Qui fait la classe aux enfants cette semaine ?

 

Des étudiants qui préparent le concours de recrutement de professeur des écoles depuis 3 mois sont seuls dans la classe cette semaine.

Est-ce concevable ?


Ils ne sont pas accompagnés dans leur préparation, ni dans la conduite de la classe, à l'exception d'une visite ponctuelle pour certains d'entre eux.

Est-ce acceptable ?


Ces 2 ou 4 jours de stage en responsabilité, seuls devant la classe, peuvent-ils remplacer une année de formation en alternance ?



Dans cette période transitoire, entre l'IUFM et la Masterisation, ce stage en responsabilité est une première qui laisse présager du pire pour l'avenir. 


Sa mise en œuvre occasionne des pressions et des menaces inadmissibles sur les étudiants et les professionnels (titulaires de classe, maîtres formateurs et directeurs d'école) ainsi qu'une information quasi-inexistante des parents d'élève. Ces méthodes sont indignes de l'Ecole de la République. 


Nous souhaitons une formation professionnelle qui s'appuie sur des stages encadrés par des formateurs expérimentés, présents dans la classe.

Enseigner est un métier qui s'apprend et ne s'improvise pas en 4 jours.


Nous nous opposons à ce que les élèves servent de cobayes, à ce que les enseignants n'aient pas une formation digne de ce nom.


Nous déplorons le climat de défiance, l'absence de dialogue et la négation du métier d'enseignant.


Voilà pourquoi 60 étudiants, au moins, ont refusé sur Paris de prendre la classe ce matin !


Les étudiants PE1 du comité de mobilisation de l'IUFM de Paris



12-01-2010 | 1216 vues

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Commentaires


déborah
le 14-02-2010 à 19:46:58
Bravo pour votre esprit de résistance ! Le pouvoir en place n'a de cesse de dévaloriser et décrédibiliser le métier d'enseignant. J'étais en 1989 stagiaire 2e année j'ai assuré la classe pendant 8 semaines à l'issue d'une formation de deux ans, suivie par des maîtres formateurs, professeurs d'Ecole Normale (ancêtre des IUFM), un conseiller pédagogique et l'IEN de la circonscription. Plus de vingt ans après, je constate que la formation initiale ne cesse de se dégrader alors que les conditions d'exercice du métier ne cessent de se complexifier. Il faut tirer la sonnette d'alarme, la formation des futurs enseignants est bien une priorité nationale et n'est pas qu'une affaire d'enseignant ; c'est une obligation de la Nation envers les générations futures. Voilà qui en dit long sur la considération du pouvoir en place envers la jeunesse !
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