discours lu par Nicolas Sarkozy, ressemble, par endroits, à un copier-coller de certains passages de leur œuvre commune. « Le besoin spirituel, l’espérance, ne sont pas satisfaits par l’idéal républicain. La République est une façon d’organiser l’univers temporel (…). Elle n’est pas la finalité de l’homme ». Une République qui « ignore le bien et le mal », pouvait-on déjà lire à l’époque, veille du centenaire de la loi de 1905.
Ce 20 décembre, Henri Guaino, plume officielle du Président de la République, n’était, de toute évidence, pas de la partie.
17 janvier 2008, Ryad. Nicolas Sarkozy, en visite en Arabie Saoudite, persiste et signe devant les 150 membres du Conseil consultatif du Royaume, fief du wahhabisme, peu réputé pour son esprit d’« ouverture ». Le président de la République exalte ce qu’il nomme « l’héritage civilisateur des religions » … L’islam, qu’il prend la précaution oratoire de distinguer de l’intégrisme, « négation de l’islam », est appelé à prendre toute sa place dans sa vaste « politique de civilisation » …
Pour paraphraser Thiers qui, lors du vote de la loi Falloux, justifiait : « un curé c’est 50 gendarmes », dans l’esprit de l’ancien Ministre de l’Intérieur, un imam c’est 50 keufs ?
La rupture est désormais consommée avec la pratique laïque des Présidents de la Vème République. Nicolas Sarkozy est le premier Président qui emploie le nom de Dieu, en visite officielle… Les religions, désormais intégrées au pacte républicain. Ou instrumentalisées ?
Élysée, Ministère de l’Éducation ... Qui est aux commandes ?
Flash-back : 1992. Nous sommes à la veille d‘un important scrutin, les élections législatives de mars 1993. 150 personnes d’horizons divers, dont une grande partie de hauts fonctionnaires du service public de l’Éducation nationale et de responsables d’établissements privés, fondent une éphémère association : « Créateurs d’écoles ».
Un organisme destiné à vendre de la formation ? Pas vraiment. Le bulletin n°1 de Créateurs met en exergue un objectif, qui en dit long : « l’identification des verrous et les moyens de les faire sauter » (…) « problèmes juridiques et financiers, rôle des collectivités locales », « gestion des personnels », « outils pédagogiques », « élèves, affectation, aide sociale », « programmes d’enseignement », « personnels administratifs, techniques, ouvriers et de service ».
Afin de « faire sauter » ces verrous, l’association préconise, non pas une révolution, mais une réforme de velours. « Ce sera sans doute la partie la plus délicate de notre travail, car il ne nous faudra pas tomber dans le piège de la « réforme globale », mais identifier avec précision les actions nécessaires, tout en les rendant possibles. (….) La solution réside sans doute dans la mise en œuvre de dispositifs dérogatoires, qui n’obligent pas à la remise en cause systématique de tout l’existant, mais qui permettent d’importantes innovations au niveau des établissements d’enseignement. » Un lent travail de déconstruction, pièce après pièce, de la maison Éducation. Un véritable projet de gouvernement.
Parmi les membres fondateurs de cette ambitieuse confrérie : Maurice Quenet, Dominique Antoine et … Xavier Darcos !
Soit, dans l’ordre, l’actuel Recteur de Paris, le Conseiller Éducation du nouveau Président de la République, et l’actuel Ministre de l’Éducation nationale.
Carte scolaire, service minimum, modification du statut des personnels, soutien à l’essor de l’enseignement privé, diminution de la place de l’État dans les missions de l’Éducation … Connexions, actions, déclarations, projets et programmes communs attestent de ce complot ourdi, dans l’ombre, depuis un peu plus de quinze années, en toute discrétion, par ceux-là mêmes qui, aujourd’hui, sont aux commandes de l’Éducation nationale.
C’est sur l’histoire de ce complot, et l’identité de ses protagonistes que nous nous proposons, dans ce présent ouvrage, de faire toute la lumière. Et donner ainsi à comprendre, sous un jour nouveau, la politique éducative de l’actuel gouvernement…
Les défenseurs des « racines chrétiennes » de la France réussiront-ils à déraciner l’héritage républicain d’une école laïque, gratuite et obligatoire ?
L’Éducation Nationale est accusée de « fabriquer des crétins » et d’entretenir le « chaos pédagogique », l’insécurité et le chômage. En évitant les débats parlementaires, Xavier Darcos impose sans discussion une véritable révolution libérale. Le gouvernement met rapidement en œuvre une succession de mesures : suppression de la carte scolaire et de postes d’enseignants, évaluation publique des enseignants et des établissements, financement par l’État du développement des établissements privés dans les banlieues… Eddy Khaldi et Muriel Fitoussi dévoilent la signification de ces mesures.
Ils révèlent que des associations de libéraux et de catholiques conservateurs proches du Front national et de l’Opus Dei sont à l’origine de ces propositions. Au nom de la liberté de choix, on prépare une privatisation de l’Éducation. La réforme de l’école est au cœur du projet de Nicolas Sarkozy. L’école institution de la République laïque est décriée, attaquée pour lui substituer une logique libérale dans laquelle l'école privée est instrumentalisée pour concurrencer et démanteler le service public.
Quelle part prennent l'actuel gouvernement et son ministre de l'Éducation nationale dans cette exacerbation de la concurrence, dans les nouveaux privilèges concédés à l'enseignement catholique ? Quel rôle jouent les officines libérales et intégristes qui prennent pour cible l'école publique ? Quel sens donner à toutes ces premières mesures engagées dans la précipitation : suppression de la carte scolaire, instauration d'un chèque éducation pour le privé, concessions sur la mixité, le service minimum… ? Des faits, des actes, des décisions, des liens, des réseaux montrent les multiples connivences, qui depuis une trentaine d'années s'entendent pour lancer une OPA sur l'École publique."
Némésis le 18/11/2008 à 16:21:35
Bonjour à tout le monde,
je comprends votre colère à tous et soutiens la grève à 100%. On parle toujours des "mauvais enseignants" comme si on devenait instit ou prof par dépit et comme si c'était une généralité (des "bons" et des "mauvais" il n'y en à pas plus, pas moins que dans d'autres corps de métier). On présente toujours le corps enseignants comme des "sales gaucho qui regrettent Mai 68", qui revendiquent, gueulent, se dispersent et sont aussi indisciplinés que leurs élèves...
Je pense que tous les français ne savent pas réellement ce qui se trame...Ont ils tous bien compris où va l'école et quel avenir on est en train de préparer pour leurs enfants ?!
La diffusion importante de la pétition pour les RASED par chaîne de mails n'a pas, à mon avis, suffit à informer tout le monde.Il faudrait trouver quelque chose de fort, de marquant, mais non violent.Et aussi comme le disait edvige, il faut compter sur le soutien des parents de vos écoles : n'hésitez pas à informer, à discuter, à expliquer vos choix. Ça commence aussi par là et peut-être alors réveillerons nous d'autres consciences enfouies par les tracas quotidien...
marie le 18/11/2008 à 15:03:25
Bonjour,
Je suis EVS (Emploi Vie Scolaire) dans une école élémentaire en Aveyron. Comme bien d'autres, j'ai été recrutée sur un contrat précaire (qui porte sans honte le pompeux nom de Contrat d'Avenir!!!!)et mon avenir dans l'école est bien sur sur le fil du rasoir. Or, au fil du temps, les emplois que nous occupons se sont révélés indispensables. Pour ma part, je suis maintenant la plus ancienne dans l'école et je connais par coeur le fonctionnement de celle-ci, les besoins des enseignants et la confiance que ceux-ci m'accordent.
L'an dernier, j'ai constitué un collectif d'EVS sur mon département, celui-ci est affilié à l'UNCEVS (Union Nationale des Collectifs d'EVS). L'UNCEVS est dynamique et arrive à se faire entendre petit à petit, non sans peine!!!
Tout comme vous, enseignants, je suis choquée par les réformes de l'Education Nationale et toutes les absurdités que cela entraine.
Jeudi 20 novembre, je serai en grève, car comme l'a dit Monique ce matin, c'est dans une lutte des classes que nous nous engageons!
Marie.
Emilie le 18/11/2008 à 13:55:05
Toutes ces infos, ces mails, ces cris me donnent des frissons, de peur et d'excitation à la fois. De peur parce-que je n'avais pas pris conscience de l'ampleur de l'absurdité des réformes. Et d'excitation parce-que les enseignants qui refusent de mettre les réformes en application me donnent l'espoir qu'on arrive à se réveiller et à reprendre nos responsabilités un jour pour assumer ce qu'on pense et ce qu'on veut.
Je ne ferai pas grève jeudi car je suis animatrice de classes découvertes et que, pour moi, ce savoir et cette formule sont une richesse énorme pour les enfants, que je n'ai pas envie de diminuer. Surtout qu'une classe ne dure que 4 jours pendant l'année scolaire, alors autant la rentabiliser à fond.
Par contre, je soutiens le mouvement, et je le rejoindrai très vite, d'une façon ou d'une autre. Je suis entièrement d'accord avec Monique: les réformes du gouvernement atteignent une très grande part de la population, et c'est en s'associant, quelles que soient nos professions, que le message pourrait enfin avoir du poids. J'avoue avoir du mal à garder espoir après tous les mouvements qui n'ont servi à rien et face aux sourds que l'on a en face, mais bon... Qui ne tente rien n'a rien!
coco le 18/11/2008 à 10:34:39
bonjour je suggère pour manifester notre colère de façon visible de porter un vêtement rouge et de tier des photos à diffuser largement eet radpiment sur le net et cela sur tous les points de manifestations
Monique le 18/11/2008 à 01:30:18
Va quand même falloir coordonner nos actions avec les autres résistants d'autres professions ou sans emplois. C'est bien dans une lutte de classe que nous nous engageons.
Nous devons aussi nous syndicaliser et défendre les syndicats parce qu'ils commencent à être menacés, voir le mouvement, et qui serons les interlocuteurs face à l'administration?
edvige le 17/11/2008 à 20:52:45
pour jeudi, vous pouvez compter sur le soutien de parents. Comme d'habitude il faudra essayer d'expliquer aux autres parents (par mail, sur le parking de l'école, etc...) que comme tout le monde, quand vous êtes en grève, vous perdez de l'argent et n'êtes pas en vacances. Si, si, beaucoup croient que vous ne perdez rien (et nombre de média entretiennent complaisamment cette rumeur)
D'ailleurs, expliquer Le principe de la grève fait-il partie des nouveaux programmes ?...
Ouergnes site : hopla;Over-blog | le 16/11/2008 à 22:45:58
Je serai dans tous les combats futurs. Je pars à la retraite en juillet 2009... C'est la débâcle! Sarko et Darcos bradent l'Education Nat. Je continuerai la lutte. C'est inconcevable de ne pas réagir!
Laurent Vèronique le 16/11/2008 à 20:08:35
jeudi je serai gréviste et j'aimerais que ce jour soit l'occasion d'un "mot d'ordre" à tous les enseignants de maternelle et primaire pour qu'ils refusent massivement les 2 heures hebdomadaires d'aide personnalisée ( de soutien ou d'on ne sait trop quoi tant la teneur de ces interventions sont mal définies) avant tout pour que les R.A.S.E.D. pour lesquels nous nous sommes tant battus subsistent. Nous sommes des enseignants et non des rééducateurs ! A chacun son métier. D'autre part, je pense que pour un enfant déjà en difficultés, il est très dur de devoir supporter des "heures supplémentaires"; les R.A.S.E.D. interviennent pendant le temps scolaire et non en plus !
Denis29 le 16/11/2008 à 19:35:40
En grève le 20 !
Mobilisons-nous et faisons plier cette machenerie infernale maniée par des icompétents notoires. Le mépris qu'on nous oppose est un signe de faiblesse. Les colonels vont trembler, gardons le cap !
J'ai reçu hier un courrier recommandé de mon IA m'infligeant un blame pour non-profil souhaité. Evidemment, je suis en opposition avec ce système. Je vais faire appel et aller au Tribunal admnistratif.
Alors jeudi, je vais avoir une pêche d'enfer...
Denis
Fab74 le 16/11/2008 à 00:08:11
Oui je serais gréviste le 20.11.
Enseignant depuis 16ans nos conditions de travail se dégradent. Nos collègues qui partent à la retraite ou qui ont demandé leur mutation ne sont pas ou mal remplacés.
Un jeune et compétant collègue a été recruté en début d'année pour remplacer une collègue qui a été muté. Son temps complet libéré n'a pas été pourvu. Le collègue arrivant a été embauché à temps partiel (17/18)! Pourquoi? pour faire des économies. L'heure complémentaire pour aller à 18h lui est payée en heure sup! Heure non payée pendant les vacances! et ne rentrera pas pour le calcul de sa retraite!
QUELLE SCANDAL!
J'en ai RAS le BOL de cette situation! et ce n'est pas un cas ISOLE.
NON nous ne SOMME PAS CONSULTES pour les nouveaux programmes. A chaque fois cela est une mascarade car tout est décidé avant de nous consulter.
OUI le GOUVERNEMENT CASSE l'éducation NATIONALE!
OUI L'ÉDUCATION NATIONALE est à 2 VITESSES comme la santé.
JE NE VEUX PAS DE CELA!
Prof-ossi le 15/11/2008 à 23:53:38
Oui tous en grève même les enseignants en établissement privé sous contrat avec l'État.
Notre syndicat (FEP-CFDT) appelle aussi à la grève.
Alors soyons franchement uni.
Ali le 15/11/2008 à 20:55:25
Agir oui, mais de façon intelligente sans tomber dans les travers de la violence et de la provocation inutile. Notre adversaire n'attendra que cela lorsque la mobilisation ira en s'amplifiant. C'est à ce moment-là qu'il faudra afficher haut et fort que notre résistance est une résistance civile, non-violente et constructive. La vraie force est celle-là !
philzil73 le 15/11/2008 à 20:51:37
Bonjour,
il n'est plus temps de discuter, il est temps d'agir ! Oui, il faut gréver, et plus qu'un journée !... Mais il va peut-être se décider d'être moins "gentils", et de prendre exemple sur les agriculteurs et les pêcheurs : il faut être plus ... musclés ! Quand aux collègues qui ne font pas grève, c'est qu'ils sont d'accord avec cette casse méticuleusement organisée de l'éducation nationale, et leurs arguments ne sont plus recevables, pour moi, après avoir écouté quelques 25 ans leurs jérémiades ...
Philzil73
Paco le 15/11/2008 à 00:17:59
A PROPOS DU "DIALOGUE SOCIAL" !
B. Thibault (CGT) est parfaitement clair, il a dit : « Le gouvernement reçoit les organisations syndicales dans le seul but qu'elles accompagnent les réformes dont les arbitrages sont déjà faits. » (Le Monde du 14/5/08).
Le « dialogue social » est donc une méthode de gouvernement.
Une preuve encore : Villepin en 2006 : « un dialogue qui ne s’accompagne pas de décisions n’est pas constructif » (Figaro 21/1/06). Ou encore Sarkozy qui écrit le 21/12/07 aux dirigeants syndicaux (B. Thibault CGT, J-C Mailly CGT-FO,…) : « Je suis convaincu que les changements dont notre pays a besoin ne peuvent réussir que dans un cadre concerté, qui concilie harmonieusement les nécessités et le temps de l’action avec le dialogue social. »
Aucun doute, le "dialogue social" est une méthode de gouvernement.
Il est aussi l'obstacle sur lequel les mouvements des travailleurs, enseignants, étudiants... butent sans cesse et qui explique les défaites.
Comment le "dialogue social" pourrait être dans ce cas une revendication ? Au contraire, que les dirigeants syndicaux refusent les "cadres concertés", qu'ils refusent les "conciliations harmonieuses". La vraie nécessité, c'est le temps de l’action contre les plans du gouvernement.
A bas le "dialogue social" !
teteenlair le 14/11/2008 à 18:28:07
Quand je lis quand nous a demandé notre avis sur les nouveaux programmes, je bondis. Nous avons été consulté pour la forme!!!!
rosa site : appel à la grève | le 14/11/2008 à 09:47:03
Sud Educatin appelle à la grève mais pas sur des bases intercatégorielles. Sud Education appelle à la grève tous les personnels de l'Education nationale du primaire à l'Université car il s'agit d'une même logique. dnas le Nord il est à noter que le SNALC (fait exceptionnel) se joint à cet appel quant à SGEN comme d'habitude joue les gros mous
Séverine le 12/11/2008 à 19:10:48
Le 20, grève unitaire : à laquelle appelle également la CGT ...
pourquoi ne pas la citer ??
PPP site : vincentnvr.canalblog.com/ | le 12/11/2008 à 01:29:05
Unitaire unitaire...
Signé à la va vite par deux syndicats fous du stylo (SE et SGEN) et le syndicat majoritaire à la veille des élections professionnelles ???
Heureusement que sur le terrain des luttes on arrive parfois à s'unir mieux que ça.
oli72 le 11/11/2008 à 23:21:01
salut, il est étrange de constater que les 3 syndicats (seulement 3 ou on n'a pas demandé aux autres en périodes d'élections professionelles) qui acceptent de parler voir de signer des propositions ministérielles de démantelement de notre service public s'indignent des choix politiques de ce gouvernement anti social. Alors un combat, ça se conçoit du début à la fin sans concession car les seuls qui gagneront ne seront certainement nos enfants...
jm le 11/11/2008 à 20:54:26
Jean-Mi... on a tenu compte de ton avis sur les programmes ? En 2002, nous avions été largement consultés et impliqués, tu as zappé ? Tu as raison l'éducation nationale a besoin de changements mais pas de ce vaste démantèlement. Tu dois bosser dans le privé ?
Jean-Mi le 11/11/2008 à 20:23:39
Aucun dialogue social ? : pour la première fois,depuis 20 ans, on m'a demandé mon avis d'enseignant sur les nouveaux programmes ;
Maintien des Rased : je viens de scolariser dans mon école une élève suivi par le rased d'une école publique voisine : la directrice ne s'en souvenait même plus, du suivi du rased... l'enfant a du être vu 2 ou 3 fois en 6 mois et l'instit de rased avait en charge une quinzaine d'école... Son travail pouvait-il être suivi ?
La ville d'A...... met en place des Programmes de réussite éducative financés par le CCAS de la ville (150 000 ha). Lors d'une réunion concernant un de nos élèves, la personne du PRE découvrait dans notre école pour la 1ère fois la mise en place d'un PPRE... Vous avez dit professionnalisme ?
Arrêtons de pleurer avant d'avoir mal ! L'éducation nationale changera... Nombreux sont ses acteurs qui en sont convaincus.
cat77 le 09/11/2008 à 18:40:30
Et l'avenir des remplaçants......il est question de remplacer ces enseignants, maillon IMPORTANT pour le bon fonctionnement de l'école primaire, par des vacataires inexpérimentés!
Il est bon de le faire savoir!!!
Commentaires
FRAPARDENNES le 20/11/2008 à 00:16:10Enseignant en maternelle, j'ai été outré par les propos d'un ministre qui met en cause mes compétences professionnelles, alors que ses propres compétences mathématiques laissent perplexe ! Je serai en grêve demain, comme la majorité de mes collègues de maternelle, les primaires ont décidé de ne pas nous soutenir, sympa ! A lire toutes ces réactions, entrons en résistance pédagogique ! Mettons un mouvement en place, un site internet, un logo visible dans les manifs,soutenons les résistances individuelles qui sont risquées pour leurs courageux auteurs ! Quelque chose de nouveau, fédérer les problèmes de chacun et créer un réseau, quand certains partis politiques se déchirent et que les syndicats n'assurent pas toujours leur rôle, la parole peut être prise par la base via internet ! Résistance !
NANGAM le 18/11/2008 à 21:53:49
voici quelques informations qui doivent faire réfléchir :
Main basse sur l’École publique
Résumé
L’Éducation nationale, née de l’idéal de l’école laïque, gratuite et obligatoire, est aujourd’hui en danger de mort. Sous la menace d’une croisade qui, portée depuis plus de 15 ans par les franges catholiques les plus intégristes des mouvements ultra-libéraux, s’invite désormais au cœur de la réforme économique menée par l’actuel gouvernement.
Hallucination, fantasme ?
Hélas, ce scénario catastrophe n’est pas une lubie surgie de l’imagination fantasque d’un auteur de science-fiction. A l’heure où l’opinion prend la mesure des récentes et violentes remises en question du principe de laïcité en France, il est grand temps de s’interroger, sur ce que peut cacher le discours de Nicolas Sarkozy au Latran, en direction de nos chères têtes blondes. La mission éducative qu’entend mener Monsieur le chanoine d’honneur du Vatican, signerait-elle la fin de l’école publique ?
Ceux qui veulent en finir avec l'éducation nationale :
Depuis plus de 15 ans, dans un relatif secret, un certain nombre de groupements relevant d’une même nébuleuse clérico libérale, s’agitent en catimini. Leur but ultime : démanteler l’Éducation nationale et l’ensemble de son service public. Une croisade amenée avec prudence et minutie. Mais une détermination néanmoins implacable.
Au cœur de cette nébuleuse, à droite de la droite, une douzaine d’associations : « Enseignement et libertés », « Créateurs d’écoles », l’« OIDEL », « SOS Éducation », « FSP- Fondation de service politique », « Créer son école », « CLE- Catholiques pour les libertés économiques », « ILFM – Institut libre de formation des maîtres», « Fondation pour l’école », « Famille et libertés », « Mission pour l’école catholique »…ou encore, l’ALEPS, « association pour la liberté économique et le progrès social », filiale ultra-libérale du MEDEF, créée dans les années 60, dans le sillage de l’UIMM.
Leurs « penseurs », leurs activistes, s’inscrivent dans la mouvance des idées agitées dans les « think tanks » de l’extrême droite, au sein du Front National, du Club de l’Horloge. Voire, pour certains…de l’Opus Dei.
Toutes réclament, à corps et à cris, l’avènement de la « liberté de l’enseignement » en France. Qu’entendent-elles par « liberté » ? Il s’agit en fait, d’organiser la mise en concurrence des établissements scolaires, dans une optique de concession de service public voire de marchandisation de l’école.
Celle-ci garantirait une « offre scolaire diversifiée », sensée répondre à une attente désespérée des familles, injustement privées de leur liberté de choix... Des mots d’ordre libéraux bon teint, en apparence, mais qui, en réalité, servent opportunément la vision cléricale de ces nouveaux croisés. Ceux-ci n’espèrent rien d’autre que le retour à l’école d’antan. Celle d’avant la République, aux mains de l’Église.
L’école publique laïque, voilà l’ennemie
A en croire plusieurs des associations précédemment citées, au premier rang desquelles, l’hyperactive et bien nommée « SOS éducation », nous serions à la veille d’un cataclysme insoupçonné. L’œuvre de Jules Ferry serait devenue un véritable bourbier, une sorte d’antre du Diable porteur de tous les signes de décadence de notre époque, coupable d’une entreprise criminelle de corruption des mœurs de la jeunesse. Cette école serait aux mains des syndicalistes de l’Éducation nationale, omnipotents héritiers du bolchevisme, décidés, couteau entre les dents, à faire de nos chères têtes blondes de la graine de révolutionnaires nihilistes. Les programmes scolaires sont stigmatisés, accusés d’intelligence avec l’ennemi, par la diffusion d’une vision marxiste et culpabilisante de l’histoire mondiale… Des profs incompétents et démissionnaires, impuissants à endiguer la violence et l’échec scolaire montrés du doigt à toute occasion. Au final, tous les maux de notre société, seraient imputables à ce Monstre froid, mammouth ingérable, fossile « comparable à l’ex-armée rouge ».
Ces associations ne se contentent pas de stigmatiser les errances du système éducatif, de la méthode globale rendue responsable d’un illettrisme galopant, du contenu des programmes ou de la baisse alarmante du niveau depuis plusieurs décennies.
Elles vont bien plus loin. « Dans le concert des «déclinistes», rapporte un article de Libération le 6 novembre 2006, « SOS Éducation est à part. Elle ne compte pas de personnalités dans ses rangs et cherche désespérément des alliés (…) Le 24 octobre, Sauver les lettres, Sauver les maths et Reconstruire l'école ont publié une lettre au vitriol, qualifiant SOS Éducation de «groupuscule malfaisant». Car, au-delà de constats communs, leurs buts divergent radicalement. Dans la tradition laïque et républicaine, les trois associations réclament une école plus performante. SOS Éducation vise son affaiblissement, voire sa disparition. Le 17 septembre 2005, devant le Cercle Frédéric Bastiat qui se veut un haut lieu de la pensée, Vincent Laarman (Président de SOS Éducation, NDLR) annonçait la couleur : il n'y a d'espoir que «si l'Éducation nationale se trouve menacée dans sa survie par la concurrence d'un grand secteur éducatif libre». Et de citer les États-Unis en exemple. »
Le but ultime ne serait-il pas, au prétexte de libérer l’école, de faire disparaître l’école publique ?
A l’ombre de l’Opus dei
Mais les questions éducatives ne monopolisent pas leurs foudres guerrières. Certaines associations entendent bien, aussi, se mêler des questions touchant plus intimement au « progrès des sociétés humaines », tel qu’elles le conçoivent. C’est que l’avortement, la contraception, les prises de positions de Jean Paul II puis Benoît XVI figurent parmi quelques-unes de leurs préoccupations essentielles.
Dans notre nébuleuse, CLE, Catholiques pour les Libertés économiques, dont les locaux se situent à l’adresse même du siège de l’Opus DEI en France. Son Président, Michel de Poncins, fut l’un des conseillers économiques de Jean-Marie Le Pen.
Ou encore, l’OIDEL. Une ONG très influente pour le “Droit à l'éducation” et la “liberté d'enseignement”, reconnue par l’ensemble des institutions européennes, mais dont l’appartenance à l’Opus dei est révélée dans force sites, documents officiels du gouvernement fédéral genevois, et par l’engagement reconnu « à l’œuvre » de plusieurs de ses membres éminents.
Un document extrait d’un rapport comparatif de l’OIDEL sur 85 pays non encore publié est diffusé opportunément, en avant première, le 22 avril 2007, à l’issue du premier tour de la présidentielle, pour développer la « liberté d’enseignement en France ». Pourtant, il n’y a pas péril en la demeure de France nous sommes en 5ème position. Que signifient cette pression et la publication de ce programme d’action à ce moment de la campagne ? Que d’attention de la part de cette ONG européenne pour notre pays, en particulier à l’occasion de son Symposium de Lisbonne des 7 et 8 septembre 2007. L’OIDEL se penchait sur notre carte scolaire avec le concours des parents d’élèves des écoles privées françaises de l’UNAPEL pourtant non concernées par cette question. Cette entreprise pour développer l’enseignement privé est également conduite, aujourd’hui, par les mêmes avec une rare violence en Espagne.
«Guide du candidat 2007/2008»
Tout cela ne porterait pas à conséquence, si l’écho auprès des politiques et des pouvoirs publics, ne se faisait aussi fidèle. Jusqu’à inspirer, avec une étrange concordance, l’agenda de l’actuelle politique « de réformes » du Ministre de l’Éducation, Xavier Darcos.
Dans le sillage de la campagne présidentielle, en 2007, l’ALEPS et d’autres se fendaient d’une initiative pour le moins audacieuse : l’édition d’un «Guide du Candidat 2007/2008 », véritable feuille de route énonçant un catéchisme auquel devrait se conformer le candidat favori, dans une logique purement libérale. Et le gagnant fut … Nicolas SARKOZY, arrivé en tête des notes attribuées aux divers candidats.
En matière d’éducation, un « agenda des réformes », assorti d’un authentique planning d’exécution, annonce « dès 2007 », entre autres mesures-phares :
« Suppression de la carte scolaire et sélection à l’entrée des établissements scolaires et universitaires »
« Liberté totale de l’ouverture de classes, d’établissements, et du recrutement d’enseignants et de personnel administratif par contrat privé »...
Puis, à plus long terme, rien de moins que la « suppression progressive du budget de l’Éducation nationale et du statut des enseignants fonctionnaires »… ou encore, l’ «autonomie totale des établissements en matière de programmes, de personnels et de contrôle des connaissances… »
Dans son éditorial en ouverture de « la nouvelle lettre » n°928, le 8 septembre 2007, Jacques Garello, responsable de l’ALEPS, encourage le nouveau Président, avec cette mise en garde, qui laisse songeur : « Vous allez vous mettre à dos les syndicats d’enseignants à coup sûr, mais aussi les associations de parents et de façon plus large encore tous ceux qui sont attachés à l’idée du service public unique et laïque de l’Éducation nationale. Mais vous allez aussi sauver la jeunesse et, avec elle, l’avenir du pays. »
11 juin 2007, Élysée. Toutes affaires cessantes, sous le feu des caméras et des micros, Nicolas Sarkozy annonce un assouplissement de la carte scolaire, dès la rentrée de septembre 2007. Paris brûle-t-il ? Comment expliquer une telle précipitation, de la part d’un Président de la République à réunir, dans les tous premiers jours de son mandat, les représentants des personnels et des parents d’élèves à l’Élysée pour traiter de la question de la suppression de la carte scolaire, qui réussit l’exploit de s’imposer au rang d’urgence nationale ? Comme si l’immense chantier de l’éducation nationale se limitait à la question de la carte scolaire. Rien n’indique, de surcroît, qu’il s’agisse là d’une demande émanant explicitement des parents, d’ailleurs la principale fédération s’y oppose. En septembre, l'académie de Paris n’a enregistré, en tout et pour tout, que 203 dérogations supplémentaires par rapport à l'année précédente. Une goutte d’eau.
11 juillet 2007 dans sa lettre de mission au ministre de l’Éducation nationale, le Président de la République fixe parmi ses objectifs budgétaires : « S’agissant de l’enseignement sous contrat, qui répond à certaines attentes des familles, vous ne dissuaderez pas les établissements privés de s’installer dans des quartiers en difficulté et, au contraire, vous soutiendrez, lorsqu’ils existent, de tels projets d’installation, dans le respect des grands équilibres nationaux. ».
20 décembre 2007, palais de Saint-Jean de Latran, Vatican. Nicolas Sarkozy, président de la République française, est intronisé « chanoine honoraire ». Il s’en félicite, déclarant que « la laïcité n’a pas le pouvoir de couper la France de ses racines chrétiennes. Elle a tenté de le faire. Elle n’aurait pas dû ». Défendant le concept de « laïcité positive », il enfonce le clou : « un homme qui croit est un homme qui espère. L’intérêt de la République, c’est qu’il y ait beaucoup d’hommes et de femmes qui espèrent (…) ». Espérance que la République, sorte de monstre froid, aux valeurs morales déconnectées de toute transcendance, ne saurait nourrir ... « Depuis le siècle des Lumières, l’Europe a expérimenté tant d’idéologies. Elle a mis successivement ses espoirs dans l’émancipation des individus, dans la démocratie, dans le progrès technique, dans l’amélioration des conditions économiques et sociales, dans la morale laïque. Elle s’est fourvoyée gravement dans le communisme et dans le nazisme. Aucune de ces différentes perspectives (…) n’a été en mesure de combler le besoin profond des hommes et des femmes de trouver un sens à l’existence(…) Et puis je veux dire également que, s’il existe incontestablement une morale humaine indépendante de la morale religieuse, la République a intérêt à ce qu’il existe aussi une réflexion morale inspirée de convictions religieuses. D’abord parce que la morale laïque risque toujours de s’épuiser quand elle n’est pas adossée à une espérance qui comble l’aspiration à l’infini. Ensuite et surtout parce qu’une morale dépourvue de liens avec la transcendance est davantage exposée aux contingences historiques et finalement à la facilité."
Concernant l’éducation, Sarkozy se lance dans une vibrante homélie : « Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie ».
Tollé au sein du monde enseignant, qui dénonce, « une véritable provocation vis-à-vis de l’école publique ».
Nicolas Sarkozy s’était déjà illustré, en 2004 dans son livre « Les religions, la République, l’espérance »….Son coauteur : Thibaud Collin, membre de l’association de service politique, « laboratoire d’idées » intégristes, réputé proche de l’Opus dei, et financièrement soutenue par le Vatican. Thibaud Colin est, par ailleurs, l’auteur d’un pamphlet hostile à une quelconque reconnaissance de l’égalité entre homo et hétérosexuels … Thibaud Collin était de la visite au Vatican. Le discours lu par Nicolas Sarkozy, ressemble, par endroits, à un copier-coller de certains passages de leur œuvre commune. « Le besoin spirituel, l’espérance, ne sont pas satisfaits par l’idéal républicain. La République est une façon d’organiser l’univers temporel (…). Elle n’est pas la finalité de l’homme ». Une République qui « ignore le bien et le mal », pouvait-on déjà lire à l’époque, veille du centenaire de la loi de 1905.
Ce 20 décembre, Henri Guaino, plume officielle du Président de la République, n’était, de toute évidence, pas de la partie.
17 janvier 2008, Ryad. Nicolas Sarkozy, en visite en Arabie Saoudite, persiste et signe devant les 150 membres du Conseil consultatif du Royaume, fief du wahhabisme, peu réputé pour son esprit d’« ouverture ». Le président de la République exalte ce qu’il nomme « l’héritage civilisateur des religions » … L’islam, qu’il prend la précaution oratoire de distinguer de l’intégrisme, « négation de l’islam », est appelé à prendre toute sa place dans sa vaste « politique de civilisation » …
Pour paraphraser Thiers qui, lors du vote de la loi Falloux, justifiait : « un curé c’est 50 gendarmes », dans l’esprit de l’ancien Ministre de l’Intérieur, un imam c’est 50 keufs ?
La rupture est désormais consommée avec la pratique laïque des Présidents de la Vème République. Nicolas Sarkozy est le premier Président qui emploie le nom de Dieu, en visite officielle… Les religions, désormais intégrées au pacte républicain. Ou instrumentalisées ?
Élysée, Ministère de l’Éducation ... Qui est aux commandes ?
Flash-back : 1992. Nous sommes à la veille d‘un important scrutin, les élections législatives de mars 1993. 150 personnes d’horizons divers, dont une grande partie de hauts fonctionnaires du service public de l’Éducation nationale et de responsables d’établissements privés, fondent une éphémère association : « Créateurs d’écoles ».
Un organisme destiné à vendre de la formation ? Pas vraiment. Le bulletin n°1 de Créateurs met en exergue un objectif, qui en dit long : « l’identification des verrous et les moyens de les faire sauter » (…) « problèmes juridiques et financiers, rôle des collectivités locales », « gestion des personnels », « outils pédagogiques », « élèves, affectation, aide sociale », « programmes d’enseignement », « personnels administratifs, techniques, ouvriers et de service ».
Afin de « faire sauter » ces verrous, l’association préconise, non pas une révolution, mais une réforme de velours. « Ce sera sans doute la partie la plus délicate de notre travail, car il ne nous faudra pas tomber dans le piège de la « réforme globale », mais identifier avec précision les actions nécessaires, tout en les rendant possibles. (….) La solution réside sans doute dans la mise en œuvre de dispositifs dérogatoires, qui n’obligent pas à la remise en cause systématique de tout l’existant, mais qui permettent d’importantes innovations au niveau des établissements d’enseignement. » Un lent travail de déconstruction, pièce après pièce, de la maison Éducation. Un véritable projet de gouvernement.
Parmi les membres fondateurs de cette ambitieuse confrérie : Maurice Quenet, Dominique Antoine et … Xavier Darcos !
Soit, dans l’ordre, l’actuel Recteur de Paris, le Conseiller Éducation du nouveau Président de la République, et l’actuel Ministre de l’Éducation nationale.
Carte scolaire, service minimum, modification du statut des personnels, soutien à l’essor de l’enseignement privé, diminution de la place de l’État dans les missions de l’Éducation … Connexions, actions, déclarations, projets et programmes communs attestent de ce complot ourdi, dans l’ombre, depuis un peu plus de quinze années, en toute discrétion, par ceux-là mêmes qui, aujourd’hui, sont aux commandes de l’Éducation nationale.
C’est sur l’histoire de ce complot, et l’identité de ses protagonistes que nous nous proposons, dans ce présent ouvrage, de faire toute la lumière. Et donner ainsi à comprendre, sous un jour nouveau, la politique éducative de l’actuel gouvernement…
Les défenseurs des « racines chrétiennes » de la France réussiront-ils à déraciner l’héritage républicain d’une école laïque, gratuite et obligatoire ?
L’Éducation Nationale est accusée de « fabriquer des crétins » et d’entretenir le « chaos pédagogique », l’insécurité et le chômage. En évitant les débats parlementaires, Xavier Darcos impose sans discussion une véritable révolution libérale. Le gouvernement met rapidement en œuvre une succession de mesures : suppression de la carte scolaire et de postes d’enseignants, évaluation publique des enseignants et des établissements, financement par l’État du développement des établissements privés dans les banlieues… Eddy Khaldi et Muriel Fitoussi dévoilent la signification de ces mesures.
Ils révèlent que des associations de libéraux et de catholiques conservateurs proches du Front national et de l’Opus Dei sont à l’origine de ces propositions. Au nom de la liberté de choix, on prépare une privatisation de l’Éducation. La réforme de l’école est au cœur du projet de Nicolas Sarkozy. L’école institution de la République laïque est décriée, attaquée pour lui substituer une logique libérale dans laquelle l'école privée est instrumentalisée pour concurrencer et démanteler le service public.
Quelle part prennent l'actuel gouvernement et son ministre de l'Éducation nationale dans cette exacerbation de la concurrence, dans les nouveaux privilèges concédés à l'enseignement catholique ? Quel rôle jouent les officines libérales et intégristes qui prennent pour cible l'école publique ? Quel sens donner à toutes ces premières mesures engagées dans la précipitation : suppression de la carte scolaire, instauration d'un chèque éducation pour le privé, concessions sur la mixité, le service minimum… ? Des faits, des actes, des décisions, des liens, des réseaux montrent les multiples connivences, qui depuis une trentaine d'années s'entendent pour lancer une OPA sur l'École publique."
Némésis le 18/11/2008 à 16:21:35
Bonjour à tout le monde,
je comprends votre colère à tous et soutiens la grève à 100%. On parle toujours des "mauvais enseignants" comme si on devenait instit ou prof par dépit et comme si c'était une généralité (des "bons" et des "mauvais" il n'y en à pas plus, pas moins que dans d'autres corps de métier). On présente toujours le corps enseignants comme des "sales gaucho qui regrettent Mai 68", qui revendiquent, gueulent, se dispersent et sont aussi indisciplinés que leurs élèves...
Je pense que tous les français ne savent pas réellement ce qui se trame...Ont ils tous bien compris où va l'école et quel avenir on est en train de préparer pour leurs enfants ?!
La diffusion importante de la pétition pour les RASED par chaîne de mails n'a pas, à mon avis, suffit à informer tout le monde.Il faudrait trouver quelque chose de fort, de marquant, mais non violent.Et aussi comme le disait edvige, il faut compter sur le soutien des parents de vos écoles : n'hésitez pas à informer, à discuter, à expliquer vos choix. Ça commence aussi par là et peut-être alors réveillerons nous d'autres consciences enfouies par les tracas quotidien...
marie le 18/11/2008 à 15:03:25
Bonjour,
Je suis EVS (Emploi Vie Scolaire) dans une école élémentaire en Aveyron. Comme bien d'autres, j'ai été recrutée sur un contrat précaire (qui porte sans honte le pompeux nom de Contrat d'Avenir!!!!)et mon avenir dans l'école est bien sur sur le fil du rasoir. Or, au fil du temps, les emplois que nous occupons se sont révélés indispensables. Pour ma part, je suis maintenant la plus ancienne dans l'école et je connais par coeur le fonctionnement de celle-ci, les besoins des enseignants et la confiance que ceux-ci m'accordent.
L'an dernier, j'ai constitué un collectif d'EVS sur mon département, celui-ci est affilié à l'UNCEVS (Union Nationale des Collectifs d'EVS). L'UNCEVS est dynamique et arrive à se faire entendre petit à petit, non sans peine!!!
Tout comme vous, enseignants, je suis choquée par les réformes de l'Education Nationale et toutes les absurdités que cela entraine.
Jeudi 20 novembre, je serai en grève, car comme l'a dit Monique ce matin, c'est dans une lutte des classes que nous nous engageons!
Marie.
Emilie le 18/11/2008 à 13:55:05
Toutes ces infos, ces mails, ces cris me donnent des frissons, de peur et d'excitation à la fois. De peur parce-que je n'avais pas pris conscience de l'ampleur de l'absurdité des réformes. Et d'excitation parce-que les enseignants qui refusent de mettre les réformes en application me donnent l'espoir qu'on arrive à se réveiller et à reprendre nos responsabilités un jour pour assumer ce qu'on pense et ce qu'on veut.
Je ne ferai pas grève jeudi car je suis animatrice de classes découvertes et que, pour moi, ce savoir et cette formule sont une richesse énorme pour les enfants, que je n'ai pas envie de diminuer. Surtout qu'une classe ne dure que 4 jours pendant l'année scolaire, alors autant la rentabiliser à fond.
Par contre, je soutiens le mouvement, et je le rejoindrai très vite, d'une façon ou d'une autre. Je suis entièrement d'accord avec Monique: les réformes du gouvernement atteignent une très grande part de la population, et c'est en s'associant, quelles que soient nos professions, que le message pourrait enfin avoir du poids. J'avoue avoir du mal à garder espoir après tous les mouvements qui n'ont servi à rien et face aux sourds que l'on a en face, mais bon... Qui ne tente rien n'a rien!
coco le 18/11/2008 à 10:34:39
bonjour je suggère pour manifester notre colère de façon visible de porter un vêtement rouge et de tier des photos à diffuser largement eet radpiment sur le net et cela sur tous les points de manifestations
Monique le 18/11/2008 à 01:30:18
Va quand même falloir coordonner nos actions avec les autres résistants d'autres professions ou sans emplois. C'est bien dans une lutte de classe que nous nous engageons.
Nous devons aussi nous syndicaliser et défendre les syndicats parce qu'ils commencent à être menacés, voir le mouvement, et qui serons les interlocuteurs face à l'administration?
edvige le 17/11/2008 à 20:52:45
pour jeudi, vous pouvez compter sur le soutien de parents. Comme d'habitude il faudra essayer d'expliquer aux autres parents (par mail, sur le parking de l'école, etc...) que comme tout le monde, quand vous êtes en grève, vous perdez de l'argent et n'êtes pas en vacances. Si, si, beaucoup croient que vous ne perdez rien (et nombre de média entretiennent complaisamment cette rumeur)
D'ailleurs, expliquer Le principe de la grève fait-il partie des nouveaux programmes ?...
Ouergnes site : hopla;Over-blog | le 16/11/2008 à 22:45:58
Je serai dans tous les combats futurs. Je pars à la retraite en juillet 2009... C'est la débâcle! Sarko et Darcos bradent l'Education Nat. Je continuerai la lutte. C'est inconcevable de ne pas réagir!
Laurent Vèronique le 16/11/2008 à 20:08:35
jeudi je serai gréviste et j'aimerais que ce jour soit l'occasion d'un "mot d'ordre" à tous les enseignants de maternelle et primaire pour qu'ils refusent massivement les 2 heures hebdomadaires d'aide personnalisée ( de soutien ou d'on ne sait trop quoi tant la teneur de ces interventions sont mal définies) avant tout pour que les R.A.S.E.D. pour lesquels nous nous sommes tant battus subsistent. Nous sommes des enseignants et non des rééducateurs ! A chacun son métier. D'autre part, je pense que pour un enfant déjà en difficultés, il est très dur de devoir supporter des "heures supplémentaires"; les R.A.S.E.D. interviennent pendant le temps scolaire et non en plus !
Denis29 le 16/11/2008 à 19:35:40
En grève le 20 !
Mobilisons-nous et faisons plier cette machenerie infernale maniée par des icompétents notoires. Le mépris qu'on nous oppose est un signe de faiblesse. Les colonels vont trembler, gardons le cap !
J'ai reçu hier un courrier recommandé de mon IA m'infligeant un blame pour non-profil souhaité. Evidemment, je suis en opposition avec ce système. Je vais faire appel et aller au Tribunal admnistratif.
Alors jeudi, je vais avoir une pêche d'enfer...
Denis
Fab74 le 16/11/2008 à 00:08:11
Oui je serais gréviste le 20.11.
Enseignant depuis 16ans nos conditions de travail se dégradent. Nos collègues qui partent à la retraite ou qui ont demandé leur mutation ne sont pas ou mal remplacés.
Un jeune et compétant collègue a été recruté en début d'année pour remplacer une collègue qui a été muté. Son temps complet libéré n'a pas été pourvu. Le collègue arrivant a été embauché à temps partiel (17/18)! Pourquoi? pour faire des économies. L'heure complémentaire pour aller à 18h lui est payée en heure sup! Heure non payée pendant les vacances! et ne rentrera pas pour le calcul de sa retraite!
QUELLE SCANDAL!
J'en ai RAS le BOL de cette situation! et ce n'est pas un cas ISOLE.
NON nous ne SOMME PAS CONSULTES pour les nouveaux programmes. A chaque fois cela est une mascarade car tout est décidé avant de nous consulter.
OUI le GOUVERNEMENT CASSE l'éducation NATIONALE!
OUI L'ÉDUCATION NATIONALE est à 2 VITESSES comme la santé.
JE NE VEUX PAS DE CELA!
Prof-ossi le 15/11/2008 à 23:53:38
Oui tous en grève même les enseignants en établissement privé sous contrat avec l'État.
Notre syndicat (FEP-CFDT) appelle aussi à la grève.
Alors soyons franchement uni.
Ali le 15/11/2008 à 20:55:25
Agir oui, mais de façon intelligente sans tomber dans les travers de la violence et de la provocation inutile. Notre adversaire n'attendra que cela lorsque la mobilisation ira en s'amplifiant. C'est à ce moment-là qu'il faudra afficher haut et fort que notre résistance est une résistance civile, non-violente et constructive. La vraie force est celle-là !
philzil73 le 15/11/2008 à 20:51:37
Bonjour,
il n'est plus temps de discuter, il est temps d'agir ! Oui, il faut gréver, et plus qu'un journée !... Mais il va peut-être se décider d'être moins "gentils", et de prendre exemple sur les agriculteurs et les pêcheurs : il faut être plus ... musclés ! Quand aux collègues qui ne font pas grève, c'est qu'ils sont d'accord avec cette casse méticuleusement organisée de l'éducation nationale, et leurs arguments ne sont plus recevables, pour moi, après avoir écouté quelques 25 ans leurs jérémiades ...
Philzil73
Paco le 15/11/2008 à 00:17:59
A PROPOS DU "DIALOGUE SOCIAL" !
B. Thibault (CGT) est parfaitement clair, il a dit : « Le gouvernement reçoit les organisations syndicales dans le seul but qu'elles accompagnent les réformes dont les arbitrages sont déjà faits. » (Le Monde du 14/5/08).
Le « dialogue social » est donc une méthode de gouvernement.
Une preuve encore : Villepin en 2006 : « un dialogue qui ne s’accompagne pas de décisions n’est pas constructif » (Figaro 21/1/06). Ou encore Sarkozy qui écrit le 21/12/07 aux dirigeants syndicaux (B. Thibault CGT, J-C Mailly CGT-FO,…) : « Je suis convaincu que les changements dont notre pays a besoin ne peuvent réussir que dans un cadre concerté, qui concilie harmonieusement les nécessités et le temps de l’action avec le dialogue social. »
Aucun doute, le "dialogue social" est une méthode de gouvernement.
Il est aussi l'obstacle sur lequel les mouvements des travailleurs, enseignants, étudiants... butent sans cesse et qui explique les défaites.
Comment le "dialogue social" pourrait être dans ce cas une revendication ? Au contraire, que les dirigeants syndicaux refusent les "cadres concertés", qu'ils refusent les "conciliations harmonieuses". La vraie nécessité, c'est le temps de l’action contre les plans du gouvernement.
A bas le "dialogue social" !
teteenlair le 14/11/2008 à 18:28:07
Quand je lis quand nous a demandé notre avis sur les nouveaux programmes, je bondis. Nous avons été consulté pour la forme!!!!
rosa site : appel à la grève | le 14/11/2008 à 09:47:03
Sud Educatin appelle à la grève mais pas sur des bases intercatégorielles. Sud Education appelle à la grève tous les personnels de l'Education nationale du primaire à l'Université car il s'agit d'une même logique. dnas le Nord il est à noter que le SNALC (fait exceptionnel) se joint à cet appel quant à SGEN comme d'habitude joue les gros mous
Séverine le 12/11/2008 à 19:10:48
Le 20, grève unitaire : à laquelle appelle également la CGT ...
pourquoi ne pas la citer ??
PPP site : vincentnvr.canalblog.com/ | le 12/11/2008 à 01:29:05
Unitaire unitaire...
Signé à la va vite par deux syndicats fous du stylo (SE et SGEN) et le syndicat majoritaire à la veille des élections professionnelles ???
Heureusement que sur le terrain des luttes on arrive parfois à s'unir mieux que ça.
oli72 le 11/11/2008 à 23:21:01
salut, il est étrange de constater que les 3 syndicats (seulement 3 ou on n'a pas demandé aux autres en périodes d'élections professionelles) qui acceptent de parler voir de signer des propositions ministérielles de démantelement de notre service public s'indignent des choix politiques de ce gouvernement anti social. Alors un combat, ça se conçoit du début à la fin sans concession car les seuls qui gagneront ne seront certainement nos enfants...
jm le 11/11/2008 à 20:54:26
Jean-Mi... on a tenu compte de ton avis sur les programmes ? En 2002, nous avions été largement consultés et impliqués, tu as zappé ? Tu as raison l'éducation nationale a besoin de changements mais pas de ce vaste démantèlement. Tu dois bosser dans le privé ?
Jean-Mi le 11/11/2008 à 20:23:39
Aucun dialogue social ? : pour la première fois,depuis 20 ans, on m'a demandé mon avis d'enseignant sur les nouveaux programmes ;
Maintien des Rased : je viens de scolariser dans mon école une élève suivi par le rased d'une école publique voisine : la directrice ne s'en souvenait même plus, du suivi du rased... l'enfant a du être vu 2 ou 3 fois en 6 mois et l'instit de rased avait en charge une quinzaine d'école... Son travail pouvait-il être suivi ?
La ville d'A...... met en place des Programmes de réussite éducative financés par le CCAS de la ville (150 000 ha). Lors d'une réunion concernant un de nos élèves, la personne du PRE découvrait dans notre école pour la 1ère fois la mise en place d'un PPRE... Vous avez dit professionnalisme ?
Arrêtons de pleurer avant d'avoir mal ! L'éducation nationale changera... Nombreux sont ses acteurs qui en sont convaincus.
cat77 le 09/11/2008 à 18:40:30
Et l'avenir des remplaçants......il est question de remplacer ces enseignants, maillon IMPORTANT pour le bon fonctionnement de l'école primaire, par des vacataires inexpérimentés!
Il est bon de le faire savoir!!!