Résistance pédagogique pour l'avenir de l'école

La désobéissance civile, une radicalité constructive, par Hendatho

par Hendatho

 

Multiples sont les définitions de la désobéissance civile. Il nous semble possible de la cerner à travers sept principes essentiels qui lui donnent la cohérence éthique et la force politique nécessaires pour être légitime et efficace dans une société démocratique.

 

1. Une action collective. La désobéissance civile se distingue de l'objection de conscience, démarche individuelle, morale, mais qui n'a pas le pouvoir de contrainte. Paradoxalement, Thoreau, le précurseur de la désobéissance civile ne se situait pas sur le terrain politique où l'action collective doit s'exprimer pour tenter de faire changer les lois injustes. L'expression désobéissance civile s'applique à ceux qui agissent de façon organisée, concertée, pour « défier l'autorité établie », selon l'expression d'Hannah Arendt, et s'opposer à une politique gouvernementale qui viole les droits fondamentaux de l'homme. Cette action collective peut réunir des citoyens qui ne partagent pas forcément les mêmes convictions, mais qui sont unis sur un objectif précis et une méthode d'action.

 

2. Une action publique. A la différence de la désobéissance criminelle, la désobéissance civile se fait au grand jour, à visage découvert. Dans tous les cas, elle est assumée et revendiquée de façon à ce qu'elle ait le plus grand retentissement possible. C'est une action « publicitaire », une action de communication publique. C'est précisément son caractère public qui lui donne sa dimension politique. La publicité donnée à l'action permet de mettre en valeur les principes éthiques qui motivent ceux qui enfreignent la loi, non pas pour eux-mêmes, mais pour défendre une cause supérieure à leurs propres intérêts.

 

3. Une action non-violente. La civilité de la désobéissance s'exprime par des moyens non-violents. La violence est aussi une forme de désobéissance, de transgression. C'est pourquoi l'État sera toujours tenté de « criminaliser » la désobéissance civile, de la faire passer pour une action délinquante et violente. Le meilleur antidote à cette volonté qui dénigre et discrédite la désobéissance civile est de rester ferme, à la fois sur les moyens non-violents utilisés et sur le discours sur la non-violence. Il s'agit là d'un choix éthique autant que politique. « La désobéissance est civile, écrit Jean-Marie Muller, en ce sens qu'elle n'est pas criminelle, c'est-à-dire qu'elle respecte les principes, les règles et les exigences de la civilité. La désobéissance civile est la manière civilisée de désobéir. Elle est civile en ce sens qu'elle n'est pas violente".

 

4. Une action de contrainte. Ce n'est pas une action de « témoignage », c'est-à-dire une action pour affirmer seulement des convictions, sans se soucier de ses conséquences. C'est une action qui vise à l'efficacité politique, c'est-à-dire à tarir la source du pouvoir de l'adversaire. Il s'agit d'agir de façon à contraindre l'Etat à modifier la loi, à la changer ou à l'abolir. La stratégie de la désobéissance civile doit se donner les moyens d'exercer une force de contrainte non-violente qui oblige l'Etat à céder aux revendications du mouvement.

 

5. Une action qui s'inscrit dans la durée. De nombreuses luttes non-violentes qui ont mis en œuvre la désobéissance civile ont tenu dans la durée. L'emblématique lutte du Larzac a duré dix ans. Le pouvoir ne cède pas si facilement ! Mais c'est le choix de la non-violence qui permet de tenir, de rester ferme et uni, et finalement d'exercer une plus forte contrainte sur l'adversaire. Plus l'action dure, plus le pouvoir est enfermé dans un dilemme : laisser s'installer l'illégalité et perdre son pouvoir, ou bien exercer une répression grandissante sur les désobéisseurs, laquelle risque ensuite de se retourner contre lui.

 

6. Une action qui assume les risques de la sanction. Ceux qui enfreignent la loi, parce qu'ils sont aussi des démocrates, acceptent d'affronter les conséquences judiciaires de leurs actes. Les procès peuvent être utilisés comme des tribunes pour la cause défendue. Mais ne pas se dérober à la justice ne signifie pas forcément d'accepter la sanction finale... C'est le contexte politique qui détermine généralement l'attitude la plus opportune pour la suite de la lutte. Accepter la sanction comme Gandhi le fit lors de son premier procès en Afrique du Sud en demandant à ses juges la peine la plus lourde peut être une tactique pour marquer les esprits et sensibiliser l'opinion publique à l'injustice. Mais la bataille judiciaire peut aussi mettre en valeur le caractère citoyen de l'acte commis, sa visée anticipatrice d'une nouvelle législation à venir ; dans ce cas, la sanction devient moins acceptable. Mais dans tous les cas de figure, ceux qui enfreignent la loi ne se dérobent pas de leurs responsabilités et les assument jusque devant la justice.

 

7. Une action constructive. Pour Gandhi, ce principe était central. La désobéissance civile est une action qui s'oppose, mais qui aussi propose. Contre l'injustice de la loi, elle défend de nouveaux droits. Elle n'est pas seulement une force de contestation et de résistance, elle est aussi une force constructive au service d'un projet de société. Durant la lutte du Larzac, l'action de refus partiel de l'impôt était combinée avec une action de redistribution de l'argent soustrait à l'État pour valoriser les terres agricoles. Ainsi, les citoyens exercent un vrai pouvoir lorsqu'ils affirment leur capacité à construire des alternatives aux lois sociales injustes. Plus que jamais, le « programme constructif » est l'alter ego de l'action de non-collaboration. Il montre que l'alternative est possible et qu'elle commence dès le temps de la lutte.

 

Selon ces sept principes, la désobéissance civile s'affirme comme un outil de lutte démocratique qui permet de concilier l'exigence éthique avec la radicalité de l'action. Elle est un puissant moteur de construction du droit par les citoyens. La transgression de la loi injuste n'est pas un déni du droit, mais l'affirmation citoyenne d'un grand respect pour le droit. La désobéissance civile, paradoxalement, apparaît donc comme un temps privilégié de renforcement de la démocratie. La vitalité démocratique d'une société pourrait même se mesurer à la capacité des citoyens à enfreindre la loi dans certaines circonstances, c'est-à-dire à prendre des risques personnels et collectifs pour défendre des causes essentielles. Les lois ne sont jamais figées, elles sont en constante évolution, comme le constate François Roux, l'avocat des Faucheurs volontaires et des Déboulonneurs de pub, lorsqu'il écrit : « Tout le droit s'est construit parce que des gens ont résisté, ont désobéi à un droit qui était devenu injuste. La société se donne des règles et il inadmissible d'imaginer que ces règles soient intangibles. Le monde est en mouvement"

 

La désobéissance civile, en tant que « radicalité constructive » bien comprise, ne s'oppose pas à la démocratie, mais vise à la renforcer en structurant efficacement les nécessaires contre-pouvoirs citoyens.

 

Cependant, la désobéissance civile n'est pas une fin en soi. On n'est pas « désobéisseurs » par nature, par vocation ou par habitude... On l'est par nécessité ou par choix politique dans une situation donnée. Il importe de tenir que la désobéissance civile, en démocratie, doit garder son caractère exceptionnel, tant du point de vue des raisons qui la légitiment que du temps politique durant lequel elle est mise en œuvre. La multiplication désordonnée d'actes ou de campagnes de désobéissance civile (ou apparenté), plus ou moins organisés, pourrait, comme toute bonne chose dont on abuse, se retourner contre elle et ceux qui l'utilisent. Le débat doit être permanent durant la lutte au sein des organisations sur ce point. Dans une société démocratique, la désobéissance civile doit rester l'acte ultime, l'arme « lourde » de la stratégie de l'action non-violente, mise en œuvre une fois que tous les moyens légaux ont été tentés. C'est pourquoi le débat, la confrontation des opinions, des projets, doit demeurer l'exigence majeure dans une démocratie. Cela dépend certes du pouvoir et de sa capacité à écouter, à entendre et à décider en concertation avec les acteurs de terrain. Mais il incombe à ces derniers de maintenir, intacte et permanente, une volonté de dialogue constructif, combinée à une forte détermination pouvant aller jusqu'à la désobéissance civile lorsque les canaux de la démocratie demeurent obstinément obstrués. À ce moment-là, la légitimité de la désobéissance civile s'impose, en conscience et en acte.


Avertissement : Les commentaires d'insultes et de dénigrement, les grossièretés et autres propos malveillants sont systématiquement retirés du blog. Seul compte le débat constructif qui aide à penser pour agir.



Article ajouté le 2008-10-16 , consulté 8423 fois

Commentaires


blogmaster le 01/02/2009 à 10:50:18
Une action individuelle est une action d'objection de conscience (elle n'a pas le pouvoir de contraindre et de créer un rapport de force), la désobéissance civile est une action collective, concertée, organisée pour créer un rapport de force avec l'adversaire. Tout cela a été clairement défini par Gandhi et Hannah Arendt. Nous faisons notre ces catégories.
paulo le 31/01/2009 à 18:07:27
Vous opposez action collective et objection de conscience. Pour moi, l'objection de conscience, c'est s'opposer par la négative (objecter), on pense au service militaire.La désobéissance civile serait donc collective? Pourquoi? Des individus, sans lien, ne pourraient-ils pas être dans l'action? Tu distribues des tracts, je colle des affiches, vous refusez de remplir vos feuilles d'impôts sur internet...Toutes ces personnes sont du même avis, mais c'est une action individuelle !
Ali le 03/01/2009 à 11:44:36
En tant qu'enseignant du primaire, vous comprendrez que l'insertion professionnelle n'est pas tout à fait notre objectif et notre compétence dans notre travail quotidien auprès des élèves de 3 à 11 ans !
Le manque d'argent dans les caisses de l'Etat est un argument commode qui justifie tout aujourd'hui et surtout le pire. L'Education n'a pas de prix, non ? Il faut d'abord savoir quelle société on veut édifier et en fonction de la réponse on détermine la place de l'éducation dans cette société. Aujour'hui nous savons que l'éducation n'est plus une priorité et que nous allons vers une société gouvernée par la peur, l'individualisme, l'égoïsme. Autant de valeurs que nous n'enseignons pas, bien au contraire.
Sinon, la formation des enseignants aujourd'hui devrait être une priorité.
LM (parent d\\\'élèves et salarié dans la monde de la formation adulte après avoir travaillé dans l\\\'orientation et l\\\'insertion professionnelle) le 03/01/2009 à 11:36:35
Je me pose 2 questions au sujet desquelles j'aimerais avoir votre avis:
- quel diagnostic faites-vous de l'efficacité du système scolaire français sur les 2 plans suivants: préparation à l'insertion professionnelle de nos jeunes et leur intégration dans le monde des adultes?
-quelles suggestions avez-vous à formuler qui permettent de concilier: amélioration du dispositif d'enseignement pour les bénéficiaires(c'est à dire les élèves) et prise en compte d'une réalité: le manque d'argent dans les caisses de l'Etat?

night le 29/12/2008 à 15:12:25
Réponse à etienne :

le problème c'est que tu es en zep et que tout les enseignants de france montrent ta situation pour réclamer plus de moyen dont tu n'aura que les miettes... et à eux le gros lot...

les zep me posent problème personnellement. En effet, cet acronyme est le symbole de l'enseignant qui se dévoue et il l'est sans doute à juste titre.

Sauf que... la politique s'en mêle... que peux t'on penser d’enseignants qui laissent des élèves se faire tabasser tout les jours dans la cours sans rien faire et sans qu’ils ne puissent rien faire ? Dépassés par un déchainement de violence, ces derniers ne devraient-ils pas faire appel aux forces de l'ordre ?

Mais voila, ça c'est un truc de droite... alors les élèves continuent de se faire tabasser et tout le monde enterre le sujet pour ne pas créer un événement pouvant entacher l’établissement – plus qu’il ne l’est, la commune, les enseignants, l’éducation nationale et faire basculer l'opinion... "Trop politique" - citation du directeur de l'établissement lorsque les surveillants "stagiaires" ont demandés que l'on fasse intervenir la police lors d'une bagarre plus brutale qu'à l'accoutumée.
etienne le 20/12/2008 à 14:39:57
Réponse à "fonctionnaire"...
Non, on ne vit pas dans un autre monde... Ca, c'est ce que dit Robert, le patron du café où je prends mon petit déjeuner... J'enseigne dans une Zep où tu n'as jamais mis les pieds et où tu ne les mettras sans doute jamais. Je rencontre tous les jours des parents qui sont dans des situations bien plus difficiles que la tienne, et je gère tous les jours les angoisses de leurs enfants. Quant au 35 h payés 50 h, ça fait bien longtemps qu'on travaille 50h/semaine à l'école primaire et je suis prêt à comparer mon temps de travail annuel avec n'importe qui sans complexe. Tu envies mes vacances, j'envie tes week-end et tes pauses de 12h à 14h. La seule chose qui fait qu'on ne s'effondre pas tous aujourd'hui, c'est les vacances. J'en ai marre d'entendre des gens qui méconnaissent LA REALITE de l'école et de mon métier, et qui, parce qu'ils ont vu une emission la veille à la télévision, prétendre me l'expliquer. Pour ma part, je me sens solidaire de tout ceux qui dans leur travail se battent pour se faire respecter. Alors plutôt que de chercher des boucs emissaires à ta situation, toi aussi, bats-toi! Un peu de courage...
louka le 19/12/2008 à 22:58:01
Lorsqu'on me demande de travailler la focalisation interne ou externe, le récit ancré ou non ancré dans la situation d'énonciation et autre subtilités à des élèves de 4ème qui ânonnent et font trois fautes par mot, je me demande quel raccourci je peux prendre pour répondre aux exigences du sacré programme.Aucun professeur sérieux n'affirmera qu'on peut respecter les programmes. Alors nous bidouillons en fonction de ce qui, en notre âme et conscience, nous semble être le mieux pour nos élèves.Bidouillage suprême lorsque en équipe , nous rédigeons les épreuves communes et que chacun ne veut pas avoir l'honneur d'avoir trop bidouillé.Et le résultat de tous ces bidouillages successifs n'est plus un secret pour personne. C'est pourquoi convaincre les parents d'élèves de la validité d'une démarche personnelle comme le fait SoSo me semble une action limitée,en tout cas relativement peu efficace dans le temps.Nous avons besoin de programmes clairs, cohérents ,avec des objectifs accessibles sur lesquels nous appuyer.Je voudrais rassurer le fonctionnaire qui trouve que les enseignants ne travaillent pas assez: le bidouillage, ça prend du temps, ça vous sape le moral et la santé.Mais le but pour l'instant, c'est de travailler plus pour... Les résultats, on verra ça plus tard.
Philippe le 19/12/2008 à 06:21:17
Je suis enseignant dans le primaire et comme la majorité je fais bien mes 40h à 45 h par semaine. Savez-vous que nous sommes payés sur 10 mois ? Mais là n'est pas le problème. Si la désobéissance civile s'étend chez les enseignants du primaire, c'est que nous n'avons pas le choix. Arrêtez de nous donner des leçons en permanence. Nous sommes les mieux placés pour savoir ce qui est bon pour les élèves. On ne nous a pas demandé notre avis concernant ces réformes stupides. Nous répondons par une action à la hauteur de l'incompétence de ce ministre qui ne cesse de nous mépriser.
fonctionnaire le 18/12/2008 à 23:13:30
Non je crois que les enseignants vivent dans un autre monde. Quand ils feront 50h00 par semaine payées 35h00 ils pourront parler de Service Public.
Moi je ne veux pas payer des impôts pour eux. Leurs critiques sont scandaleuses quand tous les jours des gens perdent leurs emplois eux veulent plus de moyens..
Non et non on ne peut plus payer.





telea le 18/12/2008 à 20:57:01
Bravo le sens du dialogue... J'exprime une opinion sans insulter qui que ce soit et mon post est CENSURE!!!
Mes questions vous mettaient-t-elles si mal à l'aise ?
Du pur Pol Pot matiné de staline...
Vous êtes effrayants.
Vergonix le 18/12/2008 à 00:40:33
"Désobeissance civile" ???

Que nous dit notre droit ?
Il est devenu trés "à la mode" de rechercher des "fondamentaux".
En matière de droits, il semble difficile de contester la déclaration des droits de l'homme et du citoyen et les premières constitutions républicaines Françaises comme leur source "naturelle".

Ne rabachez vous pas sans cesse que vos actions sont "citoyennes" ?

Il n'y est pas question de désobeissance civile mais d'insurrection.

"Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs."

Vous ne vous lancez pas dans la désobeissance, ce sont vos élèves qui peuvent désobéir à des ordres.
Vous n'êtes pas élève mais des professeurs.
Vous ne désobéissez pas à des ordres vous êtes en insurrection contre la loi du peuple souverain.

Mais le faite vous a bon droit ?
Le gouvernement viole t il les droits du peuple ?
Retournez lire les sources et non pas des auteurs fanatiques.
La théorie de la désobéissance en 7 points est
une sorte d'auto construction pseudo juridique sans fondement légal.

En réalité vous cherchez a "faire la loi", votre loi.

N'oubliez pas : " La loi est l'expression libre et solennelle de la volonté générale "
Représentez vous la volonté générale ?

"Que tout individu qui usurperait la souveraineté soit à l'instant mis à mort par les hommes libres." Voila ce que l'on pensait de vos tyrannies en 1793.
Votre refus d'appliquer la loi, n'est rien d'autre que de la tyrannie.

Ne jouez pas sur les mots. Cela est grave. N'oubliez pas que le sinistre Gerald Lesigne, procureur dans l'affaire Outreau, poussé dans ses derniers retranchements à fini par confesser que c'est par une "sémantique mal appropriée" qu'il a confondu "garde à vue" et "détention provisoire". Une bagatelle !!! De quelques heures à plusieurs années...de prisons, de malheurs et de destruction.

Ou encore : "Ceux qui solliciteraient, expédieraient, signeraient, exécuteraient ou feraient exécuter des actes arbitraires, seraient coupables, et doivent être punis." En 1793, on vous aurait coupé la tête.

et encore :"Aucune portion du peuple ne peut exercer la puissance du peuple entier "

En réalité, votre mouvement se situe dans la légalité s'il vise à faire changer la loi.
"Chaque citoyen a un droit égal de concourir à la formation de la loi et à la nomination de ses mandataires ou de ses agents". Faites vous élir représentant du peuple, formez la Loi et tout ira bien.

Mais si vous êtes prof, vous appliquez la Loi.
C'est pourtant pas compliqué la Démocratie. Vous pouvez comprendre.

Et enfin n'oubliez pas :
"Les fonctions publiques sont essentiellement temporaires ; elles ne peuvent être considérées comme des distinctions ni comme des récompenses, mais comme des devoirs"
"Les délits des mandataires du peuple et de ses agents ne doivent jamais être impunis. Nul n'a le droit de se prétendre plus inviolable que les autres citoyens."

Bonne reflexions, chers concitoyens et
une bonne adresse pour desintoxiquer sa pensée : www.conseil-constitutionnel.fr

Avec toute ma fraternité.
2009.Echec.et.Mat site : http://www.lepartidegauche.fr/ | le 15/12/2008 à 14:27:43
- Pour ceux qui en ont marre que l'opposition, à l'assemblée, ne s'oppose à rien, même pas à un déni de démocratie flagrant (le TCE)...
- Pour ceux qui en ont marre que les syndicats signent des accords dans le dos des salariés...
- Pour ceux qui en ont marre de voir le pays et les services publics, dont l'école justement, bradés aux potes oligarques de qui vous savez...
- Pour ceux qui en ont marre du cynisme de cette ultra-droite qui sauve les banques et laisse crever les citoyens non rentables, en envoyant les CRS si nécessaire...

Bref, pour tous ceux qui pensent que ça suffit comme ça, la réponse est claire. Elle vient de naitre de cette forte demande sociale: Le Parti de Gauche (PG).
Une gauche décomplexée, prête à faire ce que le P"S" a abandonné depuis longtemps.
Il y a un tsunami de demande d'adhésions(particuliers, collectifs de résistance, coordinations diverses), et plus on sera, plus on leur mettra... dans les urnes (j'ai failli citer Coluche) !

www.lepartidegauche.fr

martial site : www.leblogdecarredeciel.com | le 15/12/2008 à 07:38:43
Bravo pour votre action. Si vous en voulez une (courte) analyse marketing (je sais c'est bizarre !!!) voir www.leblogdecarredeciel.com
Ali le 14/12/2008 à 07:24:10
Réponse à François.
Le problème n'est pas la gauche et la droite, mais la justice et l'injustice. Seuls ceux qui s'engagent collectivement, dans la non-violence, en assumant le risque de la sanction, sont comptables de leurs actes. A eux de montrer la légitimité de leur acte. La légalité n'est pas toujours du côté du droit et de la justice. Libres à vous de vous organiser pour résister aux désobéisseurs, mais l'histoire montre que bien souvent, c'est par la violence des paroles et des actes que les opposants (issus de la société ou de l'Etat) font face aux désobéisseurs. Serez-vous de cela ? Si non, à vous de défendre ce que vous croyez juste. L'histoire tranchera !
François le 10/12/2008 à 00:28:42
@ Roland : merci de nous laisser libres juges de nos propres devoirs moraux, ce serait bien aimable de votre part.

Si dire NON est un devoir, quelqu'un qui dit NON à ceux qui disent NON fait-il bien le sien? Ou doublement? Ou annule-t-il le premier NON pour se retrouver avec les OUI? Qui eux mêmes disent NON au NON dans ce cas...

Ayez l'obligeance de préciser ce dont vous parlez et l'honnêteté de dire que le seul NON valable est bien évidemment celui de la gauche à la droite, celui du progrès à l'ordre établi, toute forme de contestation inverse n'étant que régression, soumission et imposture morale.

Que ce soit du droit ou du gauche, le borgne ne voit que d'un oeil.
Olivier Plateau le 09/12/2008 à 18:21:36
Bonsoir

Je souhaiterais que les enseignants puissent lire ce doc.

sur GOOGLE : Décret n° 2003-181 du 5 mars 2003 modifiant le décret n° 90-179 du 23 février 1990

à recopier

Cordialement

Olivier Plateau

roland le 07/12/2008 à 21:29:41
Dire NON est un devoir. Les luttes empruntent des canaux différents. Le refus d'obéir du contingent, en Algérie, a sauvé la République : le putsch des généraux s'est effondré en quelques heures. L'histoire des mouvements précédents (Mai 68, par exemple) nourrit notre approche, notre dénonciation de la politique éducative actuelle, du naufrage programmé. Le débat sur l'éducation rejoint celui que nous poursuivons sur notre contrat social, déchiré par le pouvoir actuel. Pour moi, l'objection de conscience précède la désobéissance civile. L'addition des volontés crée la désobéissance civile, le mouvement. Rédigeons nos cahiers de doléances. Préparons de nouveaux états-généraux, pour ouvrir un grand débat dans le pays. Un soixante-huitard non repenti...
SoSo le 06/12/2008 à 11:11:32
Je ne reviendrai pas sur la pertinence du texte. Juste sur le fait de désobéir. Enseignante en maternelle depuis quelques temps, j'ai bien lu les programmes, et bien critiqué d'ailleurs. Entre les compétences impossibles à acquérir par des enfants de cet âge et la disparition d'autres nécessaires, ces programmes sont de la foutaise, élaborés par des gens qui n'ont ni mis les pieds dans une classe, ni vu un gamin (actuel) depuis longtemps.
En réunion de rentrée, soit une semaine après la rentrée, j'ai prévenu les parents : ce qui est incassible à tous les gamins sera certes travaillé (comme je le faisais déjà avant), mais ne sera pas acquis par tous (certains peuvent être en avance...). Ce qui a disparu, je le maintiendrai car je le considère comme essentiel. Les parents en ont été d'accord car pensant de même que moi. Comme j'ai une classe multiniveau, ils savaient depuis 3 ans que je travaille beaucoup (et efficacement) ces compétences et n'auraient pas compris que pour leurs enfants soudain, je n'en fasse pas autant que les autres années. Ils me font confiance.
Les enfants en me voyant en gilet jaune dans la classe m'ont questionné. Après une réponse simple, j'ai donné comme exemple ces compétences. Ils ont été choqués et m'ont demandé de continuer à la leur faire acquérir.
En conséquence, je désobéis, pour le bien de mes élèves, et en plein accord, depuis la rentrée, avec les parents. Et je continuerai...
école Viala-Stalingrad (37) site : www.onvayarriver.unblog.fr | le 05/12/2008 à 12:52:24
Voici l'adresse de notre blog d'école, si ça vous intéresse.
On se sent un peu seul....
www.onvayarriver.unblog.fr
Hendatho le 02/12/2008 à 11:38:05
Gandhi commença sa carrière d'avocat en Afrique du Sud où il défendit les droits de la minorité indienne de 1893 à 1914.
Framboise le 02/12/2008 à 10:23:53
Gandhi en Afrique du Sud, vous êtes sûrs? paragraphe 61147
Ghislaine le 23/11/2008 à 12:04:06
Nous sommes nombreux à chercher des voies pour être entendus ; je préfèrais jusqu'ici les voies officielles par lesquelles il me semblait même parfois être écoutée ... mais puisque le ministre se contente de distribuer des boules " Quiès " , voire : " qui est-ce ? " ... je crains , mais je finis par espérer aussi , compte tenu du désastre de cette casse organisée et de la déroute méprisée qui lui est associée , que ce genre de site , qui fait appel à la résistance ( ultime recours ! pourtant regrettable ... ) finisse par rassembler tous ceux qui se refusent à vivre sans l'espoir d'un monde meilleur ...
Responsables du blog le 22/11/2008 à 07:38:18
Les commentaires malveillants, les insultes, les accusations et autres grossièretés sont systématiquement supprimés du blog. Ce blog est au service de la résistance pédagogique. Ce qui explique la remarque précédente de Pascale.
François le 21/11/2008 à 15:34:10
Ceci dit, j'apprécie le fait que chacun puisse s'exprimer librement, ce qui malgré l'inconsistance de la cause défendue et du propos, rend ce site assez sympathique.
François le 21/11/2008 à 15:27:31
Vaste fumisterie que ce texte d'une faiblesse théorique proprement hallucinante. Vous exhibez des "droits fondamentaux" sans autre précision, vous confondez droit naturel (je pense que c'est ce que vous entendiez par droits fondamentaux) / droit positif, citoyen / consommateur (au sens de Baudrillard), civil / civilisé, démocratie / démocratisation, vous assénez à votre lecteur des vérités dont on se demande bien d'où elles peuvent tomber, des phrases qui n'ont pas de sens, ou d'utilité dans le discours dans les meilleurs cas...
Vous êtes le produit d'une époque qui croit que le progrès ne peut aller que dans un sens : celui de la postériorité, celui du nihilisme consumériste que vous croyez combattre mais dont vous êtes l'instrument, aussi bien que vos "ennemis", au ministère. C'est bien. Continuez, tous.
pascale le 21/11/2008 à 11:58:48
Denon06 victime de ce qu'il dénonce ou de ce qu'il défend? La vie réelle et concrète s'appréhende aussi dans la capacité d'analyse et de réflexion, d'anticipation et de regard sur notre histoire.
Manifestement, certains esprits ont quand même échappé à cette propagande d'affreux profs qui sévissent le couteau entre les dents! Pathétique de clichés éculés...
albert le 20/11/2008 à 12:02:24
Comment les précaires (vacataires de l'educ nat et autres) peuvent-ils exercer la désobéissance civile ? Lorsque l'Etat crée lui-même des zones de non-droit, sur quoi faire reposer une action collective ?
Proctor le 19/11/2008 à 21:22:09
Chers collègues et estimés lecteurs de ce blog, pédagogues pratiquants, croyants et non pratiquants, ou simple sympathisants, je vous propose d'arpenter le pavé numérique, de tendre vos bannières bien haut, et de réaliser une manif virtuelle et potache. Je vous propose donc de copier un petit visuel du nom de "Dark OS" sur mon humble blog ( un p'tit clic droit et enregistrer sous ) et de le poster demain, jour de revendications et de raviolis à la cantine, sur votre blog afin de défiler ensemble dans les réseaux webesques.

Parlez en autour de vous, ça serait tout de même bien fendard de trouver demain sur les blogs de profs un signe de ralliement. A vous de voir ...

(je vous prie de m'excuser pour ce harcèlemnt à la limite du spam, ainsi que de l'emploi du vulgaire copié/collé, mais j'essaie de contacter le plus grand nombre d'entre vous...)


Yasmine site : http://jacques-peyréga-souvenir.blog4ever.com | le 17/11/2008 à 22:54:13
je trouve qu'il est vivifiant de rappeler qu'un citoyen peut désobeir lorsque la loi ou les injonctions qu'on lui fait pour se plier à la loi sont contraires à ses valeurs, à son éthique, à ses principes. C'était hier l'objection de conscience, aujourd'hui ceci s'applique à l'école, mais aussi au sort indigne réservé aux immigrés sans papiers. La désobeisance civile n'est-elle pas une forme de Résistance en temps de paix? Si vous le souhaitez, rendez vous sur le blog indiqué, en souvenir d'une certaine forme de désobeissance civile, au temps des luttes des civils contre les exactions de la guerre en Algérie et de mai 1968.
dominique site : domi40.wordpress.com | le 15/11/2008 à 11:49:39
bonjour,pas enseignante mais éducatrice je retrouve des tas de choses dans ce besoin de travailler sans se soumettre à tout et n'importe quoi,donc bravo
j'ai reçu ce matin le lien pour visiter votre blog, je me suis permise de le citer avec un copié-collé...( que j'enlève si la methode peu cavalière de faire avant de dire vous dérange )
brocco le 14/11/2008 à 18:42:56
Je trouve admirable d'oser dire que l'on n'appliquera pas les nouveaux programmes car bon nombre d'enseignants ne les ont même pas lus !

Je suis instit depuis 30 ans en maternelle et j'ai rarement vu mes collègues avoir lu les derniers programmes... Depuis quelques années il y a tellement de choses à lire que cela devient impossible d'avoir tout lu et tout intégré.
Personnellement, j'ai décidé de ne même pas les lire, j'en ai ras le bol ! Depuis le temps, j'ai une petite idée de ce que peut apprendre un enfant de 4 ou 5 ans. La manière dont il l'apprend est plus complexe, c'est pourquoi tous ces programmes, toutes ces évaluations, tous ces catalogues de compétences me paraissent bien inutiles !
Penchons-nous plutôt sur le "comment" l'enfant apprend le plus efficacement !
Et sur le "pourquoi" il n'apprend pas malgré nos leçons, nos répétitions, nos explications, nos exercices !
Bravo pour le courage et l'honnêteté !
C'est assez rare hélàs...
La peur, elle, est très répandue.

Nicole et André Marcende le 13/11/2008 à 10:10:14
Bravo pour votre courage de rentrer en résistance par une action de désobéissance civile. Nous ne sommes pas enseignant, mais nous vous soutenons en tant qu'ex-parents d'élèves. Nous participons à une action de désobéissance civile contre la culture des OGM en plein champ, cette action a permis un vaste débat au niveau national, voir international, et des avancés ont été obtenues avec l'interdiction de la culture du maïs "Mon810".
La lutte risque d'être longue mais elle parait la seule possible devant l'inertie de certaines forces politiques de gauche. Encore une fois bravo et bon courage.

omicron le 11/11/2008 à 20:29:57
Je ne vous suivrai pas dans cette démarche de désobéissance civile. Je suis enseignant, en RASED, je partage tous les points développés sur votre site par Alain REFALO mais je ne vous suivrai pas.
J'ai beaucoup de mal avec ce qui ressemble peu ou prou à une guerre civile larvée et qui, au-delà de tous les raisonnements élaborés pour soutenir ce mode d'expression, témoigne d'un échec de notre dialogue social.
Résistons ! Oui, mais à la tentation de la crispation.
Cela étant dit, en cas d'atteinte à l'avenir professionnel de ce collègue, je le soutiendrai entièrement.

Ali le 09/11/2008 à 17:59:25
Rien dans cet article ne laisse apparaître une comparaison entre l'Inde coloniale et une démocratie. La désobéissance civile a déjà des lettres de noblesse dans l'histoire des démocraties. Elle est un recours exceptionnel lorsque la démocratie représentative ne fonctionne plus correctement, tout particulièrement lorsque les citoyens ne sont pas respectés. Ce qui est le cas aujourd'hui dans l'Education Nationale.
Les commandos IVG ont une posture intolérante et violente, il ne peuvent être assimilés à une démarche de désobéissance civile, c'est à dire non-violente.

Le désobéisseur n'entend rien imposer aux autres. C'est le nombre de désobéisseurs qui crée le rapport de forces avec le pouvoir qui a tous les instruments pour réprimer. Mais il prend aussi un risque politique avec la répression.

La désobéissance est une arme non-violente qui préserve des dérapages vers la lutte violente. Elle vise à contraindre l'adversaire sans violence et si possible à le convaincre.
bruno l. le 09/11/2008 à 14:15:40
Il est abusif de comparer une démocratie à l'Inde coloniale du temps de Gandhi par respect pour les colonisés! à cet égard, l'avocat François Roux se trompe de siècle: une fois que des mouvements de désobéissance ont abouti au droit dans les démocraties, la situation est devenue radicalement différente et ne pas accepter une loi en démocratie aboutit à affaiblir une démocratie, pas à conforter l'état de droit. Même dans des cas où cette stratégie a abouti, elle a ouvert la boite de Pandorre: dans le cas de l'avortement, il est dommage d'en être passé par la désobéissance civile car c'est ainsi que les commandos anti-IVG, parfaitement persuadés eux aussi de défendre la justice contre le crime, ont pu prospérer. Comment allez-vous leur répondre ? Lorsque vous aurez besoin un jour de la rigidité de la loi contre un autre groupe de pression, celle-ci pèsera peu et vous vous serez affaibli. C'est sacrifier le long terme au court terme et nous amener à la guerre civile qui a déjà commencé dans certains quartiers. Et vous devez savoir que dans ces guerres civiles, ce sont les plus forts et pas les plus faibles qui s'en sortent...
Enfin, le fauchage d'un champ qui ne m'appartient pas est un acte de violence: saccager le travail d'autrui n'a rien à voir avec Gandhi. La violence ce n'est pas seulement taper sur quelqu'un. C'est aussi propager l'insécurité autour de soi, et pousser ainsi les gens à s'armer, à se méfier les uns des autres, puisque le respect des biens d'autrui est considéré comme négligeable. L'autodéfense marche la main dans la main avec le fauchage.
Bref ce n'est parce que les règles ne vous plaisent pas que vous pouvez vous asseoir dessus. Vous avez des représentants, et c'est à vous de les convaincre soi directement, soit en persuadant leurs électeurs. Il y a pour cela des partis, des syndicats et des associations "réglos".

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